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Aimer Glousser

Pourquoi choisir ? d’Emily Blaine. Déception sur talons aiguilles

12 août 2018

Place à un navet littéraire ! Vous le savez peut-être, ordinairement, je ne suis pas très exigeante en chick lit’. Néanmoins, il m’arrive parfois de tomber sur des romances un peu trop forcées, avec des ficelles si grosses qu’on pourrait bâtir un mât de voilier avec. Et, bien que je déteste arrêter une lecture en cours de route, c’est quasi inévitable : je passe à autre chose (non sans un pincement au cœur à l’idée de ne pas avoir « réussi à finir un livre »).

Mais pour ce titre-ci, Pourquoi choisir, j’ai passé outre mes soupirs exaspérés à chaque chapitre et j’ai continué à me l’infliger. De bout en bout. Jusqu’à la dernière goutte. C’était mon premier Emily Blaine, voyez-vous. Je devais savoir de quel bois se chauffe l’une des reines de la romance contemporaine. Et après avoir investigué sur les réseaux littéraires (Livraddict, Goodreads), j’ai compris que j’avais mal choisi mon galop d’essai, au vu des piètres avis qu’en ont eu les autres lecteur·rice·s. Pour moi, c’est donc #GrosFail et je vais vous dire pourquoi. (Attention, spoilers à suivre)

Quel est le topo ?

L’héroïne, Elizabeth, une jeune femme bien sous tous rapports, fait de l’animation. Mais attention, pas celle des centres de loisirs, non-non. Son boulot, c’est d’organiser des fêtes, en binôme avec sa meilleure amie.

Manque de bol, quand le récit commence, leur boîte en est aux balbutiements. Liz est envoyée pour l’anniversaire d’une fillette pourrie gâtée chez les Banks, la plus riche famille de la ville, déguisée en Fée Clochette. C’est que les temps sont durs – une vraie disette ! -, il faut donc se fader les plans pourris dégotés par sa camarade qui, elle, pouponne à la maison pendant que Liz trime dans sa mini-jupe à paillettes. Mais puisqu’il y a un chèque à la clé, Liz est ravie ! Elle pourra enfin réparer ce qu’elle a de plus précieux : son vieux van souffreteux, qu’elle a baptisé Ted.
Et Ted, c’est LA fixette de Liz. Il sera fait mention maintes fois de sa réparation nécessaire et, entre ces deux-là, croyez-moi, le lien est puissant. (au secours) Aux abords de la riche propriété des Banks, notre Fée Clochette se fait doubler par une rutilante Aston Martin conduite par un beau gosse arrogant : Peter Banks fils. Celui-ci la reluquera sans vergogne dans sa tenue de Fée, puis lui fera les yeux doux. Elle le repoussera avec indignation, parce que le fric, se persuade-t-elle, elle s’en fout.

Plus tard, alors qu’elle fait ses courses au supermarché du coin, un homme séduisant façon bûcheron canadien lui conseille d’éviter les conserves. Il s’appelle Jonathan, et Liz lèvera les yeux au ciel devant la banalité du plan drague (et moi aussi…). Le bel Apollon est forcé de battre en retraite, mais une fois sur le parking, Liz est dévastée : Ted ne redémarre plus ! Heureusement, Jonathan surgit derrière elle (on l’aura vu venir de loin) et sauve la vie de Ted en l’emmenant chez un garagiste. (quel homme !)

Liz est reconnaissante, alors elle change illico d’avis : Jonathan fera joli dans son lit. D’autant plus que Peter Banks et lui semblent être de grands rivaux, même si elle ignore pourquoi (oh, mystère !). Liz est tout de même sollicitée pour un contrat par le père Banks, qui a finalement reconnu la qualité de son travail (ou plutôt de son joli derrière minois). L’homme est misogyne et répugnant : il veut forcer Liz à sortir avec son fils Peter en lui faisant du chantage. (ben voyons, paye ton #BalanceTonPorc) Elle tergiverse, s’indigne, et finit par accepter contre une avance d’argent (euurk).

Forcément, ça va poser problème, et Jonathan sera furax. Liz sera toutefois très docile (elle proteste toujours 5 minutes avant de capituler), puisque tous les moyens sont bons pour enrichir sa mini-entreprise (et pour réparer son cher Ted), quitte à s’asseoir sur ses principes en bossant pour un vieux riche dégoûtant et son idiot de fils. Sans oublier le twist de fin : Jonathan est, lui aussi, un Banks ! Il a simplement décidé de vivre sans ostentation, avec des vraies valeurs (pas difficile non plus vu le niveau du père). Ce qui ravira notre Liz, qui se sera, en fin de compte, dégoté un riche !

Le mot de la fin

Si, comme moi, vous êtes de celles dont l’esprit féministe s’insurge facilement, chaque chapitre aura de quoi vous donner des boutons. Une héroïne faussement droite dans ses baskets, attachée à son van, et surtout, vénale.
Je vous recommande donc de passer votre chemin sur celui-ci, et de choisir plutôt un autre Emily Blaine… pour peu que les autres titres soient bien meilleurs que celui-ci.

Et vous, connaissez-vous ce livre ? Avez-vous déjà lu un titre qui vous fait bondir d’indignation ?

