Aimer Glousser

Pourquoi choisir ? d’Emily Blaine. Déception sur talons aiguilles

12 août 2018

Place à un navet littéraire ! Vous le savez peut-être, ordinairement, je ne suis pas très exigeante en chick lit’. Néanmoins, il m’arrive parfois de tomber sur des romances un peu trop forcées, avec des ficelles si grosses qu’on pourrait bâtir un mât de voilier avec. Et, bien que je déteste arrêter une lecture en cours de route, c’est quasi inévitable : je passe à autre chose (non sans un pincement au cœur à l’idée de ne pas avoir « réussi à finir un livre »).

Mais pour ce titre-ci, Pourquoi choisir, j’ai passé outre mes soupirs exaspérés à chaque chapitre et j’ai continué à me l’infliger. De bout en bout. Jusqu’à la dernière goutte. C’était mon premier Emily Blaine, voyez-vous. Je devais savoir de quel bois se chauffe l’une des reines de la romance contemporaine. Et après avoir investigué sur les réseaux littéraires (Livraddict, Goodreads), j’ai compris que j’avais mal choisi mon galop d’essai, au vu des piètres avis qu’en ont eu les autres lecteur·rice·s. Pour moi, c’est donc #GrosFail et je vais vous dire pourquoi. (Attention, spoilers à suivre)

Quel est le topo ?

L’héroïne, Elizabeth, une jeune femme bien sous tous rapports, fait de l’animation. Mais attention, pas celle des centres de loisirs, non-non. Son boulot, c’est d’organiser des fêtes, en binôme avec sa meilleure amie.

Manque de bol, quand le récit commence, leur boîte en est aux balbutiements. Liz est envoyée pour l’anniversaire d’une fillette pourrie gâtée chez les Banks, la plus riche famille de la ville, déguisée en Fée Clochette. C’est que les temps sont durs – une vraie disette ! -, il faut donc se fader les plans pourris dégotés par sa camarade qui, elle, pouponne à la maison pendant que Liz trime dans sa mini-jupe à paillettes. Mais puisqu’il y a un chèque à la clé, Liz est ravie ! Elle pourra enfin réparer ce qu’elle a de plus précieux : son vieux van souffreteux, qu’elle a baptisé Ted.
Et Ted, c’est LA fixette de Liz. Il sera fait mention maintes fois de sa réparation nécessaire et, entre ces deux-là, croyez-moi, le lien est puissant. (au secours) Aux abords de la riche propriété des Banks, notre Fée Clochette se fait doubler par une rutilante Aston Martin conduite par un beau gosse arrogant : Peter Banks fils. Celui-ci la reluquera sans vergogne dans sa tenue de Fée, puis lui fera les yeux doux. Elle le repoussera avec indignation, parce que le fric, se persuade-t-elle, elle s’en fout.

Plus tard, alors qu’elle fait ses courses au supermarché du coin, un homme séduisant façon bûcheron canadien lui conseille d’éviter les conserves. Il s’appelle Jonathan, et Liz lèvera les yeux au ciel devant la banalité du plan drague (et moi aussi…). Le bel Apollon est forcé de battre en retraite, mais une fois sur le parking, Liz est dévastée : Ted ne redémarre plus ! Heureusement, Jonathan surgit derrière elle (on l’aura vu venir de loin) et sauve la vie de Ted en l’emmenant chez un garagiste. (quel homme !)

Liz est reconnaissante, alors elle change illico d’avis : Jonathan fera joli dans son lit. D’autant plus que Peter Banks et lui semblent être de grands rivaux, même si elle ignore pourquoi (oh, mystère !). Liz est tout de même sollicitée pour un contrat par le père Banks, qui a finalement reconnu la qualité de son travail (ou plutôt de son joli derrière minois). L’homme est misogyne et répugnant : il veut forcer Liz à sortir avec son fils Peter en lui faisant du chantage. (ben voyons, paye ton #BalanceTonPorc) Elle tergiverse, s’indigne, et finit par accepter contre une avance d’argent (euurk).

Forcément, ça va poser problème, et Jonathan sera furax. Liz sera toutefois très docile (elle proteste toujours 5 minutes avant de capituler), puisque tous les moyens sont bons pour enrichir sa mini-entreprise (et pour réparer son cher Ted), quitte à s’asseoir sur ses principes en bossant pour un vieux riche dégoûtant et son idiot de fils. Sans oublier le twist de fin : Jonathan est, lui aussi, un Banks ! Il a simplement décidé de vivre sans ostentation, avec des vraies valeurs (pas difficile non plus vu le niveau du père). Ce qui ravira notre Liz, qui se sera, en fin de compte, dégoté un riche !

Le mot de la fin

Si, comme moi, vous êtes de celles dont l’esprit féministe s’insurge facilement, chaque chapitre aura de quoi vous donner des boutons. Une héroïne faussement droite dans ses baskets, attachée à son van, et surtout, vénale.
Je vous recommande donc de passer votre chemin sur celui-ci, et de choisir plutôt un autre Emily Blaine… pour peu que les autres titres soient bien meilleurs que celui-ci.

Et vous, connaissez-vous ce livre ? Avez-vous déjà lu un titre qui vous fait bondir d’indignation ?

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