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La Passe-Miroir, de Christelle Dabos. Ma chronique sur le podcast Pix31

10 décembre 2017

J’ai beau avoir juré de chroniquer le moins possible les livres dont tout le monde parle… Je tiens très peu parole ! Ceci s’explique par ma contribution bénévole, depuis maintenant 2 mois, à un projet radiophonique avec PIX3L, une asso de Rouen qui « soutient la création, la diffusion et l’éducation aux cultures numériques ».

Notre émission se nomme « Pix31 » et on y parle de jeux vidéo, de films et de séries, de littérature, sans oublier nos recommandations du moment et, parfois, un petit quizz. Nous sommes 4 chroniqueurs réguliers pour l’instant et, vous l’aurez peut-être compris, je suis celle qui s’occupe de la catégorie littéraire.

Mes chroniques radio traitent plus spécifiquement de bouquins de SF & de fantasy – ces genres étant moins mis en avant sur le blog – pour coller un peu mieux aux aspects « geek et pop culture » de l’émission. Le concept reste le même que celui développé ici depuis la naissance du blog : de façon claire et concise, je vous donne 3 bonnes raisons de lire le titre que je vous présente.

Pourquoi écouter mes chroniques radio ?

Pour avoir la joie de découvrir ma voix, déjà 😉 Blague à part, c’est surtout pour avoir l’occasion de m’entendre encenser des livres, tout en pouvant : conduire, faire le ménage, végéter dans votre canapé, siroter un thé (une bière ?)… Et il faut dire que je me sens plus à l’aise à m’exprimer sur un format radio, n’ayant pas encore pour projet d’intégrer la communauté Booktube.

Je vous invite donc à découvrir notre épisode n°2 « Spécial Doudous », dans lequel on parle de ces objets culturels qui reviennent constamment dans notre vie et nous rassurent. Pour l’écouter, c’est là :

Pour revenir à La Passe-Miroir, j’ai découvert le tome 1 de la saga dans ma librairie indépendante préférée (L’Armitière à Rouen), puis je me suis laissée tenter en voyant des chroniques fleurir un peu partout sur la blogosphère. A mon tour, j’ai été conquise, et en écoutant le podcast, j’espère que vous aurez aussi l’envie irrépressible de vous offrir les 3 premiers tomes de la saga (ou de vous les faire offrir…! Après tout, c’est bientôt Noël !).

Bonne écoute, et à bientôt !

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Alex, de Pierre Lemaitre. Ou l’enlèvement qui tourne mal

11 novembre 2015

29 m2. C’est la taille de mon studio actuel, situé dans une rue à sens unique, à deux encablures des berges de Seine. Si l’endroit est charmant, il reste cher payé pour le peu de temps que j’y reste. – vous savez, moi j’aime ça, bouger. Alors j’ai décidé de partir. Trouver moins cher, plus grand, plus pratique. En Normandie, c’est facile.
De fait, je me suis lancé un pari fou : déménager en dix cartons. Pour mes affaires personnelles, j’entends bien. Jusqu’ici, je m’en sors plutôt bien. J’épluche le web à la recherche de conseils, techniques et autres lectures constructives pour vider mon intérieur. Les pros appellent ça le minimalisme. Je suis une grande fan. J’ai déjà opéré un tri énorme dans mes livres (photographiant les couvertures de ceux qui me tenaient à coeur), dans mon armoire (vendant sur Vinted.fr – bonheur), dans mes papiers (scannant vieux cours / factures / notes)… Je deviens une obsédée du désencombrement avec, en tête, l’idée de rendre mon intérieur aussi pur et blanc que celui d’un catalogue Ikea.
Mais ceci n’est rien, en comparaison d’Alex, personnage principal du livre éponyme de Pierre Lemaitre. C’est toute sa vie qu’elle a dû minimaliser… en un carton. Et ça, c’est plutôt extrême, non ?

Pourquoi lire Alex ?

1. Parce que c’est un thriller 3 en 1 (trois actes en un, quoi) qui nous fait changer d’avis par trois fois sur son héroïne. C’est à vous en faire tourner la tête… comme tous ces hommes séduits par le charme d’Alex. Car il s’agit d’une fille belle, belle, belle… mais, hum, mystérieuse.
Un jour, Alex se fait enlever, brutaliser et séquestrer par un type bizarre. La police de Paris est sur le coup, mais l’enquêteur – le très petit Camille Verhoeven – patine lamentablement. Faut dire que la victime est difficile à identifier. Pendant des jours, Alex va devoir survivre, piégée dans une cage, face à la faim, le froid, les rats… et son bourreau. Quand la police la retrouve enfin, c’est le trouble : la jeune femme s’est échappée sans laisser de traces. Et alors que la police part à sa recherche, un meurtrier commence à sévir dans la capitale.
2. Parce qu’on est secoué-e, littéralement. Dans un style direct et tranchant, ce cher Pierre Lemaitre nous ment. On croit avoir affaire à une histoire d’enlèvement en bonne et due forme quand, soudain, on se retrouve les sourcils froncés à tenter de saisir les tenants et aboutissants d’une histoire de vengeance meurtrière. « Bwaaah, mais qu’est-ce qui se passe, nom de nom, dans ce thriller ? », se dit-on, une tasse de thé à la main, l’air anxieux.
3. Car, à moins de jeter un œil d’emblée aux derniers chapitres, il est impossible de deviner le déroulé de l’intrigue. Vraiment impossible. Alex est l’un de ces personnages qu’il est difficile de placer dans une case : alors qu’on l’identifie comme une jeune femme ordinaire évoluant dans un Paris inexpressif, elle papillonne et nous échappe, l’essentiel de sa vie se contenant dans un simple carton… et pour cause ! Hopla, je m’arrête là 🙂

