Trembler

Fog, de James Herbert. Ou quand le brouillard fait perdre la raison

1 octobre 2014

Le mois d’octobre étant à nos portes – voire dans le vestibule, avec Halloween et tout le tintouin, le moment s’avère parfait pour parler de mon dernier livre-qui-fait-peur. Je parle de celui qui vient juste après ce titre-ci et ce titre-là, autrement dit l’heureux élu venu nourrir ma soif d’histoires tordues. Et sanglantes. Et dérangeantes.
« Ce qu’ils sont forts, ces anglais. » Je me suis fait cette réflexion quand j’eus terminé Fog, ce dernier bouquin issu de ma période « j’veux-de-l’horreur » ; je m’octroyais alors un rapide bilan comparatif pendant que mon bol de chocolat réchauffait au micro-ondes, un dimanche matin où je bougonnais en pyjama.
Voyez-vous, les intrigues des 3 livres dont je vous parle se déroulent toutes sans exception en Angleterre. Toutes. Comme si ce pays avait l’apanage de l’imaginaire. J’en ai conclu que les auteurs anglais possèdent un réel talent pour faire décoller leur lectorat dans des dimensions irréelles, fantasmatiques, voire carrément fantasmagoriques. C’est vrai, quoi. Je suis quasi certaine que le nombre de gens qui croient aux Elfes de maison depuis que JK Rowling a conquis la planète dépasse l’entendement. Connaissez-vous un seul auteur français qui ait cet immense pouvoir ? Moi non plus. (le cas contraire, citez-moi des noms en commentaires)
Et je vais maintenant vous inviter à lire cette chronique sur un roman anglais qui fait peur à en faire perdre foi en l’humanité. Et l’animalité aussi, tant qu’à faire. Oui.

Pourquoi lire Fog ?

1. Parce que du surnaturel, il n’y en a pas, et c’est précisément ce qui enclenche la peur.
L’histoire, c’est celle d’un mec (anglais) pas très chanceux nommé John, dont le job est d’être fonctionnaire au ministère de l’environnement (anglais). Tout commence le jour où John rentre d’une mission secrète. Il a enquêté sur des trucs pas nets et soupçonne les scientifiques d’une base militaire de faire des expériences un peu louches sur quelque chose de crado. Alors qu’il est sur la route, il voit soudain le village devant lui s’effondrer. Oui. S’effondrer dans une faille. Comme il n’a pas de bol, sa voiture y va avec. Mais John a des réflexes de survie, il va réussir à sortir de l’habitacle et à s’extirper du trou avec une gamine dans les bras, alors qu’un épais nuage de fumée le submerge en même temps. Arrivé à l’air libre, il perd la boule. On le ramène illico à l’hôpital pour le remettre d’aplomb.
Quelques temps plus tard, l’épais nuage s’en va gaiement contaminer un champ de vaches, un car scolaire, des p’tits vieux, des villages puis… Londres. Panique générale. Car ce qui était pris au début pour un brouillard anodin se révèle être un brouillard mortel créé par l’armée scientifique (anglaise). Quiconque le respire devient dangereux et laisse son côté psychopathe surgir du tréfonds de son être. Et rien ni personne ne peut arrêter ça. Quoique… et si le gouvernement (anglais) pariait sur John ?
2. Pour l’invincibilité de l’ennemi. D’habitude, dans ce genre d’histoires, nous avons toujours le large espoir qu’une solution miracle déboute le-s méchant-s en un quart de tour. Pour les fantômes, c’est le sel et le fer. Pour les vampires, c’est le soleil et l’argent. Idem pour les créatures un peu rampantes ou poilues qui mordent fort. (qui a dit que je regardais trop Supernatural ?) Mais ici, c’est un brouillard. Juste DE L’AIR. Comment se débarrasse-t-on d’un truc pareil ? En plus, ça se déplace et ça rentre par tous les interstices d’une maison.
3. Pour le héros. John est un drôle de mec. Il n’est pas courageux pour deux sous. C’est bien le seul héros dont j’ai lu l’histoire qui, dès que le danger se dessine en ombres inquiétantes dans le brouillard, se carapate en courant. Genre, plusieurs fois. Moi ça m’a fait rire, parce que c’est exactement le genre de truc que tout être normalement constitué ferait, et on remercie l’auteur pour avoir gardé ce réalisme-là dans la personnalité de ce brave John.

Pourquoi je vous le recommande ?

Je pense avoir tout déballé dans les « 3 raisons » de lire ce livre, que je qualifierai même de page-turner.
Ce roman n’est pas très long, juste ce qu’il faut. James Herbert nous plonge en pleine débâcle, dans une Angleterre décimée, avec des gens qui (s’entre)tuent férocement ou se livrent à des actes de folie que je ne narrerai pas. Et quand on pense que Londres elle-même est figée dans le brouillard…
Il faut le lire pour l’imaginer. Je vous laisse le soin de vous le procurer.

ophelie

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