Aimer Glousser

La plus belle histoire d’amour, de Lucy Robinson. Ou les huit rencards foireux d’une célibataire frappa-dingue

7 novembre 2013

Dans la longue liste de mes rendez-vous galants, j’ai connu un certain nombre de ratés. Le plus marquant date de l’époque où, venant tout juste d’arrêter de consommer du « sans lendemain », je m’étais engagée solennellement à trouver l’homme-de-mes-rêves. Le tri sur les sites de rencontres me fatiguant au plus haut point, j’avais opté assez rapidement pour une rencontre in-real-life avec un garçon plutôt gentil avec lequel je parlais beaucoup de cinéma. Je m’étais rendue à ce rendez-vous avec désinvolture mais pas trop, habillée mais pas trop et maquillée mais pas trop. Et, dans le cas où ça se passerait mal, j’avais mis au point une stratégie infaillible qui consiste à donner rendez-vous à 22h en pleine semaine, de façon à m’éclipser au bout d’une heure sous prétexte que « j’ai-de-la-route-pour-rentrer-et-je-travaille-demain ». Astucieux, non ?
Il était donc 22h et j’étais en avance, plus fébrile que prévu. J’avais placé quelques espoirs dans cette rencontre qui marquait résolument mon entrée dans un nouveau cycle de drague, plus sage et raisonné. Mais quand le gentil garçon est arrivé, j’ai été littéralement saisie… de stupéfaction. Car la vie avait joué un sale tour à ce pauvre homme. Son faciès, déformé par une malformation du crâne, avait le plus grand défaut de symétrie que j’ai jamais vu : un oeil plus bas que l’autre.
Je sais que j’aurais dû m’en apercevoir sur ses photos de profil. Mais, devinez. Il s’était arrangé pour présenter soit son profil droit, soit son profil gauche (je salue ici sa technique, passée inaperçue).
Ce fut donc l’une des heures les plus longues de ma vie, pendant laquelle j’ai osé raconter des choses invraisemblables pour le décourager (« je suis sur ce site pour me faire de nouveaux amis ») et agir comme une goujate (« ah, les roses, moi, je déteste ça ! Si-si, je t’assure ! » lorsqu’un Pakistanais nous a proposé son bouquet). Cela n’empêche qu’il s’est comporté comme un gentleman… ce qui n’est pas toujours le cas.
L’héroïne du livre La plus belle histoire d’amour, elle, en connaît d’ailleurs un rayon côté rencontres virtuelles foireuses. Très large, le rayon.

Pourquoi lire La plus belle histoire d’amour ?

1. Parce que c’est un livre au récit digne des plus belles comédies romantiques comme on en tourne au cinéma.
A 25 ans, Fran est sous-fifre dans le monde du journalisme télévisuel. C’est lors d’un reportage au Kosovo qu’elle rencontre Michael, un joli jeune homme qui ne tarde pas à tomber amoureux d’elle. Quelques années plus tard, alors que sa propre carrière décolle et qu’elle pense que Michael s’apprête à lui demander sa main, ce dernier réclame un break.
Hurlant à la mort du fond de son lit, Fran n’arrive pas à admettre que c’est fini. N’en pouvant plus de son état déplorable, ses amis décident de mettre au point un plan sensé être « infaillible » pour qu’elle puisse récupérer Michael. Ils la poussent alors à s’inscrire sur un site internet de rencontres et l’obligent à se rendre à huit rencards… absolument catastrophiques !
Et comme Fran est un peu frappa-dingue (et maso), elle se met aussi en tête d’espionner la nouvelle copine de son ex afin d’en savoir plus sur eux. Dans ces conditions, pas facile d’être au top au bureau, surtout quand on a le coeur en miettes, une drôle de mère à gérer, un chat irascible, une amie slave vivant planquée dans sa remise et une légère addiction au gin. Pour s’en sortir, Fran sera contrainte d’ouvrir enfin les yeux…
2. Pour la réalité des conversations virtuelles. C’est fou comme on s’y croirait ! Habituée-s des sites de rencontres, vous vous y reconnaîtrez absolument. Entre celui qui fait des mauvaises blagues sur votre présentation, celui qui cherche un plan c** parce qu’il trouve que vous avez un regard de coquine et celui qui semble charmant sur le papier mais terriblement vulgaire dans la réalité…
Lucy Robinson dresse un portrait véritablement « ravissant » de nos correspondants virtuels. Pas étonnant, d’ailleurs, puisqu’elle tenait un blog où elle racontait ses multiples rencards internet.
Rien ne vaut l’expérience…
3. Pour la richesse des péripéties de Fran. J’ai rarement lu une histoire aux rebondissements aussi bien fournis en sentiments, en détails et en drôleries (oui parce que les situations sont d’un cocasse… ! On se gausse, mes amies, on se gausse !). Fran est le genre de fille que l’on traite de « grande folle » ou de « vieille branche », je vous laisse donc saisir le grand potentiel humoristique du personnage. Et le meilleur reste les récits de ses rencards (les chapitres sont même rangés selon l’ordre de ses rendez-vous), hourdés de passages délicieusement truculents !

