Carnets de voyage Europe Hongrie SVE

Hongrie. Carte postale d’un stage de salsa au bord du lac Balaton

4 septembre 2014

En ce retour des trousses à crayons, des classeurs à spirales et des agrafeuses en plastique, je voudrais parler vacances. Oui. Vacances.
Car cet été, je suis sortie hors de ma zone de confort : je me suis offert des vacances toute seule. (en réalité, je n’ai pas toujours été seule, mais le degré de solitude a été suffisamment élevé pour que je me sente en plein challenge social) Cela n’a pas été très long, juste 3 jours au début du mois de juillet.

Des clubs à la danse
Comme je l’explique dans cet article-ci, en France, je suis habituée à danser la salsa portoricaine. J’y ai mon école de danse, ma « famille de salseros« , bref, avant de partir, j’avais mes aises et mon petit style qui ne paye pas de mine.
Mais en arrivant à Budapest, je me suis retrouvée démunie. Il FALLAIT que je trouve un nouveau club de danse. Il FALLAIT que je continue de pratiquer. Après avoir erré sur le net quelques temps, trouvant des cours à des prix excessivement chers, j’ai fini par renoncer. Puis j’ai traîné ma pauvre coloc’ dans un club réputé, le Barrio Latino. Là-bas, les Hongrois y dansent le style cubain avec brio, tous se connaissent, tous ont leur « famille de salseros« . Pour m’incruster, je ne savais pas encore par où commencer. (surtout avec cette histoire de barrière de la langue…)
Jusqu’à ce que ma coloc’ trouve pour moi un événement Facebook proposant dix cours pour « absolute beginners », à raison d’un par semaine, et à un prix imbattable. L’aubaine ! J’allais enfin pouvoir me mettre à danser dans les clubs, moi aussi !

C’est ainsi que je me suis pointée chez Salsa cubanismo, une école de danse où les profs sont nombreux et officient toujours par deux : un gars, une fille, de façon à enseigner les pas pour les deux genres. Gé-ni-al. Sauf que, dans mon enthousiasme, j’avais totalement zappé le fait que les cours étaient entièrement délivrés en hongrois. Misère. Il m’a fallu un certain temps d’adaptation pour m’y faire, vous imaginez bien.
Par bonheur, la danse étant un langage universel, il m’a été possible de copier les gestes des profs pour m’en sortir sans trop de mal. (et croyez-moi, quand on ne comprend pas un mot de ce qui se trame, on a le temps d’observer ce qui se passe autour de soi)
Le gros avantage, c’est qu’ainsi, j’ai pris l’habitude de compter mon « tempo » en langue magyare et j’ai appris quelques expressions courantes. Et, Dieu merci, les noms des pas sont en espagnol !
Mais c’est lorsqu’il a fallu danser en couple que j’ai commencé à galérer.

Pendant les cours
En cours, on forme des lignes et on change régulièrement de partenaire. Étant la seule étrangère du groupe, j’en ai intimidé plus d’un ! En répétant inlassablement la phrase « Désolée, je ne parle pas hongrois mais j’apprends !« , je me suis – malgré moi – fermée à bien des discussions. Certains de mes partenaires s’obstinent toujours à me donner des indications dans leur langue maternelle, bien sûr, quand d’autres se sont résignés à me parler et préfèrent désormais m’offrir de splendides sourires gênés.
Cependant, je reste ravie lorsque quelques-uns se montrent ravis d’échanger en anglais avec moi, s’étonnant de ma réactivité pour une « débutante ». (j’ai même eu le droit à un « tu danses bien pour une française« … on a une de ces réputations de mauvais danseurs -_-)

Mais la langue est rapidement devenue un véritable obstacle m’empêchant de me mêler au groupe. Difficile, en effet, de comprendre les blagues des professeurs – mon plus grand regret – et d’être au fait des prochaines soirées annoncées en fin de cours. J’ai rarement osé déranger les gens pour leur demander « hey, what’s up? », me faufilant vers la porte en catimini quand c’était fini. Trop timide.
Puis, un peu avant juillet, ma prof m’a prise à part pour me proposer de venir à un « salsa camp » de 5 jours au bord du lac Balaton. (la « mer hongroise ») Elle m’a expliqué avec patience les prix proposés puis m’a encouragée à réfléchir. Voyons, voyons, cinq jours dans un hôtel de luxe avec piscine et plage privées, repas compris, cours de tous styles du matin au soir avec des fêtes où pratiquer… J’étais déjà emballée !

Le « salsa camp »
Deux semaines plus tard, j’étais dans un bus en direction de Siófok, une ville hyper touristique dans le sud du lac Balaton. Je n’avais choisi que 3 jours de stage, ce qui était amplement suffisant pour tenter l’aventure en solo. Car je me rendais là-bas en sachant pertinemment que personne ne parlerait anglais et que je me retrouverai bien souvent livrée à moi-même, peut-être même isolée du reste des gens.
Ce qui, en un sens, ne s’est pas révélé tout à fait vrai… En plus du paysage magnifique qui s’offrait à moi (l’immensité du lac, le beau temps, les gens qui se baignent, la musique latine), j’ai pu me mixer au groupe. Le stage permettait à tous les gens de l’école de danse de se retrouver (environ 80 personnes !) et d’avoir des « vacances » tous ensemble. Ils étaient plus nombreux que je ne le pensais à pouvoir parler anglais, ce qui m’a évité de grands moments de solitude… !

Le planning était parfait. Les cours étaient dispensés de 10h à 18h30, avec des plages horaires orientées « détente » en fin de journée comme, par exemple, du stretching sur la plage, de la zumba… On était surtout libres de choisir les cours auxquels on souhaitait assister, ce qui était pratique si l’on préférait lézarder au soleil sur une chaise longue ou se baigner de temps à autre. J’ai donc perfectionné mon style cubain en journée et, en soirée, – quand je ne buvais pas de mojitos, héhé – j’appris à suivre mes partenaires et à improviser.
Cette expérience m’a beaucoup apporté : je sais maintenant que je suis capable de partir en solo dans un séjour de vacances, quitte à ne rien comprendre autour de moi et à être un peu mise de côté. Et aujourd’hui, je peux aussi dire que je sais danser la salsa cubaine ET portoricaine, même si je ne les maîtrise pas parfaitement, évidemment ! D’ailleurs, mes cours reprennent la semaine prochaine et, vous savez quoi ? Je suis passée en niveau intermédiaire 🙂 En juste 6 mois, c’est pas beau, ça ?

Et la dernière photo de groupe, il en fallait bien une ! Retrouvez le site du club ici (en hongrois, héhé)

ophelie

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2 Comments

  • Reply Isabelle Pernot 5 septembre 2014 at 7:01

    Quelle aventure ! Tu nous la racontes si bien que j'avais l'impression d'y être avec toi (sauf que moi et la danse, ça fait deux, je ne relèverai pas notre réputation, j'en ai bien peur ! ^^) Bravo en tout cas pour avoir osé, on se met tellement de limites qu'on passe parfois à côté de belles choses, ce qui n'a pas été ton cas.
    Bisous <3

  • Reply Ophélie Blibli 5 septembre 2014 at 7:57

    Merci ma Isa 😀 Je confirme, sortir de son petit cocon douillet présente toujours un risque mais on est le plus souvent surpris par soi-même et par ce qu'on trouve au-delà de son confort…
    Quant a ce qui concerne la danse, c'est un peu un loisir arrivé sur le tard pour moi, et j'en suis plus que contente maintenant ! Gros bisouuus !

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