Carnets de voyage Europe Hongrie SVE

Chronique d’une cantine hongroise

17 novembre 2014

Il est grand temps d’évoquer l’un des (nombreux) aspects de mon quotidien hongrois, j’ai nommé : la cantine Büdi. Okay, il ne s’agit pas là du véritable nom de cette cantine car le mot hongrois « büdi » (à prononcer simplement [budi] à la française) signifie « odorant ». Cet affectueux surnom a été inventé par mes collègues pour désigner cet endroit où, après en avoir passé la porte, l’odeur de viande grillée s’imprime sur vos vêtements pour le restant de la journée. (ce qui reste du plus bel effet si vous avez un meilleur programme après le boulot autre que d’aller mettre votre tenue au lave-linge)

Ce surnom est bien entendu tenu secret par l’équipe et il n’est pas à mentionner à l’intérieur dudit lieu sous peine d’en vexer les tenanciers. Mais comme ma binôme et moi-même n’arrivons même pas à prononcer le nom réel de la cantine, cela est arrivé parfois que le mot « büdi » nous échappe au beau milieu d’une phrase en anglais (ou en français) au mauvais moment, nous attirant alors les « chuuut! » réprobateurs de nos collègues hongrois.

La cantine à la hongroise

Büdi est un lieu situé à 5 minutes à pied du bureau, ce qui est relativement près. Beaucoup de mes collègues s’y rendent pour la pause du midi, soit pour aller s’asseoir à une table afin de manger tous ensemble dans un joyeux brouhaha, soit pour prendre à emporter.

Il ne s’agit pas d’une « cantine » comme on se l’imagine en France. Rien à voir avec la cantine d’entreprise, et encore moins avec celle des écoles. Lorsque vous entrez là-bas, vous faîtes la queue derrière tous les Hongrois venus là pour leur pause déjeuner (qu’ils soient en bleu de travail, policiers, femmes et hommes d’affaires, étudiants…) et vous commandez après avoir jeté un œil attentif aux plats proposés derrière le comptoir.

* Si vous mangez sur place, vous devez prendre un plateau, vos couverts, éventuellement la boisson que vous avez commandée et vous devez aller vous asseoir à une table et attendre que le serveur crie le nom de votre plat une fois qu’il est prêt (et chaud) avant d’aller le chercher.

* Si vous prenez à emporter, vous pouvez choisir de donner votre boîte en plastique (souvent une vieille boîte de glace à la vanille qui date un peu) pour qu’on vous serve votre plat dedans, ou – comme moi – vous pouvez demander des récipients ou une assiette jetable recouverte d’un alu.

En général, le midi, Büdi est toujours bondé de monde. J’ai changé plusieurs fois mes horaires de venue pour me faire servir au moment où il y a le moins de file d’attente. Leurs prix sont très raisonnables, mais leur succès est tel qu’ils les augmentent petit à petit.

 

Petit-déjeuner chez Büdi

Mais revenons au début de l’année sur la découverte de Büdi et de notre adaptation.

En mars dernier, nous recevions notre kit d’arrivée comprenant des tickets « breakfast » et « lunch » imprimés par notre coordinatrice. Notre organisation avait négocié la chose ainsi : nous devions nous rendre chez Büdi tous les jours de la semaine en dehors des week-ends, matins et midis.

Soit. Première matinée, nous voilà rendues à la cantine dès 9h pour nous voir proposer maladroitement un petit-déjeuner hongrois. Il fallait faire notre choix parmi des hamburgers et des sandwiches, des aliments panés… Des trucs gras et salés, quoi. Ce qui, pour nous Français, semble être une hérésie.

Quant au choix, il fallait le faire uniquement… en langue hongroise. (no anglais allowed here) Les premiers temps, j’optais pour du pain blanc et des œufs, avec un thé.

Mais, une semaine plus tard, nous avions droit à un petit-déjeuner sucré grâce à quelques négociations.

Confiture et miel, pain blanc, céréales et lait chaud, jus d’orange, yaourts et un thé bouillant. Le tout servi sur différents plateaux et en grand nombre : 3/4 pots de confiture, 1 énorme pot de miel, 2 paquets de céréales, 8 yaourts, etc. Juste au cas où on aurait du mal à faire des choix, vous voyez ? (ou pour nous éviter de passer commande en hongrois, sûrement)

Et l’adaptation, alors ? Difficile de se mêler aux Hongrois venus manger le matin chez Büdi quand le contenu de son petit-déjeuner affiche clairement qu’on « n’est pas d’ici ». Assises à notre table recouverte de victuailles, il ne se passait pas une semaine sans qu’un quidam nous regarde d’un air curieux. Et fixement.

