Trembler

La dame en noir, de Susan Hill. Ou l’histoire d’un clerc de notaire un peu trop téméraire

18 août 2014

Enfin, j’y suis. La période des bouquins qui font peur. Une fois par an, entre deux grandes lampées de chick lit’ un peu niaises, je prends ma dose d’imaginaire tout noir. Avec des portes qui s’ouvrent toutes seules, des gens qui meurent la tête coupée dans une pièce fermée à clé, et des héros qui ont toujours très envie d’aller faire une promenade nocturne dans un cimetière au milieu de nulle part.
Pendant ce genre de lecture – qui, bien sûr, s’effectue le soir -, j’ai la tête qui bourdonne d’images lugubres. Mais je n’ai pas peur, non. Parce que j’ai ma veilleuse. (et il est de notoriété internationale que la lumière protège des monstres du placard, hein)
Puis, souvent, après deux heures, je délaisse mon livre et je vais chercher de quoi me ravitailler à la cuisine. Et ce n’est qu’à l’instant où j’ouvre la porte sur le salon sombre que j’ai généralement le cœur qui palpite.
Je scrute les ombres, je m’assure que rien ne bouge. Je me demande en combien d’enjambées je peux accéder à l’interrupteur, là-bas. Celui qui est à l’autre bout, dans la pénombre, près du canapé. Ce même canapé qui a un renflement que je n’avais pas vu trois heures avant, quand il faisait jour. Je nage en plein délire.
C’est là que je regrette amèrement d’avoir commencé ces lectures de dingue, écrites par des auteurs qui doivent forcément avoir un paquet d’araignées au plafond.
Dans cette atmosphère assez pesante, je me suis donc octroyée de bonnes heures d’angoisse avec trois titres. Le premier, c’était La dame en noir.

Le topo de ce livre bien connu

(si vous n’avez pas vu l’adaptation cinématographique avec Harry Potter)

Gentil notaire originaire de Londres, Daniel Radcliffe Arthur Kipps s’apprête à passer des fêtes de famille dans une cabane isolée en pleine forêt. Alors que les jeunes enfants lui demandent de raconter une histoire qui fait peur, il refuse, fébrile. Ce n’est pas qu’il est de mauvais poil… C’est simplement que, pour lui, les fantômes et l’horreur ont une vraie dimension.
Du coup, il décide d’écrire le récit de ses mésaventures à Crythin Gifford, un village perdu sur les terres d’Angleterre, où il avait été envoyé alors qu’il n’était qu’un tout jeune clerc de notaire. Sa mission : mettre en ordre les papiers de la défunte Alice Drablow, qui avait passé l’arme à gauche dans son manoir en plein milieu d’un marais, afin d’organiser sa succession.
Mais, sur place, les habitants du village ne sont pas très causants dès qu’il leur évoque la raison de sa présence. Et puis l’enterrement de Mme Drablow n’est pas jouasse non plus, surtout vu la tête que fait la femme habillée tout en noir, là-bas dans le fond de l’église, pendant la cérémonie. Quelle étrange personne… Surtout quand elle disparaît subitement du paysage et réapparaît aux alentours du manoir Drablow…
Mais Arthur apprendra bien assez tôt le pire après avoir séjourné dans la demeure : lui qui adorait la « poésie » de l’endroit, il va finir par sentir au plus profond de son être qu’il est vital de le fuir !

Ce que j’en ai pensé

Important à savoir : je n’ai pas vu le film. (je ne suis pas assez courageuse pour ça)(par contre je suis assez téméraire pour lire, oui) Mais je me suis repassée la bande-annonce au moins 2 ou 3 fois pour me faire une idée des nombreuses différences.
Cependant, je ne vais vous parler que du livre, dont le style d’écriture est par ailleurs très poétique.
C’est un format assez court, étonnement. Quand on l’a terminé, on aurait aimé que cela soit plus chargé en émotions. Parce que c’est ça, le truc : je m’attendais à du lourd, comme des apparitions horribles et un Arthur Kipps hurlant de peur à s’en irriter le gosier chaque fois qu’il ouvre une pièce poussiéreuse du manoir.
Mais l’auteur semble ne pas avoir voulu brusquer son lecteur. S’il y a des bruits dans la maison, des objets qui bougent, des apparitions et un brouillard oppressant autour du manoir, l’ensemble reste plutôt soft.

Côté suspense, on s’y retrouve tout de même, car le pauvre Arthur n’a pas idée de ce qui se trame dans le village. Et, tout entêté qu’il est, il refuse de prendre ses jambes à son cou et part au-devant des ennuis, de préférence la tête haute :
« Un fantôme ? Allons bon, c’est stupide ! Rendons-nous gaiement trier des papiers administratifs pendant toute une nuit dans ce taudis ! Nan mais ho, j’ai du travail, moi ! »
C’est ça que j’aime dans les livres qui font peur : là où un individu normalement constitué se serait enfui en criant au loup, le héros fonce tête baissée dans les ténèbres sans se soucier de perdre la raison. Et c’est ce que j’appelle « avoir la classe » ! 😀

ophelie

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16 Comments

  • Reply Tasse de culture 18 août 2014 at 5:52

    Si il est soft, je pense tenter le coup ! Je me suis complètement reconnue dans ta petite introduction : je suis exactement pareille dès que je lis un livre avec du suspens ! 😀

  • Reply Ophélie Blibli 18 août 2014 at 6:11

    Et c'est terrible, cette petite peur irrationnelle qui nous parcourt l'échine ! On sait pertinemment qu'il n'y a personne dans cette pièce sombre mais… voilà, faut bien que l'imagination serve à quelque chose ! 😀 Tu m'en diras des nouvelles ?

