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Aimer

Aimer Glousser

Une vie de rêve, de Marian Keyes. Ou quand trois femmes frôlent la crise de nerfs lorsqu’arrive le prince charmant

17 décembre 2013

Pour être heureux, cultivons notre jardin, dixit Voltaire en conclusion de Candide. Pourtant, si l’humain cultive quelque chose, c’est surtout sa propension à croire que l’herbe est plus verte chez le voisin. Elle y semble toujours plus grasse, plus flamboyante. Mais comment fait-il ? Même les trèfles à quatre feuilles y sont plus nombreux !

Moi, ma vie de célib’ s’apparente plutôt à une prairie. C’est grand, une prairie. Bien plus qu’un jardin. On y trouve beaucoup d’opportunités de carrière/voyages dans les herbes folles et les rencontres amicales se font au beau milieu des fleurs des champs. Les soirées arrosées sont pleines de drôles d’oiseaux et les amourettes se perdent dans les bourrasques de vent.

Dernièrement, j’ai tenté d’y faire un potager dans un coin, histoire de me mettre à cultiver un début de jardin, moi aussi (parce que c’est bien beau les prairies, mais personne ne s’y arrête vraiment pour s’installer confortablement et boire un coup). Comme je n’ai pas vraiment la main verte, j’avais mis à contribution un séduisant mâle qui paraissait content à l’idée de gambader librement dans ma vie-prairie.

Hélas, il s’avère que le jeune homme ne m’avait raconté que des salades puisque, prenant peur devant l’ampleur de la tâche (dur-dur de rouler une pelle), il est vite retourné dans le jardin d’où il provenait à l’origine : celui de son ex-copine. Bien que ce jardin-là ne pouvait lui offrir qu’une perspective de bonheur basique (à base de projet de bébé qui naît dans les choux), c’est là-bas qu’il a décidé d’aller bêcher, me laissant pour tout outil… un râteau. Peut-être que l’idée de planter des carottes dans un nouveau terrain l’avait effrayé, ou alors il n’a pas su apprécier à sa juste valeur la rondeur de mes tomates… (hoho !).

Toujours est-il que, suite à sa démission, j’ai abandonné mon potager à son triste sort pour continuer à explorer ma prairie en solitaire. En général, c’est après ce type de déception que je me mets à lorgner sur le jardin de mes copines, cette question au bout des lèvres : pourquoi le soleil brille-t-il plus fort dans leurs vies ?
La jalousie est un défaut récurrent chez tout être humain, et encore plus chez les femmes, il faut le dire. Le bonheur scintillant de nos amies nous renvoie inévitablement à nos échecs, notre impression d’avoir loupé un truc, comme si nous avions fait une erreur d’appréciation et planté nos légumes sur le mauvais terrain depuis le début. C’est clairement cette impression qu’ont les trois héroïnes de Une vie de rêve, d’ailleurs.

Pourquoi lire Une vie de rêve ?

1. Parce que c’est une croustillante histoire de chassés-croisés amoureux.
Tout commence avec la rédactrice en chef d’un magazine féminin de Londres, Lisa. Convoquée par ses supérieurs en vue d’une promotion, l’arrogante jeune femme, qui s’attend à être promue dans un magazine ultra-réputé de New York, se retrouve envoyée à Dublin pour lancer une revue féminine chic et sexy nommée Colleen.
Pour Lisa, c’est la mort. Adieu la vie qu’elle avait tant rêvée ! Elle se voit obligée de déménager dans un pays qu’elle abhorre, forcée de vivre dans une capitale qui lui semble bien loin de l’ambiance « branchée » londonienne. Là-bas, on lui confie une équipe réduite et un chouïa bizarre avec, pour adjointe, une dénommée Ashling, qu’elle considère comme totalement has-been.
En vérité, Ashling ne souhaite rien de plus que de vivre un conte de fées comme celui de sa copine Clodagh avec le combo maison/mari/enfants. Alors que Clodagh, elle, rêve de vivre comme elle l’entend, un peu à la manière d’Ashling.
Forcément, un jour, ça va swinguer ! Avec l’arrivée du « prince charmant », chacune va tenter de tirer la couverture à soi. Entre jalousies, tensions et prises de bec, l’atmosphère promet d’être électrique. Reste à savoir comment elles parviendront à tenir debout.

2. Parce que les personnages y frôlent la crise de nerfs et beaucoup se sentent vidés de leur substance. Certains flirtent avec la dépression nerveuse ou finissent même par tomber dedans ! Chacun y va de son petit côté névrosé et, quelque part, c’est drôle, d’autant plus que ça les rend tous très attachants.
Ainsi, Ashling ne peut pas partir en soirée sans avoir tiré les cartes au tarot, Lisa se rassure à force de soins et de fringues à des prix outrageux et Clodagh supporte bien mal ses enfants. (et encore, je caricature) Ces héroïnes sont imparfaites et on aime ça. Beaucoup-beaucoup.

3. Parce que si vous vous êtes toujours demandé comment ça se passe dans les coulisses d’un mensuel féminin, vous en aurez un aperçu plutôt convaincant. Je crois que l’auteure a voulu dénoncer les travers de journalistes qui profitent allègrement de leur statut pour bénéficier de cadeaux et services gratis. C’est toujours intéressant à lire d’un point de vue sociologique, non ?

Pourquoi je vous le recommande ?

