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Deux nuances de Brocoli, de Marie Laurent. Une parodie spéciale végétarienne.

16 octobre 2014

Je n’ai pas d’excuse, je sais. J’ai lu une « copie » de 50 Shades of Grey et je ne me sens même pas honteuse de cette lecture. Et ceci pour deux raisons :
1) je n’ai jamais lu 50 Shades. JAMAIS. (bon peut-être les 30 premières pages, mais comme tout le monde avait déjà spoilé l’intrigue sur la toile, je me suis ravisée aussi sec)
2) dedans cette version, y’a des légumes.
A la lecture de la description de ce titre, j’imaginais presque clairement une histoire tordue à propos d’un BG tel que Grey, le poireau à la main dans sa cuisine en inox (pas d’image mentale, les filles) disserter sur l’importance des épinards dans l’acte SM face à une petite donzelle-à-fouetter. Vous savez, moi, je suis bon public. Il m’a fallu l’espace temporel d’une milliseconde pour me mettre à glousser bêtement, façon nerd qui s’apprête à regarder un vieux porno dans sa chambre d’adolescent aux caleçons sales.
De ce fait, j’ai téléchargé Deux nuances de Brocoli en vitesse, et gratuitement en plus car les éditions Artalys offraient certains titres numériques pendant tout un week-end. (razziaaa ! ahem.)
C’est ainsi qu’un beau matin, mâchouillant mes céréales dans mon pyjama anti-sexy au possible, j’ai décidé de commencer ce livre au titre douteux afin d’en savoir plus sur un végétarien à la vie sexuelle déviante.

Pourquoi lire Deux nuances de Brocoli ?

** Parce que c’est une parodie de 50 Shades of Grey, ce qui en fait l’argument de tête.
Concernant l’intrigue, on va suivre la même trame que l’oeuvre originale mais en changer quelques aspects, sinon ça n’a pas d’intérêt, on est d’accord.
Notre donzelle paumée se nomme Amalia Faust et elle est caissière chez Brico. (ouuh sexiness) Amalia reconnaît ses défauts : elle se dit laide, grosse et mal fagotée. Arrive ce client bizarre qui veut lui acheter une corde… verte. Une corde. Verte. « WTF ?« , se dit-elle. Mais dès qu’elle lève les yeux sur lui, pouf !, impressionnée. Il est beau à damner, il s’appelle Edouard Green (haha) et dans la vie il vend des sextoys. Normal. Mais c’est cool les sextoys, ça rapporte de l’argent, tout le monde en est raide dingue.
Toutefois Edouard, lui, reste un fin gourmet. Il adooore le Sexe Légumier, aka le SL, pratique qu’il souhaite ardemment partager avec Amalia. Il lui propose un pacte et hop, on est parti pour faire chauffer du brocoli pour des soirées de folies ! Reste à savoir si l’amour d’Amalia sera assez fort pour y survivre.

** Parce qu’on rigole, oh, qu’on rigole ! J’en étais là avec mon bol de céréales, à m’étrangler de rire sur certaines réflexions d’Amalia. En son for intérieur, l’héroïne fait preuve d’assez de recul sur les situations imposées par Edouard, si bien que l’absurdité de l’étalon en est doublement soulignée.
Green est obsédé par les légumes, une obsession qu’il pousse tellement loin qu’il en a fait le centre de sa vie ; il est végé, cuisine des soupes de légumes divines, cultive son propre potager bien sûr et décline même sa garde-robe en nuances de vert. Frappé du bulbe, vous dîtes ?

** Oui, c’est vrai, on avait déjà vu défiler dans les librairies des copies conformes de 50 Shades. Des tas. Mêmes couvertures tout en ombres et lumières, titres à la construction grammaticale similaire. Sachez que je n’ai lu aucune autre version, je ne peux donc décemment pas comparer le potentiel artistique de cet ouvrage. Cependant je l’ai trouvé plaisant à lire, très court aussi. Il détend, vous occupe le dimanche s’il pleut et vous offre l’occasion d’aborder un nouveau sujet de conversation pendant le repas dominical : « Hé Mamie Régine, le chou-fleur dans mon assiette, là, tu trouves pas qu’il a du sex-appeal ?« 

Pourquoi je vous le recommande ?

