Carnets de voyage Europe Hongrie SVE

Hungarian Way Of Life #1

18 décembre 2014

J’en lis beaucoup sur la blogosphère, des articles sur Budapest. Je lis avec attention ces compte-rendus détaillés de ce que les auteurs ont vu, fait et mangé ici, agrémentés de commentaires ornés d’adjectifs qualificatifs plus qu’élogieux. Et ils ont bien raison car cette ville est supra cool. Mais si on veut pousser au-delà de l’aspect touristique, c’est un poil plus compliqué de trouver des détails. Bien sûr, vous pouvez vous référer aux guides, ils sont très bien documentés et on a une idée globale de là où on s’apprête à poser ses valises. Et puis il y a les expatriés, des mines d’or que l’on peut toujours contacter via des groupes Facebook si jamais on a une question d’ordre pratique à poser.
Après tout ça vient l’expérience. Celle qu’on accumule au fil du temps, à force de se tromper, de se perdre et d’épuiser son cerveau à comprendre ce qui nous perturbe ici. Mais il n’y a rien de mieux qu’elle pour vous pousser à vous adapter, à estomper les différences et à vous faire vous sentir chez vous. Et c’est elle que j’attendais pour pouvoir commencer à vous écrire tout ce qui suit.
Parce qu’après 10 mois en Hongrie, je pense avoir désormais la légitimité de vous parler des petites différences qui existent entre notre mode de vie français et celui à la hongroise.

Yo !

La Hongrie est le seul pays où dire « yo ! » toutes les 5 secondes est considéré comme normal. Où que vous alliez, vous surprendrez certainement quelques conversations pendant lesquelles un Hongrois dira « yo » d’un air absolument sérieux en opinant du chef. Yep. Même les grands-mères.
Même si au début ça fait bien rire l’Etranger, il finit par saisir que ce « yo » s’écrit en réalité «  » et signifie – en gros – « bien« . Vous pouvez également le comprendre comme un « d’accord » mais, une fois qu’on y est habitué, on se plaît à s’imaginer dans un pays où le langage gangsta est roi.

Street food

Lorsque vous arpentez Budapest, l’organe le plus sollicité, c’est votre nez. Ici, la street food, C’EST LA VIE. Tous les 150 mètres vous trouverez un endroit où vous fournir en aliments gras. Entre le gyros dégoulinant ([guirosse] = kebab), la maigre part de pizza (oui on achète des parts de pizza, rarement une entière) ou le lángos tout chaud, vous pourrez prendre 1 kilogramme à chaque coin de rue.
Le Hongrois aime manger sur le pouce, il est doté d’un talent inné pour manger et marcher en même temps ! (certains mangent de la pizza le matin sur le chemin du bureau) Si vous débutez en la matière, vous pouvez vous contenter d’une pause street food après une soirée arrosée, vers 3h du matin : ça aura le mérite de réduire l’impact de l’alcool sur votre organisme.

Dans le métro

Fraudeurs, vous ne passerez pas ! Tels des Gandalfs en uniforme, les contrôleurs du métro vous attendent en haut des escalators qui mènent aux souterrains. Impossible de passer au-delà sans ticket, donc. Bien que vous soyez pressés, il vous faut soumettre le bout de papier aux yeux du contrôleur de droite si vous êtes à droite, ou de gauche si vous êtes à gauche, avant de pouvoir poser un pied sur un escalator dont le tapis roule si vite que vous manquez d’en tomber cul par-dessus tête. Faut dire qu’il va en profondeur, ce métro budapestois. Et rares sont les personnes qui souhaitent vous doubler à cette vitesse.
Alors on se calme et on admire la dizaine (!) de panneaux publicitaires qui ornent les murs et on arrête de se croire à Paris. Parce que le métro ici, il est loin d’être bondé, y’a de la place pour tout le monde. Et personne ne vous embête. Personne.

Dans le tramway

Sans doute êtes-vous au courant d’une règle civique toute simple dans les transports en commun : celle de laisser sa place aux personnes âgées et aux femmes enceintes. Eh bien, à Budapest, on est tellement polis qu’on laisse sa place vacante même s’il n’y a personne à qui la céder. Vous pouvez voir ce phénomène dans le tram 4 ou 6 qui traverse le centre-ville, par exemple. Les passagers préfèrent rester debout et groupés près des portes durant leur trajet plutôt que de se précipiter sur un siège. Au début, vous avez du mal à comprendre, tout habitué-e-s que vous êtes à faire la course pour poser vos fesses avant celles de votre voisin. Alors vous prenez un siège, l’air content, avant de vous apercevoir que tout le monde s’en fiche royalement. Puis, au fil du temps, on finit par saisir la logique. Après tout, pourquoi s’asseoir quand on descend aussi sec deux arrêts plus tard ?