Aaah, Marian Keyes. Beaucoup vous le diront, cette auteure est une valeur sûre.
Après Le club de la dernière chance, que j’ai beaucoup apprécié, j’ai suivi le conseil de ma chère blogo-copine Atalanta une fois de plus en me jetant sur ce titre. J’y étais tellement accro que je l’ai embarqué pendant mon week-end à Birmingham (en Angleterre) où il a été ballotté sans ménagement. (j’ai d’ailleurs tenté de le chercher en VO mais j’ai vite abandonné, toute obnubilée que j’étais par les boutiques du mall en centre-ville).
Une vie de rêve, donc, c’est un peu un roman-coup de foudre. Il fait l’effet d’un paquet de Kinder Schokobons que l’ont reçoit à Noël : quand on l’ouvre, on sait qu’on va déguster de la bonne came. Le tout, c’est de savoir si on sera capable de ne pas le liquider trop vite.
L’intrigue tient bien en place. On peut tenter de deviner qui finira avec qui, bien sûr, mais Marian Keyes a le chic pour nous flouer sur certains « destins amoureux ». Et ce qui me plaît le plus, c’est cette manie qu’elle a de mettre systématiquement un ver dans la pomme. (parce qu’il y a toujours quelque chose de pourri au royaume de Marian Keyes !)
Dans Une vie de rêve, les apparences sont trompeuses, certes, mais les personnages fallacieux ne sont pas forcément ceux que l’on croit… Bon, et sinon, quelqu’un sait si les bouquins de cette auteure ont été adaptés à l’écran ?

ophelie

Aimer Glousser

La plus belle histoire d’amour, de Lucy Robinson. Ou les huit rencards foireux d’une célibataire frappa-dingue

7 novembre 2013

Dans la longue liste de mes rendez-vous galants, j’ai connu un certain nombre de ratés. Le plus marquant date de l’époque où, venant tout juste d’arrêter de consommer du « sans lendemain », je m’étais engagée solennellement à trouver l’homme-de-mes-rêves. Le tri sur les sites de rencontres me fatiguant au plus haut point, j’avais opté assez rapidement pour une rencontre in-real-life avec un garçon plutôt gentil avec lequel je parlais beaucoup de cinéma. Je m’étais rendue à ce rendez-vous avec désinvolture mais pas trop, habillée mais pas trop et maquillée mais pas trop. Et, dans le cas où ça se passerait mal, j’avais mis au point une stratégie infaillible qui consiste à donner rendez-vous à 22h en pleine semaine, de façon à m’éclipser au bout d’une heure sous prétexte que « j’ai-de-la-route-pour-rentrer-et-je-travaille-demain ». Astucieux, non ?
Il était donc 22h et j’étais en avance, plus fébrile que prévu. J’avais placé quelques espoirs dans cette rencontre qui marquait résolument mon entrée dans un nouveau cycle de drague, plus sage et raisonné. Mais quand le gentil garçon est arrivé, j’ai été littéralement saisie… de stupéfaction. Car la vie avait joué un sale tour à ce pauvre homme. Son faciès, déformé par une malformation du crâne, avait le plus grand défaut de symétrie que j’ai jamais vu : un oeil plus bas que l’autre.
Je sais que j’aurais dû m’en apercevoir sur ses photos de profil. Mais, devinez. Il s’était arrangé pour présenter soit son profil droit, soit son profil gauche (je salue ici sa technique, passée inaperçue).
Ce fut donc l’une des heures les plus longues de ma vie, pendant laquelle j’ai osé raconter des choses invraisemblables pour le décourager (« je suis sur ce site pour me faire de nouveaux amis ») et agir comme une goujate (« ah, les roses, moi, je déteste ça ! Si-si, je t’assure ! » lorsqu’un Pakistanais nous a proposé son bouquet). Cela n’empêche qu’il s’est comporté comme un gentleman… ce qui n’est pas toujours le cas.
L’héroïne du livre La plus belle histoire d’amour, elle, en connaît d’ailleurs un rayon côté rencontres virtuelles foireuses. Très large, le rayon.

Pourquoi lire La plus belle histoire d’amour ?

1. Parce que c’est un livre au récit digne des plus belles comédies romantiques comme on en tourne au cinéma.
A 25 ans, Fran est sous-fifre dans le monde du journalisme télévisuel. C’est lors d’un reportage au Kosovo qu’elle rencontre Michael, un joli jeune homme qui ne tarde pas à tomber amoureux d’elle. Quelques années plus tard, alors que sa propre carrière décolle et qu’elle pense que Michael s’apprête à lui demander sa main, ce dernier réclame un break.
Hurlant à la mort du fond de son lit, Fran n’arrive pas à admettre que c’est fini. N’en pouvant plus de son état déplorable, ses amis décident de mettre au point un plan sensé être « infaillible » pour qu’elle puisse récupérer Michael. Ils la poussent alors à s’inscrire sur un site internet de rencontres et l’obligent à se rendre à huit rencards… absolument catastrophiques !
Et comme Fran est un peu frappa-dingue (et maso), elle se met aussi en tête d’espionner la nouvelle copine de son ex afin d’en savoir plus sur eux. Dans ces conditions, pas facile d’être au top au bureau, surtout quand on a le coeur en miettes, une drôle de mère à gérer, un chat irascible, une amie slave vivant planquée dans sa remise et une légère addiction au gin. Pour s’en sortir, Fran sera contrainte d’ouvrir enfin les yeux…
2. Pour la réalité des conversations virtuelles. C’est fou comme on s’y croirait ! Habituée-s des sites de rencontres, vous vous y reconnaîtrez absolument. Entre celui qui fait des mauvaises blagues sur votre présentation, celui qui cherche un plan c** parce qu’il trouve que vous avez un regard de coquine et celui qui semble charmant sur le papier mais terriblement vulgaire dans la réalité…
Lucy Robinson dresse un portrait véritablement « ravissant » de nos correspondants virtuels. Pas étonnant, d’ailleurs, puisqu’elle tenait un blog où elle racontait ses multiples rencards internet.
Rien ne vaut l’expérience…
3. Pour la richesse des péripéties de Fran. J’ai rarement lu une histoire aux rebondissements aussi bien fournis en sentiments, en détails et en drôleries (oui parce que les situations sont d’un cocasse… ! On se gausse, mes amies, on se gausse !). Fran est le genre de fille que l’on traite de « grande folle » ou de « vieille branche », je vous laisse donc saisir le grand potentiel humoristique du personnage. Et le meilleur reste les récits de ses rencards (les chapitres sont même rangés selon l’ordre de ses rendez-vous), hourdés de passages délicieusement truculents !