  • Reply maquillage yeux marrons 18 août 2014 at 6:49

    c'est très joli j'adore !

  • Reply ela eda 18 août 2014 at 6:59

    Je n'ai pas non plus le courage de regarder le film (je n'ai pas vu la bande d'annonce non plus, oui oui ! Je suis peureuse au point où tu ne peux même pas t'imaginer ! ^^'') Et je ne lirai sûrement pas le livre, car je ne lis que le soir puisque le matin je ne suis pas libre, du coup, non merci, je passe mon tour, aha 😉 bisous !

  • Reply Tasse de culture 19 août 2014 at 12:33

    Surtout que je vis dans une vieille maison qui "craque" !! 😉
    J'essaierai de le lire vers Halloween (histoire de rajouter un peu de piquant ^^ (même pas peur ! ) )

  • Reply Beyondzewords 19 août 2014 at 3:16

    Oh je ne savais pas que c'était un livre à la base, j'ai bien envie de le lire suite à ton article.
    J'ai vu le film, il m'a terrifié. Bon après je ne suis pas très courageuse…

  • Reply Tama 20 août 2014 at 6:11

    Il existe aussi une pièce de théâtre jouée à Londres depuis maintenant 25 ans basée sur le livre. Elle est assez sympa et utilise des effets classiques, comme décrit dans le livre (porte qui grince, chaise qui bouge, volets qui claquent, brouillard épais… en rajoutant des effets de lumières et quelques apparitions) mais qui font leur petit effet 🙂
    Donc si vous passez à Londres un de ces jours et que vous avez envie de vous faire une petite frayeur…

  • Reply Onee-Chan (la bibli dOnee) 21 août 2014 at 6:51

    Il est dans ma pal depuis si longtemps qu'il serait temps qu'il en sorte ! D'autant que j'ai le film aussi à la maison pour après !

  • Reply Ophélie Blibli 21 août 2014 at 8:06

    Parles-tu de ma photo ? Merci du compliment !

  • Reply Ophélie Blibli 21 août 2014 at 8:21

    Coucou ! 🙂 Entre peureuses, soutenons-nous ! Je veux dire, créons un cercle de lectrices totalement flippées ! Comment cela se fait-il que le matin tu n'es pas libre ? Bon allez, je passe sur ton blog !

  • Reply Ophélie Blibli 21 août 2014 at 8:22

    Le film est vraiment terrifiant ? Je ne suis pas courageuse non plus, je te rassure. Il faudrait que je le regarde en compagnie d'un homme grand et fort – et charmant – pour pouvoir ôter mes doigts de devant mes yeux ! hélas, Ryan Gosling est déjà pris… ahem… okay, je sors !

  • Reply Ophélie Blibli 21 août 2014 at 8:24

    Bonjour Tama ! J'aimerais vraiment voir cette pièce, maintenant que je sais qu'elle existe. Elle doit être impressionnante à voir ! Porte qui grince et chaise qui bouge… je peux supporter de le voir sur une scène, mieux que sur un écran avec effets spéciaux plus que réels… Je le note dans mon petit carnet de "choses à faire" pour une virée sur Londres. La frayeur sera de mise 🙂

  • Reply Ophélie Blibli 21 août 2014 at 8:27

    Coucou ma poulette ! Oh la laaaaaaaaa, ça fait tellement longtemps qu'on n'a pas échangé quelques mots ! Je suis désolée, je ne suis plus aussi présente que ça, avec mon voyage d'expatriée en Hongrie… (je vis une vie de folie, j'adooore, c'est trop bien – mais j'ai toujours pas trouvé mon futur mari)(bref.) Merci de ton passage ! Tu devrais effectivement sortir ce livre de ta PAL 🙂 Il est court, parfait pour quelques heures de poésie et de… de… frayeur ? Conclure avec le film est une option pour finir par ne plus vouloir dormir sans lumière allumée ! Gros bisouus !

  • Reply Onee-Chan (la bibli dOnee) 24 août 2014 at 8:10

    PTDR j'adore la dernière phrase de ta réponse !!! XD
    En attendant, avec ta poésie et ta frayeur, tu me tentes de plus en plus !!! Dommage je ne l'ai pas emmené en vacances car je l'aurais commencé sur le champ ! Ce sera pour la rentrée du coup 😉
    Oui ravie de ces quelques mots volés ;D
    gros poutous, profite bien de ton expérience et surtout… Vole un mari dans une vitrine si ça ne court pas les rues !!! ;D

  • Reply Dust Of Pastel 8 septembre 2014 at 7:14

    Oh je ne savais pas que c'était un livre! J'ai adoré le film bien que j'ai pas dormi pendant 2 semaines! Mais je te le conseille tout de même 🙂 Bisous

  • Reply Ophélie Feedbackbaby 8 septembre 2014 at 12:27

    Coucou ! 🙂 Vraiment ? On ne dort pas avec ce film ? Je voudrais tellement le voir maintenant… Je suis attirée par les trucs qui me font peur comme une mouche par une lampe de chevet. Bref, je le note sur ma liste de trucs a voir absolument (mais je continue a penser qu'il me faille une compagnie rassurante pas loin avant)

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