Aimer Réfléchir

Une certaine idée du bonheur, de Rachel Kadish. Ou comment une célibataire féministe tombe amoureuse

2 décembre 2012

Pourquoi lire Une certaine idée du bonheur ?

1. Parce que c’est le genre de livre qui, à chaque page, vous donne l’impression de vous rapprocher un peu plus de la Vérité. Tracy est une prof de littérature américaine, célibataire dans l’âme et dans la vie, qui se contente de regarder les autres se planter en amour. Bien emmitouflée dans ses préjugés et ses idées préconçues sur la vie de couple et le bonheur, elle se met à perdre les pédales lorsqu’elle tombe inopinément amoureuse de George, mâle intelligent de son état.

2. Parce que c’est un bouquin d’une poésie et d’une verve rares, vraiment. Le nom de Rachel Kadish pourrait s’inscrire dans la case universelle des « écrivains de talent ». Vous vous perdrez sûrement autant que moi dans les références à la littérature d’outre-mer et d’outre-atlantique, mais il faut bien avouer que le style force le respect. Les descriptions sont limpides, la banalité des expressions est toujours évitée et on goûte du bout de la langue l’humour piqué de l’auteure.

3. Si vous n’avez jamais connu l’ambiance d’un département de Lettres à l’université, sachez que vous y serez plongé(e)s côté professeurs. Certes, les questionnements existentiels de ceux-ci paraissent dénués de sens pour nous, petits mortels mous du bulbe (hélas). Toutefois, on y apprend qu’ils se battent entre eux pour se faire titulariser, que la hiérarchie leur fout des bâtons dans les roues et que distribuer trop de bonnes notes à leurs étudiants peut leur porter préjudice. Avis aux thésard(e)s… On vous aura prévenu(e)s !

 

Pourquoi je vous le recommande ?

Me concernant, c’était un choix de lecture incité par Anaïs Valente dans son excellent Célibataire et fière de l’être. Tout ce qui touche à la condition de la célib’ endurcie m’interpellant vivement, je me suis lancée dans ce gentil pavé de 516 pages avec force enthousiasme !
Je peux donc affirmer que c’est un roman intelligent qui pose – notamment – la question du féminisme : comment l’adapter dans une relation d’amour fou et durable avec un homme dont le rêve est de vous embarquer dans ses projets en faisant abstraction des vôtres ? Lorsqu’on est terrée dans sa solitude, qu’on s’y complaît, qu’on s’y épanouit, comment composer avec un homme qui, soudain, nous fait aimer ?
L’idée était séduisante et le concept « le bonheur est atteignable, même toute seule » me faisait lever le poing de joie. Et une citation, pour la forme :

« Avant que je rencontre George, j’étais imbattable. J’étais une sprinteuse, enchaînais les tours de stade, je doublais ces autres coureurs ralentis par l’amour, les ruptures, les grossesses, leur insistance à vivre comme si l’existence était une rue à sens unique pleine d’opportunités personnelles qui ne se représenteraient jamais. »

J’ai été irrémédiablement conquise. Le plus ? On peut l’offrir à une copine célibataire qui pense tellement à réussir sa carrière qu’elle en oublie les hommes et les fustige régulièrement.

ophelie

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6 Comments

  • Reply Ellen A Paris 4 décembre 2012 at 9:45

    Hello Ophélie,
    Ton blog est une machine à alourdir ma pile de livres à lire !
    En ce moment je suis plus plongée dans les livres de créas mais un peu de lecture intelligente, ça ne fait pas de mal aux neurones 😉 Surtout si le style est bon et qu'il y a de l'humour,
    Bises et belle semaine <3

  • Reply yuko 5 décembre 2012 at 9:08

    Un livre que je ne connaissais pas mais que je note ^^

  • Reply Ophélie Blibli 5 décembre 2012 at 9:12

    Mais oui ma chère Ellen ! C'est surtout pour alourdir le sac du Père Noël qui pourrait éventuellement t'apporter quelques uns de ces bouquins ! (Sait-on jamais !!)
    Des bisouuus !!!

  • Reply Ophélie Blibli 5 décembre 2012 at 9:13

    A noter dans une wishlist perso ou cadeaux pour une copine 🙂 en effet !

  • Reply Atalanta 18 décembre 2012 at 8:29

    J'ai l'impression que mon premier commentaire, laissé au moment de la parution de ce billet, a dû disparaître dans la "webtosphère"!
    Depuis, j'ai commandé et reçu le bouquin, parce que ton billet m'avait donné envie de le découvrir. Dans le texte, ça s'appelle "Tolstoy lied", beaucoup plus accrocheur qu'"une certaine idée du bonheur". Je n'ai lu que les premières pages, mais ça me botte.

  • Reply Ophélie Blibli 18 décembre 2012 at 8:33

    En effet billet sûrement disparu sans laisser de traces ! Je pense aussi que ce livre te plaira, il est vraiment écrit avec beaucoup d'intelligence, à l'image de la narratrice, constamment dans la mesure et la réflexion. Il m'a beaucoup marquée.
    J'attends donc ton avis sur cette prose ! 🙂

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