Aimer Rougir

Scandaleuse Elisabeth, de Eleonore Fernaye. Quand la passion flaire bon le parfum de l’interdit

9 février 2014

Ne nous voilons pas la face : le corps dit tout. Quelles que soient les circonstances, c’est lui le patron. Il transmet en extérieur ce qui se passe en intérieur, et ça, c’est plutôt gênant.
Prenons un moment terrible, comme la fois où, à proximité d’un être infiniment désirable, votre corps vous crie de vous jeter littéralement dessus. Un truc que la morale réprouve, quoi.
Ça vous est peut-être déjà arrivé : vous rencontrez quelqu’un, il a l’air bien dans sa tête et ses baskets, vos esprits semblent connectés et votre enveloppe charnelle réclame désespérément la sienne.
Mais – MAIS – il y a danger.
Bien souvent, cette petite alarme, que je surnomme personnellement le « NO WAY« , se manifeste par :
1) une nénette déjà présente dans sa vie/sa tête
2) une position sociale dérangeante (c’est votre collègue/votre boss)
3) une famille allergique à l’idée que vous partagiez avec lui la fraîcheur de vos draps (si vous avez d’autres suggestions pour enrichir mes exemples…)
Bref, no way. Et s’il y a moyen de moyenner un rapprochement sensuel avec ce quidam, c’est la cata. Oui, vous avez carte blanche pour agir, voire mal agir. Mais vous prenez un risque. Au vu de mes propres expériences, je dirais que, dans ces cas-là, le corps, c’est l’ennemi à abattre.
Par exemple, le mien fonctionne un peu comme un infâme Mr Hyde. Dès l’instant où il  a repéré une fenêtre ouverte (équipée de bras vaillants), il tente une ruade qui manque de faire dégringoler ma raison ou de me faire piétiner mes principes et, par ricoché, ma dignité.
Et je peux vous assurer que mon Mr Hyde tire vraiment sur la corde quand l’objet de son désir est un playboy bad boy. Il me faut presque la force morale de mille femmes de caractère pour le détourner du côté obscur !
Mais comment lutter quand nos phéromones crient famine ? Le cerveau à lui seul peut-il faire barrière à ce feu qui brûle en nous au point de nous en faire des cloques ?
L’héroïne de Scandaleuse Elisabeth, elle, a fait les frais de ce combat corps VS esprit. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne cherche pas à entraver ses bas instincts… !

Pourquoi lire Scandaleuse Elisabeth ?

** Car on a affaire à une jeune femme qui s’éveille aux délices de la galipette tout en transgressant les bonnes moeurs de la noblesse.
Elisabeth d’Arsac est le genre de fille à haïr pour la forme : issue d’une riche famille française, la donzelle sait jouer de la harpe comme une déesse et parle anglais couramment. Et comme si ça ne suffisait pas, elle a aussi la taille fine et le cou délicat. Ce qui, en 1778, fait d’elle une nana hyper désirable.
Mais même si elle est convoitée par des hommes influents, Elisabeth n’a nullement envie de rentrer dans les rangs. Il faut dire qu’elle a des idées bien avancées pour l’époque : le mariage est, pour elle, le meilleur moyen de perdre son indépendance et de se retrouver soumise à un homme pour le restant de ses jours.
Toutefois, la belle a un vice : elle demeure curieuse des choses qui se passent sous la couette !
Et ça tombe bien car, un jour de bal masqué, elle fait la connaissance d’un bel Américain, baptisé Henry. Il est splendide (dans le genre musclé) et, forcément, il cherche à la choper gaiement dans un coin sombre.
Elisabeth sait que cette attitude n’est pas conforme à son rang, mais il faut bien admettre que question résistance, elle n’est pas super douée.
Le hic, c’est que cette petite aventure ne s’arrêtera pas là : contrairement à ce qu’elle croit, le fier Henry a le sens de l’honneur et il compte bien lui demander sa main…

** Parce que c’est une bonne lecture à mettre sur sa table de chevet quand on ne trouve plus son compte dans l’avalanche de titres dupliqués de Fifty shades of Grey. Le pseudo-SM vous gonfle ? Ça tombe bien, avec Eleonore Fernaye, on découvre les joies du sexe décrites à l’ancienne, avec des expressions sorties tout droit du journal intime des coquines de l’époque. Bizarrement, ça émoustille bien mieux les sens !

