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Hongrie

Carnets de voyage Europe Hongrie SVE

Chronique d’une cantine hongroise

17 novembre 2014

Il est grand temps d’évoquer l’un des (nombreux) aspects de mon quotidien hongrois, j’ai nommé : la cantine Büdi. Okay, il ne s’agit pas là du véritable nom de cette cantine car le mot hongrois « büdi » (à prononcer simplement [budi] à la française) signifie « odorant ». Cet affectueux surnom a été inventé par mes collègues pour désigner cet endroit où, après en avoir passé la porte, l’odeur de viande grillée s’imprime sur vos vêtements pour le restant de la journée. (ce qui reste du plus bel effet si vous avez un meilleur programme après le boulot autre que d’aller mettre votre tenue au lave-linge)

Ce surnom est bien entendu tenu secret par l’équipe et il n’est pas à mentionner à l’intérieur dudit lieu sous peine d’en vexer les tenanciers. Mais comme ma binôme et moi-même n’arrivons même pas à prononcer le nom réel de la cantine, cela est arrivé parfois que le mot « büdi » nous échappe au beau milieu d’une phrase en anglais (ou en français) au mauvais moment, nous attirant alors les « chuuut! » réprobateurs de nos collègues hongrois.

La cantine à la hongroise

Büdi est un lieu situé à 5 minutes à pied du bureau, ce qui est relativement près. Beaucoup de mes collègues s’y rendent pour la pause du midi, soit pour aller s’asseoir à une table afin de manger tous ensemble dans un joyeux brouhaha, soit pour prendre à emporter.

Il ne s’agit pas d’une « cantine » comme on se l’imagine en France. Rien à voir avec la cantine d’entreprise, et encore moins avec celle des écoles. Lorsque vous entrez là-bas, vous faîtes la queue derrière tous les Hongrois venus là pour leur pause déjeuner (qu’ils soient en bleu de travail, policiers, femmes et hommes d’affaires, étudiants…) et vous commandez après avoir jeté un œil attentif aux plats proposés derrière le comptoir.

* Si vous mangez sur place, vous devez prendre un plateau, vos couverts, éventuellement la boisson que vous avez commandée et vous devez aller vous asseoir à une table et attendre que le serveur crie le nom de votre plat une fois qu’il est prêt (et chaud) avant d’aller le chercher.

* Si vous prenez à emporter, vous pouvez choisir de donner votre boîte en plastique (souvent une vieille boîte de glace à la vanille qui date un peu) pour qu’on vous serve votre plat dedans, ou – comme moi – vous pouvez demander des récipients ou une assiette jetable recouverte d’un alu.

En général, le midi, Büdi est toujours bondé de monde. J’ai changé plusieurs fois mes horaires de venue pour me faire servir au moment où il y a le moins de file d’attente. Leurs prix sont très raisonnables, mais leur succès est tel qu’ils les augmentent petit à petit.

 

Petit-déjeuner chez Büdi

Mais revenons au début de l’année sur la découverte de Büdi et de notre adaptation.

En mars dernier, nous recevions notre kit d’arrivée comprenant des tickets « breakfast » et « lunch » imprimés par notre coordinatrice. Notre organisation avait négocié la chose ainsi : nous devions nous rendre chez Büdi tous les jours de la semaine en dehors des week-ends, matins et midis.

Soit. Première matinée, nous voilà rendues à la cantine dès 9h pour nous voir proposer maladroitement un petit-déjeuner hongrois. Il fallait faire notre choix parmi des hamburgers et des sandwiches, des aliments panés… Des trucs gras et salés, quoi. Ce qui, pour nous Français, semble être une hérésie.

Quant au choix, il fallait le faire uniquement… en langue hongroise. (no anglais allowed here) Les premiers temps, j’optais pour du pain blanc et des œufs, avec un thé.

Mais, une semaine plus tard, nous avions droit à un petit-déjeuner sucré grâce à quelques négociations.

Confiture et miel, pain blanc, céréales et lait chaud, jus d’orange, yaourts et un thé bouillant. Le tout servi sur différents plateaux et en grand nombre : 3/4 pots de confiture, 1 énorme pot de miel, 2 paquets de céréales, 8 yaourts, etc. Juste au cas où on aurait du mal à faire des choix, vous voyez ? (ou pour nous éviter de passer commande en hongrois, sûrement)

Et l’adaptation, alors ? Difficile de se mêler aux Hongrois venus manger le matin chez Büdi quand le contenu de son petit-déjeuner affiche clairement qu’on « n’est pas d’ici ». Assises à notre table recouverte de victuailles, il ne se passait pas une semaine sans qu’un quidam nous regarde d’un air curieux. Et fixement.

