Aimer Rougir

Le Pacte, de Mary Jo Putney. Le roman qui vous fait regretter la galanterie du 19e siècle

25 juin 2013

Bien que je sois la digne fille de mon siècle, j’ai toujours pensé que je n’appartenais pas à la bonne époque. Surtout dans le domaine du big love : je suis une incorrigible petite sotte romantique.
Dans mon armoire se cache une robe de princesse couleur violine – qui pique les yeux – pleine de froufrous et au décolleté vertigineux. J’ai même le châle et le petit sac élégant qui vont avec.
Pourtant, je n’ai jamais mis cette robe.
En tout cas, pas ailleurs que dans la cabine du magasin où je l’ai dénichée. C’était pour un jour de l’An. Je crois avoir refusé de m’aventurer accoutrée ainsi hors des quatre murs douillets de ma chambre, par peur du ridicule. Car, à l’heure où la mode est à la jupette courte et aux tee-shirts portés façon « hipster », la lady des années 1800 semble plus proche du dinosaure que de la it-girl.
C’est donc pour satisfaire mes besoins de romantisme dégoulinant de mièvrerie que je me suis plongée de toute mon âme dans ce délicieux bouquin de Mary Jo Putney…

Pourquoi lire Le Pacte ?

1. Parce que c’est une histoire rafraîchissante, tant elle se déroule à des années-lumière de notre univers saturé par la réalité de l’high-tech…
A la mort de son cher papa, lady Jocelyn est sidérée. Son paternel a inclus dans son testament une clause abominable l’obligeant à prendre un époux avant ses 25 ans, sans quoi elle serait forcée d’abandonner la presque-totalité de son héritage à son oncle et sa tante, une mégère infernale. Cette situation embarrasse beaucoup Jocelyn puisque, d’une part, elle n’avait pas prévu de se marier si tôt et, d’autre part, elle n’a d’yeux que pour un bel homme du monde, le duc de Candover.
Pour contourner cette contrainte, lady Jocelyn a une idée. Alors qu’elle rend visite à un ami dans un hôpital où sont soignés les vétérans de guerre, elle fait la connaissance d’un officier blessé prêt à passer l’arme à gauche, le major David Lancaster. Ils en viendront à conclure un accord les arrangeant tous deux.
Cependant, le plan ne fonctionne pas comme prévu. Le destin de David change du tout au tout lorsqu’un chirurgien travaille à le remettre sur pied. Pour conquérir la belle Jocelyn, le major devra alors faire preuve de patience… car milady a bien l’intention d’annuler leur mariage de raison et de conquérir le duc.

2. Parce que les bonnes manières de l’époque font rêver. Les dialogues sont délicieux, tout en enrobés. C’est ce qu’on peut apprécier dans les romances historiques. La politesse y est reine, ce qui tranche sérieusement avec nos discours actuels. (Et vous n’en avez pas marre, vous, de la trivialité de nos propos ? Le romantisme est-il vraiment mort ?). Exemples.
Au 19e siècle : « Je suis entièrement d’accord avec vous sur l’inconvenance de cette union »
Au 21e siècle : « J’suis d’accord avec toi, on n’aurait pas dû se marier comme ça ».
Avouez qu’il y avait du niveau.

3. Parce que ça donne envie d’être courtisée de façon… noble. Oh oui, cher monsieur, ayez l’obligeance de me baiser la main pour me dire au revoir à la fin de notre douce entrevue ! Oh, mais bien sûr que vous pouvez m’inviter à faire un tour dans le jardin pour marcher – juste marcher – parmi les fleurs ! Oh, j’accepte avec joie ce présent merveilleux que vous me faîtes en vous joignant à moi pour le dîner !
J’en fais trop, là ? Hum… C’est tout de même plus raffiné que les « ‘lut mamz’elle-t’es-charmante » pullulant dans notre société.

Pourquoi je vous le recommande ?

Notons que ce livre est ma première romance historique (et j’en redemande !). J’affirme avoir passé un fabuleux moment (que dis-je ! un délectable moment !) à chaque page. Comment les auteur-e-s parviennent-ils/elles à être aussi fidèles dans leurs descriptions à une époque aussi lointaine ? C’est prodigieux.
Si j’ai été poussée vers ce livre dans les rayonnages, c’est surtout pour l’originalité de sa problématique : comment naîtra la flamme de l’amûûr dans le brouillard de ce mariage factice ? Quels seront les obstacles que les deux protagonistes devront franchir avant de se rendre compte qu’ils sont faits l’un pour l’autre ? Quelles seront leurs erreurs ? Leurs joies, leurs peines, et tout le tralala… Jusqu’à l’apothéose – véritable feu d’artifice de joie intense – de l’AMOUR dans toute sa splendeur.
Je vous assure n’avoir rien pris/ingurgité d’illégal en rédigeant cet article.
Et puis… allez, il y a un cadeau bonus. Certaines scènes sont d’une sensualité dingue… Mmh, miam-miam. Graouu ! Bon, je vous laisse, je file arpenter les hôpitaux à la recherche d’un fier soldat en mal d’amour.
Bises !

