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Pourquoi pas ? de David Nicholls. Histoire d’un loser qui voulait devenir populaire

14 mai 2013

Les années à l’université sont, paraît-il, réputées comme étant les plus belles dans la vie de tout individu de la classe moyenne. Ces années, ces si précieuses années (que l’on grille à une vitesse fulgurante parce qu’on est trop jeune, trop insouciant ou trop bourré-e) finissent en général à l’abri de pages plastifiées dans un album photos passé de mode, façon « souvenirs figés » sur des clichés vintages que l’on exposera aux yeux innocents de sa progéniture… quand on en aura une.
Pourtant, entre les cours pris au petit bonheur la chance, les partiels à (re)valider, les premiers amis qui n’en sont pas vraiment et le souci constant de l’argent de poche qu’il va falloir dénicher pour s’offrir des soirées dignes de ce nom, on ne peut pas dire que c’est constamment la grande joie.
Mais qui suis-je pour parler de ça ? Oh, juste une ancienne étudiante ayant enquillé cinq années d’affilée sans broncher (en plus j’étais une bonne élève qui n’osait pas redoubler – la Honte). Avec ma bande de copines déjantées, on passait nos inter-cours à la bibliothèque – aka le QG, on ne mettait jamais un pied en boîte pour approcher les jolis STAPS musclés (pourtant, l’une de nous est aujourd’hui pacsée à l’un d’eux, rrrah), on ne buvait pas une goutte d’alcool et notre plus grand plaisir en soirée consistait à se battre aux jeux de société. De la grande vie estudiantine, en somme.
Mais ça aurait pu être pire. J’aurais pu être Brian Jackson.

 

Pourquoi lire Pourquoi pas ?

1. Parce que si vous aviez un jour été étudiant-e aux USA en 1985, vous auriez aimé connaître Brian Jackson. Pourtant, Brian n’est pas un it-mec. Il pensait qu’entrer à la fac serait une expérience folle à vivre, le genre d’existence où il aurait été un jeune poète mystérieux/drôle/séduisant-donc-populaire, cerné par des hordes de filles transies d’amour prêtes à se jeter dans son lit. Sauf que la bonne fée ne s’est jamais penchée sur le berceau de Brian quand il était petit. Fauché, maladroit, accro à la bière et la tête plein d’une acné rouge et purulente… Il semble combiner tous les défauts du monde. A ceci près qu’il est doté d’une culture G hallucinante, telle une encyclopédie sur pattes.
Bien sûr, Brian croise un jour la route de la belle Alice, une nana ultra-sexy dont il tombe raide dingue amoureux, un béguin obstiné qui lui vaut les remarques cyniques de Rebecca, une punkette en rébellion perpétuelle qu’il ne peut pas voir en peinture.
Séduire la plantureuse Alice semble bien compromis, mais (évidemment) notre héros trouve la solution : il décide de la suivre lorsqu’elle lui annonce vouloir s’inscrire à l’University Challenge, ce célèbre jeu télévisé où l’on s’affronte entre grands intellectuels… Voici venu le moment de jouer ta carte « Atout », Brian !

2. Parce que c’est enrichissant, intellectuellement parlant. Le récit s’ancrant dans les années 80, toute la culture de l’époque est présente, du domaine musical et littéraire en passant par le cinéma, la science et la politique. Brian étant un fan de Kate Bush (artiste que je ne connaissais pas…), il ne manque pas d’énumérer toutes les références pop & rock de ces années terribles : de quoi vous filer des complexes quand vous vous avouez vaincu-e par ce trop-plein de savoir. (croyez-moi, j’ai pris un nombre incommensurable de notes)

3. Parce que ça nous met dans la peau d’un garçon mal dans la sienne… Comment vous expliquer ? Notre héros n’a pas le physique d’un Ken. Il se fait rembarrer par les filles et leur raconte des blagues nulles (à tout le monde, en fait). Malgré cela, il reste un gars gentil, avec le coeur sur la main (il est même féministe !) et il est nécessaire d’ajouter qu’il conserve un humour british tout à fait succulent. Ce qui nous amène à le plaindre parfois, bien qu’on se tape régulièrement le front du plat de la main lorsqu’on le lit faire des bourdes monumentales.

 

Pourquoi je vous le recommande ?

J’aime bien David Nicholls. Ce coup de coeur s’est déroulé après la lecture d’Un jour, un livre qui m’a profondément marquée. De ce fait, je voudrais vous dire que je suis totalement conquise par le style d’écriture de Nicholls : il relate la vraie vie, comme si les lignes détenaient une part de vérité.
Même si, en tant que lectrice, je lisais le « je » d’un garçon, je me suis sentie… à sa place. Moi aussi, j’ai déjà été un vilain petit canard. J’ai vécu une multitude de béguins pour des personnes inaccessibles. Alors quand Brian parle de ses errances désespérées dans les bâtiments à la recherche d’Alice, je sais ce qu’il veut dire.
Sont évoquées également, les problématiques du père disparu trop tôt, des copains de lycée qu’on abandonne, des projets avortés… Tout ceci sur fond de rock’n’roll et de littérature anglaise, que Brian étudie avec plus ou moins de passion.
En clair : une lecture à s’approprier dans votre masure d’étudiant-e, si vous en avez une !

ophelie

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18 Comments

  • Reply Onee-Chan 14 mai 2013 at 7:44

    Moi qui n'ai jamais été tentée par cet auteur ni ses livres tu me donnerais presque envie, là …!