Aimer Glousser

Sans plus attendre, de Kristan Higgins. Quand le besoin d’une carte verte se fait pressant

21 janvier 2018

Très récemment, j’ai conseillé à une amie – dont la vie de couple bat de l’aile – de lire de la romance. Cela lui a pourtant paru contre-indiqué, compte-tenu de l’état de son petit cœur, un poil meurtri par les agissements affligeants de son actuel compagnon. Je lui assurais pourtant, avec beaucoup de conviction (et d’insistance), que ce serait pour elle un passe-temps thérapeutique. En effet : quoi de plus cathartique que de lire les histoires de femmes bafouées par un goujat qui, au terme d’une remise en question profonde de leurs sentiments, font un pied de nez à leur statut de victime en courant se blottir dans les bras d’un Homme Bien ?

Bon, toujours est-il que, faisant fi de mon conseil que je pensais judicieux, elle ne m’a pas crue. Quel dommage ! What a shame! J’étais sidérée, abasourdie même, par le refus catégorique de cette amie qui n’avait pas la moindre envie d’ouvrir les yeux sur la nature de sa relation amoureuse. J’avais terriblement envie de lui transmettre les bons messages, les bonnes pratiques. Et, pour moi, la lecture de romances était LA clé pour voir par-delà les apparences, s’ouvrir à de nouvelles perspectives.
A court d’arguments, j’ai fini par me résigner, comprenant par-là même l’objectif caché de sa démarche : s’autoriser à lever le voile, c’était renoncer à l’espoir de réaliser un jour son rêve de vie à deux. Et, ma foi, je ne pouvais pas lui en vouloir. Car tout le monde a besoin de passer par cette étape douloureuse, mais ô combien nécessaire à un dénouement heureux : le déni. Et ce n’est pas Honor Holland, l’héroïne de Sans plus attendre (The perfect match, en VO) de Kristan Higgins, qui me dira le contraire.

Pourquoi lire Sans plus attendre ?

1. Pour son héroïne surprenante de caractère.
Si Honor Holland est une femme plutôt austère et mesurée, elle n’en pince pas moins en secret pour son ami (et amant) de toujours, le fabuleux Brogan. Le jour de ses 35 ans, son gynéco (qu’elle consulte à chaque anniversaire, c’est vous dire à quel point sa vie est réglée comme du papier à musique !) lui fait remarquer que sa production d’ovules est désormais sur le déclin, et qu’elle devrait songer sans plus attendre à se mettre en quête d’un mâle reproducteur.
C’est ainsi que Honor envisage de demander Brogan en mariage, persuadée du bien-fondé de cette étape ô combien logique de leur longue amitié. Mais le plan tourne au fiasco, et Honor découvre ensuite avec horreur que Brogan a craqué pour sa meilleure amie, Dana, et qu’ils se sont fiancés !
C’est là que débarque Tom Barlow, un séduisant British à la recherche d’une carte verte (il a une bonne raison de vouloir rester aux USA, et on le respecte pour ça). N’ayant plus rien à perdre, Honor lui propose alors un mariage blanc. L’opération comporte des risques (la prison et une amende – pas de quoi avoir froid aux yeux, hein), mais le duo accepte de relever le défi, quitte à faire l’impasse sur leurs sentiments et les enjeux d’une vie maritale basée sur le mensonge. Après tout, pour Honor, il en va de la survie de ses ovules…!

2. Pour la relation crousti-fondante entre les deux héros.
Kristan Higgins nous propose un couple bizarrement assorti qui, malgré tout, donne chaud ! Si Honor est l’archétype de la vieille fille accro au travail (parce qu’elle n’a que ça), Tom est décrit comme un prof de génie mécanique musclé + tatoué, et affublé d’un air mutin (hiiiii !). Alors quand le duo est obligé de feindre la félicité d’un couple amoureux – surtout auprès de la famille Holland – c’est du grand cinéma ! Pour sauver les apparences, Tom use et abuse de son charme à en faire tourner la tête de la très respectable Honor (du coup elle n’en peut plus)(elle a méga chaud).
Faut dire qu’il est sexy en diable, cet Anglais ! Et quand Brogan est dans les parages, Tom n’est jamais loin pour marquer son territoire (même si la relation qu’il entretient avec Honor est plus que fictive). Yummy!

3. Pour le côté loufoque de la famille Holland.
Je l’ignorais, mais Sans plus attendre est le deuxième opus de la série « Blue Heron ». J’ai donc loupé le tome 1, mais pas de panique, ça peut se lire dans le désordre ! Ce titre m’a donc servi d’introduction à la découverte du domaine de Blue Heron, un vignoble américain tenu par les Holland depuis la nuit des temps. Outre les nombreuses références à la fabrication du vin et à sa dégustation, on s’incruste au sein d’une famille de gentils dingues. Des grands-parents braillards, un père veuf à la recherche du grand amour, une sœur aînée qui parle de sexe sans le moindre filtre…
Honor, quant à elle, est la 3e de la fratrie. Elle est « l’âme du domaine », celle qui développe les projets et gère le merchandising d’une main de maître. Personne ne s’attend donc à ce qu’elle envoie valser ses principes pour sauver les miches de ses « ovules vieillissants ».

Pourquoi je vous le recommande ?

Ces temps-ci, je dévore les bouquins qui sentent le cupcake à la crème au beurre. Et pour celui-ci, qui m’a valu l’immense plaisir de faire connaissance avec Kristan Higgins, je dirais que je n’en ai fait qu’une bouchée. Après tout, il est bien difficile de résister à une histoire mêlant un rejet amoureux + une héroïne vieille fille + un mec tatoué + un mariage.
Ce livre réunit de bons ingrédients, et j’oublie sans nul doute des éléments (comme la supposée meilleure amie qui n’en manque pas une pour faire rager Honor) qui ne manqueront pas de vous séduire à votre tour. Pour ma part, je vais de nouveau tenter de le proposer à l’amie dont je vous parlais en intro. Qui sait, si j’en viens à la convaincre, ça pourrait bien lui donner envie d’aller se dénicher un Homme Bien outre-manche…!