Que ceux qui ont une liseuse numérique dans la salle, lèvent le doigt ! Malheureusement ce livre n’est disponible qu’en numérique, pour la modique somme de 3,49 €. (pas cher, foncez !)
Un point à éclaircir : sachez que je n’ai pas été forcée par la maison d’édition à parler du livre « en bien », hein. Je suis mon propre boss ici, pas de chichis. – A l’heure actuelle je n’ai qu’un seul livre issu d’un service de presse qui attend d’être lu, je l’ai emporté en Hongrie avec moi, à part celui-ci je choisis toujours mes lectures. – Par conséquent mon avis est 100% authentique, je me suis vraiment marrée à la lecture de ce titre, et j’ai trouvé le SL original, il fallait y penser.
Je suis presque sûre que les gens adeptes de l’utilisation sexuelle du brocoli existent sur cette planète. Après tout, l’humain jouit de ce qu’il mange en le mettant en bouche, pourquoi pas dans d’autres endroits moins exposés à la lumière en dehors des heures de repas ? Bref. (pardonnez-moi, je suis malade en ce moment, j’ai de la fièvre, je délire.) L’être humain est fascinant. Mais l’imagination des auteurs, elle, l’est encore plus.

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Scandaleuse Elisabeth, de Eleonore Fernaye. Quand la passion flaire bon le parfum de l’interdit.

9 février 2014

Ne nous voilons pas la face : le corps dit tout. Quelles que soient les circonstances, c’est lui le patron. Il transmet en extérieur ce qui se passe en intérieur, et ça, c’est plutôt gênant.
Prenons un moment terrible, comme la fois où, à proximité d’un être infiniment désirable, votre corps vous crie de vous jeter littéralement dessus. Un truc que la morale réprouve, quoi.
Ça vous est peut-être déjà arrivé : vous rencontrez quelqu’un, il a l’air bien dans sa tête et ses baskets, vos esprits semblent connectés et votre enveloppe charnelle réclame désespérément la sienne.
Mais – MAIS – il y a danger.
Bien souvent, cette petite alarme, que je surnomme personnellement le « NO WAY« , se manifeste par :
1) une nénette déjà présente dans sa vie/sa tête
2) une position sociale dérangeante (c’est votre collègue/votre boss)
3) une famille allergique à l’idée que vous partagiez avec lui la fraîcheur de vos draps (si vous avez d’autres suggestions pour enrichir mes exemples…)
Bref, no way. Et s’il y a moyen de moyenner un rapprochement sensuel avec ce quidam, c’est la cata. Oui, vous avez carte blanche pour agir, voire mal agir. Mais vous prenez un risque. Au vu de mes propres expériences, je dirais que, dans ces cas-là, le corps, c’est l’ennemi à abattre.
Par exemple, le mien fonctionne un peu comme un infâme Mr Hyde. Dès l’instant où il  a repéré une fenêtre ouverte (équipée de bras vaillants), il tente une ruade qui manque de faire dégringoler ma raison ou de me faire piétiner mes principes et, par ricoché, ma dignité.
Et je peux vous assurer que mon Mr Hyde tire vraiment sur la corde quand l’objet de son désir est un playboy bad boy. Il me faut presque la force morale de mille femmes de caractère pour le détourner du côté obscur !
Mais comment lutter quand nos phéromones crient famine ? Le cerveau à lui seul peut-il faire barrière à ce feu qui brûle en nous au point de nous en faire des cloques ?
L’héroïne de Scandaleuse Elisabeth, elle, a fait les frais de ce combat corps VS esprit. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne cherche pas à entraver ses bas instincts… !

Pourquoi lire Scandaleuse Elisabeth ?