Parfois, certaines personnes nous adressent la parole en hongrois avant de changer pour l’anglais afin de nous dire « wow, sympa le p’tit-déj’ !« .

Parler hongrois chez Büdi

La langue hongroise, bien sûr. Quitte à être tous les jours dans un endroit uniquement fréquenté par des Hongrois (quoique plusieurs fois j’ai vu des touristes de passage venir se « régaler » là-bas), autant apprendre les rudiments, à savoir les noms de chaque aliment.

Au début de mon année là-bas, donc, pas de souci ; nous avions bénéficié d’un cours de hongrois sur le thème de la « nourriture ». J’ai appris à commander ce que j’ai envie de manger le midi, c’est-à-dire pas grand chose à part des pâtes, des pommes de terre, de la purée, du riz, des frites, des concombres, des tomates, des légumes à la vapeur, du poulet, des cuisses de poulet. En guise de boisson, je prends toujours de l’eau non gazeuse (si on oublie de préciser, on se retrouve forcément avec de l’eau à bulles, les Hongrois en sont fans) et, parfois, je me prends un soda. Souvent, je me débrouille en montrant du doigt le plat que je veux, et je me trompe souvent dans mes choix, bien entendu. Je finis la moitié du temps avec un repas qui me reste en travers de l’estomac. Et avec des portions toujours trop énormes, même si j’ai demandé une « petite assiette ».

Depuis, j’ai appris à me laisser conseiller par le gentil jeune serveur qui, au fil des mois, a fini par se prendre d’amitié pour moi malgré le barrage de la langue.

A l’heure actuelle, je ne vais plus chez Büdi pour le petit-déjeuner. La dernière facture reçue par notre organisation s’étant avérée plus salée que d’habitude, les chefs ont décidé de nous laisser petit-déjeuner à l’appart’ avant d’aller au bureau. Comme ma binôme est végétarienne – donc pas hyper fan de Büdi, les Hongrois étant de gros mangeurs de viande -, je suis la seule à m’y rendre tous les midis pour prendre « à emporter ».

Le gentil serveur me fait toujours de grands sourires quand il me voit, il s’arrange toujours pour me servir lui-même, ce qui m’arrange car, désormais, il connaît bien mes préférences « culinaires » !

Cependant, certains jours, je fais des pauses. Parce que manger chez Büdi, c’est bien, mais force est d’admettre que, parfois, je sature un peu d’engloutir des féculents. Oui, ma foi. Il y a des jours où je rêve d’autre chose.

Comme de bon fromage, par exemple.

ophelie

 

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Octobre en 10 photos. L’automne tombe sur le Centre de l’Europe

7 novembre 2014

Je le voyais plutôt commun, ce mois d’octobre. Comme l’automne a fait une entrée plutôt soudaine – et froide – en Hongrie, je m’imaginais déprimer tous les soirs en pleurant la fermeture des bars en ruines et la disparition de mes très chères limonades.

Alors oui, j’ai vu arriver le changement d’heure d’un œil mauvais (la nuit tombe désormais à 16h30, j’ai lu qu’en hiver ce serait 15h30, humpf). Et oui, j’ai grelotté sous mon bonnet, remis mon écharpe et mes gants par 1°C en extérieur tandis que vous, en France, vous étiez encore au soleil. Mais je ne peux pas dire que je me sois tournée les pouces une seconde, j’ai même eu du mal à trouver du temps pour moi et… j’ai fait un saut dans un pays limitrophe. Oui, tant qu’à faire.

 

1* Rayons de soleil en terrasse : ce petit restau juste à côté de ma porte (Rendelő resto/bar) vous concocte des limonades divines (et des burgers aussi), leur terrasse est toujours fidèle au poste !

2* Flâner dans une expo : les expos étaient gratuites pendant la Design week au début du mois. La culture à zéro forint 🙂

3* Paresseux dimanches : avec une copine autrichienne, direction un marché d’artisanat dans un café côté Buda, le Margitutcakilenc, puis nous avons fini au Cat Café pour caresser des chats.

4* Un parc : découvert un peu par hasard, le Millenáris Park du côté Buda est très plaisant à parcourir avec ses installations artistiques contemporaines.

5* Un brunch maison : après une nuit de fête dans Budapest et une (trop) grasse matinée, la meilleure option reste un tour au magasin Spar pour se préparer un brunch entre copines.

