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Le secret de Pembrooke Park, de Julie Klassen. Ou comment vivre une romance dans un manoir abandonné

20 avril 2018

Laissons de côté tout ce qui nous préoccupe, et intéressons-nous à une histoire fascinante avec des corsets, des froufrous et des bals… Une histoire sombre, inquiétante, et un cœur à prendre de plus de 25 ans.

Pourquoi lire Le Secret de Pembrooke Park ?

1. Parce qu’il s’agit d’une romance historique un poil angoissante. Oui. Angoissante.
Dans l’Angleterre du 19ème siècle, Abigail Foster, une jeune femme intelligente issue d’une famille d’aristocrates, souffre depuis toujours d’un complexe d’infériorité face à sa sœur cadette, qui la surpasse en beauté. Du fait de son âge « avancé », elle est écartée de la traditionnelle « chasse au mari », et se retrouve reléguée au rôle de gestionnaire de maison. Sauf qu’un jour, elle commet une terrible erreur de jugement qui conduit sa famille à la ruine. Boum, plus d’sous.
Mais heureusement, une occasion en or se présente : on propose aux Foster de venir habiter un vieux manoir abandonné en pleine campagne anglaise.
La décision d’emménager est vite prise, et Abigail part en « éclaireuse » sur place. De toute façon, elle n’a plus rien à perdre : l’homme dont elle est secrètement amoureuse depuis l’enfance en pince pour son agaçante petite sœur parfaite. Donc pour elle, point de salut : autant aller servir le Seigneur.
Et ça tombe bien car, dans la chapelle du village, elle fait la rencontre d’un vicaire plutôt sexy. Il s’appelle William Chapman, et même s’il est excessivement doux et gentil, tout un tas de mystères entourent sa famille. Faut dire que le manoir cache aussi de sombres secrets : la nuit, Abigail entend des bruits étranges. Et une rumeur court sur un trésor serait caché en ses murs. D’ailleurs, on dirait bien que quelqu’un (ou quelque chose ?) rôde dans les couloirs…

2. Parce qu’il y a du mystère. Et c’est original pour le genre. Notre héroïne n’est pas qu’à la recherche de l’amour. Elle mène l’enquête, tente de déjouer les faux semblants, surprend des personnages à des endroits où ils ne devraient pas être, reçoit des pages du journal d’un anonyme, se fait stalker par un taré… Bref, ça ne donne pas très envie d’aller dormir seule dans un manoir au milieu de nul part.

3. Parce que l’héroïne est quand même badass. Dans une époque rétrograde où il faut se montrer vertueuse, ne pas déclarer sa flamme trop vite à l’être aimé, laisser les mâles vous inviter au bal masqué, s’effacer devant la concurrence plus jeune et jolie… Abigail, par sa propension à se croire « périmée », ne se pose plus de questions sur son droit à l’indépendance vis-à-vis des hommes. Elle se promène, seule, sur son domaine, prend des décisions pour toute la maisonnée et ne cherche pas à plaire aux messieurs. Et ça, c’est ce qui fait son charme.

Pourquoi je vous le recommande ?

J’étais en train de zoner sur Livraddict.com quand je suis tombée sur ce titre. La couverture m’ayant intriguée (avouez qu’il s’en dégage un aspect sombre!)(c’est à cause de la porte, ça – les grandes portes c’est menaçant), je l’ai ajouté dans ma wish-list avec empressement. Je me le suis fait offrir, je l’ai dévoré en 3 jours, et j’en ai tiré des conclusions très positives.
Autrement, cette lecture m’a donc fait prendre conscience que :
– vivre seule dans un manoir, c’est glauque,
– il faut se méfier de sa petite sœur (et des fantômes),
– laisser un psychopathe squatter chez soi par bienséance, ça relève de l’inconscience.
En lisant Le Secret de Pembrooke Park, vous aussi, vous comprendrez.

