Aimer Trembler

Les âmes vagabondes, de Stephenie Meyer. Ou la pureté d’une belle âme pour tout changer

1 avril 2013

On le sait, la mode littéraire actuelle est aux livres dystopiques fleurant bon le désespoir. À bas les lectures rêveuses aux futurs pailletés d’étoiles et de licornes fluorescentes ! Désormais, lisons les mésaventures de héros désemparés et meurtris par la perte de leur monde ; plongeons au cœur de scénarios parsemés de séparations déchirantes aux dialogues larmoyants ! Dans les bouquins dystopiques, en réalité, nous n’avons qu’une véritable attente : découvrir comment le gentil-héros parviendra à se dépêtrer de tout ce bazar.
Dans Les âmes vagabondes, la technique est ahurissante. A la prochaine fin du monde, je ferai tout pareil.

Pourquoi lire Les âmes vagabondes ?

1. Parce que ça n’a définitivement rien à voir avec Twilight… et ça fait du bien ! Stephenie Meyer, docteur ès vampires scintillants, sert ici un roman étonnement bien pensé. Un vrai roman mature. Ici, l’héroïne se nomme Mélanie, une jeune fille ayant survécu à l’invasion du monde par des âmes extraterrestres (non ce n’est pas tiré par les cheveux, vous allez voir). Dans la vie, Mélanie est en cavale avec son petit frère, tentant d’échapper au pire dans un monde hostile. Un jour, ces deux-là croisent le chemin de Jared, un BG en fuite dont Mélanie tombe éperdument amoureuse.
Pourtant, l’inévitable se produit : elle se fait choper par les méchants et on lui colle une âme dans le cerveau afin qu’elle se taise à jamais. Nous, lecteurs, suivons alors les pensées de Vagabonde, cette âme qui a pris possession de Mélanie avec, pour mission, d’aider les âmes à localiser les humains rebelles. Mais, – ô malheur ! – son hôte fait de la résistance : Mélanie forcera Vagabonde à retrouver Jared… et à trahir les siens.

2. On y découvre une riche palette de sentiments et de sensations décrites avec beaucoup d’exactitude, de justesse… bref, en un mot, de talent. Vagabonde est une âme extraterrestre innocente qui, en intégrant le corps de Mélanie, découvre pour la première fois ce que c’est que d’être humain. Ouvrir les yeux, respirer, toucher… Elle se prend de plein fouet une vague d’émotions saisissantes qu’elle sait incontrôlables. Son témoignage nous fait prendre conscience de la préciosité de notre corps, de notre vie, des éléments qui nous entourent. J’ai trouvé ça très beau.

3. Le récit est fort. La violence de certaines scènes fait peut-être un peu mal au coeur, sans doute parce qu’elles sont décrites à travers le prisme des yeux de Vagabonde. Comment les humains peuvent-ils être aussi querelleurs, haineux, détestables ? L’âme pure de Vagabonde nous aide à déceler les pires défauts des hommes qui, – elle le reconnaît – sont aussi capables du meilleur. Une leçon de vie sur la force de l’amour, qui naît là où on ne l’attend pas.

Pourquoi je vous le recommande ?

J’ai observé que, le plus souvent, en dystopie, les héroïnes font preuve d’une belle force mentale, telles des Lara Croft musclées du ciboulot. J’aime les histoires où les femmes prennent le dessus et arrivent, à force de patience, d’humilité, et de matière grise, à calmer les gros bras plein de testostérone. (le girl power n’aura jamais fini de m’habiter)
Dans ce roman, Meyer bouleverse les codes. Elle rend les personnages complexes, elle nous fait aimer ceux qu’on aurait détestés. L’intrigue est plus recherchée que dans la saga Twilight (peut-être est-ce parce que ce livre n’est pas adressé aux ados ?), c’est ce que j’ai le plus apprécié.
D’autre part, la vulnérabilité du personnage de Vagabonde, cette âme pure et honnête, m’a touchée. Moi aussi, en tant que lectrice, j’ai été saisie par les émotions émanant du texte. Faire imager une héroïne violentée, triste et apeurée, c’était quand même un pari risqué pour l’auteure (un coup à vous faire lâcher le livre tant il en vient à vous répugner de la nature humaine) (une façon de faire ouvrir les yeux, j’imagine).
En tout cas, j’ai trouvé cette lecture fascinante : elle m’a pompé mon énergie pendant de longues soirées (plus de 600 pages, tout de même !)

ophelie

You Might Also Like

10 Comments

  • Reply Blue 1 avril 2013 at 9:10

    Ta critique donne envie !