Glousser

Alors, heureuse ? de Jennifer Weiner. Ou la fille toute en rondeurs qui décide d’assumer

10 septembre 2015

Me revoici fraîche et dispo pour vous parler avec enthousiasme de chick lit’. Il faut savoir qu’à l’heure actuelle, je suis toute accaparée par de bien beaux projets, notamment celui de me constituer une garde-robe capsule.
Si le projet est louable (donations aux assos, achats mieux réfléchis, bonheur pour la planète…), il s’avère que mes élans de bonté sont en train de tourner au désastre. Mon principal souci quotidien, désormais, c’est de m’habiller le matin. Pas parce que mes tiroirs dégueulent de fringues, non. Mais bien parce que je n’ai plus rien à me mettre.
N’allez surtout pas croire que j’emploie cette formule façon midinette en mal de shopping. Non, il s’agit là d’un véritable problème intersidéral : je n’ai plus rien à me mettre. On clame pourtant sur le web qu’une garde-robe capsule est sensée vous faciliter la vie, non ?
Le truc, c’est que j’ai mal pris en compte certaines données, comme ma (petite) prise de poids qui m’a convaincue de vendre/donner les vêtements qui ne me seyaient plus au ventre ou encore mes maigres ressources financières présentement mises KO par un loyer gourmand. Du coup, sur mes cintres, je me retrouve avec 2 chemises roses, 3 jupes crayon noires (hein ?), 3 pulls informes, 1 jean qui tombe sur les hanches et quelques robes trop courtes. Bon. Dans « garde-robe capsule », j’en conviens avoir trop forcé sur le « capsule ». (et sur les burgers aussi) Et dans l’impossibilité de renouveler mon stock, je porte et reporte des pièces qui finissent par me coller sévère à la hanche.
L’avantage, c’est qu’on me qualifie de « pulpeuse ». Et moi, j’aime bien ça, en fait, être pulpeuse. C’est différent… C’est doux, c’est chaud. Comme Candace Shapiro.

Pourquoi lire Alors, heureuse ?

1. Parce que cette histoire est reposante comme un dimanche en pyjama. L’héroïne, Candace, a des rondeurs, du charme, un cerveau. Elle a 28 ans, pas de père, une mère homo, un chien, un job de journaliste, un appart’… Elle a aussi fait un break avec son petit-ami Bruce qui – pour faire court – a décidé que le break signifiait la rupture. Candace, bien entendu, le supporte mal, surtout depuis qu’elle découvert que ledit petit-ami chronique leur ex-vie sexuelle dans le grand mensuel féminin pour lequel il bosse.
La pulpeuse jeune femme (oui, j’ai encore écrit « pulpeuse ») fait alors tout ce qu’une prodigieuse héroïne de chick lit’ ferait : elle chouine. Elle se plaint, la malheureuse ! Elle veut même arracher les bonbons de Bruce avec les dents. Mais, très vite, Candace réalise qu’elle a des choses à prouver à son ex… Enfin, surtout à elle-même. À son programme figurent des cases qu’elle rêve de cocher : être bien dans ses talons aiguilles de femme ronde, presque oublier Bruce, devenir copine avec une star, faire une grosse bêtise… Elle apprendra bien vite qu’à trop souhaiter quelque chose, on le provoque. Bref, elle suivra donc les aléas de la rupture amoureuse comme Bridget Jones, la fièvre du samedi soir en moins. Et elle prouvera à tous qu’on peut être pulpeuse et épanouie. Oui, oui.
2. Jusqu’ici, je n’ai pas lu beaucoup de livres dont l’héroïne a une morphologie de ronde. (si pour vous c’est le cas, merci de bien vouloir partager vos titres en commentaires :p) Néanmoins, Alors, heureuse ? a de quoi surprendre. L’auteure, Jennifer Weiner, n’hésite pas à faire de l’humour et à tirer des traits hâtifs sur les complexes de Candace. L’idée, c’est de voir comment une femme peut se reconstruire après un coup du sort. Que Candace s’enfourne une pleine poignée de M&M’s à la pause de 10h, c’est le cadet de nos soucis, franchement !
3. On doit à Jennifer Weiner le titre Chaussure à son pied, plus connu pour son adaptation cinématographique avec Cameroun Diaz et Toni Collette, In her shoes. Si vous avez vu le film, vous vous êtes rendu compte qu’il ne s’agit pas d’une comédie légère sur fond d’histoires d’amour. Jennifer Weiner écrit sur des sujets on ne peut plus sérieux ! Dans Alors, heureuse ?, on ne s’attend pas du tout au rebondissement qui survient au beau milieu du livre… et qui soulève un problème très actuel des femmes d’aujourd’hui. (ça y est, je verse dans le suspense… tatadam)

Pourquoi je vous le recommande ?