6* Une soirée salsa : sortir en semaine, je le fais peu, excepté pour une soirée salsa. J’ai réussi à embarquer mes copines et un copain espagnol pour en faire mon partenaire improvisé – encore fallait-il lui apprendre les bases…

7* Parler à la radio : pour les besoins de mon projet, ma binôme et moi avons fait 3h de train pour Nyíregyháza (je n’ai jamais réussi à le prononcer), une ville dans le nord de la Hongrie, afin d’interviewer des amis volontaires et de se faire aussi interviewer au micro sur nos expériences SVE.

8* Voyager en train de nuit : une grande première, le train de nuit pour la Serbie ! Impossible de dormir cependant avec les contrôles aux frontières…

9* En séjour à Belgrade : c’était THE week-end qu’on attendait avec impatience avec ma binôme et une amie polonaise. 

10* Des recherches : parce qu’on est arrivées à Belgrade sans la moindre idée d’où aller, quoi faire, etc. De longues minutes de recherche sur le net ont été nécessaires pour faire finalement place à l’impro. Toujours.

ophelie
Hongrie Photographie SVE

Septembre en 10 photos. L’été s’est terminé à Budapest

15 octobre 2014

Septième mois d’expatriation, rien que ça. Avec une petite appréhension, toutefois, parce que le temps file à une vitesse comparable à celle de ma connexion wifi au boulot : ça va vite ! (oui je vis avec une connexion internet misérable en Hongrie, plus spécialement dans mon appartement)

Mes impression générales pour ce mois-là ? Tristes, parce que l’été indien, ça n’existe pas ici. Au 1er septembre déjà les terrasses commençaient à disparaître des trottoirs (à Budapest, on monte des terrasses temporaires, en bois, juste pour la haute saison touristique). Déprime. Après j’ai vu les arbres passer du vert au jaune-marron-rouge et je me suis dit qu’il était temps de sortir les petits pulls. Erreur. Je suis tombée malade une fois (un rhume), puis deux (une fièvre. Et je l’ai en ce moment, donc j’ai le crâne qui va exploser d’ici peu).

Néanmoins, c’est toujours le bonheur.

1* Au revoir l’été : parce qu’il est temps de passer à autre chose…

2* Visite à l’Institut français : ils ont fait une journée portes ouvertes pour tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur les cours et examens qu’ils proposent. J’ai pu y manger « une part » de quiche extrêmement chère au Café Dumas, avec un malheureux bout de salade. On ne m’y reprendra plus.

3* Une action planétaire : j’ai pris part à la Marche pour le Climat. Sauf que je n’étais ni à New York, ni à Paris, mais à Budapest pour marcher avec quelques 200 personnes sur les avenues.

4* Traîner au bar : j’ai fréquenté le Szimpla à peu près deux fois ce mois-ci. Mais c’était surtout pour retourner à son marché fermier et goûter une soupe que l’on paye 650 forints (2 €), dont l’argent est reversé à une asso pour les nécessiteux.

5* Du cappuccino : mon plus gros péché mignon, bu à peu près dans tous les cafés cools que j’ai pu trouver ce mois-ci dans la capitale. Celui-ci a été pris en compagnie d’une morceau de brownie à l’EcoCafé sur l’avenue Andrassy.

6* Des promenades : rappelez-vous, je parlais d’Esztergom.

7* Admirer le patrimoine : ici, l’intérieur de la cathédrale d’Esztergom. Ma-gni-fique.

8* Un événement pro : le salon de l’emploi HVG, est l’un des plus grands de Budapest. Avec mon organisation d’accueil, nous avons tenu un stand pour attirer les étudiants en quête d’un boulot dans nos filets. On a fait des photos et des interviews de recruteurs pendant 2 jours.

9* Une réception : cela va de pair avec le salon de l’emploi. Les organisateurs avaient prévu une réception de remise de prix « celui qui a le plus beau stand » (…), de fait, nous avons eu droit à un dîner de gloutons souverains avec des verres de vin à damner un prêtre.

10* Où traîner après le travail : je vous présente le Müszi, un bar associatif hyper cool qui se trouve… dans la rue derrière chez moi (je sais, on peut me haïr pour habiter au coeur du centre-ville). Je m’y suis rendue un bon paquet de fois pour : participer à un swap, boire des cappuccinos (encore), profiter de leur connexion wifi. Là-bas il y a régulièrement des concerts, des soirées jeux, des projections de films… 🙂

ophelie
Carnets de voyage Hongrie SVE

Budapest. Le Mont Gellért, ou quand il s’agit de grimper une colline

23 septembre 2014

S’il y a bien une chose que je n’aime pas trop dans la vie, c’est grimper. Plus spécialement quand je suis en train de faire ma touriste. Je parle de cette douleur lancinante qui commence à se faire sentir dans les cuisses après quelques volées de marches, ce souffle qui se fait plus rare et ce sang qui afflue au visage pour vous donner un air de homard mal cuit.