** Car on a affaire à une jeune femme qui s’éveille aux délices de la galipette tout en transgressant les bonnes moeurs de la noblesse.
Elisabeth d’Arsac est le genre de fille à haïr pour la forme : issue d’une riche famille française, la donzelle sait jouer de la harpe comme une déesse et parle anglais couramment. Et comme si ça ne suffisait pas, elle a aussi la taille fine et le cou délicat. Ce qui, en 1778, fait d’elle une nana hyper désirable.
Mais même si elle est convoitée par des hommes influents, Elisabeth n’a nullement envie de rentrer dans les rangs. Il faut dire qu’elle a des idées bien avancées pour l’époque : le mariage est, pour elle, le meilleur moyen de perdre son indépendance et de se retrouver soumise à un homme pour le restant de ses jours.
Toutefois, la belle a un vice : elle demeure curieuse des choses qui se passent sous la couette !
Et ça tombe bien car, un jour de bal masqué, elle fait la connaissance d’un bel Américain, baptisé Henry. Il est splendide (dans le genre musclé) et, forcément, il cherche à la choper gaiement dans un coin sombre.
Elisabeth sait que cette attitude n’est pas conforme à son rang, mais il faut bien admettre que question résistance, elle n’est pas super douée.
Le hic, c’est que cette petite aventure ne s’arrêtera pas là : contrairement à ce qu’elle croit, le fier Henry a le sens de l’honneur et il compte bien lui demander sa main…

** Parce que c’est une bonne lecture à mettre sur sa table de chevet quand on ne trouve plus son compte dans l’avalanche de titres dupliqués de Fifty shades of Grey. Le pseudo-SM vous gonfle ? Ça tombe bien, avec Eleonore Fernaye, on découvre les joies du sexe décrites à l’ancienne, avec des expressions sorties tout droit du journal intime des coquines de l’époque. Bizarrement, ça émoustille bien mieux les sens !

** Car derrière ses dehors grivois, ce roman cache une romance historique très torride et pleine de bons sentiments, même si les deux protagonistes ont du mal à s’apprivoiser et s’accusent parfois à tort et à travers, sinon ce ne serait pas du jeu. Et oui, en 1778 aussi, on se prenait la tête comme pas permis !

Pourquoi je vous le recommande ?

Pour vous mettre en appétit à l’approche de la Saint-Valentin, c’est bien. Moi, ça m’a fait rêver façon intense. Du coup, j’ai bien envie de ressortir ma robe de princesse (déjà évoquée ici) pour aller charmer les individus disponibles le jour J ! (je dis ça parce que mon agenda comporte déjà la mention « soirée dansante spécial célibs » ce soir-là)(même si je m’apprête à quitter notre bonne France, je compte bien rebooster mon sex-appeal, huhu)
J’ai trouvé que le cas de la charmante Elisabeth semblait très similaire à celui des célibataires du 21e siècle : avant-gardiste, la jeune femme n’est pas prête à sacrifier sa liberté malgré la pression sociale (faut dire qu’à 20 ans passés, être célibataire, ça fait désordre, non ?).
Quant à son histoire avec Henry… Moi, ça me rappelle les relations d’aujourd’hui que l’on débute, le plus souvent, les jambes en l’air, mais que l’on espère voir évoluer progressivement avec le coeur. Graou !
Un merci à Isa de Au fil d’Isa qui m’a conduite à faire cet achat irraisonné mais absolument pas regretté 😉

bande dessinée érotisme Rougir Trembler Vintage

Miss Pas Touche, de Hubert & Kerascoët. Ou l’histoire de la fille de joie qui voulait rester vierge.