Bon, ok, je l’admets, ma réflexion finale quand j’ai eu refermé ce bouquin, c’était : « Et zut, encore une résolution à l’américaine ! » (comprendra qui lira ce titre de la 1ère à la dernière page) Néanmoins… C’est une lecture à s’offrir volontiers. J’avais flashé pour le livre dès que j’en avais aperçu la couverture bleue et ses dessins à la Margaux Motin (est-ce Motin ? me trompe-je ?), alors que je le déterrais d’un bac poussiéreux chez un bouquiniste. Je l’ai commencé le soir même de ma trouvaille, toute heureuse de l’avoir déniché pour 4 €. Je me suis identifiée à l’héroïne illico, tant dans son statut que dans ses envies d’étriper son ex, ce qui fait qu’une sorte de connivence s’est créée entre nous 😉 Jusqu’à un point où nos avis ont divergé, mais ceci ne regarde que moi, non ? A part ça, j’ai apprécié la plume de l’auteure, qui a su m’arracher des soubresauts de rire (fatals quand vous êtes dans un hamac)(oui oyé la lecture d’été !). Je me suis aussi jurée de ne plus me faire du mal pour rien, à l’instar de Candace qui en maîtrise l’art. Puis… ce livre a été le premier depuis un bail que je n’ai pas pu lâcher, à un point où j’en ai laissé des miettes de p’tit-déj’ entre les pages…

ophelie

Glousser

Le rêve de Vanessa, de Cécile Soler. Ou la fraîcheur d’une jeune patineuse en herbe

10 août 2015

Mazette, c’est les vacances. Et il fait beaucoup trop chaud pour se plaindre. Comme je passe 98% de mon été au bureau (les 2%  restants étant consacrés à de furieux week-ends – je me suis octroyée une escapade à Chartres, une autre à Paris et la dernière… est à venir *Bretagne si tu m’entends, je crie ton nom*), je me prends à rêver de steppes glacées où cesserait mon inexorable fonte.
Mon blog, à l’image de nombreux autres, s’est temporairement mis en veille car mon cœur a été ravi par les salades de fruits, les baignades sauvages et les verres de vin blanc. Or, sachez une chose : je ne me suis pas pour autant arrêtée de lire. Mieux, je m’y suis remise. Un engrenage de mon cerveau s’était malencontreusement bloqué, faute à un boulot prenant, un déménagement et un an de vie française à rattraper.
J’ai trois bouquins fabuleux dont je dois vous parler, dont celui-ci qui, à défaut de m’apporter la fraîcheur des steppes, m’a apporté la glace. Petit aparté : ce titre n’a pas été sans me rappeler des heures pénibles à pousser un chariot dans une patinoire, tel un veau en équilibre sur la banquise, pour apprendre à… eh bien, patiner. J’avais quelque chose comme 7 ans et je n’étais pas bien finaude. Heureusement, comme vous pouvez l’apercevoir dans cette vidéo, j’ai appris à ne jamais tomber. Ce qui, de mon point de vue, est un super-pouvoir en soi.

Pourquoi lire Le rêve de Vanessa ?

1. Car évidemment, l’héroïne n’a jamais dû passer par l’épreuve accablante du chariot pour savoir patiner comme une reine. Bien qu’elle soit encore une pré-ado, Vanessa a pour passion le patinage et n’a pas l’intention d’en démordre, malgré des parents un chouïa coincés du bulbe. La jeune fille collectionne bonnes notes et acrobaties sur la glace, quand vient THE opportunité de sa courte existence : passer les exams pour entrer à Arcadia, une prestigieuse école sportive.
Reste à convaincre ses parents psychorigides qui n’ont pas super envie de voir leur fille unique se lancer dans une carrière qui, à leurs yeux, s’apparente à celle d’un intermittent du spectacle (ou PIRE, d’un chômeur longue durée). Vanessa devra – gentiment – lutter contre eux, affronter sa peur de l’échec et prendre confiance en elle. Grandir, quoi. Comme nous tous. A part moi.

2. Parce que le livre ne parle pas que de glace. De prime abord, quand on évoque un livre jeunesse, on pense à la Bibliothèque Rose (la collection de livres pour juniors, pas Harlequin – hé), mais il n’en est rien. Cécile Soler nous fait revivre les douces colères de la pré-adolescence, quand les parents nous obligeaient à faire nos devoirs, être polis ou… ou obéir. Ainsi que les querelles et affrontements entre filles, la concurrence à peine dissimulée, les premiers regards enamourés aux garçons charmants mais distants. Vanessa, c’est un personnage qui rassemble un peu tout ça.

3. Parce que ce petit livre est un ebook (mais il s’achète aussi en impression à la demande) et il est plutôt court, soit une soixantaine de pages. Autrement dit, c’est accessible aux pré-ados qui ne peuvent pas se concentrer plus de 5 minutes d’affilée sur un support (serais-je une vieille bique acariâtre ?)(hinhin). Plus sérieusement, c’est frais, ça se lit vite et bien. Et le plus mignon dans tout ça, c’est la couverture. L’auteure s’auto-édite sur Amazon, c’est mieux de le préciser car moi, j’aime bien aller fouiner chez les gens qui se donnent de la peine pour faire exister des bouts de vie.

Pourquoi je vous le recommande ?

Cécile Soler est journaliste. Elle a parcouru le monde pour couvrir des compétitions de sport de haut niveau, et elle a survécu. Je la soupçonne même de s’être auto-intégrée dans l’histoire de son héroïne, Vanessa, mais j’en aurais fait autant (à la réflexion, j’en aurais même fait des caisses).
Ce roman est son premier, alors je souhaitais savoir ce qu’une journaliste de son niveau était capable de produire en littérature jeunesse. Et, ma foi, chapeau ! Elle a su disséquer les sentiments d’une ado en pleine poursuite de son rêve d’enfant, et j’ai trouvé le message très positif.
Mettez ça dans les mains des 10-13 ans et, si vous remuez le tout dans un saladier, il en sortira des êtres combatifs ! J’exagère ? Un peu. Mais l’héroïne fait ces premiers pas que l’on pose dans le monde adolescent et, pour de nombreux jeunes en perdition à cet âge charnière, c’est un peu comme un phare dans l’océan des hormones troubles.
Et, étonnamment, quand on le termine, on a qu’une hâte… Connaître le futur incertain de la patineuse en herbe. Ce qui est tout vu : le deuxième tome est sorti, le troisième en cours de rédaction… Ah, et si vous êtes intéressés pour l’offrir à Jeanine, votre nièce boudeuse sur sa serviette de plage, il est en vente sur Amazon à un prix plus qu’intéressant (2,99 € !).