Pourquoi je vous le recommande ?

Avez-vous déjà eu cette envie si particulière, celle qui consiste à se lover dans votre canapé, les pieds enroulés maladroitement dans un plaid pelucheux et un bouquin sous les yeux en attendant que votre tasse de thé brûlante ne le soit plus ? (ô caricature, quand tu me tiens !)
Sachez donc que lire La plus belle histoire d’amour fait partie de ces livres légers que l’on déguste façon « longue soirée d’hiver », surtout lorsque vous en avez assez d’ingurgiter de la série télé.
Comme vous le savez peut-être déjà, je suis très attachée aux petites histoires qui relatent les premiers instants de célibat dans la vie d’une fille qui n’a connu que l’amour-véritable-mais-en-fait-non. Et concernant Fran, je me suis délectée avec beaucoup de plaisir de ses pensées abracadabrantes.
Conclusion : je pense que La plus belle histoire d’amour plaira à toutes les filles qui ont déjà tenté de récupérer leur ex petit-ami… (sommes-nous nombreuses dans la salle ?)
Et un gros merci à ma copine Isa pour m’avoir conseillé ce titre 🙂

ophelie

Aimer Glousser

Le club de la dernière chance, de Marian Keyes. Ou lorsqu’un malade demande à ses amies de tout changer

10 octobre 2013

Aujourd’hui, parlons d’amour… et d’amitié. Toute personne accro aux séries télévisées en est plus que consciente : l’amitié, c’est carrément-trop-hyper important. Je ne vous apprends rien, évidemment.

Ces temps-ci, je fais la couch-potatoe devant New Girl (avec Zooey Deschanel, dont je sur-adore le look rétro) et je redécouvre les saisons de How I Met Your Mother (car je suis fan des techniques de drague de Barney Stinson)(un jour j’ai discuté sur un site de rencontre avec son sosie). Donc, depuis quelques temps, je me prends à rêver d’une colocation bruyante et houleuse avec des amis loufoques.
Ce soudain désir est drôlement ironique puisque, à l’heure actuelle, je procède à un grand ménage affectif dans mes relations amicales. J’ai réalisé ce que j’appelle du « tri par le vide ». Et ça fait un bien fou. M’entourer uniquement de l’essentiel m’a donné l’impression d’avancer dans le bon sens. Et, désormais, j’ai de la place pour de nouvelles affections (+ amoureuses aussi, HINHIN).
Pourquoi une telle entrée en matière ? Eh bien, même si j’affine les contours de ma sphère sociale, j’avoue  aimer bouquiner les histoires d’amitiés à la fois tendres, véritables et totalement barrées. Et quand mes sujets préférés s’en mêlent (l’amour / le célibat), c’est encore mieux.
La club de la dernière chance est, justement, le genre de livre à réunir ces éléments. Cette petite découverte m’a assuré des heures de lecture plaisantes et douillettes (et je la dois à ma blogo-copine, Atalanta ;’) (coucou !))

Pourquoi lire Le club de la dernière chance ?

1. Parce que ce bouquin traite de problématiques amicales et amoureuses tout à fait actuelles. C’est l’histoire d’un trio d’amis qui, après avoir grandi ensemble en Irlande, migrent à Londres pour devenir de vrais adultes avec de vrais boulots. Ils ont la trentaine. Ils sont drôles et attachants. Tara travaille dans une boîte d’informatique, complexe sur sa taille 42 et s’aveugle dans une relation déséquilibrée avec un sale type égoïste et radin. Katherine bosse dans une boîte de publicité, revendique férocement son célibat et s’obstine à verrouiller son coeur depuis qu’un gros connard l’a prise pour une idiote de première catégorie. Fintan, lui, connaît une fulgurante carrière dans le milieu de la mode et, des trois, est le seul à goûter au doux bonheur d’une vie de couple sans nuage avec Sandro, son amoureux italien.
Le drame survient lorsque les filles apprennent que Fintan est tombé gravement malade. Profitant de ce mauvais tour de la vie, il leur somme d’en profiter à sa place en agissant avant qu’il ne soit trop tard : Katherine devra faire fondre sa solide carapace de glace tandis que Tara devra reprendre sa vie en main.
Débute alors, pour les deux filles, une lourde période de remise en question…
2. Parce que la leçon de vie est… immense. Jusqu’où seriez-vous prêt-e à aller pour un ami ? Est-ce que vous seriez capable de vous remettre en question après qu’il vous ait révélé vos « quatre vérités » ? Seriez-vous prêt-e à changer de vie s’il vous le demandait expressément ? (ces questions fonctionnent aussi avec « unE amiE »)
3. Car l’auteur sait aborder un sujet lourd et tragique (la maladie, donc) avec suffisamment de recul et de tact pour nous éviter de vider la boîte à mouchoirs. Avec Marian Keyes, on ne dramatise pas. L’idée n’est pas de faire pleurer dans la chaumière, ouf. La maladie est là, certes, mais les deux autres personnages comptent aussi. La place donnée à leur histoire est tout aussi importante, mais l’auteur veille au grain : jamais, Ô grand jamais, Katherine et Tara ne mettront de côté leur affection et leur attention pour Fintan. Ce ne devait pas être un exercice très facile… *chapeau bas* Malgré tout, cela reste l’histoire d’une belle amitié.