Pourquoi je vous le recommande ?

Comme je ne voudrais pas trop en dire, je m’en vais vous raconter la façon dont ce livre a occupé mes soirées de fin d’été (oui, ça date – je chronique avec un mois, voire deux, de retard – et alors ?).
J’ai traversé une lonnngue période sans lecture alléchante. Tomber sur ce titre de Pierre Lemaitre (merci à la bonne âme qui me l’avait prêté), c’était un peu comme retomber dans la marmite de la lecture-passion.
DONC. Au début, j’étais sceptique façon oh-encore-un-livre-d’enquête-chiiant. Ah et, je ne connaissais rien des bouquins précédents de Lemaitre. Très vite, l’intrigue a pris une tournure inattendue. Le rythme s’est accéléré, l’héroïne a commencé à agir étrangement… et là, pof ! Conquise.
Vous le serez aussi… et j’espère que vous m’en direz des nouvelles !

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Descendance, de Graham Masterton. Quand un vampire envenime l’Europe

31 octobre 2014

Il est temps de se poser une question d’une importance capitale : quel costume doit-on enfiler pour Halloween ? Alors que l’événement approche (et que je le fêterai, pour sûr, entourée d’une flopée d’amis alcoolisés et d’étudiants surexcités dans un bar en ruines de Budapest), moi-même je ne sais pas encore trop quoi mettre. Il me suffirait pourtant de franchir les portes de l’immense friperie au coin de ma rue (ou des autres rues, y’en a partout ici) pour dénicher une horreur sans nom sur le premier portant venu.
Mais plus ça va, plus les dents de vampires me semblent une alternative intéressante et peu coûteuse pour mon petit budget de volontaire. C’est facile à trouver et ça se cale facilement sur les gencives, c’est cool.
Et puis c’est aussi lié à mon intérêt profond pour la série The Strain, avec, dedans, du monstre dégoûtant qui mord très fort les gens et un vieux Roumain super balèze qui les combat avec acharnement depuis la Seconde Guerre Mondiale. Les vampires y sont appelés strigoï – parce qu’issus de Roumanie, et ils vous pompent le sang comme l’on se désaltère à une fontaine : ça se fait tout en bruits de succion et autres petits sons désagréables à l’oreille. Brr. Un déguisement de strigoï, donc, ça pourrait faire son petit effet en soirée.
Bon, maintenant, venons-en à parler de Descendance. Quand je l’ai trouvé, je me suis dit « Ah, rigolo tiens, ça veut dire la même chose que le titre de la série ». Et puis ça parle de strigoï aussi. Et de la guerre mondiale. Et du même mec qui les combat au fil des années. De par ces similitudes, ce livre a soudain éveillé toute mon attention.

Pourquoi lire Descendance ?

** Parce que si vous voulez vous flanquer la frousse avec des images mentales pleines de sang, c’est parfait. Et passer le week-end de Halloween dans cette histoire-là vous mettra dans l’ambiance.
Il s’agit du récit de James Falcon, un type dont l’enfance a été bercée par les histoires de sa mère Roumaine, des légendes évoquant des vampires nommés strigoï, des monstres réputés invincibles qui vous démantibulent le thorax pour vous boire le sang à même le coeur. Yummy!
Arrivé à l’université, James se décide à étudier ces créatures légendaires « pour rigoler ». Et le voilà expert sur le sujet, trop bien. Mais ce qui ne devait être qu’un sujet d’étude se change alors en accablante réalité le jour où l’armée américaine le contacte pour une mission de la plus haute importance : alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage en Europe, il se doit de traquer les strigoï qui sévissent dans les rangs de la Résistance en France. Parmi eux, Dorin Duca, un gros méchant très malin, parvient finalement à lui échapper.
Des années plus tard, James Falcon est plus âgé, marié, tout sage. Pourtant l’armée revient le solliciter, cette fois direction l’Angleterre où sont commis des meurtres rappelant les méfaits des strigoï. Et si c’était Duca ? Il devra faire équipe avec la belle Jill, un maître-chien dont il a désespérément besoin pour venir à bout du Mal…
** Parce qu’on est loin de la conception du vampire lambda. L’auteur les a départagés en deux catégories : les strigoï morts et les strigoï vivants (pourquoi pas), chaque partie ayant ses propres particularités. Je ne vous en dirai pas plus, mais ces détails renforcent la terrible impression que se transformer en l’un ou en l’autre n’est pas tellement recommandé. (quoiqu’il arrive, James Falcon vous décalquera la tête)
** Parce qu’on est bien servis en violence, même si l’on suit l’enquête de ce cher Falcon que pas même une goutte de sang n’émeut. Et pourtant ! Les vampires de Graham Masterton ne plaisantent pas avec le mot « sanguinaire »… Ouuh, loin de là.