ophelie

Aimer Glousser

Take a look at me now, de Miranda Dickinson. Ou la fille dont la vie se trouve changée par son voyage aux USA

14 janvier 2015

Injectons-nous un peu de paillettes dans les veines, vous voulez bien ? J’ai envie de chroniquer ce bouquin qui, bien que n’ayant pas (encore) fait l’objet d’une traduction en français, mérite grandement le label « feel-good bouquin ». Pour calmer votre tension artérielle et reconquérir un peu de positivisme, je vous invite donc à lire ce qui suit 🙂
Vous savez, j’ai la croyance ingénue que le hasard fait bien les choses. Quand j’ai découvert ce livre, j’étais en fin de séjour à Birmingham, le sac lourd sur l’épaule, occupée à examiner les étalages de livres à l’aéroport. C’était quelque temps avant mon expatriation en Hongrie. J’étais gonflée d’une appréhension mêlée d’espoir, avec l’impression qu’un éventail des possibles aussi large qu’un baobab était sur le point de s’offrir à moi.
J’avais pioché ce livre de Miranda Dickinson, le sourire en coin parce qu’attirée par sa couverture badigeonnée de bon marketing : « Jusqu’où iriez-vous pour prendre un nouveau départ ? ». D’une phrase, j’étais accrochée. Grosso modo, la 4e de couv’ parlait d’une fille bafouée qui, afin d’accuser le coup, prenait la tangente pour San Francisco. Bingo, les gars. J’achète.
Quelques mois plus tard, je mets le bouquin dans ma valise et je décolle pour Budapest. J’ai pris mon temps pour le lire consciencieusement et, en le refermant, j’ai pensé… « Wow ». Explications ci-après.

Le topo

Nell, une jolie petite Anglaise, trouve un jour sur son bureau un post-it de la part d’Aidan, son supérieur et – accessoirement – ex petit-ami, lui intimant de venir le voir illico presto dans son bureau. Pleine d’assurance, Nell s’y rend, persuadée qu’Aidan souhaite (pour la millième fois) remettre le couvert. Mais brutale est la chute lorsqu’elle réalise que celui-ci lui annonce non pas la nature véritable de son amour mais… son licenciement.
Nell doit alors tout quitter et retourner vivre chez ses parents, la perspective de rechercher un nouvel emploi la terrorisant totalement. Or, bien vite, elle décide que devenir chômeuse ne lui dit rien de bon et qu’une pause loin de tout ce fatras lui ferait le plus grand bien. Parce qu’on a qu’une vie, pas vrai ? Elle utilise donc l’argent de son indemnité de départ pour un projet fou, celui de squatter deux mois chez sa cousine Lizzie qui habite San Francisco. (sympa la cousine, hein)
Vous vous doutez bien qu’au cours de cette expatriation temporaire, Nell aura de quoi s’occuper, la coquine. Car, en plus de trouver l’inspiration qui orientera sa vie dans une nouvelle direction, la nénette se cognera « malencontreusement » dans un Américain beau comme un cœur, Max Rossi. C’est là que j’ai commencé à devenir (un peu) jalouse parce que… Max a des fossettes mignonnes, Max donne des papillons dans le ventre, Max est un gentleman, Max a du talent, Max est – en un mot – gé-ni-al. Hey, mais Aidan alors ? Laissé pour compte, il n’a jamais eu l’intention de laisser Nell en plan. Et puis… Max n’a pas l’air aussi honnête qu’il en a l’air, après tout. Pour notre héroïne, le retour au bercail promet d’être un peu plus troublant que prévu.

Ce que j’en ai pensé

Si une histoire est bonne parce qu’elle ressemble en quelques aspects à la nôtre, alors je peux décréter que oui, Take A Look At Me Now est une perle. Je ne vais pas vous faire un récit détaillé de pourquoi-je-me-suis-sentie-en-symbiose-avec-l’héroïne mais j’ai envie de défendre ce livre avec ferveur.
Car, les amis, ceci est une lecture inspirante. Lorsque la vie vous fait une blague douteuse, que vous n’avez plus rien à perdre, il peut être de bon aloi de se poser cette question : « Et maintenant, que suis-je prêt-e à faire ? ».
Moi j’aime les histoires où les personnages prennent des décisions spontanées et se lancent, même de façon bancale, dans des idées farfelues. Ces héros fictifs tendent le doigt vers de nouveaux chemins possibles. Ils vous suggèrent la direction, la toute bonne, vers la réalisation d’une vie rêvée (et là je vous sors inévitablement la référence du brave Walter Mitty – film à voir si ce n’est pas déjà fait, hem.) Ce roman est bon parce qu’il parle d’une fille lambda qui repousse ses limites, devient curieuse, se lance un challenge, se laisse charmer par l’inconnu. Et bien sûr, l’héroïne y gagne tout.
En résumé, le message, c’est : prenez des risques, faîtes un bon en avant, vivez d’amour et de cupcakes… On n’est jamais aussi heureux qu’en déraillant pour de bon.