Rougir Trembler

La Marque (Kushiel), de Jacqueline Carey. Ma chronique sur le podcast Pix31

8 janvier 2018

Récemment, j’ai craqué pour de la fantasy un brin fantasque, voire un chouïa audacieuse. J’avais envie de velours, de regards langoureux et d’actes censurés. Mais aussi de bravoure, de sang et d’épées… ! Tout ceci n’aurait pas été possible sans cette trilogie qui m’a littéralement scotchée les mirettes pendant près de 1000 pages : Kushiel, de Jacqueline Carey.

Cela faisait un moment que je cherchais un livre avec des légendes, un royaume peuplé de gens mielleux, des intrigues dans les alcôves et des amours très interdits. Et de l’érotisme qui fait rougir aussi (pfiou). Je suis simplement tombée amoureuse de ce tome 1, La Marque, qui m’a bel et bien embarquée aux côtés de Phèdre, l’héroïne sexy mais drôlement maudite – et c’est pas peu dire ! – de cette trilogie.

Je ne vous en révèle pas plus ici par écrit, mais je vous laisse découvrir dans vos oreilles l’épisode n°3 de l’émission Pix31, dans lequel j’encense particulièrement ce tome (à 10’34). Veuillez, d’avance, excuser mes blagues provoc’ et un poil potaches, mais les jeux de mots étaient trop faciles (enfin moi, j’adore). Pour écouter, c’est là :

Bonne écoute, et bonne lecture à venir !

Trembler

La Passe-Miroir, de Christelle Dabos. Ma chronique sur le podcast Pix31

10 décembre 2017

J’ai beau avoir juré de chroniquer le moins possible les livres dont tout le monde parle… Je tiens très peu parole ! Ceci s’explique par ma contribution bénévole, depuis maintenant 2 mois, à un projet radiophonique avec PIX3L, une asso de Rouen qui « soutient la création, la diffusion et l’éducation aux cultures numériques ».

Notre émission se nomme « Pix31 » et on y parle de jeux vidéo, de films et de séries, de littérature, sans oublier nos recommandations du moment et, parfois, un petit quizz. Nous sommes 4 chroniqueurs réguliers pour l’instant et, vous l’aurez peut-être compris, je suis celle qui s’occupe de la catégorie littéraire.

Mes chroniques radio traitent plus spécifiquement de bouquins de SF & de fantasy – ces genres étant moins mis en avant sur le blog – pour coller un peu mieux aux aspects « geek et pop culture » de l’émission. Le concept reste le même que celui développé ici depuis la naissance du blog : de façon claire et concise, je vous donne 3 bonnes raisons de lire le titre que je vous présente.

Pourquoi écouter mes chroniques radio ?

Pour avoir la joie de découvrir ma voix, déjà 😉 Blague à part, c’est surtout pour avoir l’occasion de m’entendre encenser des livres, tout en pouvant : conduire, faire le ménage, végéter dans votre canapé, siroter un thé (une bière ?)… Et il faut dire que je me sens plus à l’aise à m’exprimer sur un format radio, n’ayant pas encore pour projet d’intégrer la communauté Booktube.

Je vous invite donc à découvrir notre épisode n°2 « Spécial Doudous », dans lequel on parle de ces objets culturels qui reviennent constamment dans notre vie et nous rassurent. Pour l’écouter, c’est là :

Pour revenir à La Passe-Miroir, j’ai découvert le tome 1 de la saga dans ma librairie indépendante préférée (L’Armitière à Rouen), puis je me suis laissée tenter en voyant des chroniques fleurir un peu partout sur la blogosphère. A mon tour, j’ai été conquise, et en écoutant le podcast, j’espère que vous aurez aussi l’envie irrépressible de vous offrir les 3 premiers tomes de la saga (ou de vous les faire offrir…! Après tout, c’est bientôt Noël !).

Bonne écoute, et à bientôt !