Pourquoi je vous le recommande ?

Après lecture, je me suis rendue compte que la série The Strain n’avait pas énormément à voir avec Descendance. (bien que je soupçonne les réalisateurs Guillermo del Toro et Chuck Hogan d’avoir pompé des idées chez ce cher Masterton, mais je ne suis sûre de rien)
Toutefois, l’intrigue du livre n’a rien à envier à celle de la série : on est dans du roman pur et dur, avec assez de descriptions pour vous offrir un aperçu mental de la « boucherie ». Humpf. En disant ça, je sens que plusieurs lectrices vont prendre la poudre d’escampette avec des « c’est pas pour moi, merci » mais… haha, petites malignes, j’ai prévu de sortir mon lapin blanc de mon chapeau pour vous ! : il y a aussi une histoire d’amour ! Avec des surprises à la toute fin. Alors, conquis-e-s ?
Si vous souhaitez vous le procurer maintenant-tout-de-suite, achetez-le en ebook sur la librairie en ligne de Bragelonne. (je ne suis toujours pas sponsorisée au fait, coucou !)

ophelie

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Fog, de James Herbert. Ou quand le brouillard fait perdre la raison

1 octobre 2014

Le mois d’octobre étant à nos portes – voire dans le vestibule, avec Halloween et tout le tintouin, le moment s’avère parfait pour parler de mon dernier livre-qui-fait-peur. Je parle de celui qui vient juste après ce titre-ci et ce titre-là, autrement dit l’heureux élu venu nourrir ma soif d’histoires tordues. Et sanglantes. Et dérangeantes.
« Ce qu’ils sont forts, ces anglais. » Je me suis fait cette réflexion quand j’eus terminé Fog, ce dernier bouquin issu de ma période « j’veux-de-l’horreur » ; je m’octroyais alors un rapide bilan comparatif pendant que mon bol de chocolat réchauffait au micro-ondes, un dimanche matin où je bougonnais en pyjama.
Voyez-vous, les intrigues des 3 livres dont je vous parle se déroulent toutes sans exception en Angleterre. Toutes. Comme si ce pays avait l’apanage de l’imaginaire. J’en ai conclu que les auteurs anglais possèdent un réel talent pour faire décoller leur lectorat dans des dimensions irréelles, fantasmatiques, voire carrément fantasmagoriques. C’est vrai, quoi. Je suis quasi certaine que le nombre de gens qui croient aux Elfes de maison depuis que JK Rowling a conquis la planète dépasse l’entendement. Connaissez-vous un seul auteur français qui ait cet immense pouvoir ? Moi non plus. (le cas contraire, citez-moi des noms en commentaires)
Et je vais maintenant vous inviter à lire cette chronique sur un roman anglais qui fait peur à en faire perdre foi en l’humanité. Et l’animalité aussi, tant qu’à faire. Oui.

Pourquoi lire Fog ?

1. Parce que du surnaturel, il n’y en a pas, et c’est précisément ce qui enclenche la peur.
L’histoire, c’est celle d’un mec (anglais) pas très chanceux nommé John, dont le job est d’être fonctionnaire au ministère de l’environnement (anglais). Tout commence le jour où John rentre d’une mission secrète. Il a enquêté sur des trucs pas nets et soupçonne les scientifiques d’une base militaire de faire des expériences un peu louches sur quelque chose de crado. Alors qu’il est sur la route, il voit soudain le village devant lui s’effondrer. Oui. S’effondrer dans une faille. Comme il n’a pas de bol, sa voiture y va avec. Mais John a des réflexes de survie, il va réussir à sortir de l’habitacle et à s’extirper du trou avec une gamine dans les bras, alors qu’un épais nuage de fumée le submerge en même temps. Arrivé à l’air libre, il perd la boule. On le ramène illico à l’hôpital pour le remettre d’aplomb.
Quelques temps plus tard, l’épais nuage s’en va gaiement contaminer un champ de vaches, un car scolaire, des p’tits vieux, des villages puis… Londres. Panique générale. Car ce qui était pris au début pour un brouillard anodin se révèle être un brouillard mortel créé par l’armée scientifique (anglaise). Quiconque le respire devient dangereux et laisse son côté psychopathe surgir du tréfonds de son être. Et rien ni personne ne peut arrêter ça. Quoique… et si le gouvernement (anglais) pariait sur John ?
2. Pour l’invincibilité de l’ennemi. D’habitude, dans ce genre d’histoires, nous avons toujours le large espoir qu’une solution miracle déboute le-s méchant-s en un quart de tour. Pour les fantômes, c’est le sel et le fer. Pour les vampires, c’est le soleil et l’argent. Idem pour les créatures un peu rampantes ou poilues qui mordent fort. (qui a dit que je regardais trop Supernatural ?) Mais ici, c’est un brouillard. Juste DE L’AIR. Comment se débarrasse-t-on d’un truc pareil ? En plus, ça se déplace et ça rentre par tous les interstices d’une maison.
3. Pour le héros. John est un drôle de mec. Il n’est pas courageux pour deux sous. C’est bien le seul héros dont j’ai lu l’histoire qui, dès que le danger se dessine en ombres inquiétantes dans le brouillard, se carapate en courant. Genre, plusieurs fois. Moi ça m’a fait rire, parce que c’est exactement le genre de truc que tout être normalement constitué ferait, et on remercie l’auteur pour avoir gardé ce réalisme-là dans la personnalité de ce brave John.