29 décembre 2013

En cette fin d’année, soyons dingues : parlons fesses, pratiques SM, prostitution et virginité.
Remarquez, le sujet semble bien tomber. Il semblerait que la Française ait la libido agitée à l’approche du 1er janvier : pas un seul créneau n’est dispo dans les instituts de beauté pour se faire épiler ! (sachez que le fait est avéré puisque je me suis appuyée sur le témoignage d’une esthéticienne que je surnomme en secret « Barbie » et d’une copine qui a tenté une prise de rendez-vous chez Yves Rocher)
Bref. Ces dernières semaines, j’avais beaucoup réfléchi à ce que j’aimerais qu’on m’offre pour Noël. Mais j’avais beau lécher les vitrines à en avoir la langue toute râpeuse, impossible de trouver une idée qui me fasse vraiment plaisir. Oui, la recherche était ardue puisque, depuis quelques mois, j’évite les achats inutiles, et cela pour deux raisons :
1) je m’en vais vivre un an complet à Budapest, en Hongrie, et comme j’appréhende la sélection de fringues à mettre dans la valise, je m’impose déjà le tri de mon armoire ; 
2) ma mentalité a énormément changé, je suis devenue une parano de l’étiquette (le « made in Pays-exploité » m’inspire désormais des grimaces) et j’aspire à une vie moins encombrée donc plus saine (c’est un mouvement qu’on retrouve ici, , par-là et encore ici).
Puis mes yeux ont rencontré un ensemble de lingerie absolument remarquable. A sa vue, j’ai commencé à baver sur mon écharpe et ma carte bancaire s’est mise à hurler à l’idée de sortir du portefeuille. Je m’imaginais surtout avec le soutien-gorge… Sex-appeal de déesse assuré. Oui, mais.
Mon cerveau a repris le dessus sur ma fashion libido. Quelle utilité j’en aurais, au juste ? A part le porter sous mes vêtements en soirée pour me sentir sexy (selon les arguments de mes amies), je ne voyais pas vraiment d’occasion (et je ne vais pas parler d’hypothétique one night stand, je ne donne plus dans le registre)(même si j’ai connu une situation outrageusement gênante mêlant garçon, gaine et poils aux jambes. Si-si.) Tant que je n’aurais pas d’homme-fixe confortablement calé entre mes oreillers, j’estimerai que la lingerie fine reste une dépense superflue.
Ce qui revient tout de même à compenser en lisant des histoires où les femmes en portent beaucoup… comme dans Miss Pas Touche.

Pourquoi lire Miss Pas Touche ?

** Miss Pas Touche, c’est une série de quatre tomes nommés La Vierge du bordel, Du sang sur les mains, Le Prince charmant et Jusqu’à ce que la mort nous sépare. Ils relatent les malheureuses aventures de Blanche, une jeune femme charmante et surtout vierge, qui intègre volontairement une maison close – le Pompadour – pour retrouver un meurtrier appelé le Boucher des guinguettes, l’homme ayant assassiné sa soeur.
Le truc, c’est que Blanche est vierge… et elle compte bien le rester ! La demoiselle, forcée d’enfiler une tenue de bonne avec bas et porte-jarretelles, est chargée d’humilier les hommes adeptes de la pratique SM. Et le comble, c’est que, dans le domaine, la petite possède un talent certain qui ne manque pas d’être remarqué dans le tout Paris. On la surnomme alors… Miss Pas Touche !

Confrontée à l’ambiance hostile et malsaine des lieux de débauche, Blanche se durcit au fil des tomes et fout le grand bazar dans toute la maison. Elle tente tant bien que mal de faire face à l’adversité en résistant aux attaques des filles jalouses et aux avances libidineuses de clients arrogants… Bien sûr, elle en sortira les mains sales, très sales…
** Si vous avez vu la série française Maison Close, vous y retrouverez à coup sûr des similitudes. L’univers des maisons de joie des années 1800 était extrêmement codifié : les femmes n’en sortaient jamais, toujours endettées jusqu’au cou malgré les années de « dur labeur », soumises à l’autorité d’une matrone et de sa seconde, condamnées à n’être jamais respectées (et aimées) des hommes qu’elles « servaient ».
Si la série Maison Close montre sans pudeur les scènes hot-interdites-aux-moins-de-16-ans, la bande dessinée Miss Pas Touche reste très soft. Les femmes y sont belles, leurs courbes soulignées par des corsets, et les scènes sensuelles/coquines demeurent plutôt rares (ou simplement suggérées).
C’est surtout l’intrigue qui est mise en valeur… Blanche réussira-t-elle à venger sa soeur ? Comment s’y prendra-t-elle ? Va-t-elle enfin trouver le prince qui lui fera quitter le Pompadour ?
** Quant au style du dessinateur, il est… « transparent ». Je veux dire par-là qu’il n’a pas hésité à faire transparaître le caractère des personnages via les traits qu’il leur donne. Ainsi, les hommes qu’il dépeint sont ridicules, froids, hyper affreux ; leurs visages comportent des yeux durs et des bouches tordues et leurs corps sont souvent bouffis ou anguleux (excepté le « prince »… Haa, le « prince »…).
Pourquoi je vous la recommande ?
Le sujet est… fascinant. C’est une amie qui me l’a chaudement conseillée, moi qui « aime les histoires tordues ». Oui parce qu’une prostituée vierge, c’est tout de même intriguant, non ?
Blanche n’a rien de la fille qu’on écrase. Bien qu’elle soit enrôlée pratiquement de force par la patronne du Pompadour, la nénette sait où elle met les pieds. C’est un petit bout de femme qui n’a rien à perdre, et on respecte son personnage pour ça.
D’autant plus que Blanche mène son enquête en solo et n’hésite pas à employer les grands moyens lorsqu’elle se sent en danger (quitte à crier super fort combien elle n’est pas d’accord). C’est une femme forte, en somme. Et j’ai aimé cette idée-là : une prostituée qui, par la seule force de son caractère, donne un furieux coup de pied dans la petite fourmilière qu’est le Pompadour…
Et pssst ! Les 4 tomes sont vendus dans un coffret rose élégant et vintage, avec une jolie planche en N&B à mettre sous cadre… 😉
Aimer Rougir