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Alex, de Pierre Lemaitre. Ou l’enlèvement qui tourne mal

11 novembre 2015

29 m2. C’est la taille de mon studio actuel, situé dans une rue à sens unique, à deux encablures des berges de Seine. Si l’endroit est charmant, il reste cher payé pour le peu de temps que j’y reste. – vous savez, moi j’aime ça, bouger. Alors j’ai décidé de partir. Trouver moins cher, plus grand, plus pratique. En Normandie, c’est facile.
De fait, je me suis lancé un pari fou : déménager en dix cartons. Pour mes affaires personnelles, j’entends bien. Jusqu’ici, je m’en sors plutôt bien. J’épluche le web à la recherche de conseils, techniques et autres lectures constructives pour vider mon intérieur. Les pros appellent ça le minimalisme. Je suis une grande fan. J’ai déjà opéré un tri énorme dans mes livres (photographiant les couvertures de ceux qui me tenaient à coeur), dans mon armoire (vendant sur Vinted.fr – bonheur), dans mes papiers (scannant vieux cours / factures / notes)… Je deviens une obsédée du désencombrement avec, en tête, l’idée de rendre mon intérieur aussi pur et blanc que celui d’un catalogue Ikea.
Mais ceci n’est rien, en comparaison d’Alex, personnage principal du livre éponyme de Pierre Lemaitre. C’est toute sa vie qu’elle a dû minimaliser… en un carton. Et ça, c’est plutôt extrême, non ?

Pourquoi lire Alex ?

1. Parce que c’est un thriller 3 en 1 (trois actes en un, quoi) qui nous fait changer d’avis par trois fois sur son héroïne. C’est à vous en faire tourner la tête… comme tous ces hommes séduits par le charme d’Alex. Car il s’agit d’une fille belle, belle, belle… mais, hum, mystérieuse.
Un jour, Alex se fait enlever, brutaliser et séquestrer par un type bizarre. La police de Paris est sur le coup, mais l’enquêteur – le très petit Camille Verhoeven – patine lamentablement. Faut dire que la victime est difficile à identifier. Pendant des jours, Alex va devoir survivre, piégée dans une cage, face à la faim, le froid, les rats… et son bourreau. Quand la police la retrouve enfin, c’est le trouble : la jeune femme s’est échappée sans laisser de traces. Et alors que la police part à sa recherche, un meurtrier commence à sévir dans la capitale.

2. Parce qu’on est secoué-e, littéralement. Dans un style direct et tranchant, ce cher Pierre Lemaitre nous ment. On croit avoir affaire à une histoire d’enlèvement en bonne et due forme quand, soudain, on se retrouve les sourcils froncés à tenter de saisir les tenants et aboutissants d’une histoire de vengeance meurtrière. « Bwaaah, mais qu’est-ce qui se passe, nom de nom, dans ce thriller ? », se dit-on, une tasse de thé à la main, l’air anxieux.

3. Car, à moins de jeter un œil d’emblée aux derniers chapitres, il est impossible de deviner le déroulé de l’intrigue. Vraiment impossible. Alex est l’un de ces personnages qu’il est difficile de placer dans une case : alors qu’on l’identifie comme une jeune femme ordinaire évoluant dans un Paris inexpressif, elle papillonne et nous échappe, l’essentiel de sa vie se contenant dans un simple carton… et pour cause ! Hopla, je m’arrête là 🙂

Pourquoi je vous le recommande ?

Comme je ne voudrais pas trop en dire, je m’en vais vous raconter la façon dont ce livre a occupé mes soirées de fin d’été (oui, ça date – je chronique avec un mois, voire deux, de retard – et alors ?).
J’ai traversé une lonnngue période sans lecture alléchante. Tomber sur ce titre de Pierre Lemaitre (merci à la bonne âme qui me l’avait prêté), c’était un peu comme retomber dans la marmite de la lecture-passion.
DONC. Au début, j’étais sceptique façon oh-encore-un-livre-d’enquête-chiiant. Ah et, je ne connaissais rien des bouquins précédents de Lemaitre. Très vite, l’intrigue a pris une tournure inattendue. Le rythme s’est accéléré, l’héroïne a commencé à agir étrangement… et là, pof ! Conquise.
Vous le serez aussi… et j’espère que vous m’en direz des nouvelles !