Pourquoi je vous le recommande ?

Ce livre a été dévoré en deux jours. DEUX JOURS ! Merveilleux. J’aurais voulu boire chocolat chaud sur chocolat chaud en grignotant du bout des lèvres du marshmallow pendant toute la durée de ma lecture.
J’ai beaucoup apprécié l’alternance des histoires qui nous bousculent au fil des pages. Les bonds dans le temps sont maîtrisés, les sentiments de nos deux héroïnes sont criants de vérité. Quand Tara s’écrase face aux exigences déplacées de son détestable petit-ami, on grogne. Je me suis sentie frustrée de ne pas lui crier de se rebeller. (« Et en plus, j’suis sûre qu’il est moche ! » a-t-on envie de hurler. « T’exagères, tu vaux bien mieux ! ») Quand Katherine repousse les avances d’un mec super sexy et – visiblement – prometteur, on râle. La frustration nous prend comme une envie de se gratter quand on n’en a pas le droit.
Bref, on se prend d’amitié pour ces deux trentenaires peu douées en amour et, en parallèle, on se prend à vouloir leur donner des leçons. Et ça démange énormément.
Et, bien que ce roman s’apparente à de la chick lit’, je tiens à lui décerner le label « Qualité ++ » (j’ai inventé ce label à l’instant)(d’ailleurs ce n’est pas bête, ça me permettrait de classer mes lectures)(Hum. Nan.) Même si on pense deviner ce qui va advenir de nos personnages, Marian Keyes garde le meilleur pour la fin. Elle sait surprendre. Et c’est plaisant. Du coup, j’ai adoré.
Si vous aussi, vous gâchez votre vie en vain parce que vous pensez appartenir au « Club de la dernière chance », je pense que cette lecture vous fera le plus grand bien :’)

ophelie

Aimer Rire

Comment se remonter le moral grâce au Journal de Bridget Jones, d’Helen Fielding

21 juillet 2013

J’ai le moral en berne. En chute libre. Dans les sandales.
Et tout cela à cause d’un garçon dont je me suis entichée comme une débutante. Un ignoble garçon qui – cela va de soi – a pris la poudre d’escampette il y a des mois sans laisser d’indices, tel un prestidigitateur en goguette parti faire le tour du monde à dos de chameau (ce qui ressemble bien au personnage, en fait).
J’ai beau avoir demandé conseil à mon entourage, rien à faire. Personne n’avait de remède miracle à proposer pour m’aider à faire le deuil de cette relation bizarre. Je ne savais plus comment me dépatouiller de cette douleur-guimauve collée à mon coeur, façon vieux chewing-gum ramolli par le soleil se scotchant sous une basket.
Puis, alors que j’errais dans mon appartement d’un air hagard, avec l’air de la fille qui a perdu de vue son moi profond, mon regard s’est arrêté sur l’exemplaire du Journal de Bridget Jones qui traînait sur mes étagères. En l’apercevant, j’ai cru entendre ma mère en toile de fond, cette phrase indigeste qu’elle me répète chaque fois que je lui rends visite et qu’elle martèle d’une voix goguenarde (tout en louchant sur mes rondeurs acquises depuis ladite fausse-rupture) : « Arrête donc de faire ta Bridget, ma chérie ! Ressaisis-toi un peu, ce n’est pas comme ça que tu trouveras un copain ! ».
Ni une, ni deux, j’ai empoigné le livre. Parce que, justement, contrairement à ce que pense ma chère mère, j’ai pensé que seule Bridget serait apte à m’apporter de vraies réponses.

Pourquoi lire Le journal de Bridget Jones ?

(surtout quand on est célibataire et fatiguée par le fait d’être déprimée)

1. Parce que Bridget est celle qui sait. Oui, vous avez déjà vu le film. Et alors ? Le livre n’a (presque) rien à voir. Vous débutez la lecture de chaque jour par un comptage de calories, de cigarettes et de verres d’alcool en bonne et due forme, qui sont autant d’éléments témoins d’une vie en solitaire passée à fixer le plafond tout en se demandant « Pourquoi pas moi ? ».
Comme vous, Bridget n’a plus la foi. Et lire les propos d’une fille qui doute fortement de son sex-appeal, ça rassure. Des lustres qu’elle n’a pas vu le loup. Des mois qu’elle fantasme béatement sur son patron. Des jours qu’elle tente vainement de se draper dans sa dignité en jouant à la femme froide et indifférente. Sans oublier les années pendant lesquelles sa mère n’a de cesse de la considérer comme une vieille fille sur le déclin.

2. Ce livre séduit par sa composition immensément riche en grandes phrases porteuses de vérité sur, en vrac : les longues soirées d’été passées à bougonner seule chez soi pendant que le reste du monde s’amuse à un barbecue ; les comportements décevants de vos amis qui passent subitement du côté obscur de la barrière (au pays de l’amour brillant) ; les bonnes résolutions qu’on ne tient jamais en ce qui concerne la bouffe et la gym ; les repas de couples où vous réalisez que, finalement, vous n’êtes pas si mal lotie ; les plans sur la comète pour récupérer un enfoiré affectif, etc. On se régale !

3. Certaines scènes sont différentes de celles du film. Le bouquin nous présente une Bridget qui pèse moins lourd (N.B. : j’ai plus de kilos qu’elle alors qu’elle mange comme quatre et pas moi) et qui est d’une perspicacité étonnante pour une fille que l’on observe un peu gourde à l’écran. Quant à sa mère, c’est une véritable tornade que l’on a littéralement envie de cogner (et ce trait apparaît moins forcé chez le personnage du film). Évidemment, je ne vous livrerai aucune révélation sur les scènes-clés avec Daniel Cleaver et Marc Darcy ;’)

Pourquoi je vous le recommande ?