Le Pacte, de Mary Jo Putney. Le roman qui vous fait regretter la galanterie du 19e siècle

25 juin 2013
Le Pacte

Bien que je sois la digne fille de mon siècle, j’ai toujours pensé que je n’appartenais pas à la bonne époque. Surtout dans le domaine du big love : je suis une incorrigible petite sotte romantique.
Dans mon armoire se cache une robe de princesse couleur violine – qui pique les yeux – pleine de froufrous et au décolleté vertigineux. J’ai même le châle et le petit sac élégant qui vont avec.
Pourtant, je n’ai jamais mis cette robe.
En tout cas, pas ailleurs que dans la cabine du magasin où je l’ai dénichée. C’était pour un jour de l’An. Je crois avoir refusé de m’aventurer accoutrée ainsi hors des quatre murs douillets de ma chambre, par peur du ridicule. Car, à l’heure où la mode est à la jupette courte et aux tee-shirts portés façon « hipster », la lady des années 1800 semble plus proche du dinosaure que de la it-girl.
C’est donc pour satisfaire mes besoins de romantisme dégoulinant de mièvrerie que je me suis plongée de toute mon âme dans ce délicieux bouquin de Mary Jo Putney…

 

Pourquoi lire Le Pacte ?

1. Parce que c’est une histoire rafraîchissante, tant elle se déroule à des années-lumière de notre univers saturé par la réalité de l’high-tech…
A la mort de son cher papa, lady Jocelyn est sidérée. Son paternel a inclus dans son testament une clause abominable l’obligeant à prendre un époux avant ses 25 ans, sans quoi elle serait forcée d’abandonner la presque-totalité de son héritage à son oncle et sa tante, une mégère infernale. Cette situation embarrasse beaucoup Jocelyn puisque, d’une part, elle n’avait pas prévu de se marier si tôt et, d’autre part, elle n’a d’yeux que pour un bel homme du monde, le duc de Candover.
Pour contourner cette contrainte, lady Jocelyn a une idée. Alors qu’elle rend visite à un ami dans un hôpital où sont soignés les vétérans de guerre, elle fait la connaissance d’un officier blessé prêt à passer l’arme à gauche, le major David Lancaster. Ils en viendront à conclure un accord les arrangeant tous deux.
Cependant, le plan ne fonctionne pas comme prévu. Le destin de David change du tout au tout lorsqu’un chirurgien travaille à le remettre sur pied. Pour conquérir la belle Jocelyn, le major devra alors faire preuve de patience… car milady a bien l’intention d’annuler leur mariage de raison et de conquérir le duc.

2. Parce que les bonnes manières de l’époque font rêver. Les dialogues sont délicieux, tout en enrobés. C’est ce qu’on peut apprécier dans les romances historiques. La politesse y est reine, ce qui tranche sérieusement avec nos discours actuels. (Et vous n’en avez pas marre, vous, de la trivialité de nos propos ? Le romantisme est-il vraiment mort ?). Exemples.
Au 19e siècle : « Je suis entièrement d’accord avec vous sur l’inconvenance de cette union »
Au 21e siècle : « J’suis d’accord avec toi, on n’aurait pas dû se marier comme ça ».
Avouez qu’il y avait du niveau.