Trembler

Descendance, de Graham Masterton. Quand un vampire envenime l’Europe

31 octobre 2014

Il est temps de se poser une question d’une importance capitale : quel costume doit-on enfiler pour Halloween ? Alors que l’événement approche (et que je le fêterai, pour sûr, entourée d’une flopée d’amis alcoolisés et d’étudiants surexcités dans un bar en ruines de Budapest), moi-même je ne sais pas encore trop quoi mettre. Il me suffirait pourtant de franchir les portes de l’immense friperie au coin de ma rue (ou des autres rues, y’en a partout ici) pour dénicher une horreur sans nom sur le premier portant venu.
Mais plus ça va, plus les dents de vampires me semblent une alternative intéressante et peu coûteuse pour mon petit budget de volontaire. C’est facile à trouver et ça se cale facilement sur les gencives, c’est cool.
Et puis c’est aussi lié à mon intérêt profond pour la série The Strain, avec, dedans, du monstre dégoûtant qui mord très fort les gens et un vieux Roumain super balèze qui les combat avec acharnement depuis la Seconde Guerre Mondiale. Les vampires y sont appelés strigoï – parce qu’issus de Roumanie, et ils vous pompent le sang comme l’on se désaltère à une fontaine : ça se fait tout en bruits de succion et autres petits sons désagréables à l’oreille. Brr. Un déguisement de strigoï, donc, ça pourrait faire son petit effet en soirée.
Bon, maintenant, venons-en à parler de Descendance. Quand je l’ai trouvé, je me suis dit « Ah, rigolo tiens, ça veut dire la même chose que le titre de la série ». Et puis ça parle de strigoï aussi. Et de la guerre mondiale. Et du même mec qui les combat au fil des années. De par ces similitudes, ce livre a soudain éveillé toute mon attention.

Pourquoi lire Descendance ?

1. Parce que si vous voulez vous flanquer la frousse avec des images mentales pleines de sang, c’est parfait. Et passer le week-end de Halloween dans cette histoire-là vous mettra dans l’ambiance.
Il s’agit du récit de James Falcon, un type dont l’enfance a été bercée par les histoires de sa mère Roumaine, des légendes évoquant des vampires nommés strigoï, des monstres réputés invincibles qui vous démantibulent le thorax pour vous boire le sang à même le coeur. Yummy!
Arrivé à l’université, James se décide à étudier ces créatures légendaires « pour rigoler ». Et le voilà expert sur le sujet, trop bien. Mais ce qui ne devait être qu’un sujet d’étude se change alors en accablante réalité le jour où l’armée américaine le contacte pour une mission de la plus haute importance : alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage en Europe, il se doit de traquer les strigoï qui sévissent dans les rangs de la Résistance en France. Parmi eux, Dorin Duca, un gros méchant très malin, parvient finalement à lui échapper.
Des années plus tard, James Falcon est plus âgé, marié, tout sage. Pourtant l’armée revient le solliciter, cette fois direction l’Angleterre où sont commis des meurtres rappelant les méfaits des strigoï. Et si c’était Duca ? Il devra faire équipe avec la belle Jill, un maître-chien dont il a désespérément besoin pour venir à bout du Mal…

2. Parce qu’on est loin de la conception du vampire lambda. L’auteur les a départagés en deux catégories : les strigoï morts et les strigoï vivants (pourquoi pas), chaque partie ayant ses propres particularités. Je ne vous en dirai pas plus, mais ces détails renforcent la terrible impression que se transformer en l’un ou en l’autre n’est pas tellement recommandé. (quoiqu’il arrive, James Falcon vous décalquera la tête)

3. Parce qu’on est bien servis en violence, même si l’on suit l’enquête de ce cher Falcon que pas même une goutte de sang n’émeut. Et pourtant ! Les vampires de Graham Masterton ne plaisantent pas avec le mot « sanguinaire »… Ouuh, loin de là.