Pourquoi je vous le recommande ?

Je pense avoir tout déballé dans les « 3 raisons » de lire ce livre, que je qualifierai même de page-turner.
Ce roman n’est pas très long, juste ce qu’il faut. James Herbert nous plonge en pleine débâcle, dans une Angleterre décimée, avec des gens qui (s’entre)tuent férocement ou se livrent à des actes de folie que je ne narrerai pas. Et quand on pense que Londres elle-même est figée dans le brouillard…
Il faut le lire pour l’imaginer. Je vous laisse le soin de vous le procurer.

ophelie

Trembler

Survivant, de James Herbert. Ou le réchappé d’un crash d’avion qui combat les forces du mal

1 septembre 2014

Pendant l’été j’ai dévoré 3 bouquins qui font regarder le noir de la nuit en frissonnant. Et là, je me suis décidée à vous parler du deuxième qui, étonnamment, ne m’a pas réellement donné envie de me planquer sous ma couverture. (peut-être suis-je devenue une guerrière depuis La dame en noir, allez savoir !)
J’avais donc fouiné dans ma bibliothèque virtuelle à la recherche d’un livre d’horreur à la couverture kitsch – car le kitsch n’a pas son pareil pour vous dissimuler des surprises ! – et c’est ainsi que j’ai trouvé Le Survivant. Ce bouquin a été écrit par James Herbert, un auteur anglais réputé pour sa prose à base de gens qui sont aux prises avec des forces surnaturelles et qui meurent toujours tragiquement. On le connaît aussi pour une trilogie nommée Les Rats, qui a été adaptée pour le petit écran. (je n’en ai vu que les teasers, et vous ?)
Ma foi, ce monsieur possède une imagination qui peut vous faire éprouver un doute quand quelqu’un frappe à votre porte en pleine nuit… Mais avec ce titre, hélas, il n’a pas tout donné. (pardonnons-lui) C’est pourquoi ma chronique sera courte. Ou plus courte que d’habitude, en tout cas.

Le topo

Le récit commence avec un vieux monsieur qui, lors de sa traditionnelle promenade du soir dans la ville d’Eton en Angleterre, voit un Boeing 747 s’écraser dans un champ avec, à son bord, plus de 300 personnes. Le crash est terrible. Les habitants se précipitent pour constater les dégâts. Seul un homme en a réchappé, intact. Il se nomme David Keller et il était le copilote de l’avion.
Le truc, c’est qu’il ne se rappelle rien de ce qui s’est passé. Trou noir béant dans sa mémoire.
Un mois plus tard, le co-pilote revient sur les lieux du drame, comme attiré. Le champ comporte encore la carcasse froide de l’engin. Tous les gens qui s’aventurent aux alentours de l’épave sont témoins d’apparitions et pensent entendre des chuchotements. Certains meurent de peur quand d’autres sombrent dans la folie.
Alors que la tension semble monter peu à peu dans la petite ville, un spirite – appelé Hobbs – se présente à la porte de Keller pour lui proposer de l’aider. Ensemble, ils tenteront de déjouer les plans d’esprits malfaisants, coincés dans ce monde pour y déverser le chaos…