(quand vous êtes au fond du trou)

Je n’en ai fait qu’une bouchée. Ce qui s’explique pour deux raisons :
– Hormis mon pseudo-chagrin d’amour, je me suis retrouvée subitement dépourvue de ma dernière amie célibataire, celle-ci m’ayant annoncé qu’elle sortait enfin avec l’homme de ses rêves (me forçant par-là même à lui dire « j’suis-trop-heureuse-pour-toi » en ravalant mes larmes d’amertume de joie).
– Les seuls SMS/MMS que je reçois sont ceux de ma mère partie se la couler douce au Portugal, ainsi que ceux de mes amis de la fac partis sans moi faire du camping en Vendée.
Résultat : je me sens comme un chaton galeux abandonné sur le bord de la route.

Donc, l’espace de quelques soirées, Bridget a été une véritable amie.
En bonne copine de papier qu’elle est, elle n’hésite pas à vous avouer combien elle se sent seule et moche : pourquoi personne ne prend jamais de ses nouvelles ? Pourquoi sa mère arrive-t-elle à ferrer les hommes et pas elle ? Pourquoi se jette-t-elle autant sur la bouffe pour compenser ?
Au-delà des problèmes d’amûr, Bridget reconnaît s’enrouler dans une spirale et se complaire dans un comportement-type d’indécrottable célibataire. Car préférer passer son samedi soir à regarder ses émissions préférées plutôt que d’aller « chasser » entre copines (s’il en reste…), c’est déjà mettre un pied dans le fossé de la solitude éternelle. Mais après lecture, j’ai changé d’avis. Et alors ? Chacun sa façon de surmonter sa traversée du désert !

Ce qui m’a vraiment fait du bien au moral, c’est surtout l’avalanche de clins d’oeil disséminés dans les pages, où je me suis reconnue au quotidien, prouvant ainsi que je ne suis pas la seule :
Bridget aussi perd pied. Bridget aussi collectionne les enfoirés affectifs alors que les gentils garçons, elle leur passe à côté. Sans compter les appels intempestifs aux copines qu’elle fait suer et les achats de fringues inconsidérés.
Alors à Bridget : MERCI. Car grâce à toi, je peux enfin déculpabiliser.

ophelie

Aimer Rougir

Le Pacte, de Mary Jo Putney. Le roman qui vous fait regretter la galanterie du 19e siècle

25 juin 2013

Bien que je sois la digne fille de mon siècle, j’ai toujours pensé que je n’appartenais pas à la bonne époque. Surtout dans le domaine du big love : je suis une incorrigible petite sotte romantique.
Dans mon armoire se cache une robe de princesse couleur violine – qui pique les yeux – pleine de froufrous et au décolleté vertigineux. J’ai même le châle et le petit sac élégant qui vont avec.
Pourtant, je n’ai jamais mis cette robe.
En tout cas, pas ailleurs que dans la cabine du magasin où je l’ai dénichée. C’était pour un jour de l’An. Je crois avoir refusé de m’aventurer accoutrée ainsi hors des quatre murs douillets de ma chambre, par peur du ridicule. Car, à l’heure où la mode est à la jupette courte et aux tee-shirts portés façon « hipster », la lady des années 1800 semble plus proche du dinosaure que de la it-girl.
C’est donc pour satisfaire mes besoins de romantisme dégoulinant de mièvrerie que je me suis plongée de toute mon âme dans ce délicieux bouquin de Mary Jo Putney…

Pourquoi lire Le Pacte ?

1. Parce que c’est une histoire rafraîchissante, tant elle se déroule à des années-lumière de notre univers saturé par la réalité de l’high-tech…
A la mort de son cher papa, lady Jocelyn est sidérée. Son paternel a inclus dans son testament une clause abominable l’obligeant à prendre un époux avant ses 25 ans, sans quoi elle serait forcée d’abandonner la presque-totalité de son héritage à son oncle et sa tante, une mégère infernale. Cette situation embarrasse beaucoup Jocelyn puisque, d’une part, elle n’avait pas prévu de se marier si tôt et, d’autre part, elle n’a d’yeux que pour un bel homme du monde, le duc de Candover.
Pour contourner cette contrainte, lady Jocelyn a une idée. Alors qu’elle rend visite à un ami dans un hôpital où sont soignés les vétérans de guerre, elle fait la connaissance d’un officier blessé prêt à passer l’arme à gauche, le major David Lancaster. Ils en viendront à conclure un accord les arrangeant tous deux.
Cependant, le plan ne fonctionne pas comme prévu. Le destin de David change du tout au tout lorsqu’un chirurgien travaille à le remettre sur pied. Pour conquérir la belle Jocelyn, le major devra alors faire preuve de patience… car milady a bien l’intention d’annuler leur mariage de raison et de conquérir le duc.

2. Parce que les bonnes manières de l’époque font rêver. Les dialogues sont délicieux, tout en enrobés. C’est ce qu’on peut apprécier dans les romances historiques. La politesse y est reine, ce qui tranche sérieusement avec nos discours actuels. (Et vous n’en avez pas marre, vous, de la trivialité de nos propos ? Le romantisme est-il vraiment mort ?). Exemples.
Au 19e siècle : « Je suis entièrement d’accord avec vous sur l’inconvenance de cette union »
Au 21e siècle : « J’suis d’accord avec toi, on n’aurait pas dû se marier comme ça ».
Avouez qu’il y avait du niveau.