    J'avais déjà lu des avis très positifs sur ce livre mais bon, dans mon esprit "Stephanie Meyer" allait de paire avec "Twilight".

    Cela dit, ça a l'air pas mal du tout, j'y penserai quand je serai à la librairie.

    • Reply Ophelie 28 décembre 2017 at 4:05

      J’avoue qu’un livre estampillé « Stephanie Meyer » ne me tentait pas des masses également, mais je me suis dit qu’il fallait dépasser « Twilight »… et j’ai bien eu raison !

  • Reply Atalanta 2 avril 2013 at 7:07

    Tu vas me filer des doutes. Une amie avec laquelle je partage beaucoup de goûts m'a recommandé ce bouquin dans une librairie américaine, mais ni elle ni la 4ème de couverture ne sont parvenus à me convaincre. Pourtant, je n'ai rien contre Stephenie Meyer, j'ai bien aimé Twilight, même si l'écriture laisse à désirer. Alors on va dire que je vais garder les âmes vagabondes dans un coin de ma tête. Quand ce sera le bon moment.

    • Reply Ophelie 28 décembre 2017 at 4:05

      C’est vrai que l’écriture est simpliste dans « Twilight », mais je crois qu’ici, Meyer a fait un réel effort (sans aller dans la tournure de phrase hyper recherchée, mais il y a du mieux).
      Et puis des instants violents dans ce livre qui peuvent réveiller le côté féministe en nous : les hommes, en s’attaquant à une « créature », oublient qu’ils s’en prennent aussi à une femme. De quoi bondir ! Mais je ne t’en révélerai pas plus… 😉

  • Reply Lucie 4 avril 2013 at 7:10

    J'ai lu ton article et je dois dire qu'il m'a donné envie de persévérer. J'ai commencé ce roman il y a (très) longtemps et j'ai laissé tomber parce que j'ai trouvé le début très mou, pas inintéressant, mais vraiment lent. On m'a dit qu'après ça bouge plus, et qu'il faut passer la centaine de page pour que l'histoire commence vraiment. Tes impressions m'ont vraiment donné envie de retenter l'aventure. ^^ Et puis, le film sort dans pas longtemps alors, j'ai bien envie de le terminer avant d'aller voir l'adaptation au cinéma. lol

    • Reply Ophelie 28 décembre 2017 at 4:03

      Mais oui, je t’encourage vivement à le terminer ! C’est vrai qu’il faut s’accrocher au début mais je pense que ça vaut le coup. Tu m’en diras des nouvelles ! ;’)
      On se retrouve pour la chronique du film =)

  • Reply Ellen A Paris 6 avril 2013 at 10:06

    Hello Ophélie,
    Nan mais ça veut dire quoi la 2ème phrase ? Parce que je me sens visée tu vois (ouai, ouai…)
    Tu as cru que je ne m'en rendrai pas compte peut-être ?
    Suis définitivement triste.
    SIGHT.
    SOUPIR.
    PLEURE.
    SANGLOTE.
    HOCQUETTE
    TREMBLE.
    RENIFLE.
    (je le fais bien t'as vu ? Je suis prête pour un rôle à oscar 😉
    Bisous <3

    • Reply Ophelie 28 décembre 2017 at 4:04

      Hahaha(Marion Cotillard sors du corps d’Ellen !) et oui c’est un clin d’oeil à toi, ma droguée des licornes ;’) Tout ça pour dire que les romances sont lâchement délaissées pour des histoires horribles d’après fin du monde ! Pff ! Quelle tristesse !

  • Reply NiNe Gorman 13 avril 2013 at 6:56

    Je pense me lancer dans sa lecture très prochainement, tu as mis combien d'heure à le lire pour me faire une idée ? 🙂

    • Reply Ophelie 28 décembre 2017 at 4:03

      Salut Nine ! Eh bien écoute, pour 600 pages… Si je me souviens bien, ma liseuse m’a indiqué entre 5 et 6 heures de lecture. Un gros pavé mais j’ai quand même « carburé » pour en venir à bout !

    Leave a Reply