Ce que j’en ai pensé

Bon. Je ne vais pas dire que je n’ai absolument pas eu peur.
Il y avait de quoi me perturber, surtout ces descriptions de corps qui brûlent et d’âmes torturées, prêtes a effrayer – et parfois posséder – les humains selon leur bon vouloir.
J’aurais juste voulu que ce soit plus flippant encore. Que la puissance monte jusqu’à épuisement des nerfs, quoi. Quand on se plonge dans un roman dont la couverture montre un avion en flammes dans un fond à tête de mort, on s’attend à du très lourd. J’aurais voulu que les méchants montrent leurs crocs, poussent les gens en masse dans les ténèbres, distribuent de la haine en tonneaux… Pour se faire écraser en bonne et due forme sous les rangers des forces du bien ! (love you forces du bien <3)
Dans Le Survivant, c’est presque ça, sauf qu’il manque un peu de jus pour faire décoller la maso que j’étais dans le monde de la frayeur.
Le truc bien, c’est qu’on a la réponse à cette question qui nous taraude tout au long du livre : « David Keller, pourquoi t’es le seul survivant ? » La réponse ne m’a pas déçue et met en lumières quelques passages un peu flous du livre. Il ne me reste plus qu’à dénicher le film, « Le survivant d’un monde parallèle », qui doit certainement faire partie de ces vieilles reliques en cassette vidéo.
Allez, le troisième livre, promis, sera mieux ! (et c’est du même auteur)

ophelie

Trembler

La dame en noir, de Susan Hill. Ou l’histoire d’un clerc de notaire un peu trop téméraire

18 août 2014

Enfin, j’y suis. La période des bouquins qui font peur. Une fois par an, entre deux grandes lampées de chick lit’ un peu niaises, je prends ma dose d’imaginaire tout noir. Avec des portes qui s’ouvrent toutes seules, des gens qui meurent la tête coupée dans une pièce fermée à clé, et des héros qui ont toujours très envie d’aller faire une promenade nocturne dans un cimetière au milieu de nulle part.
Pendant ce genre de lecture – qui, bien sûr, s’effectue le soir -, j’ai la tête qui bourdonne d’images lugubres. Mais je n’ai pas peur, non. Parce que j’ai ma veilleuse. (et il est de notoriété internationale que la lumière protège des monstres du placard, hein)
Puis, souvent, après deux heures, je délaisse mon livre et je vais chercher de quoi me ravitailler à la cuisine. Et ce n’est qu’à l’instant où j’ouvre la porte sur le salon sombre que j’ai généralement le cœur qui palpite.
Je scrute les ombres, je m’assure que rien ne bouge. Je me demande en combien d’enjambées je peux accéder à l’interrupteur, là-bas. Celui qui est à l’autre bout, dans la pénombre, près du canapé. Ce même canapé qui a un renflement que je n’avais pas vu trois heures avant, quand il faisait jour. Je nage en plein délire.
C’est là que je regrette amèrement d’avoir commencé ces lectures de dingue, écrites par des auteurs qui doivent forcément avoir un paquet d’araignées au plafond.
Dans cette atmosphère assez pesante, je me suis donc octroyée de bonnes heures d’angoisse avec trois titres. Le premier, c’était La dame en noir.

Le topo de ce livre bien connu

(si vous n’avez pas vu l’adaptation cinématographique avec Harry Potter)

Gentil notaire originaire de Londres, Daniel Radcliffe Arthur Kipps s’apprête à passer des fêtes de famille dans une cabane isolée en pleine forêt. Alors que les jeunes enfants lui demandent de raconter une histoire qui fait peur, il refuse, fébrile. Ce n’est pas qu’il est de mauvais poil… C’est simplement que, pour lui, les fantômes et l’horreur ont une vraie dimension.
Du coup, il décide d’écrire le récit de ses mésaventures à Crythin Gifford, un village perdu sur les terres d’Angleterre, où il avait été envoyé alors qu’il n’était qu’un tout jeune clerc de notaire. Sa mission : mettre en ordre les papiers de la défunte Alice Drablow, qui avait passé l’arme à gauche dans son manoir en plein milieu d’un marais, afin d’organiser sa succession.
Mais, sur place, les habitants du village ne sont pas très causants dès qu’il leur évoque la raison de sa présence. Et puis l’enterrement de Mme Drablow n’est pas jouasse non plus, surtout vu la tête que fait la femme habillée tout en noir, là-bas dans le fond de l’église, pendant la cérémonie. Quelle étrange personne… Surtout quand elle disparaît subitement du paysage et réapparaît aux alentours du manoir Drablow…
Mais Arthur apprendra bien assez tôt le pire après avoir séjourné dans la demeure : lui qui adorait la « poésie » de l’endroit, il va finir par sentir au plus profond de son être qu’il est vital de le fuir !

Ce que j’en ai pensé

Important à savoir : je n’ai pas vu le film. (je ne suis pas assez courageuse pour ça)(par contre je suis assez téméraire pour lire, oui) Mais je me suis repassée la bande-annonce au moins 2 ou 3 fois pour me faire une idée des nombreuses différences.
Cependant, je ne vais vous parler que du livre, dont le style d’écriture est par ailleurs très poétique. C’est un format assez court, étonnement. Quand on l’a terminé, on aurait aimé que cela soit plus chargé en émotions. Parce que c’est ça, le truc : je m’attendais à du lourd, comme des apparitions horribles et un Arthur Kipps hurlant de peur à s’en irriter le gosier chaque fois qu’il ouvre une pièce poussiéreuse du manoir.
Mais l’auteur semble ne pas avoir voulu brusquer son lecteur. S’il y a des bruits dans la maison, des objets qui bougent, des apparitions et un brouillard oppressant autour du manoir, l’ensemble reste plutôt soft.