3. Parce que ça donne envie d’être courtisée de façon… noble. Oh oui, cher monsieur, ayez l’obligeance de me baiser la main pour me dire au revoir à la fin de notre douce entrevue ! Oh, mais bien sûr que vous pouvez m’inviter à faire un tour dans le jardin pour marcher – juste marcher – parmi les fleurs ! Oh, j’accepte avec joie ce présent merveilleux que vous me faîtes en vous joignant à moi pour le dîner !
J’en fais trop, là ? Hum… C’est tout de même plus raffiné que les « ‘lut mamz’elle-t’es-charmante » pullulant dans notre société.

 

Pourquoi je vous le recommande ?

Notons que ce livre est ma première romance historique (et j’en redemande !). J’affirme avoir passé un fabuleux moment (que dis-je ! un délectable moment !) à chaque page. Comment les auteur-e-s parviennent-ils/elles à être aussi fidèles dans leurs descriptions à une époque aussi lointaine ? C’est prodigieux.
Si j’ai été poussée vers ce livre dans les rayonnages, c’est surtout pour l’originalité de sa problématique : comment naîtra la flamme de l’amûûr dans le brouillard de ce mariage factice ? Quels seront les obstacles que les deux protagonistes devront franchir avant de se rendre compte qu’ils sont faits l’un pour l’autre ? Quelles seront leurs erreurs ? Leurs joies, leurs peines, et tout le tralala… Jusqu’à l’apothéose – véritable feu d’artifice de joie intense – de l’AMOUR dans toute sa splendeur.
Je vous assure n’avoir rien pris/ingurgité d’illégal en rédigeant cet article.
Et puis… allez, il y a un cadeau bonus. Certaines scènes sont d’une sensualité dingue… Mmh, miam-miam. Graouu ! Bon, je vous laisse, je file arpenter les hôpitaux à la recherche d’un fier soldat en mal d’amour.
Bises !

ophelie

Rougir

Confessions d’un canard sex-toy, de Milly Chantilly. En avant les préliminaires !

20 janvier 2013
Confessions d'un canard sextoy

Histoire de finir/débuter votre semaine avec du lourd, je vous propose un album qui vient de sortir ce 17 janvier aux éditions Ankama. Sans doute le début d’une série plutôt… « poilante » !

 

Pourquoi lire le tome Préliminaires de Confessions d’un sex-toy ?

1. Parce qu’aborder un sujet aussi coquin du point de vue d’un sex-toy, c’est tout de même osé ! Sigmund, un canard sex-toy très meugnon, aurait voulu être un simple canard sauvage. Mais son créateur, le Tout-Puissant, l’oblige à « rendre service » à une charmante demoiselle apparemment très demandeuse… de plaisir. Et il faut bien avouer que vibrer tous les jours n’est pas un boulot de tout repos ! Du coup, Sigmund se tape une crise existentielle et nous en fait profiter.

2. Parce que c’est frais et pétillant de drôlerie : l’album offre une heure de pure extase (et je ne mâche pas mes mots), comme lors d’un bon bain chaud… On apprécie d’ailleurs les dessins délicats aux couleurs douces et leurs traits ronds – ça peut faire penser à la série des Péchés Mignons. Une bande-dessinée agréable à l’oeil qui, d’ailleurs, ne manquera pas de ravir les esprits masculins ! [ faîtes passer la BD à vos copains ! ]

3. Parce que si vous êtes une adepte du sex-toy et une grande fan du célèbre « ducky » vendu dans les catalogues, sur Internet et à Sephora (dissipons dès maintenant les doutes : je suis, en effet, une bien fine connaisseuse !), le délire de l’auteure vous parlera tout de suite. Car ce n’est ni plus ni moins que l’histoire d’une jeune femme célibataire très sexy qui assume résolument ses appétits sexuels en les assouvissant sans l’aide d’un homme. Hé ouais, prenez ça dans votre face, messieurs les préjugés !

 

Pourquoi je vous le recommande ?