Dans la rue

Marchez en paix, les filles. Rares sont les gros lourds qui vous font une remarque désobligeante sur votre cuissot découvert ou votre décolleté indécent. Ici, on s’en fout. Que vous reveniez de soirée avant ou après minuit, plus ou moins consciente du monde qui vous entoure, personne ne vient perturber votre trajet jusqu’à la maison. Dans les rues de Budapest, on est libres de marcher sans chaussures au petit matin, d’engloutir salement un gyros sur le trottoir ou de traîner avec sa bouteille sur une place publique. Évidemment, ce dernier fait est moyennement toléré alors n’allez pas exprès agiter votre vin sous le nez des policiers ou vous allez vous retrouver avec un contrôle d’identité en hongrois. (j’ignore si on s’en sort indemne)

Dans les bars (normaux)

Si vous souhaitez rencontrer de jeunes Hongrois fêtards, entrez dans un bar qui ne paye pas de mine, sans style aucun et dont l’ambiance est saturée par du mauvais son qui vous éclate les tympans. C’est ici que vous trouverez des boissons pas chères. Les étudiants commencent leurs soirées beuverie vers 17h et finissent soûls aux alentours de 10h, après avoir approximativement refait le monde le ventre vide. C’est tôt, selon vous ? Que nenni ! L’avantage c’est que, le lendemain, on a assez dormi pour retourner en cours ou au boulot. (Comment reconnaître un Hongrois qui se remet d’une gueule de bois ? Il a une bouteille de Coca sur son bureau – les filles font même l’impasse sur le maquillage)

Dans les bars en ruines

Plutôt réservés aux touristes ou aux Hongrois qui ont les moyens de se payer une boisson au-dessus de 500 forints (1,50 €), les bars en ruines sont considérés comme des lieux hype où la langue communément parlée est l’anglais. Leur déco est cool, principalement parce que c’est la marque de fabrique de ces bars installés dans des cours d’immeubles désaffectés. Si vous avez un petit creux, vous pouvez aussi y commander de quoi manger (hamburgers, parts de pizza, frites, sandwiches…) parce qu’il y a toujours une cuisine en état de marche durant la nuit. Le plus souvent vous finissez éméché, dansant follement avec une bière à la main ou parlant d’un sujet brumeux avec un inconnu rencontré près du comptoir.
Il existe aussi des bars en ruines moins onéreux plein de jeunes Hongrois excités, écrivez-moi pour en connaître les adresses.

Aux toilettes

Dans la plupart des bars, quand vient le moment de vous soulager aux WC, une « dame pipi » est installée à la porte. Assise près d’une table de misère où elle a posé une assiette en plastique pour y recueillir des pièces, elle garde jalousement une pile de papier toilette. C’est à elle que vous devez en demander contre de la petite monnaie. Oui parce qu’une fois dans une cabine, vous constaterez que du papier, il n’y en a pas. Ni de verrou sur les portes, d’ailleurs. Jamais. Il paraît que c’est pour éviter que des gens bourrés restent coincés là. En attendant, vous priez pour que personne ne vienne vous interrompre pendant le processus. Et vous développez une compétence nouvelle en techniques « pour retenir des portes sans toucher le bord de la cuvette avec vos fesses ».

Monnaie

Il n’est pas évident de se familiariser avec le forint, d’autant plus qu’en Hongrie, on paye toujours en cash. Dès l’instant où vous échangez vos euros, vous vous retrouvez avec une liasse de billets affichant un impressionnant nombre de zéros à vous en faire tourner la tête. Or, non, vous n’êtes pas devenu riche. Vous allez simplement devoir convertir et considérer que 30 € en forints, c’est beaucoup trop pour acheter un simple café à 0,50 cts dans une petite boulangerie. Bien souvent, le commerçant n’a pas le change nécessaire, de ce fait vous vous retrouvez avec un billet impossible à casser (et pas de café, du coup).*
Et si, par un heureux hasard, vous y parvenez, le commerçant prendra soin de compter consciencieusement le change, coupure par coupure. Même si vous n’avez rien compris et que vous ne savez pas vous-mêmes combien il doit vous rendre. Acceptez donc l’effort… avec le sourire.

*Conseil : pour casser un billet, achetez un petit quelque chose dans une grosse enseigne ou un gros magasin.

Pourboire

Après un bon repas entre amis au restaurant, le paiement de l’addition est toujours un moment fantastiquement bordélique. Certains établissements n’acceptant que le cash, vous devez diviser la note en parts à peu près égales. Et aussi ajouter le pourboire, ce qui représente un ajout de 10% du montant de l’addition. Alors on calcule, on ajoute quelques pièces, on s’engueule. Quand vous vous apercevez que vous n’avez pas le compte, il arrive parfois que votre regard se tourne vers l’un de vos amis qui, compatissant, accepte d’avancer quelques forints pour vous. Promis, vous lui paierez une bière à la prochaine soirée.

Et vous ? Avez-vous déjà comparé une autre culture à la vôtre ?

ophelie

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3 Comments

  • Reply syl bo 18 décembre 2014 at 1:27

    Bien , même très bien ! mais si la seule petite Hongrie t'a fait autant d'effets en 10 mois , qu'en serait-il d'un pays beaucoup moins formaté à la sauce Européenne et for"matique" 😉 ? ? ?

  • Reply Julie - La Boucle Voyageuse 13 janvier 2015 at 10:41

    C'est trop rigolo l'histoire du "yo" car en ce moment je travaille avec un hongrois qui parle très très peu français et qui dit justement "yo" tout le temps 😀

  • Reply Ophélie Feedbackbaby 13 janvier 2015 at 10:57

    Haha, tu m'étonnes, au début j'avoue que c'est un mot surprenant quand on ne comprend pas trop la langue ! Du coup, si jamais il te demande un truc, tu pourras aussi lui dire "yo !" en retour héhé 😉 (il le prendra bien, je pense – enfin je crois !)

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