Côté suspense, on s’y retrouve tout de même, car le pauvre Arthur n’a pas idée de ce qui se trame dans le village. Et, tout entêté qu’il est, il refuse de prendre ses jambes à son cou et part au-devant des ennuis, de préférence la tête haute : « Un fantôme ? Allons bon, c’est stupide ! Rendons-nous gaiement trier des papiers administratifs pendant toute une nuit dans ce taudis ! Nan mais ho, j’ai du travail, moi ! »
C’est ça que j’aime dans les livres qui font peur : là où un individu normalement constitué se serait enfui en criant au loup, le héros fonce tête baissée dans les ténèbres sans se soucier de perdre la raison. Et c’est ce que j’appelle « avoir la classe » ! 😀

ophelie

Aimer Trembler

Princess Bride, par William Goldman. Ou le grand classique d’amour et d’aventure à lire absolument

16 mars 2014

L’âme de princesse ? Très peu pour moi, merci. Petite, déjà, lorsque ma mère insistait pour m’enfiler une robe, je me roulais par terre d’indignation. Ce n’est pas que j’étais garçon manqué, non. C’est que je ne trouvais pas ça très en accord avec mes jeux d’enfant, vous voyez.

J’étais le genre de gamine qui adorait jouer aux petites voitures sur un tapis. A 4 ans, mes petits doigts pianotaient déjà sur la première Game Boy et j’étais accro à Mario Bros.

Gavée aux films de Disney, mes héroïnes préférées étaient Pocahontas et Esmeralda (les seules, de mon point de vue, à savoir s’adapter en milieu hostile). Parfois, quand mes parents avaient le dos tourné, je glissais sur les bras en bois du canapé pour faire comme le sauvage Mowgli. Et, avec mon petit voisin, nous grimpions dans les arbres pour jouer à cache-cache et à la guerre.

Vous imaginez, vous, une robe dans ces moments-là ? Impossible.

Le plus incroyable, c’est que je savais aussi jouer à la Barbie. J’arborais avec fierté de fausses boucles d’oreille Polly Pocket et on pouvait m’offrir une maison de poupée rose sans que je ne m’en offusque. Alors, peu à peu, l’idée de devenir une princesse a fait son petit bonhomme de chemin.

Jusqu’au jour où nous avons fêté Noël avec ma petite tante, plus jeune que moi d’une année (une sombre histoire de re-mariage côté grand-père). Elle, elle était carrément dans le délire « Princess & co. » Elle était aussi blonde aux yeux bleus que j’étais brune aux yeux noirs. Et comme elle était fille unique et que moi, plus du tout, elle était aussi très gâtée.

Donc, lors de ce fameux Noël, quelqu’un m’a mis sous le nez un énoooorme paquet emballé dans du papier rose. Bonheur. Surprise. Grosse appréhension. Qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir là-dedans de très rose ?

Pleine d’espoir, je me suis approchée. Mais, subitement, le paquet m’a été repris… pour atterrir entre les mains fragiles de ma tante archi-pourrie-gâtée.

Ce retournement de situation m’a créé, outre l’une de mes premières névroses, un sentiment intense d’injustice. Voir l’autre gamine – fagotée comme une princesse – rougir de plaisir à la vue de son splendide nouveau carrosse Barbie m’a fait méchamment froncer le sourcil. Mais je me suis retenue très fort de pleurer.

Parce qu’à partir de ce jour, j’avais décidé que jamais plus je n’aimerais les princesses. Sauf celle du classique Princess Bride, évidemment.

Pourquoi lire Princess Bride ?

** Parce que connaître un super beau classique de la littérature d’amour et d’aventure, ça n’a pas de prix. L’histoire se déroule au royaume (fictif) de Florin.

Bouton d’Or est la plus belle femme du monde. Mais avant de l’être, cette fille de fermiers a d’abord été une gamine exécrable, avec de la paille dans ses cheveux en pagaille, de la terre sous les ongles et l’humeur massacrante… Surtout envers son garçon de ferme qui, lui, a toujours veillé à répondre bien poliment à toutes ses exigences par un docile « Comme vous voudrez« .

Un beau jour, la petite se rend compte de son amour pour lui, alors que le garçon (nommé Westley, lui aussi in love dans le fond) prend ses cliques et ses claques pour aller faire fortune en Amérique. Bim. Coeur en miettes. La jeune fille décide de l’attendre et se met à soigner son allure pour mieux plaire à son amour quand il rentrera.