Pourquoi je vous le recommande ?

Après lecture, je me suis rendue compte que la série The Strain n’avait pas énormément à voir avec Descendance. (bien que je soupçonne les réalisateurs Guillermo del Toro et Chuck Hogan d’avoir pompé des idées chez ce cher Masterton, mais je ne suis sûre de rien)
Toutefois, l’intrigue du livre n’a rien à envier à celle de la série : on est dans du roman pur et dur, avec assez de descriptions pour vous offrir un aperçu mental de la « boucherie ». Humpf. En disant ça, je sens que plusieurs lectrices vont prendre la poudre d’escampette avec des « c’est pas pour moi, merci » mais… haha, petites malignes, j’ai prévu de sortir mon lapin blanc de mon chapeau pour vous ! : il y a aussi une histoire d’amour ! Avec des surprises à la toute fin. Alors, conquis-e-s ?
Si vous souhaitez vous le procurer maintenant-tout-de-suite, achetez-le en ebook sur la librairie en ligne de Bragelonne. (je ne suis toujours pas sponsorisée au fait, coucou !)

ophelie

Trembler

Fog, de James Herbert. Ou quand le brouillard fait perdre la raison

1 octobre 2014

Le mois d’octobre étant à nos portes – voire dans le vestibule, avec Halloween et tout le tintouin, le moment s’avère parfait pour parler de mon dernier livre-qui-fait-peur. Je parle de celui qui vient juste après ce titre-ci et ce titre-là, autrement dit l’heureux élu venu nourrir ma soif d’histoires tordues. Et sanglantes. Et dérangeantes.
« Ce qu’ils sont forts, ces anglais. » Je me suis fait cette réflexion quand j’eus terminé Fog, ce dernier bouquin issu de ma période « j’veux-de-l’horreur » ; je m’octroyais alors un rapide bilan comparatif pendant que mon bol de chocolat réchauffait au micro-ondes, un dimanche matin où je bougonnais en pyjama.
Voyez-vous, les intrigues des 3 livres dont je vous parle se déroulent toutes sans exception en Angleterre. Toutes. Comme si ce pays avait l’apanage de l’imaginaire. J’en ai conclu que les auteurs anglais possèdent un réel talent pour faire décoller leur lectorat dans des dimensions irréelles, fantasmatiques, voire carrément fantasmagoriques. C’est vrai, quoi. Je suis quasi certaine que le nombre de gens qui croient aux Elfes de maison depuis que JK Rowling a conquis la planète dépasse l’entendement. Connaissez-vous un seul auteur français qui ait cet immense pouvoir ? Moi non plus. (le cas contraire, citez-moi des noms en commentaires)
Et je vais maintenant vous inviter à lire cette chronique sur un roman anglais qui fait peur à en faire perdre foi en l’humanité. Et l’animalité aussi, tant qu’à faire. Oui.

Pourquoi lire Fog ?