A Budapest, on a des collines, mais surtout du côté de Buda. Bien que cela permette de profiter de beaux panoramas sur le plat Pest, c’est au prix de fastidieux efforts que l’on gagne les hauteurs. J’avais d’abord évoqué le château royal du haut duquel on peut profiter de la vue, mais dans cet article je vais parler du mont Gellért. Cette colline surplombe la capitale avec, à son sommet, une splendide Statue de la Liberté brandissant une feuille de palmier en guise de torche. (cette statue a une histoire, mais je vous laisse le soin de la checker vous-mêmes dans les guides)

Pour y accéder, on a plusieurs choix.

Moi, j’aime traverser le pont Szabadság (prononcer [sabade-chague]) depuis Pest, que les guides traduisent par « le pont de la Liberté ». Il est vert, il est beau, et c’est mon pont favori. (oui j’ai un pont favori, je sais c’est bizarre) Le pont Erszébet permet également de passer par un autre versant de la colline. Et l’on peut aussi choisir d’utiliser les souterrains et de passer sous le Danube avec le métro n°4, mais c’est selon les affinités de chacun avec les ponts.

 

Sur les photos que j’ai prises en avril dernier, vous verrez que j’avais choisi de traverser le pont de la Liberté. (je le traverse toujours dès que j’en ai l’occasion – oui je sais que vous avez compris que j’aime ce pont). Une fois de l’autre côté, vous devez grimper la colline. Comme plusieurs chemins mènent en haut du mont Gellért, c’est au touriste de faire son itinéraire perso au travers des arbres.

Arrivée au sommet, malgré mon souffle court, j’avais décidé de continuer à prendre des photos. Eh oui, je suis un peu cette touriste pénible qu’on a envie de laisser derrière soi juste par méchanceté. Je suis cette touriste qui laisse traîner son objectif sur des détails, ratant par-là même la moitié du spectacle dans la « vraie vie ». Certes. J’assume. Surtout dans le cas du mont Gellért où je m’étais dit qu’il fallait bien que j’ai une « compensation » après avoir souffert le martyre dans mes courtes jambes.

Pour les touristes plus flemmards, il est cependant possible d’accéder au mont Gellért en bus, ce qui est fort bien utile lorsqu’on décide de le visiter de nuit, afin de profiter d’une vue fabuleuse sur une Budapest illuminée. (mais moi j’ai grimpé là-bas de jour comme de nuit)(la faute aux amis qui, eux, sont faits d’acier et de muscles en béton – et qui ont sûrement une vision infrarouge puisque rien n’est éclairé sur cette colline !)

Mais si vous n’avez pas peur d’être rincé-e-s pendant une visite touristique, je vous encourage à monter vous aussi jusqu’au sommet du mont, pour une excursion authentique à la récompense pleine de splendeur. Car il est vrai qu’une fois arrivé-e-s, on est loin de le regretter… !

ophelie

 

Carnets de voyage Europe Hongrie SVE

Hongrie. Esztergom, ou la joie d’expérimenter le passage des frontières

15 septembre 2014

Bien que je n’ai pas encore pris le temps d’épuiser toutes les activités de la capitale, l’envie m’est venue de partir explorer une ville nommée Esztergom [prononcez « Esther-gomme » en français] dont on m’avait déjà dit beaucoup de bien (par ma coordinatrice pro, par des copains, par la guide du Parlement aussi).
Dans cette aventure, j’avais proposé à plusieurs amis de nous accompagner, ma binôme et moi. Ensemble, nous avons acheté nos tickets de bus (6 € l’aller-retour) afin de parcourir 45 km en 1h30. Oui, 1h30. Mais je me dois de préciser que si le réseau de transports en commun couvre bien le pays, les trajets sont toujours trèèès longs (mais c’est le cas pour toute l’Europe Centrale, il me semble).

Pendant ce temps d’attente, j’ai eu le loisir de consulter mon guide touristique tout corné. Il dit qu’Esztergom fut autrefois prestigieuse parce qu’elle était… l’ancienne capitale de la Hongrie. Oui-oui. Quand la Hongrie était plus large du haut et du bas – c’est-à-dire avant que « l’Europe » lui ait retiré des gros morceaux (cf. vos manuels d’Histoire sur les guerres mondiales) -, Esztergom était LA ville où les rois se faisaient mousser. C’est pour cette raison qu’on y voit, en haut d’une colline, de beaux bâtiments tels qu’un palais royal et une cathédrale. Il s’avère qu’aujourd’hui la ville est un peu moins grandiose qu’avant, mais reste néanmoins tout aussi charmante…
Parlons aussi géographie. Esztergom se trouve au nord. Autour d’Esztergom, le paysage est montagneux. Verdoyant. Devant Esztergom, on trouve le Danube et… la Slovaquie ! Il suffit de traverser le pont au-dessus du fleuve pour pouvoir annoncer à son oncle Rémond-Gérald lors de la prochaine réunion de famille : « Hé, oncle Rémond-Gérald, tu sais quoi ? J’ai été en Slovaquie ! Et à pied, en plus !« .

