Trembler

La maison de chair, de Graham Masterton. Ou pourquoi il ne faut pas se moquer des légendes indiennes

26 mars 2013

Le principe du livre d’horreur est de vous priver de nuits de sommeil relativement calmes et apaisées. Quand j’étais une pré-ado en crise, je me fichais éperdument d’être déphasée par la lecture d’affreux romans. Je lisais essentiellement du Stephen King : son imagination débordante me fascinait. Comment pouvait-il inventer des histoires aussi flippantes ? (cela m’a coûté quelques cauchemars particulièrement féroces et persistants). Un jour, j’ai fini par dire à ma mère que j’arrêtais de me droguer au King. « Il faut être sacrément frappé pour pondre des intrigues pareilles ! » me disais-je. Mais c’était surtout sa manie de décrire longuement la vie des personnages avant de les faire mourir aussitôt qui avait fini par me lasser…
Avec Graham Masterton, c’est une autre paire de manches : de la première à la dernière ligne, on est méchamment happé(e). Très, très… méchamment.

Pourquoi lire La maison de chair ?

1. Parce que l’angoisse y suinte dès les premières pages. John, employé aux services techniques de la ville de San Francisco, reçoit un jour la visite d’un petit monsieur étrange. Celui-ci lui avoue que sa maison lui fait peur, lui expliquant qu’il entend « respirer » dans les murs. Évidemment, John n’y croit pas. Pourtant, poussé par un ami, il se rendra dans la sombre demeure. Là-bas, il y découvrira le pire : Coyote, le plus pervers des démons indiens, a investi les lieux et cherche à reconstituer son corps pour répandre sa malfaisance sur le monde. Son scepticisme « d’homme blanc » mis au placard, John devra recourir au pouvoir d’un vieil indien afin de parvenir à stopper le hideux démon.

2. Parce qu’on bondit d’indignation face à la bêtise des « blancs » qui croient pouvoir maîtriser une force ancestrale en usant de leur force militaire. Car ce n’est pas une arme qui viendra à bout du démon… bien au contraire ! À l’instar de Coyote, John et son ami indien devront ruser…

3. Parce que Masterton écrit vraiment bien. Le récit coule tout seul, on s’y sent à l’aise. En commençant le  livre par « C’est ma maison, elle respire », il réussit à vous embarquer dare-dare dans son délire.

Pourquoi je vous le recommande ?

C’était efficace. J’ai eu du mal à m’endormir la première nuit (je surveillais les bruits de la maison de ma logeuse, confondant presque le bruit du vent à celui d’une respiration sinistre !) Ce livre était mon premier roman d’horreur depuis un an ou deux, alors autant vous dire que tous mes sens étaient en alerte dès que j’en ai commencé la lecture !
Pendant les 3 premiers chapitres, on se demande longuement ce qui va se produire dans cette drôle de baraque (même si on sait pertinemment qu’elle est hantée).
J’arrivais à m’imaginer le décor : murs sombres, escalier en colimaçon, statues et tableaux étranges, une atmosphère lourde à vous en faire perler des gouttes de sueur dans la nuque… (j’exagère ? bon, j’exagère.) Bien sûr, petit à petit, j’ai commencé à moins baliser : on sait que Coyote est un infâme démon adepte des tortures dégueulasses, on finit donc par s’y habituer.
Ah et, j’oubliais : la note de l’auteur en prélude précise que, durant tout le processus d’écriture du livre, il ne lui serait arrivé que des bricoles. Cette mention ne m’a pas rassurée outre mesure (d’autant plus que je partais en avion pour Rome deux jours plus tard…). Merci, Masterton !

ophelie

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14 Comments

  • Reply Onee-Chan 26 mars 2013 at 7:52

    Tiens ça pourrait être marrant de faire ça pendant des vacances entre potes : pendant une semaine, tout le monde lit des livres d'horreur : on pourrait se marrer 😉

    • Reply Ophelie 27 décembre 2017 at 6:48

      Très ! Comme organiser un concours de celui qui a lu l’histoire la plus horrible en 5 jours (HINhinHIN… !)
      Le risque ? Plus personne ne voudra sortir le soir très tard. Seul.

  • Reply In Milie's mind 26 mars 2013 at 8:16

    Ce cher Stephen a occupé pas mal de mes nuits aussi, parfois contre ma volonté en donnant tant d'idées horribles à mon cerveau pour me tenir éveillée. Et pourtant, on y retourne avec plaisir, juste parce qu'il sait si bien nous plonger dans un univers… Je vais inscrire ce roman sur ma liste, mais je vais attendre d'avoir re-emménagé avec du monde avant…(j'habite face à une vieille maison abandonnée)
    Bonne soirée

    • Reply Ophelie 27 décembre 2017 at 6:47

      Une vieille maison abandonnée… brrr (ça m’en donne des frissons !) A-t-elle l’air lugubre ? C’est un coup à s’imaginer les pires scénarios ! Tu fais de la coloc’ habituellement ?
      Concernant Masterton, il paraît que ce n’est pas son meilleur livre (je n’ose imaginer quelles autres histoires sordides il nous sert dans ses autres romans !)