Pourquoi je vous le recommande ?

Avez-vous déjà eu cette envie si particulière, celle qui consiste à se lover dans votre canapé, les pieds enroulés maladroitement dans un plaid pelucheux et un bouquin sous les yeux en attendant que votre tasse de thé brûlante ne le soit plus ? (ô caricature, quand tu me tiens !)
Sachez donc que lire La plus belle histoire d’amour fait partie de ces livres légers que l’on déguste façon « longue soirée d’hiver », surtout lorsque vous en avez assez d’ingurgiter de la série télé.
Comme vous le savez peut-être déjà, je suis très attachée aux petites histoires qui relatent les premiers instants de célibat dans la vie d’une fille qui n’a connu que l’amour-véritable-mais-en-fait-non. Et concernant Fran, je me suis délectée avec beaucoup de plaisir de ses pensées abracadabrantes.
Conclusion : je pense que La plus belle histoire d’amour plaira à toutes les filles qui ont déjà tenté de récupérer leur ex petit-ami… (sommes-nous nombreuses dans la salle ?)
Et un gros merci à ma copine Isa pour m’avoir conseillé ce titre 🙂

ophelie

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6 Comments

  • Reply Isa 7 novembre 2013 at 4:24

    Je suis ravie qu'il t'ait plu et je te remercie pour le clin d’œil ! Gros bisous <3

  • Reply Ellen A Paris 7 novembre 2013 at 10:05

    Hello Ophélie,
    Voilà un livre qui a l'air bien tordant ! Et rien que le fait que l'héroïne s'appelle Fran (The Nannyyyyyyyy) me faisait déjà sourire en lisant ta chronique 😉
    Bisous miss <3

  • Reply Ophélie Blibli 8 novembre 2013 at 12:11

    C'était une parenthèse qui fait du bien 🙂 Je devrais me replonger dans un gros pavé mais… mais… mais non. Pas encore ! Bisous <3

  • Reply Ophélie Blibli 8 novembre 2013 at 12:14

    Ah Nanny ! J'avais été conquise par le personnage de Fran à l'époque, avec sa choucroute brune sur la tête et ses jupes crayon à motif léopard ! (Maintenant que j'y pense, elle me fait penser à Amy Winehouse…) Ce livre est trop drôle, mais j'en ai encore quelques-uns du même acabit en stock 🙂
    (tu peux préparer ta liste de Noël – pour toi ou une ou deux copines :p) Bisous !!

  • Reply Atalanta 11 novembre 2013 at 5:45

    Cette histoire, cette Fran, ça me dit quelque chose. Je dois l'avoir lu ce bouquin, mais certainement sous un autre titre en VO. Quel est l'auteur? Et bon courage pour le pavé. Moi je n'arrive déjà pas à me plonger dans les premières pages des chroniques du club de Yoga!

  • Reply Ophélie Blibli 13 novembre 2013 at 10:42

    Le titre en VO est "The Greatest Love Story of all Time" de Lucy Robinson, donc. Apparemment, il est sorti en janvier 2012 (traduction tardive ici… !). Qu'as-tu pensé de cette histoire ?
    Les chroniques du club de Yoga ? Dis-m'en plus, est-ce un livre pratique ?
    Concernant le gros pavé, il s'agit du Goncourt, "Au revoir là-haut" de Pierre Lemaitre (je l'ai eu avec la sélection Cultura, ils ont le "nez" – ou l'oeil -, chez eux !)

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