Bref. Par chance, nous étions arrivés pendant un week-end festif ! Au bord du Danube se déroulait un festival folklorique avec marché artisanal (j’y ai acheté une paire de boucles d’oreille), des chants, de la musique, des démonstrations… et de la nourriture. Beaucoup de nourriture. La tentation était trop grande. Nous nous sommes attablés parmi les Hongrois pour manger goulûment des plats bien gras.
Puis il nous a fallu grimper jusqu’à la colline pour avoir un superbe panorama du paysage et visiter le site de la citadelle. On a voulu prendre par les « cat stairs », un escalier de pierre qu’on remarque à peine entre deux maisons. Mais comme on est abonnés aux ratés, on a loupé l’entrée de ces fameux escaliers pour finir par grimper un sentier. Ouais. On aime bien se compliquer la vie, avec les copains.
Une fois en haut, c’est joli. On regarde au loin le plat pays – la Slovaquie – en s’étonnant du fait qu’il ne suffit que d’un pont pour repasser en zone euro. C’est beau, les frontières ouvertes.
Mais je vous laisse avec les photos, elles sauront mieux décrire que moi l’architecture, l’ambiance solennelle du lieu, mes yeux émerveillés de tant de grandeur, etc.

Je vous épargne la visite de la ville slovaque d’en face. Mais si vous voulez retrouver quelques photos de là-bas quand même, vous pouvez vous abonner à mon Facebook, j’y partage beaucoup de photographies qui ne figurent pas sur le blog 🙂
Et vous, vous avez déjà visité un pays dont on traverse la frontière via un pont ?

ophelie

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Août en 10 photos. Dans le tourbillon de la vie hongroise

8 septembre 2014

Joli mois d’août… Même si je n’ai pas du tout bougé de Budapest pendant ces 4 semaines, il faut dire que je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer.
J’ai eu l’impression qu’il est passé très vite – trop vite – et pourtant, quand je regarde en arrière, je me rends compte que j’ai fait plein de trucs cools. Ouais. Vraiment, vraiment cools.

1* Des échanges culturels : un ami a organisé une soirée de partages autour de la culture espagnole (dont il est issu) au cours de laquelle on a pu manger des spécialités du pays ! On ne se serait pas cru en Hongrie 😉 (photo prise par une amie Lettone)
2* En festival : si vous n’avez pas lu cet article, sachez que j’ai testé l’ambiance du Sziget festival, l’un des plus gros d’Europe, en compagnie de mes petits cousins et de quelques amis.
3* De folles soirées : peu nombreux sont les week-ends pendant lesquels je me suis vraiment reposée… J’ai pas mal fait la fête jusque tard dans la nuit, je l’avoue 🙂
4* Profiter des beaux jours : le temps s’est rafraîchi pendant le mois, mais quand il faisait super beau, je n’ai pas hésité à sortir un peu en ville pour me promener.
5* La fête nationale : le 20, c’était un jour spécial pour la Hongrie. A l’image de notre 14 juillet, tout le pays affiche un air réjoui et les édifices se parent de drapeaux ! Les rues se sont animées de concerts et stands de nourriture typique, les musées étaient gratuits, les démos de danses folkloriques étaient de rigueur et, le soir, on a eu droit à de beaux feux d’artifices sur le Danube (retransmis à la tv en direct, dingue non ?).
6* Des visiteurs : j’en ai eu quelques-uns, dont ma petite sœur et de très bonnes amies.
7* Des vidéos : ce n’est pas parce que c’est l’été qu’on a arrêté pour autant de bosser ! Ma coloc’/binôme et moi avons filmé nos premières interviews dans le décor du Szimpla Kert. (pour en savoir plus sur notre projet, c’est ici et sur le bar c’est là)
8* Un peu de bon temps : en fait, pas mal de bon temps. Miam.
9* Essayer de nouveaux endroits : comme j’avais des visiteurs, j’en ai profité pour tester des adresses qui changent de celles que j’ai l’habitude de fréquenter. Comme ce petit restau-sur-le-pouce qui fait des plats délicieuuux. (photo par ma copine Cécile)
10* Dire « au revoir » : le premier départ… Difficile de voir quelqu’un repartir pour sa vie d’avant, surtout quand il s’agit d’une excellente copine Allemande que j’adore beaucoup ! Mais on se reverra 🙂

ophelie

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Hongrie. Carte postale d’un stage de salsa au bord du lac Balaton