3. Parce que ça donne envie d’être courtisée de façon… noble. Oh oui, cher monsieur, ayez l’obligeance de me baiser la main pour me dire au revoir à la fin de notre douce entrevue ! Oh, mais bien sûr que vous pouvez m’inviter à faire un tour dans le jardin pour marcher – juste marcher – parmi les fleurs ! Oh, j’accepte avec joie ce présent merveilleux que vous me faîtes en vous joignant à moi pour le dîner !
J’en fais trop, là ? Hum… C’est tout de même plus raffiné que les « ‘lut mamz’elle-t’es-charmante » pullulant dans notre société.

Pourquoi je vous le recommande ?

Notons que ce livre est ma première romance historique (et j’en redemande !). J’affirme avoir passé un fabuleux moment (que dis-je ! un délectable moment !) à chaque page. Comment les auteur-e-s parviennent-ils/elles à être aussi fidèles dans leurs descriptions à une époque aussi lointaine ? C’est prodigieux.
Si j’ai été poussée vers ce livre dans les rayonnages, c’est surtout pour l’originalité de sa problématique : comment naîtra la flamme de l’amûûr dans le brouillard de ce mariage factice ? Quels seront les obstacles que les deux protagonistes devront franchir avant de se rendre compte qu’ils sont faits l’un pour l’autre ? Quelles seront leurs erreurs ? Leurs joies, leurs peines, et tout le tralala… Jusqu’à l’apothéose – véritable feu d’artifice de joie intense – de l’AMOUR dans toute sa splendeur.
Je vous assure n’avoir rien pris/ingurgité d’illégal en rédigeant cet article.
Et puis… allez, il y a un cadeau bonus. Certaines scènes sont d’une sensualité dingue… Mmh, miam-miam. Graouu ! Bon, je vous laisse, je file arpenter les hôpitaux à la recherche d’un fier soldat en mal d’amour.

ophelie

Aimer

Pourquoi pas ? de David Nicholls. Histoire d’un loser qui voulait devenir populaire

14 mai 2013

Les années à l’université sont, paraît-il, réputées comme étant les plus belles dans la vie de tout individu de la classe moyenne. Ces années, ces si précieuses années (que l’on grille à une vitesse fulgurante parce qu’on est trop jeune, trop insouciant ou trop bourré-e) finissent en général à l’abri de pages plastifiées dans un album photos passé de mode, façon « souvenirs figés » sur des clichés vintages que l’on exposera aux yeux innocents de sa progéniture… quand on en aura une.
Pourtant, entre les cours pris au petit bonheur la chance, les partiels à (re)valider, les premiers amis qui n’en sont pas vraiment et le souci constant de l’argent de poche qu’il va falloir dénicher pour s’offrir des soirées dignes de ce nom, on ne peut pas dire que c’est constamment la grande joie.
Mais qui suis-je pour parler de ça ? Oh, juste une ancienne étudiante ayant enquillé cinq années d’affilée sans broncher (en plus j’étais une bonne élève qui n’osait pas redoubler – la Honte). Avec ma bande de copines déjantées, on passait nos inter-cours à la bibliothèque – aka le QG, on ne mettait jamais un pied en boîte pour approcher les jolis STAPS musclés (pourtant, l’une de nous est aujourd’hui pacsée à l’un d’eux, rrrah), on ne buvait pas une goutte d’alcool et notre plus grand plaisir en soirée consistait à se battre aux jeux de société. De la grande vie estudiantine, en somme. Mais ça aurait pu être pire. J’aurais pu être Brian Jackson.

Pourquoi lire Pourquoi pas ?

1. Parce que si vous aviez un jour été étudiant-e aux USA en 1985, vous auriez aimé connaître Brian Jackson. Pourtant, Brian n’est pas un it-mec. Il pensait qu’entrer à la fac serait une expérience folle à vivre, le genre d’existence où il aurait été un jeune poète mystérieux/drôle/séduisant-donc-populaire, cerné par des hordes de filles transies d’amour prêtes à se jeter dans son lit. Sauf que la bonne fée ne s’est jamais penchée sur le berceau de Brian quand il était petit. Fauché, maladroit, accro à la bière et la tête plein d’une acné rouge et purulente… Il semble combiner tous les défauts du monde. A ceci près qu’il est doté d’une culture G hallucinante, telle une encyclopédie sur pattes.
Bien sûr, Brian croise un jour la route de la belle Alice, une nana ultra-sexy dont il tombe raide dingue amoureux, un béguin obstiné qui lui vaut les remarques cyniques de Rebecca, une punkette en rébellion perpétuelle qu’il ne peut pas voir en peinture.
Séduire la plantureuse Alice semble bien compromis, mais (évidemment) notre héros trouve la solution : il décide de la suivre lorsqu’elle lui annonce vouloir s’inscrire à l’University Challenge, ce célèbre jeu télévisé où l’on s’affronte entre grands intellectuels… Voici venu le moment de jouer ta carte « Atout », Brian !

2. Parce que c’est enrichissant, intellectuellement parlant. Le récit s’ancrant dans les années 80, toute la culture de l’époque est présente, du domaine musical et littéraire en passant par le cinéma, la science et la politique. Brian étant un fan de Kate Bush (artiste que je ne connaissais pas…), il ne manque pas d’énumérer toutes les références pop & rock de ces années terribles : de quoi vous filer des complexes quand vous vous avouez vaincu-e par ce trop-plein de savoir. (croyez-moi, j’ai pris un nombre incommensurable de notes)

3. Parce que ça nous met dans la peau d’un garçon mal dans la sienne… Comment vous expliquer ? Notre héros n’a pas le physique d’un Ken. Il se fait rembarrer par les filles et leur raconte des blagues nulles (à tout le monde, en fait). Malgré cela, il reste un gars gentil, avec le coeur sur la main (il est même féministe !) et il est nécessaire d’ajouter qu’il conserve un humour british tout à fait succulent. Ce qui nous amène à le plaindre parfois, bien qu’on se tape régulièrement le front du plat de la main lorsqu’on le lit faire des bourdes monumentales.