** Car derrière ses dehors grivois, ce roman cache une romance historique très torride et pleine de bons sentiments, même si les deux protagonistes ont du mal à s’apprivoiser et s’accusent parfois à tort et à travers, sinon ce ne serait pas du jeu. Et oui, en 1778 aussi, on se prenait la tête comme pas permis !

Pourquoi je vous le recommande ?

Pour vous mettre en appétit à l’approche de la Saint-Valentin, c’est bien. Moi, ça m’a fait rêver façon intense. Du coup, j’ai bien envie de ressortir ma robe de princesse (déjà évoquée ici) pour aller charmer les individus disponibles le jour J ! (je dis ça parce que mon agenda comporte déjà la mention « soirée dansante spécial célibs » ce soir-là)(même si je m’apprête à quitter notre bonne France, je compte bien rebooster mon sex-appeal, huhu)
J’ai trouvé que le cas de la charmante Elisabeth semblait très similaire à celui des célibataires du 21e siècle : avant-gardiste, la jeune femme n’est pas prête à sacrifier sa liberté malgré la pression sociale (faut dire qu’à 20 ans passés, être célibataire, ça fait désordre, non ?).
Quant à son histoire avec Henry… Moi, ça me rappelle les relations d’aujourd’hui que l’on débute, le plus souvent, les jambes en l’air, mais que l’on espère voir évoluer progressivement avec le coeur. Graou !
Un merci à Isa de Au fil d’Isa qui m’a conduite à faire cet achat irraisonné mais absolument pas regretté 😉

ophelie

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4 Comments

  • Reply Mamzelle Boom 10 février 2014 at 1:26

    Décidément, on parle beaucoup romance érotique en ce moment sur la toile. J'avoue avoir été refroidie par 50 shades of Grey, que je n'ai même pas pu terminer tellement je n'ai pas accroché avec le style pas du tout recherché (genre mauvais roman de gare, quoi). Mais comme je n'aime pas rester sur un échec et des a prioris, j'ai prévu de m'y remettre dans le semaines à venir 😉
    (aux romances érotiques, hein … pas à 50 shades of Grey ! Ca, c'est no way !)

  • Reply Ellen A Paris 10 février 2014 at 8:34

    Hello Ophélie,
    Encore une fois ta plume m'a bien fait rire !
    Je ne vais pas rallonger la liste des "no way" sinon ça pourrait te faire éliminer par erreur un potentiel beau prince charmant Hongrois (hi hi j ne perds pas le Nord 😉
    Tu le sais déjà les romans d'époque ce n'est pas trop ma cup of tea, mais comme il y un "Améwicain" dedans…
    Bonne semaine ma belle, bises <3

  • Reply Ophélie Blibli 12 février 2014 at 12:54

    Coucou Mamzelle Boom ! Je réponds tardivement, mes excuses ! (j'espère que Google aura l'amabilité de te prévenir de ma réponse d'ailleurs, il fait des siennes en ce moment ^^)
    Je suis d'accord avec toi, 50 shades of Grey = gros berk stylistique (et ne parlons pas de l'intrigue !). Je n'ai pas été plus loin que les 100 premières pages du 1er tome, preuve de ma non-envie de le lire… Mais cette romance historique-là, en tout cas, pourrait bien te réconcilier avec le genre, comme tu le dis si bien ! Si tu t'intéresses à d'autres titres, je suis preneuse de tes suggestions ^^

  • Reply Ophélie Blibli 12 février 2014 at 1:01

    Elleeeen 🙂 Je veux garder le "no way" pour les garçons français qui ne valent pas le coup, héhé ! Et si tu ne perds pas le Nord, moi je dirais plutôt que tu ne perds pas l'Est 😉 J'ai bien hâte de savoir à quoi ressemblent les Hongrois, et dans 3 semaines et demi, je m'empresserai de donner mes premières impressions :p
    Concernant les romans d'époque, c'est vrai qu'il faut s'imprégner des moeurs en vigueur… Mais moi j'ai fini par apprécier la "bienséance" des relations affectives entre les personnages, c'est drôle !
    Bisouilles <3 <3

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