4 septembre 2014

En ce retour des trousses à crayons, des classeurs à spirales et des agrafeuses en plastique, je voudrais parler vacances. Oui. Vacances.
Car cet été, je suis sortie hors de ma zone de confort : je me suis offert des vacances toute seule. (en réalité, je n’ai pas toujours été seule, mais le degré de solitude a été suffisamment élevé pour que je me sente en plein challenge social) Cela n’a pas été très long, juste 3 jours au début du mois de juillet.

Des clubs à la danse
Comme je l’explique dans cet article-ci, en France, je suis habituée à danser la salsa portoricaine. J’y ai mon école de danse, ma « famille de salseros« , bref, avant de partir, j’avais mes aises et mon petit style qui ne paye pas de mine.
Mais en arrivant à Budapest, je me suis retrouvée démunie. Il FALLAIT que je trouve un nouveau club de danse. Il FALLAIT que je continue de pratiquer. Après avoir erré sur le net quelques temps, trouvant des cours à des prix excessivement chers, j’ai fini par renoncer. Puis j’ai traîné ma pauvre coloc’ dans un club réputé, le Barrio Latino. Là-bas, les Hongrois y dansent le style cubain avec brio, tous se connaissent, tous ont leur « famille de salseros« . Pour m’incruster, je ne savais pas encore par où commencer. (surtout avec cette histoire de barrière de la langue…)
Jusqu’à ce que ma coloc’ trouve pour moi un événement Facebook proposant dix cours pour « absolute beginners », à raison d’un par semaine, et à un prix imbattable. L’aubaine ! J’allais enfin pouvoir me mettre à danser dans les clubs, moi aussi !

C’est ainsi que je me suis pointée chez Salsa cubanismo, une école de danse où les profs sont nombreux et officient toujours par deux : un gars, une fille, de façon à enseigner les pas pour les deux genres. Gé-ni-al. Sauf que, dans mon enthousiasme, j’avais totalement zappé le fait que les cours étaient entièrement délivrés en hongrois. Misère. Il m’a fallu un certain temps d’adaptation pour m’y faire, vous imaginez bien.
Par bonheur, la danse étant un langage universel, il m’a été possible de copier les gestes des profs pour m’en sortir sans trop de mal. (et croyez-moi, quand on ne comprend pas un mot de ce qui se trame, on a le temps d’observer ce qui se passe autour de soi)
Le gros avantage, c’est qu’ainsi, j’ai pris l’habitude de compter mon « tempo » en langue magyare et j’ai appris quelques expressions courantes. Et, Dieu merci, les noms des pas sont en espagnol !
Mais c’est lorsqu’il a fallu danser en couple que j’ai commencé à galérer.

Pendant les cours
En cours, on forme des lignes et on change régulièrement de partenaire. Étant la seule étrangère du groupe, j’en ai intimidé plus d’un ! En répétant inlassablement la phrase « Désolée, je ne parle pas hongrois mais j’apprends !« , je me suis – malgré moi – fermée à bien des discussions. Certains de mes partenaires s’obstinent toujours à me donner des indications dans leur langue maternelle, bien sûr, quand d’autres se sont résignés à me parler et préfèrent désormais m’offrir de splendides sourires gênés.
Cependant, je reste ravie lorsque quelques-uns se montrent ravis d’échanger en anglais avec moi, s’étonnant de ma réactivité pour une « débutante ». (j’ai même eu le droit à un « tu danses bien pour une française« … on a une de ces réputations de mauvais danseurs -_-)

Mais la langue est rapidement devenue un véritable obstacle m’empêchant de me mêler au groupe. Difficile, en effet, de comprendre les blagues des professeurs – mon plus grand regret – et d’être au fait des prochaines soirées annoncées en fin de cours. J’ai rarement osé déranger les gens pour leur demander « hey, what’s up? », me faufilant vers la porte en catimini quand c’était fini. Trop timide.
Puis, un peu avant juillet, ma prof m’a prise à part pour me proposer de venir à un « salsa camp » de 5 jours au bord du lac Balaton. (la « mer hongroise ») Elle m’a expliqué avec patience les prix proposés puis m’a encouragée à réfléchir. Voyons, voyons, cinq jours dans un hôtel de luxe avec piscine et plage privées, repas compris, cours de tous styles du matin au soir avec des fêtes où pratiquer… J’étais déjà emballée !