1. Parce que du surnaturel, il n’y en a pas, et c’est précisément ce qui enclenche la peur.
L’histoire, c’est celle d’un mec (anglais) pas très chanceux nommé John, dont le job est d’être fonctionnaire au ministère de l’environnement (anglais). Tout commence le jour où John rentre d’une mission secrète. Il a enquêté sur des trucs pas nets et soupçonne les scientifiques d’une base militaire de faire des expériences un peu louches sur quelque chose de crado. Alors qu’il est sur la route, il voit soudain le village devant lui s’effondrer. Oui. S’effondrer dans une faille. Comme il n’a pas de bol, sa voiture y va avec. Mais John a des réflexes de survie, il va réussir à sortir de l’habitacle et à s’extirper du trou avec une gamine dans les bras, alors qu’un épais nuage de fumée le submerge en même temps. Arrivé à l’air libre, il perd la boule. On le ramène illico à l’hôpital pour le remettre d’aplomb.
Quelques temps plus tard, l’épais nuage s’en va gaiement contaminer un champ de vaches, un car scolaire, des p’tits vieux, des villages puis… Londres. Panique générale. Car ce qui était pris au début pour un brouillard anodin se révèle être un brouillard mortel créé par l’armée scientifique (anglaise). Quiconque le respire devient dangereux et laisse son côté psychopathe surgir du tréfonds de son être. Et rien ni personne ne peut arrêter ça. Quoique… et si le gouvernement (anglais) pariait sur John ?
2. Pour l’invincibilité de l’ennemi. D’habitude, dans ce genre d’histoires, nous avons toujours le large espoir qu’une solution miracle déboute le-s méchant-s en un quart de tour. Pour les fantômes, c’est le sel et le fer. Pour les vampires, c’est le soleil et l’argent. Idem pour les créatures un peu rampantes ou poilues qui mordent fort. (qui a dit que je regardais trop Supernatural ?) Mais ici, c’est un brouillard. Juste DE L’AIR. Comment se débarrasse-t-on d’un truc pareil ? En plus, ça se déplace et ça rentre par tous les interstices d’une maison.
3. Pour le héros. John est un drôle de mec. Il n’est pas courageux pour deux sous. C’est bien le seul héros dont j’ai lu l’histoire qui, dès que le danger se dessine en ombres inquiétantes dans le brouillard, se carapate en courant. Genre, plusieurs fois. Moi ça m’a fait rire, parce que c’est exactement le genre de truc que tout être normalement constitué ferait, et on remercie l’auteur pour avoir gardé ce réalisme-là dans la personnalité de ce brave John.

Pourquoi je vous le recommande ?

Je pense avoir tout déballé dans les « 3 raisons » de lire ce livre, que je qualifierai même de page-turner.
Ce roman n’est pas très long, juste ce qu’il faut. James Herbert nous plonge en pleine débâcle, dans une Angleterre décimée, avec des gens qui (s’entre)tuent férocement ou se livrent à des actes de folie que je ne narrerai pas. Et quand on pense que Londres elle-même est figée dans le brouillard…
Il faut le lire pour l’imaginer. Je vous laisse le soin de vous le procurer.

ophelie

Trembler

Survivant, de James Herbert. Ou le réchappé d’un crash d’avion qui combat les forces du mal

1 septembre 2014

Pendant l’été j’ai dévoré 3 bouquins qui font regarder le noir de la nuit en frissonnant. Et là, je me suis décidée à vous parler du deuxième qui, étonnamment, ne m’a pas réellement donné envie de me planquer sous ma couverture. (peut-être suis-je devenue une guerrière depuis La dame en noir, allez savoir !)
J’avais donc fouiné dans ma bibliothèque virtuelle à la recherche d’un livre d’horreur à la couverture kitsch – car le kitsch n’a pas son pareil pour vous dissimuler des surprises ! – et c’est ainsi que j’ai trouvé Le Survivant. Ce bouquin a été écrit par James Herbert, un auteur anglais réputé pour sa prose à base de gens qui sont aux prises avec des forces surnaturelles et qui meurent toujours tragiquement. On le connaît aussi pour une trilogie nommée Les Rats, qui a été adaptée pour le petit écran. (je n’en ai vu que les teasers, et vous ?)
Ma foi, ce monsieur possède une imagination qui peut vous faire éprouver un doute quand quelqu’un frappe à votre porte en pleine nuit… Mais avec ce titre, hélas, il n’a pas tout donné. (pardonnons-lui) C’est pourquoi ma chronique sera courte. Ou plus courte que d’habitude, en tout cas.