Pourquoi je vous le recommande ?

J’aime bien David Nicholls. Ce coup de coeur s’est déroulé après la lecture d’Un jour, un livre qui m’a profondément marquée. De ce fait, je voudrais vous dire que je suis totalement conquise par le style d’écriture de Nicholls : il relate la vraie vie, comme si les lignes détenaient une part de vérité.
Même si, en tant que lectrice, je lisais le « je » d’un garçon, je me suis sentie… à sa place. Moi aussi, j’ai déjà été un vilain petit canard. J’ai vécu une multitude de béguins pour des personnes inaccessibles. Alors quand Brian parle de ses errances désespérées dans les bâtiments à la recherche d’Alice, je sais ce qu’il veut dire.
Sont évoquées également, les problématiques du père disparu trop tôt, des copains de lycée qu’on abandonne, des projets avortés… Tout ceci sur fond de rock’n’roll et de littérature anglaise, que Brian étudie avec plus ou moins de passion. En clair : une lecture à s’approprier dans votre masure d’étudiant-e, si vous en avez une !

ophelie

Aimer Glousser

10 bonnes raisons d’être célibataire, de Lindsey Kelk. Ou la romance qui croustille sous la dent

15 avril 2013

Quand je suis redevenue célibataire, il y a quatre ans, ma vie s’en est trouvée toute chamboulée. C’était comme si on en avait sonné le gong, libérant ainsi ma grande force intérieure, celle-là même que j’avais refoulée derrière les barreaux de ma relation longue avec un crétin de haut niveau.
Cela a été un choc. Fini, l’homme-tueur-d’araignées ! Fini, l’homme-couverture-quand-t’as-froid ! Et fini, l’homme-spécialiste-des-bons-p’tits-plats ! Je n’étais plus couverte du regard aimant du mâle.
Il m’a fallu composer avec mes faiblesses pour survivre dans cet univers effroyable empli d’injustices. Je me suis sentie comme Lara Croft dans ses premières épreuves : j’ai dû apprendre à constituer mes propres armes de défense, toute seule comme une grande, pour lutter.
C’est ainsi que j’ai développé mon sens de l’humour (indispensable pour palper les muscles de nouveaux garçons), aiguisé ma répartie (indispensable pour rabattre le caquet aux saligaud-e-s), et vaincu ma peur de vivre en solo (indispensable pour… pour vivre en solo, en fait).
Pour en arriver à ma situation actuelle (toujours célib’)(mais c’est parce que je me suis rendue compte que les crétins de haut niveau ont colonisé la Terre, au-secours), j’ai donné un violent coup de pied aux fesses de ma personnalité. J’ai changé du tout au tout. Un peu comme Rachel Summers.

Pourquoi lire 10 bonnes raisons d’être célibataire ?

1. Parce que ça fait du bien de lire le discours d’une fille qui découvre tout juste le célibat (tope-là, ma grande !). Rachel aime Simon. Après cinq ans de vie commune à cumuler des photos de couple sur les murs du couloir, bada-boum ! Simon veut une pause. Ah non, il s’en va, en fait. Typique. Sauf qu’il laisse Rachel dévastée, elle qui n’a jamais connu la solitude.
Rachel n’aura pourtant pas le temps de s’apitoyer longuement sur son sort. Ses deux meilleurs amis la soutiennent farouchement, se relayant auprès d’elle pour la remettre dans les starting-blocks. Pour lui prouver que le célibat est supra-funky, ils écrivent ensemble une liste de dix choses à faire avant le mariage de son père, événement auquel elle aimerait venir « bien accompagnée ». Pour Rachel, c’est le début des challenges !

2. Parce que si vous aussi, vous souhaitez changer l’axe autour duquel tourne votre vie et que vous êtes en panne d’idées, vous pouvez vous inspirer de la liste de Rachel. Du basique « changer de tête chez le coiffeur » à l’irresponsable « écrire une lettre d’insultes à mon ex », en passant par le léger « retrouver mon premier amour » (j’en oublie d’autres mais c’est fait exprès), vous aurez de quoi faire. Ces résolutions parfois loufoques font indubitablement penser aux grands chambardements qu’on est prêt-e-s à faire après avoir vécu un truc vraiment foireux.

3. En un temps record, Rachel pète un plomb. Le genre de plomb qui saute chez toute fille qui se retrouve catapultée dans une vie sentimentale nauséabonde du jour au lendemain. C’est ce petit côté tordu de Rachel qu’on aime, bien que le stratagème de l’héroïne souffrant d’un léger problème psychiatrique est vu et revu en chick lit’ (cela signifie-t-il que les auteurs partent du postulat qu’une célibataire est toujours atteinte du cerveau, ce qui expliquerait pourquoi elle reste seule ?)(ou alors c’est juste un prétexte narratif pour faire de l’humour dans le texte). Mais ici, point trop n’en faut : j’ai trouvé ça mignon.

Pourquoi je vous le recommande ?