Le « salsa camp »
Deux semaines plus tard, j’étais dans un bus en direction de Siófok, une ville hyper touristique dans le sud du lac Balaton. Je n’avais choisi que 3 jours de stage, ce qui était amplement suffisant pour tenter l’aventure en solo. Car je me rendais là-bas en sachant pertinemment que personne ne parlerait anglais et que je me retrouverai bien souvent livrée à moi-même, peut-être même isolée du reste des gens.
Ce qui, en un sens, ne s’est pas révélé tout à fait vrai… En plus du paysage magnifique qui s’offrait à moi (l’immensité du lac, le beau temps, les gens qui se baignent, la musique latine), j’ai pu me mixer au groupe. Le stage permettait à tous les gens de l’école de danse de se retrouver (environ 80 personnes !) et d’avoir des « vacances » tous ensemble. Ils étaient plus nombreux que je ne le pensais à pouvoir parler anglais, ce qui m’a évité de grands moments de solitude… !

Le planning était parfait. Les cours étaient dispensés de 10h à 18h30, avec des plages horaires orientées « détente » en fin de journée comme, par exemple, du stretching sur la plage, de la zumba… On était surtout libres de choisir les cours auxquels on souhaitait assister, ce qui était pratique si l’on préférait lézarder au soleil sur une chaise longue ou se baigner de temps à autre. J’ai donc perfectionné mon style cubain en journée et, en soirée, – quand je ne buvais pas de mojitos, héhé – j’appris à suivre mes partenaires et à improviser.
Cette expérience m’a beaucoup apporté : je sais maintenant que je suis capable de partir en solo dans un séjour de vacances, quitte à ne rien comprendre autour de moi et à être un peu mise de côté. Et aujourd’hui, je peux aussi dire que je sais danser la salsa cubaine ET portoricaine, même si je ne les maîtrise pas parfaitement, évidemment ! D’ailleurs, mes cours reprennent la semaine prochaine et, vous savez quoi ? Je suis passée en niveau intermédiaire 🙂 En juste 6 mois, c’est pas beau, ça ?

Et la dernière photo de groupe, il en fallait bien une ! Retrouvez le site du club ici (en hongrois, héhé)

ophelie

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Budapest. Carte postale du Sziget festival

22 août 2014
La question qui revenait souvent sur toutes les lèvres, c’était : « Et toi, est-ce que t’as prévu d’y aller ?« .

Le festival Sziget, dont le mot veut dire « île » en hongrois, c’était un peu l’événement de l’été à ne pas manquer. A en voir les affiches publicitaires et les spots sur écrans géants qui pullulaient partout depuis des mois, je ne pouvais pas passer à côté tant ça semblait transpirer le fun.

Du coup, j’ai acheté un ticket pour un jour. Un seul. Et il m’en a coûté les yeux de la tête. (55 € la journée ! Pour le niveau de vie en Hongrie, je vous assure, c’est exorbitant !)

J’ai donc pris la journée du jeudi parce que j’avais estimé que c’était celle qui me convenait le mieux, avec des artistes internationaux qui dépotent comme Bastille, Macklemore&Ryan Lewis et Stromae. (y’avait Lily Allen dans le lot mais je n’ai pas beaucoup aimé sa prestation, avec des biberons géants posés sur scène et des danseuses en culotte qui remuaient de l’arrière-train avec un masque de labrador sur la tête. WTF ?)

Je ne suis pas une « fille à festivals ». Je suis plutôt du genre à remuer en cadence au fond de la salle pendant que l’artiste fait son show, assise bien droite sur un siège douillet que j’ai réservé bien à l’avance. (un peu de compréhension, voyons, je ne suis qu’une nana qui lit des livres d’amour et qui ne supporte pas le goût de la bière)

De ma vie, je n’ai été que deux fois dans un festival de musique : le méconnu « Rock dans Tous ses Etats » en Normandie, bien gentillet en comparaison de ce gros monstre qu’est le Sziget.

Forcément, le jour où j’ai décidé d’y aller, il a plu des trombes d’eau. Genre, vraiment. Ambiance bain de boue garantie. Heureusement, j’avais prévu le coup avec une tenue inspirée de Pinterest, car 1) je suis niveau moyen en « Fashion style » et 2) j’avais du mal à trouver une alternative au K-way que je n’avais pas. Et pour moi, il était hors de question de me procurer sur place un « sac poubelle à capuche » vendu 5 €.

Le combo pour lequel j’ai opté a amplement suffi :

Robe printanière + chemise en jean + foulard + boots montantes en cuir + chaussettes qui dépassent.