ophelie

Aimer Glousser

Coeurs-brisés.com, de Emma Garcia. Ou la fille amoureuse qui croyait aux pouvoirs d’Internet

7 août 2014

Revenons à ce que je sais faire de mieux : parler bouquins. Non, mieux. Parler bouquins dégoulinants de mièvrerie. (je sais aussi parler romans avec des épées qui piquent et des gens qui saignent, mais je peux faire moins de mots d’esprit et de blagues douteuses avec, comprenez-moi bien.)
Quand le monde se fait lourdingue autour de vous, faîtes comme moi. Plongez-vous dans une histoire où la fille vient d’apprendre que sa vie amoureuse a la couleur d’une eau saumâtre et qu’il lui faut abuser de substances illicites pour éviter de boire la tasse. Et jubilez quand elle est sur le point de s’en sortir !
C’est fou comme je raffole de happy endings : cela faisait comme une éternité que je ne m’étais pas plongée dans un roman de chick lit’ qui fait faire du « boum-boum » dans la poitrine… !
Oui, je suis raide folle de ces histoires qui commencent par « Il m’a larguée y’a trois jours et je suis en train de manger la moquette de mon salon tant je suis au désespoir ». C’est bizarre, dites-vous ? Hum. Juste un chouïa.
Mon goût pour elles a débuté quand j’étais pré-ado, lors de longs étés pendant lesquels il n’était jamais question de vacances. Alors que la plupart des jeunes s’en allaient vivre leurs premières amourettes estivales, moi j’étais enfermée dans ma chambre à attendre que les jours passent… En attendant la rentrée, donc, ma mère me fournissait en livres de supermarché estampillés « Cœur Grenadine », ces trésors de papier aux couvertures laquées en rose, vert et bleu. Dessus figuraient toujours ces visages frais et pimpants de jeunes amoureux fictifs, aux lèvres roses et à la dentition parfaite.
A travers eux, je vivais à fond des histoires de big love au rythme ahurissant d’une tous les 2 jours. Tout ça, sans bouger de mon lit. Quelle serial-loveuse ! (jusqu’à ce que je me heurte à la rude réalité en partant réellement en vacances, vers 14 ans)(« Ah bon on ne peut vivre qu’une amourette par été ? rroh… »)
Aujourd’hui, je lis des histoires « pour les grandes » et j’en suis tout aussi ravie. Je suis bien consciente que les intrigues n’ont rien de bien folichon, mais… aah, l’amour dans les bouquins ! J’adoooooore ! Bien. Parlons de ce livre-là.

Pourquoi lire Coeurs-brisés.com ?

1. Parce qu’il y a une histoire de fille un peu accro à son blog dedans.
Viv Summers (de son vrai nom Vivienne) est une Londonienne tout ce qu’il y a de plus normale. (enfin avec son petit grain de folie, hein. Quelle héroïne de chick lit’ n’a pas un plomb qui pète de temps en temps, hum ?) Elle a un chouette boulot dans le service marketing d’une grosse firme et est fiancée à un super beau mec. Tout pourrait rouler comme un camion sur une autoroute si Rob, ce fameux beau mec, n’avait pas la sale manie de la planter chaque fois qu’ils prévoient de se marier.
Pour la 3e fois donc, Viv se retrouve encore le bec dans l’eau, une robe de mariée inutile sur les bras. De ce fait, elle fait ses valises et part s’installer en solo. Bien que son geste ait tout l’air d’une rupture en bonne et due forme, Viv s’imagine qu’il ne s’agit là que d’un break. Le temps que Rob reprenne ses esprits et revienne frapper à sa porte, vous voyez ?
Évidemment – on l’aura compris – Rob a bien d’autres projets… Malheureuse à en crever, Viv décide de créer « Coeurs-brisés.com » pour se consoler et inviter les gens à partager leurs déboires sentimentaux online.
Entre-temps, elle laisse sa carrière dériver, boit beaucoup et se réveille un matin dans le lit de Max, son meilleur ami peintre, celui-là même qui a le béguin pour elle depuis toujours…
Une idylle faîte d’amour et d’eau fraîche commence, jusqu’à ce que Rob le BG décide de retourner dans les jupes de Viv, apparemment plus amoureux que jamais… Et s’ils reprenaient leur vie d’avant ?

2. Pour les dialogues entre internautes fictifs sur le forum du blog. Chaque début de chapitre commence par un sujet de forum sur lequel les participants sont invités à débattre : les réponses sont très ressemblantes à celles que l’on peut trouver sur le net… C’est drôle et vivant !
On y lit des histoires de rupture ridicules, des conseils donnés par le tout-venant sur la meilleure façon de se remettre d’aplomb, des échanges corsés…

3. Pour la tournure inattendue des événements… surtout en rapport à l’utilisation d’Internet. Bien que l’on sache que ça finira bien (voyons, voyons… ne vous étonnez pas), il y a toujours une part de surprise dans tout livre de chick lit’ qui se respecte. Dans Coeurs-brisés.com, on a affaire à une héroïne pour qui l’expression « Aux grands maux, les grands remèdes » a tout l’air d’un mantra, c’est vous dire !

Pourquoi je vous le recommande ?