ophelie

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9 Comments

  • Reply childhoodisbetter 25 juin 2013 at 2:48

    Ce que j'ai aimé lire ton article ! Brillant ! Et ton humour… Savoureux ! Vraiment, tu me donnes envie de me jeter sur ce livre. Et tu vas rire mais je me dis aussi régulièrement que je ne suis pas née à la bonne époque, pour tout un tas de raisons citées dans ton article… Preuve que je dois m'empresser de lire ce livre… ou songer à arpenter les hôpitaux moi aussi 😉 Merci pour cette jolie découverte en tout cas. Bises !

  • Reply l heureuse imparfaite 25 juin 2013 at 6:15

    !! tu écris trop bien miss 🙂 j'adore cette nouvelle critique une fois de plus
    PS : ce n'est pas sot du tout d'être romantique…

  • Reply Ellen A Paris 25 juin 2013 at 10:21

    Hello Ophélie,
    Ta revue me fais penser à la série Downtown Abbey !
    On avait essayé de me la faire découvrir en cours en VO, je n'avais pas accroché et il y a quelques mois je suis tombée dessus en zappant à la TV.
    Et bien moi qui ne suis pas spécialement portée sur les romans/films/séries historiques j'ai été complètement happée !
    Je ne pense pas que j'aurais aimer vivre à cette époque (le poids des conventions était écrasant), mais je reconnais que les relations humaines, en tout cas dans la haute société, avaient une certaine élégance, même lorsque que les personnes avaient des choses désagréables à dire (le personnage de la comtesse douairière dans Downtown est truculent !)
    Bon maintenant que tu as avoué avoir cette robe, je veux la voir (oui, oui 😉
    Bisous la princesse <3

  • Reply Ophélie Blibli 26 juin 2013 at 7:16

    Merciii du compliment 🙂 (ça y est je rougis ^^)
    Et chouette ! Une deuxième copine aux moeurs de l'ancienne époque huh-huh ! C'est vrai que les romances de l'époque font rêver… Rien qu'à lire celles de Jane Austen, par exemple : des histoires d'amour impossibles, terriblement tristes et joyeuses à la fois. J'aurais tué pour participer à un bal !
    Snif. Le 21e siècle manque cruellement de poésie.

  • Reply Ophélie Blibli 26 juin 2013 at 7:18

    Merci ma poulette ! :') Je suis contente que ça te plaise !
    Tu as sans nul doute raison, le romantisme n'est pas ridicule en soi. Je suis sûre que certains hommes en sont encore dotés. Reste à les dénicher.
    Petits, petits, où êtes-vous ??

  • Reply Ophélie Blibli 26 juin 2013 at 7:22

    Coucou Ellen ! Merci de me faire découvrir Downtown Abbey, je ne connaissais pas ! (et maintenant, en avant les après-midis occupés par la sériiie)
    Les relations humaines ne manquaient pas de classe, en effet. C'est le jeu du "politiquement correct" qui me fait fantasmer. Je suis sûre qu'en enrobant un peu plus nos propos, on "blesserait" moins notre entourage.
    Comme "chère maman, ayez l'obligeance de me laisser un semblant d'air afin que je puisse respirer tout mon soûl au quotidien" plutôt que "mum', lâche-moi la grappe cinq minutes, tu veux ?"
    Et d'accord, je vais instagramer ma robe au plus vite ! mais d'abord, je file faire les soldes ^^' Bisouuus !

  • Reply Claire 26 juin 2013 at 10:29

    Ce titre a vraiment l'air très sympa et tu en parles si bien que je le rajoute immédiatement à la liste de mes envies.
    Très bonne fin de journée et vive la galanterie!

  • Reply Anonyme 26 juin 2013 at 1:46

    Bonjour,

    Je travaille sur le site très féminin http://www.confidentielles.com et nous souhaiterions mettre en avant des bloggeuses au travers d’une petite interview, des bloggeuses enthousiastes et passionnées, comme vous l’êtes.
    Si vous êtes partante, contactez moi à marie-rose@confidentielles.com

    Belle journée,

    Marie-Rose

  • Reply Ophélie Blibli 26 juin 2013 at 3:55

    Comme tu dis, vive la galanterie ! 🙂
    N'hésites pas à revenir me dire si cette charmante lecture t'a ravie ! ^^'

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