Aimer Trembler

Princess Bride, par William Goldman. Ou le grand classique d’amour et d’aventure à lire absolument

16 mars 2014

L’âme de princesse ? Très peu pour moi, merci. Petite, déjà, lorsque ma mère insistait pour m’enfiler une robe, je me roulais par terre d’indignation. Ce n’est pas que j’étais garçon manqué, non. C’est que je ne trouvais pas ça très en accord avec mes jeux d’enfant, vous voyez.

J’étais le genre de gamine qui adorait jouer aux petites voitures sur un tapis. A 4 ans, mes petits doigts pianotaient déjà sur la première Game Boy et j’étais accro à Mario Bros.

Gavée aux films de Disney, mes héroïnes préférées étaient Pocahontas et Esmeralda (les seules, de mon point de vue, à savoir s’adapter en milieu hostile). Parfois, quand mes parents avaient le dos tourné, je glissais sur les bras en bois du canapé pour faire comme le sauvage Mowgli. Et, avec mon petit voisin, nous grimpions dans les arbres pour jouer à cache-cache et à la guerre.

Vous imaginez, vous, une robe dans ces moments-là ? Impossible.

Le plus incroyable, c’est que je savais aussi jouer à la Barbie. J’arborais avec fierté de fausses boucles d’oreille Polly Pocket et on pouvait m’offrir une maison de poupée rose sans que je ne m’en offusque. Alors, peu à peu, l’idée de devenir une princesse a fait son petit bonhomme de chemin.

Jusqu’au jour où nous avons fêté Noël avec ma petite tante, plus jeune que moi d’une année (une sombre histoire de re-mariage côté grand-père). Elle, elle était carrément dans le délire « Princess & co. » Elle était aussi blonde aux yeux bleus que j’étais brune aux yeux noirs. Et comme elle était fille unique et que moi, plus du tout, elle était aussi très gâtée.

Donc, lors de ce fameux Noël, quelqu’un m’a mis sous le nez un énoooorme paquet emballé dans du papier rose. Bonheur. Surprise. Grosse appréhension. Qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir là-dedans de très rose ?

Pleine d’espoir, je me suis approchée. Mais, subitement, le paquet m’a été repris… pour atterrir entre les mains fragiles de ma tante archi-pourrie-gâtée.

Ce retournement de situation m’a créé, outre l’une de mes premières névroses, un sentiment intense d’injustice. Voir l’autre gamine – fagotée comme une princesse – rougir de plaisir à la vue de son splendide nouveau carrosse Barbie m’a fait méchamment froncer le sourcil. Mais je me suis retenue très fort de pleurer.

Parce qu’à partir de ce jour, j’avais décidé que jamais plus je n’aimerais les princesses. Sauf celle du classique Princess Bride, évidemment.

Pourquoi lire Princess Bride ?

** Parce que connaître un super beau classique de la littérature d’amour et d’aventure, ça n’a pas de prix. L’histoire se déroule au royaume (fictif) de Florin.

Bouton d’Or est la plus belle femme du monde. Mais avant de l’être, cette fille de fermiers a d’abord été une gamine exécrable, avec de la paille dans ses cheveux en pagaille, de la terre sous les ongles et l’humeur massacrante… Surtout envers son garçon de ferme qui, lui, a toujours veillé à répondre bien poliment à toutes ses exigences par un docile « Comme vous voudrez« .

Un beau jour, la petite se rend compte de son amour pour lui, alors que le garçon (nommé Westley, lui aussi in love dans le fond) prend ses cliques et ses claques pour aller faire fortune en Amérique. Bim. Coeur en miettes. La jeune fille décide de l’attendre et se met à soigner son allure pour mieux plaire à son amour quand il rentrera.

Sauf que rien ne se passera comme prévu : Westley déclaré mort en mer, la belle acceptera de dépit la demande en fiançailles du gros roi Humperdinck, adepte de la chasse et des complots. D’abord éduquée aux moeurs de la cour, elle sera kidnappée, libérée, fiancée, mariée, apeurée, désespérée…

Au fil des pages, la pauvre princesse en verra de toutes les couleurs. Mais s’il n’y avait qu’elle… !