Le topo

Le récit commence avec un vieux monsieur qui, lors de sa traditionnelle promenade du soir dans la ville d’Eton en Angleterre, voit un Boeing 747 s’écraser dans un champ avec, à son bord, plus de 300 personnes. Le crash est terrible. Les habitants se précipitent pour constater les dégâts. Seul un homme en a réchappé, intact. Il se nomme David Keller et il était le copilote de l’avion.
Le truc, c’est qu’il ne se rappelle rien de ce qui s’est passé. Trou noir béant dans sa mémoire.
Un mois plus tard, le co-pilote revient sur les lieux du drame, comme attiré. Le champ comporte encore la carcasse froide de l’engin. Tous les gens qui s’aventurent aux alentours de l’épave sont témoins d’apparitions et pensent entendre des chuchotements. Certains meurent de peur quand d’autres sombrent dans la folie.
Alors que la tension semble monter peu à peu dans la petite ville, un spirite – appelé Hobbs – se présente à la porte de Keller pour lui proposer de l’aider. Ensemble, ils tenteront de déjouer les plans d’esprits malfaisants, coincés dans ce monde pour y déverser le chaos…

Ce que j’en ai pensé

Bon. Je ne vais pas dire que je n’ai absolument pas eu peur.
Il y avait de quoi me perturber, surtout ces descriptions de corps qui brûlent et d’âmes torturées, prêtes a effrayer – et parfois posséder – les humains selon leur bon vouloir.
J’aurais juste voulu que ce soit plus flippant encore. Que la puissance monte jusqu’à épuisement des nerfs, quoi. Quand on se plonge dans un roman dont la couverture montre un avion en flammes dans un fond à tête de mort, on s’attend à du très lourd. J’aurais voulu que les méchants montrent leurs crocs, poussent les gens en masse dans les ténèbres, distribuent de la haine en tonneaux… Pour se faire écraser en bonne et due forme sous les rangers des forces du bien ! (love you forces du bien <3) Dans Le Survivant, c’est presque ça, sauf qu’il manque un peu de jus pour faire décoller la maso que j’étais dans le monde de la frayeur.
Le truc bien, c’est qu’on a la réponse à cette question qui nous taraude tout au long du livre : « David Keller, pourquoi t’es le seul survivant ? » La réponse ne m’a pas déçue et met en lumières quelques passages un peu flous du livre. Il ne me reste plus qu’à dénicher le film, « Le survivant d’un monde parallèle », qui doit certainement faire partie de ces vieilles reliques en cassette vidéo.
Allez, le troisième livre, promis, sera mieux ! (et c’est du même auteur)

ophelie

Trembler

La dame en noir, de Susan Hill. Ou l’histoire d’un clerc de notaire un peu trop téméraire

18 août 2014

Enfin, j’y suis. La période des bouquins qui font peur. Une fois par an, entre deux grandes lampées de chick lit’ un peu niaises, je prends ma dose d’imaginaire tout noir. Avec des portes qui s’ouvrent toutes seules, des gens qui meurent la tête coupée dans une pièce fermée à clé, et des héros qui ont toujours très envie d’aller faire une promenade nocturne dans un cimetière au milieu de nulle part.
Pendant ce genre de lecture – qui, bien sûr, s’effectue le soir -, j’ai la tête qui bourdonne d’images lugubres. Mais je n’ai pas peur, non. Parce que j’ai ma veilleuse. (et il est de notoriété internationale que la lumière protège des monstres du placard, hein)
Puis, souvent, après deux heures, je délaisse mon livre et je vais chercher de quoi me ravitailler à la cuisine. Et ce n’est qu’à l’instant où j’ouvre la porte sur le salon sombre que j’ai généralement le cœur qui palpite.
Je scrute les ombres, je m’assure que rien ne bouge. Je me demande en combien d’enjambées je peux accéder à l’interrupteur, là-bas. Celui qui est à l’autre bout, dans la pénombre, près du canapé. Ce même canapé qui a un renflement que je n’avais pas vu trois heures avant, quand il faisait jour. Je nage en plein délire.
C’est là que je regrette amèrement d’avoir commencé ces lectures de dingue, écrites par des auteurs qui doivent forcément avoir un paquet d’araignées au plafond. Dans cette atmosphère assez pesante, je me suis donc octroyée de bonnes heures d’angoisse avec trois titres. Le premier, c’était La dame en noir.