Déjà, je tiens à préciser que je suis personnellement impliquée dans une histoire de canards sex-toys depuis deux ans déjà : la faute à un camarade de master qui, ayant remarqué le fait que je leur vouais un véritable culte (comme l’auteure, en fait), s’est mis en tête qu’un jour j’ouvrirai une boutique remplie de « duckies » vibrants. Depuis, chaque fois que j’aperçois un canard, je le photographie pour le lui envoyer par MMS. Bon. A part ça, je reste une fille équilibrée.
Et je veux bien avouer que le thème de cette bande dessinée me touche particulièrement car – encore une fois, je le précise – je suis célibataire et, en tant que telle, j’aime les histoires marrantes de sexsme. Parce que ça dédramatise, ça décomplexe et, malgré tout, ça m’y fait penser (= très important puisque je suis en phase d’hibernation !)
A la lecture de cet album charmant, on se demande surtout comment Sigmund vit sa vie de canard vibrant : comment réagit-il face à la concurrence d’un homme en chair et en os ? Comment fait-il jouir une femme ? Est-il vraiment aussi efficace qu’il ne le paraît ? (oui parce que, selon moi, le plastique ne fait pas éprouver grand chose… -_- si vous avez un autre avis sur la question, partagez donc votre secret !)
Et puis ce petit canard qui fait « plouf ! plouf ! plouf ! » dans l’eau du bain, c’est trop chou à voir, je trouve. Enfin bon.
O-kay. Je sors.

PS : le canard en plastique sur la photo de présentation est très similaire à Sigmund mais c’est une pure coïncidence ! (je ne l’ai pas acheté exprès, hein, c’est un cadeau). Et il n’est PAS vibrant. Dommage.

ophelie

Rire Rougir

Les Péchés Mignons d’Arthur de Pins réveillent votre libido

23 décembre 2012
Péchés mignons

C’est l’hiver, et ma libido se sent comme un petit oiseau frigorifié par son absence de plumes. Encore heureux, j’ai des BD !

Pourquoi lire les 4 tomes des Péchés Mignons ?

1. Parce que le trait généreux d’Arthur de Pins associé à la plume coquine de Maïa Mazaurette vous donnera de bonnes raisons de ne pas laisser votre libido se faire la malle pendant ces longues soirées d’hiver. Et si vous disposez d’un individu mâle dans le périmètre mais que celui-ci semble peu « enclin » à faire grincer le lit en votre compagnie, c’est LA bande dessinée à lui coller absolument sous le nez !

2. Parce que les petites bonnes femmes dessinées sur ces planches ont la silhouette d’une bouteille Orangina follement secouée : elles vous feront décomplexer de vos kilos en trop (ceux dus au foie gras des toasts de fin d’année, vous savez ?) et vous prouveront, par leur sensualité, qu’on peut être méga belles avec de larges hanches et des fesses bien dodues. Mwhahaha.

3. Parce que c’est « mignon », en fait. La sexualité de nos deux héros, Arthur et Clara, est pleine d’énergie. Obsédés, oui. Mais déphasés, oh que non. Tous deux collectionnent les aventures amoureuses avec désinvolture… et pourtant, ils assument !

 

Pourquoi je vous les recommande ?

Parce que c’est la période idéale pour s’offrir ou se faire offrir ces BD (elles sont aussi vendues en coffret). Demandez donc à papi Jeannot ou à grand-tante Bernadette de faire un geste (conseillez-leur au passage de s’instruire sur les mœurs de notre époque en y feuilletant deux ou trois pages, ils seront ravis).
Plus sérieusement : j’adoooore l’humour de Péchés Mignons. C’est juste génial. Le côté volage des deux personnages est traité avec tant de mignonnerie qu’on ne peut les en blâmer. Par leurs actes, ils affirment que les plans cul sont la maladie de notre siècle et que leur réalité côtoie de bien plus près qu’on ne le croie les relations amoureuses, les « vraies ». Mais chacun trouve son bonheur où il veut, non ?
Parce que le sexe reste ici un sujet léger. Pas de « salissures », pas de vision gore, pas de scène porno… Rien de très organique, en somme. Juste de jolis dessins agréables à voir suscitant un léger trouble dans le bas-ventre (CHAUD !).
Et puis les Péchés Mignons ont eu tellement de succès qu’il existe aussi des produits dérivés supra-mignons. J’avais acheté le calendrier 2012. Oui. Et même si celui-ci m’a fait passer pour une petite coquine auprès de tous mes visiteurs – surtout masculins – je ne regrette pas de l’avoir affiché sur les murs de ma chambre. Admirer les courbes de ces p’tites femmes m’a fait prendre conscience qu’un bourrelet peut être très, très sexy !

ophelie

Aimer Rougir

Le doute au cœur (La coureuse), de Maïa Mazaurette. Ou celle qui chassait l’homme avec amour

11 octobre 2012
La coureuse - final

Un billet un peu spécial pour un livre qui m’a tenu à cœur, pour une journaliste que j’apprécie.