Sauf que rien ne se passera comme prévu : Westley déclaré mort en mer, la belle acceptera de dépit la demande en fiançailles du gros roi Humperdinck, adepte de la chasse et des complots. D’abord éduquée aux moeurs de la cour, elle sera kidnappée, libérée, fiancée, mariée, apeurée, désespérée…

Au fil des pages, la pauvre princesse en verra de toutes les couleurs. Mais s’il n’y avait qu’elle… !

** Car on ne s’attend pas aux rebondissements. Jamais. Un personnage est dans la panade ? Dommage pour lui, car le reste risque d’être pire. Bien heureusement, tout ne tourne pas autour de Bouton d’Or. Bien qu’elle reste celle pour qui Westley se démène, d’autres personnages entrent dans la danse, riches d’une toute autre histoire… et complètement déjantés.

** Parce que ce livre/conte de fées qui dépote est une véritable pépite qui répond exactement à toutes vos attentes.

Il vous offre, je cite : « De l’escrime. Du combat. De la torture. Du poison. Le grand amour. La haine. La vengeance. Des géants. Des chasseurs. Des méchants. Des hommes bons. Des dames plus belles que tout. Des serpents. Des araignées. Des bébés de toutes natures et de toutes formes. Des lâches. Des hommes forts. Des poursuites. Des évasions. Des mensonges. Des vérités. La passion. Des miracles.« 

Combinez le tout à des dialogues drôles et piquants, et vous serez aux anges.

Pourquoi je vous le recommande ?

Parce que les procédés narratifs sont une blague à part entière. (et je viens de l’apprendre en consultant Wikipédia, j’en tombe des nues en écrivant cet article)

William Goldman est un excellent romancier et réalisateur de renom ; ce livre a d’ailleurs été adapté en film en 1987, et peut-être l’avez-vous déjà vu. Prétendant faire une « version abrégée avec les bons morceaux de l’œuvre originale« , l’auteur ne cesse d’intervenir entre les paragraphes, pour vous livrer quelques commentaires succulents sur le déroulé de l’intrigue et donner son avis. Je ne peux vous en dire plus sur son procédé narratif tant c’est énorme !

Toujours est-il que, si vous commencez à lire ce bouquin, je vous invite à passer dès le début au « Chapitre 1 : la Fiancée » pour rentrer dans le vif du sujet. Une fois l’histoire bien en tête, reportez-vous à son introduction qui est, en soi, une vraie perle une fois qu’on en a compris le contexte.

Et puis… et puis moi, j’ai vraiment apprécié ce bouquin. J’ai ri, soupiré, lu avec grande attention les péripéties du couple Bouton d’Or/Westley…

Édité dans un splendide coffret violet par les éditions Bragelonne, il n’existe qu’en version papier et… je veux le garder toute ma vie dans ma bibliothèque, voilà.

ophelie
Trembler

Jon Shannow, de David Gemmell. Ou le justicier qui se bat pour la paix dans un monde dévasté

15 janvier 2014

Qu’elle soit verbale ou physique, je n’ai jamais été très douée pour la bagarre. Hormis quelques bastonnades au sein de ma fratrie lorsque nous étions gamins, j’ai toujours eu le corps faiblard et le regard fuyant quand il s’agissait d’en découdre pour de bon avec l’adversité.
Mais pour ce qui est de regarder les autres violenter leurs prochains, par contre, c’est autre chose. Je sais faire. J’aime surtout ça quand c’est le gentil qui démonte consciencieusement le gros méchant. L’esprit correctionnel de la chose me met dans un état de jubilation un chouïa excessive. Et c’est pour cette raison que, chaque matin, je déguste mon p’tit déj’ devant des dessins animés du style Les 4 Fantastiques, The Avengers, ou bien encore The Ultimate Spiderman. (oui, à 25 ans, je reste à peu près équilibrée)
A dire vrai, je crois que mon goût pour la baston-justicière s’est développé dès le lycée.
En 2nde, l’une de mes amies souvent jalousée par les pimbêches de la cour de récré me fascinait pour sa facilité à se défendre en toutes circonstances. Je me souviens d’un jour où, après un cours de sport en plein hiver, elle en était venue aux mains avec une pouffe que l’on surnommait « Tête d’Orange » (rapport au fond de teint sur lequel elle avait la main lourde), cette dernière étant la spécialiste de l’insulte gratuite et injustifiée.
Dans les vestiaires du gymnase, donc, Tête d’Orange avait sorti le mot de trop. Si bien qu’en l’espace de quelques secondes, ma vaillante amie s’était changée en Incroyable Hulk pour livrer une bataille au corps-à-corps hyper-mémorable qui s’était terminée en beauté sous les douches communes, dans de grands cris aigus et de grosses poignées de cheveux arrachées. Balèze. Mon amie forçait le respect et, à ses côtés, je me suis sentie presque invincible tout au long de ma scolarité. (big up si son oeil passe par ici, d’ailleurs !)
Aujourd’hui, c’est cette satisfaction de voir les emmerdeurs bien emmerdés qui me pousse à lire des histoires avec des héros, petits ou grands, qui remettent de l’ordre dans l’immense bazar de la vie. Aux éditions Bragelonne, j’y trouve souvent mon compte. Et parmi les gros bras au grand coeur de leur large panel, on trouve Jon Shannow.