Je ne dirai qu’une chose : lisez-le pour le fun. Honnêtement, je me retrouve un coup sur deux dans les personnages de chick lit’. Quand la fille est trop naïve (ou trop tarée), je ne vis pas l’intrigue à 100%. Mais, parfois, la magie fait effet.
Bien que je ne voyais pas ma propre personnalité se refléter dans celle de Viv, j’ai lu ce récit avec beaucoup d’intérêt (par « intérêt », je veux dire « lire-en-2-jours-non-stop »). C’est toujours intéressant de suivre les raisonnements un peu neuneus d’une fille qui se voile la face, je trouve. Pas vous ?
Et même si on voit venir de loin le dénouement, toute la « magie » réside dans le chemin qui va mener la donzelle dans les bras de l’heureux élu. Et ici, elle n’a pas son pareil pour se planter genre 2, 3, 4 voire 5 fois avant de décrocher le gros lot.
Hé, mais j’y pense. C’est pas ce qui nous arrive dans la vraie vie, des fois ?

ophelie

Glousser

Dress Code et petits secrets, de Marianne Levy. Ou lorsque des blogueuses vont à l’encontre de la mode pour rester chics

13 février 2014

Depuis le temps qu’il me tardait de vous parler de cet ebook ! Couverture rose bonbon, joli manège et tour Eiffel girly… Ne vous y trompez pas : ce n’est pas de la chick lit’. Oui – je sais -, ça y ressemble presque.

La première fois que j’ai léché les vitrines de Saint-Germain-des-Prés, j’étais venue en touriste lors d’un week-end chez ma super copine Hulk. Rien de bien folichon dans cette promenade. Nous étions dimanche, et j’étais loin d’être impressionnable (moi, provinciale blasée ?). Le quartier ne m’avait donc pas laissé un souvenir impérissable (a contrario de son petit voisin, le quartier Saint-Michel, où j’ai découvert les joies du Latin Corner, ce merveilleux bar où des hommes en caleçon vous servent des cocktails aux noms indécents).
Or, six mois après cette visite, j’ai été forcée de nouer des liens étroits avec le 6e arrondissement : la faute à un stage que j’ai suivi au sein du service de presse d’une maison d’édition. Ma pire expérience de toute ma vie d’étudiante. Là-bas, j’étais devenue le souffre-douleur d’une vieille attachée de presse archi-stressée et, surtout, allergique à ma naïveté, ma jeunesse et ce qu’elle appelait ma « nonchalance » (faut dire que la pauvre femme n’était pas très heureuse dans la vie).
Pendant trois mois, donc, j’ai arpenté de long en large les rues du quartier pour le compte de cette dame : autrement dit, j’étais devenue son coursier personnel. Elle prenait même un malin plaisir à me faire photocopier tout et n’importe quoi, quitte à me faire recommencer 10 fois si la moindre trace noire « qui n’avait rien à faire là » persistait à exister d’une copie à l’autre (un savoir-faire qui m’est resté puisque, aujourd’hui, je suis « docteur ès photocopieuse » à ma rédaction, merci !)(par contre je ne sais toujours pas bien faire le café)

En clair, Saint-Germain-des-Prés restera toujours – de mon point de vue – un quartier où l’ego se ratatine. Je ne le considère pas fait pour les gens « normaux », ceux qui vivent la vraie vie, avec de gros morceaux de réalité dedans. Mais si cet univers fermé au commun des mortels vous intrigue, Marianne Levy vous en livre un bout dans Dress Code & petits secrets.

Ce que j’en ai pensé

C’est le récit à la première personne de Capucine qui, dans la vie, s’ennuie. Ou, disons-le franchement, c’est surtout son mariage qui la rend morose. Femme au foyer, elle ne sait comment occuper ses journées, hormis en dépensant l’argent de la carte Gold de son riche bonhomme qui, lui, est constamment absent.
Lors d’une énième escapade au Big Store, le temple de la fripe haut de gamme, la trentenaire échange quelques mots avec Karine, alias K, une croqueuse d’hommes qui bosse pour THE Spa du quartier – où toute femme richissime vient se faire secouer la cellulite. De cette rencontre naît aussitôt une amitié solide.
Ensemble, les deux copines décident de mettre en ligne Chic.com, un blog prônant le chic parisien par excellence. Leur marque de fabrique ? Prendre le contre-pied des diktats de la mode, prêcher le noir quand le reste du monde prétend que c’est le blanc, mais rester anonymes par-dessus tout.
Très vite, le blog gagne en popularité et l’existence de la dénommée « Chic » perturbe la vie plan-plan des poules de luxe du quartier. Le hic, c’est que le rêve va prendre une autre tournure lorsqu’une journaliste viendra déloger les compères de leur tour d’ivoire ; celle-ci va proposer à « Chic » de venir fouler de ses pieds délicats les planches d’un plateau télé…

Pourquoi je vous le recommande ?

Blogueuses mode, cet e-book est pour vous 😉 La réussite de Capucine et de Karine, aussi fictive soit-elle dans ces pages, vous fera pâlir d’envie. Qui n’a jamais rêvé d’écrire sur le net pour ensuite briller derrière la caméra ?
Sachez que ce roman semble plus satirique que romantique. L’ironie y est reine, l’humour est son prince. Même si les métaphores et les comparaisons pullulent en de longues phrases au raisonnement un chouïa compliqué, on sourit beaucoup. Dans le champ de tir : la mode, les riches, les moeurs du 6e arrondissement, les patrons de presse, les journalistes, les plateaux tv à la con et j’en passe…
Bien sûr que Capucine fera une rencontre amoureuse (un quadra sexy qui manquera de faire tomber sa couverture), mais l’idylle ne sera pas le point culminant du récit (l’héroïne est mariée, rappelons-le. A un looser, certes, mais hiiin, elle l’est !)(je crois d’ailleurs qu’elle le méprise autant qu’elle méprise la course à pied, activité que la modeuse a visiblement en horreur). En progressant dans ma lecture, je me suis souvent surprise à guetter les moments forts. Oui, je les ai attendus de pied ferme. Et j’en suis même venue à regretter que le roman soit si court ! (près de 200 pages)
Bien joué, Marianne Levy ! Et à quand des exemples de conseils mode supra chics, d’ailleurs ?!