Le topo de ce livre bien connu

(si vous n’avez pas vu l’adaptation cinématographique avec Harry Potter)

Gentil notaire originaire de Londres, Daniel Radcliffe Arthur Kipps s’apprête à passer des fêtes de famille dans une cabane isolée en pleine forêt. Alors que les jeunes enfants lui demandent de raconter une histoire qui fait peur, il refuse, fébrile. Ce n’est pas qu’il est de mauvais poil… C’est simplement que, pour lui, les fantômes et l’horreur ont une vraie dimension.
Du coup, il décide d’écrire le récit de ses mésaventures à Crythin Gifford, un village perdu sur les terres d’Angleterre, où il avait été envoyé alors qu’il n’était qu’un tout jeune clerc de notaire. Sa mission : mettre en ordre les papiers de la défunte Alice Drablow, qui avait passé l’arme à gauche dans son manoir en plein milieu d’un marais, afin d’organiser sa succession.
Mais, sur place, les habitants du village ne sont pas très causants dès qu’il leur évoque la raison de sa présence. Et puis l’enterrement de Mme Drablow n’est pas jouasse non plus, surtout vu la tête que fait la femme habillée tout en noir, là-bas dans le fond de l’église, pendant la cérémonie. Quelle étrange personne… Surtout quand elle disparaît subitement du paysage et réapparaît aux alentours du manoir Drablow…
Mais Arthur apprendra bien assez tôt le pire après avoir séjourné dans la demeure : lui qui adorait la « poésie » de l’endroit, il va finir par sentir au plus profond de son être qu’il est vital de le fuir !

Ce que j’en ai pensé

Important à savoir : je n’ai pas vu le film. (je ne suis pas assez courageuse pour ça)(par contre je suis assez téméraire pour lire, oui) Mais je me suis repassée la bande-annonce au moins 2 ou 3 fois pour me faire une idée des nombreuses différences.
Cependant, je ne vais vous parler que du livre, dont le style d’écriture est par ailleurs très poétique. C’est un format assez court, étonnement. Quand on l’a terminé, on aurait aimé que cela soit plus chargé en émotions. Parce que c’est ça, le truc : je m’attendais à du lourd, comme des apparitions horribles et un Arthur Kipps hurlant de peur à s’en irriter le gosier chaque fois qu’il ouvre une pièce poussiéreuse du manoir.
Mais l’auteur semble ne pas avoir voulu brusquer son lecteur. S’il y a des bruits dans la maison, des objets qui bougent, des apparitions et un brouillard oppressant autour du manoir, l’ensemble reste plutôt soft.

Côté suspense, on s’y retrouve tout de même, car le pauvre Arthur n’a pas idée de ce qui se trame dans le village. Et, tout entêté qu’il est, il refuse de prendre ses jambes à son cou et part au-devant des ennuis, de préférence la tête haute : « Un fantôme ? Allons bon, c’est stupide ! Rendons-nous gaiement trier des papiers administratifs pendant toute une nuit dans ce taudis ! Nan mais ho, j’ai du travail, moi ! »
C’est ça que j’aime dans les livres qui font peur : là où un individu normalement constitué se serait enfui en criant au loup, le héros fonce tête baissée dans les ténèbres sans se soucier de perdre la raison. Et c’est ce que j’appelle « avoir la classe » ! 😀

ophelie