 

Pourquoi lire Le doute au cœur (La coureuse) ?

1. Parce que c’est une femme qui se raconte. Maïa Mazaurette, journaliste qualifiée de « sexperte », se considère comme chasseuse d’hommes depuis son adolescence. Elle a bâti sa carrière autour d’eux et ne vit, étonnamment, que pour eux. Pour l’amour, pour l’intérêt qu’elle suscite, pour tout ce qu’elle peut obtenir d’eux en quelques efforts. Le tout, c’est de ne pas se faire prendre à son propre jeu, d’être stratège, de rester la plus forte. Et pour conquérir le corps et le coeur d’un jeune et riche danois, elle serait prête à toutes les concessions. Ou presque.

2. Parce que le style de Maïa a la classe. Ses mots prennent vie au sein de paragraphes aérés, sa pensée est structurée. Ainsi, on évite de la perdre dans ses raisonnements. Des dialogues ? Il y en a peut-être peu, mais quelle force ! Je ne sais jamais décrire avec justesse l’écriture de Maïa, sans doute que je l’admire trop pour oser la qualifier avec mes pauvres petits mots.

3. Parce que c’est bien plus que le livre d’une serial dragueuse. Vous plongerez dans la tête d’une féministe qui pense que les hommes nous ont donné des armes dont on peut se servir contre eux, pour mieux les aimer, les détester, pour mieux s’aimer. A sa lecture, on a de quoi réfléchir, de quoi remettre en cause certains principes ou de quoi avoir envie de s’affirmer différemment. Ce bouquin, c’est une véritable leçon de vie… dont l’auteure elle-même n’a pas encore résolu l’énigme.

 

Pourquoi je vous le recommande ?

Parce que, quand on suit quotidiennement le blog de Maïa (Sexactu sur GQ), on ne peut pas y échapper. C’est un appel. C’est obligatoire. Il faut y aller sans plus tarder. On l’y reconnaît. Tous ses questionnements et ses analyses sont là, tapis entre les lignes. Pour autant, on y découvre une autre facette de Maïa, même si le livre est étiqueté « auto-fiction ». Fichtre, j’y crois à peine. J’y ai même reconnu la personne d’Arthur de Pins (illustrateur des Péchés Mignons) dedans.
Parce que ça peut changer des choses en vous. Par exemple, je me suis vue dans ce livre, et peut-être vais-je par la suite me « recalibrer » : face aux garçons que j’ai rencontrés ces trois dernières années, j’ai toujours affiché ma force et mon indépendance. Trop fière d’en arriver où j’en suis aujourd’hui, comme une grande sans l’aide de gros bras protecteurs. Est-ce pour cette raison que je reste plus souvent seule qu’accompagnée ?

Dans le livre, Maïa prône que la meilleure stratégie qui soit, c’est de cacher sa force. Raconter des histoires aux garçons, les bercer d’illusions puisqu’il faut rester chaste et pure à leurs yeux, même si notre compteur de conquêtes affiche un score aussi élevé que le leur. Succès amoureux assuré ? J’en débats encore intérieurement…
Et puis, toutes les problématiques liées au statut « d’être femme » sont abordées : jusqu’où est-on prêtes à aller pour plaire à ces messieurs ? Rouge sur les lèvres, robes vaporeuses et charme à toute épreuve… Oui mais, s’il n’y avait que ça…

Le plus ? Vous en apprendrez plus sur les relations hommes-femmes dans ce livre que dans tous les autres livres « pratiques » qui existent au monde. Un vrai témoignage, une vraie vie vécue, ça n’a pas de prix.

ophelie