Glousser

La Page Blanche, de Boulet & Pénélope Bagieu. Ou l’histoire de la fille sans mémoire qui cherche désespérément à retrouver sa vie

26 janvier 2014

Ah, les têtes de gondole : ces livres plébiscités par la foule que l’on se sent obligé-e de lire pour ne pas avoir l’air bête quand on en évoque les grandes lignes en société. A mes yeux, un best-seller qui envahit les rayonnages ressemble à s’y méprendre à ma chanson fétiche du moment qui, à force de tourner en boucle à la radio, me fatigue les oreilles. En gros, quand tout le monde (ou presque) l’a dans sa bibliothèque, je m’en désintéresse… totalement. Et c’est peut-être bien dommage, car j’imagine que certains de ces livres « cultes » valent le coup. (évidemment je n’ai jamais résisté aux sagas)(vous pensez bien que Harry Potter est dans mon coeur)

Quand la BD La page blanche a fait son apparition dans les librairies, j’avoue lui avoir à peine jeté un oeil. J’en ai surtout entendu parler partout et tout le temps, mais ce que j’en ai surtout retenu, c’est que beaucoup de lecteurs ont confié avoir été hyper déçus de la fin. Soit. Voilà de quoi attiser ma curiosité (me dire « Non ne vas pas voir ça » c’est attiser les braises de mon intérêt, hélas !), mais pas encore suffisamment pour m’inciter à ponctionner mon compte en banque.

Mais voilà, il se trouve que ma super blogo-copine Ellen des Fleurs Rebelles m’en a fait cadeau. Elle l’avait elle-même reçu du service de presse des éditions Le Livre de Poche (coucou vous) et, son coeur ne battant pas vraiment la chamade pour le titre, elle a préféré me passer la main pour vous en livrer une chronique, que je vous sers courte parce qu’il a été suffisamment encensé sur la toile/dans la presse, on est d’accord là-dessus.

Le topo de cette BD supra connue :

(dans le cas où personne ne vous en a encore raconté la trame)

C’est l’histoire d’une fille victime d’un méga trou de mémoire. Elle est là, dans la rue, assise sur un banc, et elle semble s’éveiller au monde, stupéfaite. Bien entendu, elle se demande tout d’abord comment elle en est arrivée là, puis elle réalise rapidement qu’elle ne sait même plus qui elle est. Mais alors… plus du tout !

Heureusement, si la jeune fille semble atteinte d’un Alzheimer avancé – provoqué par on-ne-sait-quoi -, elle dispose tout de même d’un vif sens de la déduction. Les auteurs ont semblé souhaiter nous montrer au max son cheminement pour retrouver, à partir de preuves et d’éléments archi minces, son identité (et son appart’, son chat, son job, ses amis, son histoire familiale, etc). Via ses recherches, elle découvrira donc petit à petit que la vie de son autre « moi » manquait cruellement d’authenticité, mais aussi et surtout… d’amour.

Ce que j’en ai pensé :

Qu’est-ce que ça fait d’oublier qui on est, où l’on va, et pourquoi ? La question m’a effleurée l’esprit presque à chaque page. Si j’étais à la place de l’héroïne…

* Moi aussi, j’étalerais les effets personnels de la personne que je suis censée être pour y voir plus clair. 

* Moi aussi, je griffonnerais sur mes murs pour éclaircir la nature des liens que j’entretiens avec mon entourage.

* Moi aussi, je tenterais par tous les moyens de trouver mon journal intime pour y dénicher des réponses.

Cette BD ne m’a peut-être pas marquée à vie, mais j’en ai beaucoup apprécié le style (le coup de crayon de Pénélope Bagieu est si joli, si girly, presque tendre… J’adore).

Toutefois, on finit par comprendre que le plus important n’est pas la fin de l’histoire, mais plutôt la leçon à en tirer. Avis à ceux/celles qui ont été déçu-e-s de la fin, moi j’en ai tiré une conclusion hautement philosophique.

Car perdre la mémoire, oui, c’est angoissant. Mais l’occasion peut être salutaire : regardons nos vies (nos oeuvres) avec les yeux d’un esprit étranger qui aurait pris possession de notre corps. (pitié dîtes-moi que vous avez déjà imaginé une situation pareille, sinon j’ai l’air cloche) Cet étranger saurait mettre en lumière les zones d’ombre… Mais aussi les zones sèches, très arides, celles que l’on préfère ne pas hydrater de bonheur parce qu’on est trouillard (ou trop lâche ?) pour changer notre parcours en mieux.

La page blanche, donc, c’est simplement l’histoire d’une fille qui dispose d’une page blanche dans sa vie. C’est donc à elle de choisir de se fatiguer à la réécrire à l’identique des pages précédentes ou, bien au contraire, à la remplir d’une encre toute neuve, plus colorée.

Et vous, les nouveaux départs, ça vous a déjà tenté ? Avez-vous lu cette BD ?
ophelie

PS : Sur la photo, vous pouvez voir un tube de la marque de cosmétiques bio oOlution (testée et approuvée par ma peau mixte) et une bouteille du jus décalé et 100% naturel BorderLine. (saveur pamplemousse/mûre/menthe – miam), des produits ramenés de la Green Beauty Party.

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4 Comments

  • Reply Ellen A Paris 26 janvier 2014 at 6:44

    Hello Ophélie,
    Je suis contente de lire ta revue, je n'aurais pu en écrire autant ni aussi bien ! Je fais partie de ces lectrices pour qui une bonne fin (à mes yeux bien sûr) compte autant que toutes les pages qui y ont mené.
    Et je ne suis pas philosophe pour un sou : j'aime que l'auteur me dise clairement pourquoi il m'a fait faire ce chemin, j'aime les faits 😉 Je détete refermer un livre (et encore pire terminer une série tv ou un film) en n'ayant pas reçu toutes les réponses aux questions que l'auteur à lui même posées.
    Il faut dire que je rentre à fond dans les histoires, alors quand l'auteur me laisse "en plan" comme ça, je regrette de m'être laissée happer, parce que ce livre m'a vraiment emballée jusqu'à l'avant-dernière page !
    J'ai en revanche plus qu'aimé le style des dessins ainsi que le sens du détail, qui m'a fait souvent sourire.
    Merci pour ton clin d'oeil sur la Green Beauty Party 😉
    Des bisous ♡

  • Reply Ophélie Blibli 28 janvier 2014 at 1:46

    Hello Ellen :') AH oui, les fins résolues. Je suis aussi frustrée que toi par ces histoires dont les explications finissent en eau de boudin. Mais là, je me suis dit qu'il fallait s'y faire, inévitablement !
    J'ai bien aimé aussi les détails dans les dessins, c'est souvent ce à quoi je fais le plus attention quand je bouquine des bandes dessinées !
    Bref, en tout cas, ça y est celle-ci est classée 🙂 Bisous !

  • Reply Faelys 17 février 2014 at 8:54

    cette BD reste un bon moment, d'abord parce que je ne l'ai pas lu en 5 min chrono, et ensuite parce que comme toi j'en garde un souvenir agréable de fin ouverte qui laisse le lecteur plein de questions intéressantes sur lui-même. et oui, j'ai regardé les planches à plusieurs reprises moi aussi, appréciant de découvrir des détails que je n'avais pas vu la 1ère fois. bref, un bon souvenir!

  • Reply Ophélie Blibli 17 février 2014 at 12:12

    Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à avoir apprécié la "fin ouverte", comme tu le dis justement 🙂 Les BDs de ce style (le cheminement compte plus que le dénouement) sont finalement très rares !

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