  • Reply fairystelphique 26 mars 2013 at 8:38

    Super chronique!!!!Et bien bienvenue dans ce challenge haut en frayeur!!!!On verra qui ne dormira plus à la fin de l'année!!!!

    • Reply Ophelie 27 décembre 2017 at 6:47

      Merci beaucoup pour ton message :’) Je pense qu’on sera de nombreux challengers à avoir des sueurs froides en fin d’année, en effet ^^ Allez, hop ! Je vais réfléchir au prochain roman d’horreur à mettre sur ma liste !

  • Reply Isa 27 mars 2013 at 9:55

    Comme je le disais, je tiens à mes nuits de sommeil, merci bien. Et pourtant, le sujet de ces livres-là me tente souvent ! Malgré tout, je me contenterai de te croire sur parole quant à la qualité du livre 😉 Merci pour cette excellente chronique !

    • Reply Ophelie 27 décembre 2017 at 6:46

      Tu as raison, Isa : les romans d’horreur ne sont pas à mettre entre toutes les mains (surtout quand on sait comment on va réagir à la lecture…) En fait, je suis bien incapable de regarder des films d’horreur mais, comme toi, je suis fascinée par leurs histoires (le livre semble être un bon compromis !)
      Je pense que je vais lire d’autres romans de Masterton.

  • Reply Ellen A Paris 31 mars 2013 at 5:43

    Hello Ophélie,
    J'ai lu vite, mais ça fait déjà flipper tout ça (mon petit coeur bat très vite là 😉
    Tu connais mes origines, et ce type d'histoires, c'est un peu dans le genre de celles que me racontaient mes parents quand j'étais enfant.
    Comme Isa je tiens trop à mes nuits de sommeil, je propose un nouveau challenge : un truc autour des fées, des paillettes, des papillons, avec guimauves et chocolats 😉
    Bisous et joyeuses Pâques ma belle <3

    • Reply Ophelie 27 décembre 2017 at 6:46

      Tes grands-parents ont dû te faire adorer les nuits orageuses, dis donc ! ^^ Ils ont eu le mérite d’être efficaces, puisque désormais tu fuis tout ce qui te fait peur ;’) (et tu as sans doute raison, c’est moi qui me créé de nouveaux cauchemars avec ces lectures !)
      Je suis d’accord pour participer à ce nouveau challenge plein de paillettes, j’ai d’ailleurs fini un livre EXTRA (et les majuscules ne sont pas de trop !) qui devrait te plaire à coup sûr tellement il m’a fait rire et souhaité le meilleur dans la vie… ! Ma chronique, très prochainement =)

  • Reply Lobelia 4 avril 2013 at 9:29

    Coucou 🙂
    Voilà, j'ai envie de le lire maintenant, bravo, j'en avais pas assez xD Je plaisante bien sûr, c'est tout à fait mon genre de lecture, je pense que je me le procurerais prochainement 🙂 Je suis une grande lectrice de King, bienvenue au club ^^ A bientôt !

    • Reply Ophelie 27 décembre 2017 at 6:46

      Coucou Lobelia ! Eh bien écoute, je te souhaite bien du plaisir avec ce cher Graham ! Je suis justement à la recherche de ses autres livres ! Quand on aime le frisson, on ne compte pas… ! A bientôt ;’)

  • Reply Lulule Biscotte 24 avril 2013 at 10:12

    Bonjour !
    Du même auteur je te recommande chaudement le livre "Tengu" : c'est plus japonisant et très trash sexuellement parlant (en gros en lisant ce bouquin t'as envie de manger des suchis et de faire des choses que la morale interdit formellement) et le bouquin "Rituel de chair" (qui là pour le coup ne te donne pas DU TOUT envie de manger, à moins d'être canibale et dans ce cas, tu finiras en prison, pas cool).
    Enjoy !

    • Reply Ophelie 27 décembre 2017 at 6:46

      Bonjour Lulule ! (et je suis contente que tu passes par ici, j’ai pas mal traîné sur ton blog ce matin – ça m’a donné envie d’écumer toutes les brocantes de ma région !)
      Merciii pour tes recommandations : justement, je voulais me replonger dans d’autres romans de Masterton et j’ignorais encore par où commencer ! Du « trash sexuellement parlant » ? Oooh, ça m’intéresse 😀 Okay, pour les deux titres, c’est noté ! Allons-y gaiement (et en frissonnant) !

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