Pourquoi lire l’intégrale de Jon Shannow ?

** Parce que c’est le récit d’un homme qui ne paye pas de mine mais qui tabasse sévère dans un monde où la barbarie fait rage.
Prenez notre univers, après la Chute, après Armageddon, lorsque les mers ont submergé les terres et défiguré à jamais la surface de la planète. Si les hommes ont survécu, ils ont énormément souffert, contraints de reconstituer une humanité bancale (aux règles de vie approximatives) sur un sol pollué par les produits chimiques et les radiations. La plupart vivent en communauté, certes, mais ne sont pas à l’abri des Brigands, des mecs sans foi ni loi qui s’amusent à piller les fermes et, bien sûr, à tirer sur tout ce qui bouge.
C’est là que débarque Jon Shannow, avec son look de vieux cow-boy revenu de la basse-fosse, les fusils en alerte dès qu’on l’appelle à l’aide pour dézinguer la vermine. Sauf que sa réputation le précède, et le héros fait peur à tout le monde… On le connaît pour sa quête impossible, celle de trouver une ville disparue depuis des siècles, qui n’est autre que Jérusalem, LA cité où il pense pouvoir trouver les réponses aux questions posées par la Bible, ce livre sacré qu’il aime tant et dont il connaît chaque verset par coeur.
Un jour, Jon Shannow apprend qu’un type sanguinaire cherche à lui faire la peau : il se nomme Abaddon, et il est le chef d’une armée de fanatiques qui, dans le but d’apaiser les Pierres de Sang (des météores magiques), pratiquent le sacrifice humain. (yummy) Sauf qu’Abaddon n’est pas très malin : sa soif de pouvoir l’amène à capturer la seule femme dont Jon est tombé amoureux. Pour la libérer des griffes de l’affreux et limiter les désastres d’une guerre qu’il ne comprend pas, ce fabuleux héros devra faire preuve de patience, de courage et de détermination… Un homme seul contre la multitude, c’est beau.

** Parce que ce n’est pas qu’une histoire de flingueurs dans un far-west revisité. Plus on avance dans la trilogie, plus on découvre les raisons de la fin du monde, sur fond de magie et d’univers parallèles que l’on traverse via de mystérieux portails temporels. On y découvre les cités de l’Atlantide, surgies des fonds marins et gouvernées par un roi taré. On y rencontre même des peuples victimes de mutations génétiques, des créatures engendrées par les bêtises de notre siècle et pour lesquelles il n’y a plus aucune solution…
L’intégrale regorge de rebondissements en tous genres et on s’y régale à fond les mirettes.

** Parce qu’au-delà des problématiques « magiques », l’auteur pose une véritable question : que laisserons-nous aux humains du futur, après avoir salement amoché la planète ? Quand viendrons-nous à bout de nos ressources et provoquerons-nous la Chute de l’humanité ? Les hypothèses du livre sont nombreuses. Certaines sont plutôt inquiétantes. Jon Shannow… un livre pro-écolo ? Je me le demande encore.

Pourquoi je vous le recommande ?

J’ai ÉNORMÉMENT apprécié cette intégrale. Difficile de passer à un autre livre après ça.
Le personnage de Jon Shannow est doté d’une aura particulière, un peu mystique, et je l’ai réellement ressenti en cours de lecture. Tout est calculé pour qu’il incarne une légende… C’est un mec, un vrai. Le genre de type que l’on respecte pour sa droiture et son sens de la justice, mais que l’on craint. Et le comble, c’est qu’il n’a jamais cherché ce statut.
Car tout ce qui intéresse cet homme, c’est de vivre en accord avec les écritures saintes. Du coup, si le personnage semble plutôt froid au début de l’aventure, on en vient vite à souhaiter sa venue et à appréhender avec impatience ses actions héroïques… et toujours radicales. (je me suis souvent surprise à sourire en pensant « Oh toi, petit Brigand, tu vas comprendre ta douleur, héhé« )
Et puis je m’avoue très impressionnée par la capacité de feu David Gemmell à parler de fanatisme religieux sans virer dans le glauque ou le bien-pensant. Néanmoins, il n’a pas hésité à en dénoncer les travers, quitte à faire revivre au lecteur un déjà-vu style « Inquisition médiévale ».
En clair, la trilogie Jon Shannow, c’est de l’aventure bien dosée et haute en couleurs servie sur 735 pages. Je rêve d’une adaptation cinématographique façon Le Livre d’Eli avec Denzel Washington, mais en amélioré. Faut pas déconner.

ophelie