Parfois, certaines personnes nous adressent la parole en hongrois avant de changer pour l’anglais afin de nous dire « wow, sympa le p’tit-déj’ !« .

Parler hongrois chez Büdi

La langue hongroise, bien sûr. Quitte à être tous les jours dans un endroit uniquement fréquenté par des Hongrois (quoique plusieurs fois j’ai vu des touristes de passage venir se « régaler » là-bas), autant apprendre les rudiments, à savoir les noms de chaque aliment.

Au début de mon année là-bas, donc, pas de souci ; nous avions bénéficié d’un cours de hongrois sur le thème de la « nourriture ». J’ai appris à commander ce que j’ai envie de manger le midi, c’est-à-dire pas grand chose à part des pâtes, des pommes de terre, de la purée, du riz, des frites, des concombres, des tomates, des légumes à la vapeur, du poulet, des cuisses de poulet. En guise de boisson, je prends toujours de l’eau non gazeuse (si on oublie de préciser, on se retrouve forcément avec de l’eau à bulles, les Hongrois en sont fans) et, parfois, je me prends un soda. Souvent, je me débrouille en montrant du doigt le plat que je veux, et je me trompe souvent dans mes choix, bien entendu. Je finis la moitié du temps avec un repas qui me reste en travers de l’estomac. Et avec des portions toujours trop énormes, même si j’ai demandé une « petite assiette ».

Depuis, j’ai appris à me laisser conseiller par le gentil jeune serveur qui, au fil des mois, a fini par se prendre d’amitié pour moi malgré le barrage de la langue.

A l’heure actuelle, je ne vais plus chez Büdi pour le petit-déjeuner. La dernière facture reçue par notre organisation s’étant avérée plus salée que d’habitude, les chefs ont décidé de nous laisser petit-déjeuner à l’appart’ avant d’aller au bureau. Comme ma binôme est végétarienne – donc pas hyper fan de Büdi, les Hongrois étant de gros mangeurs de viande -, je suis la seule à m’y rendre tous les midis pour prendre « à emporter ».

Le gentil serveur me fait toujours de grands sourires quand il me voit, il s’arrange toujours pour me servir lui-même, ce qui m’arrange car, désormais, il connaît bien mes préférences « culinaires » !

Cependant, certains jours, je fais des pauses. Parce que manger chez Büdi, c’est bien, mais force est d’admettre que, parfois, je sature un peu d’engloutir des féculents. Oui, ma foi. Il y a des jours où je rêve d’autre chose.

Comme de bon fromage, par exemple.

ophelie

 

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4 Comments

  • Reply Einalem 17 novembre 2014 at 11:32

    Tu viens de me faire penser à un jour où j'étais en Hongrie, on a pris le petit déjeuner au marché, et ils ont tous pris une saucisse, beurk, quelle idée mdr. Mais chez ma cousine (et même chez ma marraine) j'avais le droit à de la confiture, des kellogs et même du nutella! Parce que bon, quand on est Française il faut notre dose de chocolat, on peut pas vivre sans xD

  • Reply Ophélie Feedbackbaby 19 novembre 2014 at 10:55

    Une saucisse au petit-déj', yummy ! Je les vois aussi le matin dans les rues avec leurs parts de pizza… De quoi sentir bon avant le bureau !
    Je suis d'accord, comment vivre sans chocolat chaud le matin ? Et aussi un bon morceau de pain tartiné de confiture ? (je suis en train de me dire que le bon pain frenchy me manque…)

  • Reply Nail Polish Academy 27 novembre 2014 at 12:29

    Ca donne envie tout ça ! Je ne commente pas beaucoup, mais regarde (et lis, quand même) tes articles avec beaucoup d'attention. D'ailleurs avec encore plus d'attention puisque le dernier week-end de février, je viens avec l'homme et mes deux soeurs (c'est notre cadeau de Noël). Des bisous et au plaisir de se croiser 😉

  • Reply Ophélie Feedbackbaby 2 décembre 2014 at 11:14

    Coucou ma poulette ! Ooh mais c'est cool comme cadeau ! Un séjour par chez moi 😀 Je vais d'ailleurs m'atteler au petit "guide" de mes endroits préférés, si jamais vous avez envie de découvrir le Budapest secret qui n'est pas hyper touristique… Sait-on jamais ! Des bisous !

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