  • Reply Ellen A Paris 14 mai 2013 at 7:50

    Hello Ophélie,
    Tiens c'est marrant tes années fac me rappellent un peu les miennes 😉 Je n'ai pas fait toutes mes études en fac, mais seulement 2 ans. Je me levais à l'aube pour traverser toute la région parisienne, des heures de transports, des journées de cours interminables, mais heureusement une super bande de copines. Des délires à n'en plus finir, nos soirées karaoké à mourir de rire (je crois que pendant ces 2 ans, il a dû pleuvoir plus que d'habitude à Paris), bref, quelques souvenirs mémorables 😉
    Bien que je sois née dans les 80's, j'avoue que c'est une culture que finalement je connais assez peu, vu que j'étais môme et que ma famille ne baignait pas dans la culture pop.
    Ce livre serait donc une bonne séance de rattrapage (même si les rediffs de séries de la TNT et les soirées karaoké ont déjà fait les 3/4 boulot ;D
    Sinon l'histoire me fait vaguement penser à Slumdog Millionnaire (le côté p'tit gars érudit sans autres atouts)
    Bisous ma belle <3

  • Reply Jasmine 14 mai 2013 at 9:13

    Tu m'as bien convaincue, ce sera probablement mon prochain achat 🙂

  • Reply Vive la rose et le lilas 15 mai 2013 at 7:12

    Ta critique donne vraiment envie de lire le livre. Je pense cependant me réserver cette lecture pour cet été, car ma PAL ne fait qu'enfler…

  • Reply L heureuse imparfaite 15 mai 2013 at 7:37

    !! super ton intro 🙂
    je me retrouve aussi beaucoup dans ce que tu dis, surtout sur le "en plus j'étais une bonne élève qui n'osait pas redoubler – la Honte"
    par contre j'ai quand même mis les pieds en boîte (au moins 4 ou 5 fois ! quelle folie !)
    et une fois de plus tu me donnes bien envie de découvrir ce livre!!
    bises

  • Reply Camille 15 mai 2013 at 10:04

    DE QUOIIIIIIII tu ne connaissais pas Kate Bush ??? Scandale. Bon il va définitivement falloir qu'on s'organise ces sessions CD.

  • Reply BlablaYa 15 mai 2013 at 11:59

    Encore une super chronique 🙂

  • Reply In Milie's mind 15 mai 2013 at 1:23

    J’hésitais à m'y mettre, de peur d'être déçue, ayant adoré Un Jour, mais tu m'a donné envie. Je l'inscrit dans ma PAL !

  • Reply Ophélie Blibli 15 mai 2013 at 8:32

    Je suis diabolique, mwhahaha ! Mais oui, David Nicholls écrit si bien ! Ce serait dommage que tu ne t'y intéresse pas 🙂

  • Reply Ophélie Blibli 15 mai 2013 at 8:35

    Tu faisais des soirées karaoké ? Gé-ni-al ! La fac recèle de bons moments, je pense que la période restera gravée à jamais dans ma méoire (ça y est, je deviens nostalgique). Quant à la pop, je peux dire que je ne la connaissais pas du tout dans ces années-là. Heureusement, j'avais un père ultra rock'n'roll qui a bel et bien connu toutes ces références, il m'a beaucoup aidée à intégrer certaines que j'ai reconnues au cours du récit.
    Sinon, eh bien, c'est une bonne remarque pour le côté Slumdog Millionnaire. Comme quoi, le p'tit gars érudit est un rôle à la mode ces temps-ci ! Bisous !!

  • Reply Ophélie Blibli 15 mai 2013 at 8:36

    A acheter dans une librairie indépendante, histoire de faire un geste ;') (oulah, je fais de la propagande ! mais en vérité, j'ai aussi acheté ce livre dans une librairie indépendante au bord de la mer… c'était ma bonne action du mois ^^)

  • Reply Ophélie Blibli 15 mai 2013 at 8:36

    Aaah, le côté PAL qui enfle. Il faut pouvoir lui faire subir un régime draconien !

  • Reply Ophélie Blibli 15 mai 2013 at 8:48

    Non t'as vu ça, quelle honte ! Quand tu veux pour les sessions CD, moi je suis demandeuse ! (maintenant que tu as évalué l'étendue de mes lacunes, hinhin)

  • Reply Ophélie Blibli 15 mai 2013 at 8:49

    Héhé, merci ! écrite avec amour, passion, gloire et b… bon, ok, j'arrête.

  • Reply Ophélie Blibli 15 mai 2013 at 8:50

    comment ça t'as mis les pieds en boîte alors que tu étais étudiante ET bonne élève ? rrrroh mais, qu'est-ce que c'est que ce comportement ! 😀
    Et encore un livre à lire, un ! Bises ma belle 🙂

  • Reply Ophélie Blibli 15 mai 2013 at 8:50

    C'est différent de "Un Jour" mais, en un sens, ça joue sur le même tableau. Et quand on sait que c'est l'un des premiers livres de Nicholls… le pari était risqué ! Mais ça plaît quand même ! 🙂

  • Reply Ollie 20 novembre 2013 at 4:42

    Ton avis me donne envie de le lire !

  • Reply Ophélie Blibli 21 novembre 2013 at 11:52

    Eh bien ça fait plaisir de le savoir 🙂 C'est un très bon livre fait, entre autres, de rock'n'roll attitude et de discours d'étudiants en mal d'amour. La lecture te fera passer un bon moment 🙂

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