J’avais aussi pris un parapluie que j’ai trimballé à la main du matin au soir. Pas super pratique mais ça a eu le mérite de me sauver la mise à plusieurs reprises. Et lorsque j’ai eu froid pendant la journée, j’ai pu me couvrir en enfilant 2 t-shirts publicitaires l’un sur l’autre.

Boire de la palinka, l’eau de vie hongroise, ça marche aussi pour se réchauffer.

Le Sziget est l’un des festivals les plus connus d’Europe. Ce qui signifie que les festivaliers sont majoritairement des étrangers (90% environ selon les médias). Vous pouvez donc vous attendre à voir des choses étranges et des gens au comportement… insolite.

Précision : je tiens les anecdotes qui suivent de mes cousins qui, eux, sont restés sur place toute la semaine après avoir pris une « navette Sziget » depuis Toulouse – 30h de route au bas mot.

Emplacement

Le festival porte bien son nom puisqu’il est situé sur l’île d’Obuda, à 20 minutes en moyenne du centre-ville de Budapest et placée, bien sûr, sur le Danube. L’île est alors complètement transformée pour l’occasion et destinée à l’événement. La capitale entière tremble d’ailleurs d’appréhension à la vue de ces, hum, envahisseurs que l’on reconnaît à leur multitude de bracelets au poignet.

Nudité

Lorsqu’il a fait très chaud, les gens se mettaient quasi nus sur le site.

Certaines filles circulaient vêtues d’une simple culotte en coton et de crop tops plutôt courts, ce qui ne m’étonne pas outre-mesure puisque l’ambiance de festival est toujours décontractée, peace and love, toussa. Quelques-unes auraient montré leurs seins quand la caméra passait au-dessus du public pendant les concerts.

Moi, j’ai vu les gens marcher pieds nus dans la bouillasse parce qu’ils avaient réalisé qu’en tongs c’était trop tendu. Et d’autres se sont livrés à des combats de boue. Pas de chichis quand on veut être cracra.

Dignité

Des gens l’ont perdue cette semaine-là. Notamment cette jeune fille que mes cousins ont aperçue endormie dans l’herbe, les fesses à l’air, sans doute trop épuisée (et saoule) pour trouver la force de relever le bas après un pipi d’urgence.

Confiance

En parlant de pipi, mes cousins ont vu une autre nénette se soulager sans gêne près de la scène, contre la barrière, sous les yeux de tous. On comprend qu’il est difficile de traverser la foule quand on n’en peut plus !

J’ai moi-même profité du concert de Bastille avec une forte odeur de pisse chaude dans les sinus. Quelqu’un avait dû se laisser aller au milieu des gens…

Alcool

Le Sziget, on y va pour la musique, mais aussi parce que l’alcool y est moins cher qu’ailleurs. Je ne suis pourtant pas d’accord car les prix y sont – bien entendu – plus élevés que dans la capitale hongroise. Mais ça n’empêche pas d’en consommer des litres en commandant des cocktails en seaux !

Insomnie

Avec tout ce bruit et cette agitation en extérieur, impossible de dormir à poings fermés, sauf quand le corps ne répond plus de rien évidemment. Mes cousins ont connu un type qui n’a pas dormi 3 jours de suite. Je me demande encore comment le garçon a pu survivre.

Beaucoup de gens ont aussi installé leurs tentes près des enceintes (bonjour les acouphènes) et d’autres s’endormaient un peu partout dans des conditions étranges… Et je ne parle pas des zombies qui dodelinaient de la tête en position debout, un verre vacillant à la main !

Folie

C’était le lâchage total. Quand on n’est pas occupé à boire ou à danser/draguer/fumer/chanter, on peut participer à tout un tas d’activités amusantes, comme ce mur « Before I die » où l’on est libre de marquer nos objectifs de bucket-list, cette appli Durex qui vous aide à trouver un partenaire sur l’île, ce photomaton qui vous permet de compléter votre Sziget Passport ou ce saut à l’élastique depuis une grue…

Il y avait aussi un restau où le principe était de manger les pieds dans le vide, la table étant suspendue à plusieurs mètres au-dessus du sol.

Sans compter les gens déguisés, portant des tenues complètes ou des accessoires bizarres. Bref, que du bonheur.

 

A l’heure où j’écris ces lignes, les derniers fêtards sont sûrement en partance pour leur pays d’origine. Après la fin du Sziget, nombreux sont ceux à s’être précipités cette semaine dans la capitale. (du coup les bars en ruine ont été envahis !)

Et vous, avez-vous déjà vécu un festival de cette envergure ?

ophelie