ophelie

Glousser

La Page Blanche, de Boulet & Pénélope Bagieu. Ou l’histoire de la fille sans mémoire qui cherche désespérément à retrouver sa vie

26 janvier 2014

Ah, les têtes de gondole : ces livres plébiscités par la foule que l’on se sent obligé-e de lire pour ne pas avoir l’air bête quand on en évoque les grandes lignes en société. A mes yeux, un best-seller qui envahit les rayonnages ressemble à s’y méprendre à ma chanson fétiche du moment qui, à force de tourner en boucle à la radio, me fatigue les oreilles. En gros, quand tout le monde (ou presque) l’a dans sa bibliothèque, je m’en désintéresse… totalement. Et c’est peut-être bien dommage, car j’imagine que certains de ces livres « cultes » valent le coup. (évidemment je n’ai jamais résisté aux sagas)(vous pensez bien que Harry Potter est dans mon coeur)

Quand la BD La page blanche a fait son apparition dans les librairies, j’avoue lui avoir à peine jeté un oeil. J’en ai surtout entendu parler partout et tout le temps, mais ce que j’en ai surtout retenu, c’est que beaucoup de lecteurs ont confié avoir été hyper déçus de la fin. Soit. Voilà de quoi attiser ma curiosité (me dire « Non ne vas pas voir ça » c’est attiser les braises de mon intérêt, hélas !), mais pas encore suffisamment pour m’inciter à ponctionner mon compte en banque.

Mais voilà, il se trouve que ma super blogo-copine Ellen des Fleurs Rebelles m’en a fait cadeau. Elle l’avait elle-même reçu du service de presse des éditions Le Livre de Poche (coucou vous) et, son coeur ne battant pas vraiment la chamade pour le titre, elle a préféré me passer la main pour vous en livrer une chronique, que je vous sers courte parce qu’il a été suffisamment encensé sur la toile/dans la presse, on est d’accord là-dessus.

Le topo de cette BD supra connue :

(dans le cas où personne ne vous en a encore raconté la trame)

C’est l’histoire d’une fille victime d’un méga trou de mémoire. Elle est là, dans la rue, assise sur un banc, et elle semble s’éveiller au monde, stupéfaite. Bien entendu, elle se demande tout d’abord comment elle en est arrivée là, puis elle réalise rapidement qu’elle ne sait même plus qui elle est. Mais alors… plus du tout !

Heureusement, si la jeune fille semble atteinte d’un Alzheimer avancé – provoqué par on-ne-sait-quoi -, elle dispose tout de même d’un vif sens de la déduction. Les auteurs ont semblé souhaiter nous montrer au max son cheminement pour retrouver, à partir de preuves et d’éléments archi minces, son identité (et son appart’, son chat, son job, ses amis, son histoire familiale, etc). Via ses recherches, elle découvrira donc petit à petit que la vie de son autre « moi » manquait cruellement d’authenticité, mais aussi et surtout… d’amour.

Ce que j’en ai pensé :

Qu’est-ce que ça fait d’oublier qui on est, où l’on va, et pourquoi ? La question m’a effleurée l’esprit presque à chaque page. Si j’étais à la place de l’héroïne…

  • Moi aussi, j’étalerais les effets personnels de la personne que je suis censée être pour y voir plus clair. 
  • Moi aussi, je griffonnerais sur mes murs pour éclaircir la nature des liens que j’entretiens avec mon entourage.
  • Moi aussi, je tenterais par tous les moyens de trouver mon journal intime pour y dénicher des réponses.

Cette BD ne m’a peut-être pas marquée à vie, mais j’en ai beaucoup apprécié le style (le coup de crayon de Pénélope Bagieu est si joli, si girly, presque tendre… J’adore).

Toutefois, on finit par comprendre que le plus important n’est pas la fin de l’histoire, mais plutôt la leçon à en tirer. Avis à ceux/celles qui ont été déçu-e-s de la fin, moi j’en ai tiré une conclusion hautement philosophique.

Car perdre la mémoire, oui, c’est angoissant. Mais l’occasion peut être salutaire : regardons nos vies (nos oeuvres) avec les yeux d’un esprit étranger qui aurait pris possession de notre corps. (pitié dîtes-moi que vous avez déjà imaginé une situation pareille, sinon j’ai l’air cloche) Cet étranger saurait mettre en lumière les zones d’ombre… Mais aussi les zones sèches, très arides, celles que l’on préfère ne pas hydrater de bonheur parce qu’on est trouillard (ou trop lâche ?) pour changer notre parcours en mieux.

La page blanche, donc, c’est simplement l’histoire d’une fille qui dispose d’une page blanche dans sa vie. C’est donc à elle de choisir de se fatiguer à la réécrire à l’identique des pages précédentes ou, bien au contraire, à la remplir d’une encre toute neuve, plus colorée.

Et vous, les nouveaux départs, ça vous a déjà tenté ? Avez-vous lu cette BD ?
ophelie

PS : Sur la photo, vous pouvez voir un tube de la marque de cosmétiques bio oOlution (testée et approuvée par ma peau mixte) et une bouteille du jus décalé et 100% naturel BorderLine. (saveur pamplemousse/mûre/menthe – miam), des produits ramenés de la Green Beauty Party.