Glousser Réfléchir

Les débutantes, de J. Courtney Sullivan. Une amitié sincère bordée de féminisme

12 août 2013

Je rejoins à mon tour la horde de filles/femmes qui ont lu/lisent/liront ce roman incontournable de l’été. Si vous n’êtes pas encore parti-e-s vous dorer l’épiderme sous le soleil des tropiques, je vous encourage vivement à vous procurer ce petit bijou littéraire qui ne manquera pas, j’en suis sûre, de vous faire réfléchir sur votre serviette. Les débutantes, c’est LE livre qu’il vous faut caler dans votre valise (ou votre sac à main pour celles qui ruminent déjà la fin des vacances).
Zoom sur l’un de mes petits coups de foudre de l’année.

 

Pourquoi lire Les débutantes ?

1. Parce qu’on y parle d’amitié… et de féminisme. Les débutantes, c’est l’histoire de quatre filles qui débutent dans la vie. La vraie. Celle avec le premier appart’, le premier vrai petit-ami, le premier vrai bébé et le premier vrai crédit.
Elles s’appellent April, Bree, Celia et Sally. Ces jeunes donzelles américaines se sont connues à l’université Smith, l’un des établissements féministes les plus connus des Etats-Unis. Là-bas, elles ont connu l’amour, le savoir, la fierté et, par-dessus tout, la force d’une amitié indéfectible. Elles s’encouragent, s’analysent, se soutiennent. C’est le temps des promesses et des espoirs magiques.
Mais une fois le diplôme en poche, le tourbillon de la vie les sépare. Désillusions, rêves brisés, cœurs massacrés… A 26 ans, chacune entre dans l’âge adulte à sa manière, tentant malgré tout de maintenir le lien qui les unit contre vents et marées.
Lorsque l’une d’entre elles disparaît, c’est le drame. Vient alors le moment de se retrouver, de reconstruire ensemble les souvenirs oubliés afin de récupérer ce qu’elles ont de plus cher : elles-mêmes.

2. Pour la forme du récit-choral. Chaque fille dissimule un lourd secret, bientôt dévoilé au fil de la lecture comme au fil des soirées qu’elles passent à picoler dans leurs chambres estudiantines. On identifie alors chacune d’entre elles plus facilement via ces anecdotes. On se sent s’attacher aux héroïnes progressivement… jusqu’à envier cette relation qu’elles entretiennent !

3. Pour la découverte de l’université Smith. L’ambiance qui y règne. La pensée qu’elle véhicule. L’enseignement qu’on y dispense. On apprend ainsi que le féminisme est multiple : les « Smithies » sont extrémistes, militantes ou sympathisantes… parfois même sans avis particulier. Même au sein du petit groupe de copines que forment Bree, Sally, April et Celia, la façon de se définir comme féministe diffère. Les réflexions qu’elles mènent sont riches et remettent en question les préjugés et les clichés. Et ça c’est bon !

 

Pourquoi je vous le recommande ?

Parce qu’ils sont trop rares, ces livres qui parlent de féminisme sans tomber dans l’ultra-lourd. Lire Les débutantes, c’est accepter de se laisser bousculer. On y parle de sexualité libérée, d’homosexualité, de violences faites aux femmes, d’histoires d’amour menées tambour battant avec des hommes immatures ou irresponsables et, bien sûr, de militantisme.

Si moi j’ai aimé, c’est surtout parce que j’adhère (en partie) à ce mode de pensée. « Homme, cesse donc de dire que je conduis mal parce que je suis une femme » ; « Homme, mon ambition vaut bien la tienne, ne crois pas que je vais laisser tomber ma carrière pour devenir ta femme au foyer » ; « Homme, cesse de me demander où je vais sans toi et pourquoi, ça ne te regarde pas ».
D’ailleurs, si j’avais un homme à portée de main, je lui plaquerais immédiatement ce livre sur le torse en lui disant : « Chéri. Vraiment. Si tu veux me comprendre… tout est là. »
Oui. Parce que tout est là. Ou, du moins, une partie de moi. Une partie de nous, les filles. Les femmes.

ophelie

You Might Also Like

10 Comments

  • Reply BlablaYa 12 août 2013 at 3:24

    Tu me donnes très très envie de le lire.
    Dans le résumé que tu en fais, je pense un peu (en plus mature, hein !) à Quatre filles et un jean, mais version adulte. Je pense que je vais m'y mettre un de ces jours…
    Merci 🙂
    A bientôt

  • Reply Ophélie Blibli 12 août 2013 at 6:22

    A vrai dire "Quatre filles et un jean" n'a vraiment rien à voir, mais je vois où tu veux en venir 🙂 On peut aussi s'identifier à l'un des personnages !
    Bisous 🙂

  • Reply humeursdefilles 13 août 2013 at 6:59

    J'ai aimé aussi particulièrement l originalité de l écriture à 4 voix!

  • Reply Atalanta 13 août 2013 at 7:44

    Bon, je crois que tu m'as convaincue. Encore. Mais à vrai dire tu es assez douée pour cela. Ton blog me coûte un bras en bouquins! (faut vraiment que je m'achète une tablette) et pour tout te dire, je te verrais bien tenir la rubrique "books" d'un féminin pas prise de tête. ça te dirait?

  • Reply Ellen A Paris 13 août 2013 at 8:46

    Hello Ophélie,
    Sans être mon style de lectures, avec ce livre tu éveilles ma curiosité ! Je le lirai si je tombe dessus. Ca me fait un peu penser (de loin) à la série Winners & Losers 😉
    Bises <3

  • Reply Ophélie Blibli 14 août 2013 at 11:23

    L'écriture à quatre voix est rondement menée, d'ailleurs. Cela fait la force des personnages : leur histoire et leurs émotions sont mieux comprises par nous, lectrices lambda, perdues dans ce méli-mélo 🙂

  • Reply Ophélie Blibli 14 août 2013 at 11:27

    Tiens d'ailleurs, maintenant que tu m'en parles : la tablette est très rentable, je te conseille la Kobo de Fnac, qui est très simple d'utilisation, a un joli design et dont la batterie dure plus d'un mois. Moi-même, j'ai la Kobo mini, que j'ai eue en soldes à 50 euros environ !
    Quant à tenir la rubrique books d'un féminin, ce serait super 🙂 Lequel as-tu en tête, par exemple ?

  • Reply Ophélie Blibli 14 août 2013 at 11:28

    Tu risques de "tomber" dessus très vite, Ellen 🙂 Il est en vente partouuut et comme il a eu un prix, il est mis bien en avant dans les rayonnages ! Un vrai plaisir à lire 🙂

  • Reply Atalanta 15 août 2013 at 8:20

    A vrai dire, je pensais à une VRAIE tablette, celles avec lesquelles on peut télécharger la version US de Vanity Fair, faire des vidéos et plein de trucs de Ouf. Et celles-ci, elles coûtent rarement 50€ plutôt un zéro de plus.
    Cosmo, ça te dirait?

  • Reply Ophélie Blibli 15 août 2013 at 9:47

    Alors pour les vraies tablettes, je ne maîtrise pas du tout le sujet, mais elles commencent à se démocratiser donc tu devrais pouvoir en trouver à des prix "corrects" (enfin…)
    Et oui, tout à fait ! Collaborer à Cosmo me plairait complètement !

  • Leave a Reply