** Car on ne s’attend pas aux rebondissements. Jamais. Un personnage est dans la panade ? Dommage pour lui, car le reste risque d’être pire. Bien heureusement, tout ne tourne pas autour de Bouton d’Or. Bien qu’elle reste celle pour qui Westley se démène, d’autres personnages entrent dans la danse, riches d’une toute autre histoire… et complètement déjantés.

** Parce que ce livre/conte de fées qui dépote est une véritable pépite qui répond exactement à toutes vos attentes.

Il vous offre, je cite : « De l’escrime. Du combat. De la torture. Du poison. Le grand amour. La haine. La vengeance. Des géants. Des chasseurs. Des méchants. Des hommes bons. Des dames plus belles que tout. Des serpents. Des araignées. Des bébés de toutes natures et de toutes formes. Des lâches. Des hommes forts. Des poursuites. Des évasions. Des mensonges. Des vérités. La passion. Des miracles.« 

Combinez le tout à des dialogues drôles et piquants, et vous serez aux anges.

Pourquoi je vous le recommande ?

Parce que les procédés narratifs sont une blague à part entière. (et je viens de l’apprendre en consultant Wikipédia, j’en tombe des nues en écrivant cet article)

William Goldman est un excellent romancier et réalisateur de renom ; ce livre a d’ailleurs été adapté en film en 1987, et peut-être l’avez-vous déjà vu. Prétendant faire une « version abrégée avec les bons morceaux de l’œuvre originale« , l’auteur ne cesse d’intervenir entre les paragraphes, pour vous livrer quelques commentaires succulents sur le déroulé de l’intrigue et donner son avis. Je ne peux vous en dire plus sur son procédé narratif tant c’est énorme !

Toujours est-il que, si vous commencez à lire ce bouquin, je vous invite à passer dès le début au « Chapitre 1 : la Fiancée » pour rentrer dans le vif du sujet. Une fois l’histoire bien en tête, reportez-vous à son introduction qui est, en soi, une vraie perle une fois qu’on en a compris le contexte.

Et puis… et puis moi, j’ai vraiment apprécié ce bouquin. J’ai ri, soupiré, lu avec grande attention les péripéties du couple Bouton d’Or/Westley…

Édité dans un splendide coffret violet par les éditions Bragelonne, il n’existe qu’en version papier et… je veux le garder toute ma vie dans ma bibliothèque, voilà.

ophelie

You Might Also Like

6 Comments

  • Reply Camille 17 mars 2014 at 9:32

    J'adooooore le film. Il est absolument impardonnable que je n'aie pas encore lu le livre. Surtout après pareil article.

  • Reply Ophélie Blibli 17 mars 2014 at 9:50

    Eh bien tu sais quoi Camille, moi, je n'ai toujours pas vu le film ! Enfin je crois… Peut-être à la télévision au moment des fêtes de Noël… je ne m'en souviens plus du tout !
    Mais il faut que je rattrape ce retard inacceptable. Faisons cela !

  • Reply Anonyme 11 avril 2014 at 9:02

    C'est un de mes films cultes!
    Je vais voir si je peux te le trouver en streaming!
    *Caroline-grand-reportaire-intercommunal-pour-l'eveil!

  • Reply Charlotte 11 avril 2014 at 11:17

    Tu m'as donné envie de le lire ! Et c'est vrai que la couverture est superbe (même si au premier abord, elle laisse un peu penser que c'est un livre pour enfants).

  • Reply Ophélie Blibli 11 avril 2014 at 12:06

    Caroooo !! Comment vas-tu la "reporter intercommunale" ? 🙂
    Oui je veux bien, je ne l'ai jamais vu et après la lecture, je suis bien curieuse de savoir a quoi ressemble la si belle princesse Bouton d'Or ! J'attends ton lien si tu le trouves ! Gros bisous!!

  • Reply Ophélie Blibli 11 avril 2014 at 12:08

    Salut Charlotte ! C'est le jeu de la maison d'édition je pense, ils l'ont réédité dans un splendide coffret girly pour attirer la nana-adepte-des-romans-d'amour-et-d'aventure 😀 (comme moi, quoi)

  • Leave a Reply