Moi, j’ai adhéré. Parce que, d’une part, c’est distrayant (et j’aime les livres sur le célibat, je me sens proche de l’héroïne, eh oui). Et puis, d’autre part, j’ai envié Rachel : ses amis sont gén-i-aux. Je veux les mêmes. Parce que, vous savez quoi ? Mes amis à moi sont trop sages. De vrais anges. Jamais ils ne me forceraient à partir en voyage sur un coup de tête. C’est énervant.
Et j’ai aimé guetter les moments où Rachel tombait sur des spécimens de l’homme moderne : le coureur, le lâche, le bizarre, l’ennuyeux… Elle en tombe des nues. On a envie de lui dire : « Bienvenue dans le monde impitoyable des célibataires ! » Évidemment, elle ne va pas en rester là. Elle va nourrir un béguin pour un homme auquel elle ne pensait pas s’intéresser au premier abord… Hinhinhin. Prévisible, mais croustillant !
J’ai tout de même une remarque à faire : chaque fois que je lis une romance moderne, l’héroïne a toujours 28 ans. Comme si 28 ans était la date limite de première fraîcheur, l’âge auquel il faut se remuer le derrière pour trouver un compagnon (mazette !…) Et si l’héroïne a dépassé la date ? Eh bien, il me semble qu’elle fera une excellente Bridget Jones. Ha ! La romance…

ophelie

Aimer Rire

Demain j’arrête, de Gilles Legardinier. Ou les techniques d’approche d’une amoureuse gratinée

8 avril 2013

Dans la lignée des choses les plus folles que j’ai faites pour quelqu’un, je pense que je peux ajouter mon acharnement de la semaine dernière. Une expérience enrichissante (mais dont j’aurais pu me passer) où j’ai tenté d’attirer dans mes filets un beau brun croisé dans le cadre de mon travail. Qu’il était mignon, avec sa barbe épaisse de trois jours, ses larges épaules et son air sérieux au bureau ! J’en étais baba. Puisque je disposais de peu de jours pour faire sa connaissance, je tentais le tout pour le tout : je l’ai accablé d’invitations en tous genres à chaque fin de journée. Bien mal m’en a pris ! Une fois sur deux, j’ai essuyé  des refus significatifs (j’aurais dû considérer avec un peu plus de sérieux le bracelet brésilien attaché à son joli poignet poilu)(un cadeau féminin, sans doute. Hum ?)
Bref, c’est ce qu’on appelle un râteau. Mon sex-appeal semble avoir pris un coup de marteau en pleine face. Le genre de choc qui vous fait prendre conscience que vous n’auriez pas dû trop forcer sur la junk food ces derniers mois. Mais passons. Pourquoi je vous en parle ? Vous allez comprendre en lisant la suite…

Pourquoi lire Demain j’arrête ?

1. Parce que c’est une excellente comédie, du genre à vous arracher vos zygomatiques en à peine quelques pages. Une histoire partie de cette drôle de question : « Quelle est la chose la plus stupide que vous ayez faite dans votre vie ? ». Pour Julie, une jeune banquière de 28 ans, la réponse se commente longuement tant elle cumule bourde sur bourde, faisant preuve d’une créativité toute particulière dans la moindre de ses bêtises.
Sa maladresse légendaire la tourne au ridicule le jour où, obsédée par l’envie irrépressible de découvrir l’identité de son nouveau voisin, elle se coince la main dans la boîte aux lettres de celui-ci en voulant explorer ses courriers.
Pas de bol, c’est là que le charmant garçon fait son entrée dans l’immeuble, la trouvant en bien mauvaise posture. De là naîtra une romance étonnante puisque Julie sera prête à tout pour séduire Ricardo (oui… vous avez bien lu… Ricardo), quitte à solliciter tous ses amis pour faire les plus grosses idioties du monde. Hallucinant.

2. Ne croyez pas lire de la chick lit’ ici. C’est de la pure comédie. Un ton, un phrasé qui vous fait hurler de rire à tous les coups. Gilles Legardinier aurait dû être humoriste tant c’est bon ! On s’entend rire comme une hyène dopée au gaz hilarant. (ce qui a failli me faire m’étouffer telle une mamie ayant avalé son dentier)
Un livre à conseiller à ceux qui tirent une tronche de 20 kilomètres de long un jour de grève des transports.

3. Parce que Julie, c’est nous. Dans sa façon de manigancer une mise en scène, par exemple. Un truc typiquement féminin. Du style… démolir volontairement un truc pour appeler le mâle au secours l’air-de-rien. Ranger précipitamment son appart’ bordélique avant l’opération. Cacher son doudou dans son tiroir à soutifs. Mettre en avant les disques de jazz et dissimuler ceux de ses boys bands préférés. Penser à lui du soir au matin et du matin au soir. Connaître son emploi du temps par coeur. Surveiller consciencieusement ses allées et venues. Etc.
Gilles Legardinier doit être une femme. Autrement, c’est pas possible. Quelqu’un a dû lui vendre la mèche sur nos techniques de manipulation en matière de séduction. Qui ? QUI ?

Pourquoi je vous le recommande ?

Je crois déjà en avoir trop dit dans les paragraphes précédents, mais c’est pas grave. Le tout, c’est d’éviter un maximum le spoil (et vous en trouverez beaucoup sur le net, parce que le livre a été encensé à tout va).
De toute façon, je m’interdis de spoiler tant ce livre est une petite pépite que vous devez absolument découvrir, un coup de coeur littéraire qui m’a remise sur les rails en à peine deux jours. (ça y est, le prochain brun que je rencontre, je le flique jusqu’à son appartement, moi aussi) De l’humour sur fond d’histoire d’amour, que demande le peuple ? (quant à l’histoire du chat affublé d’un chapeau péruvien, c’est top secret)
C’est fluide, c’est bien pensé, c’est tellement… tellement représentatif de l’attitude de certaines femmes amoureuses ! (peut-être pas toutes – mais moi, en amour, je fais partie de la section « cinglée » de notre genre et je l’assume pleinement). Sourire aux lèvres, j’opinais du chef chaque fois que j’y reconnaissais un sentiment : la frustration de ne pas le voir, l’impression qu’il s’en fout, la façon dont on peut collecter des infos dans son dos, être trahie par ses propres expressions…
Une lecture fabuleusement drôle, un véritable clin d’oeil à toutes celles qui galèrent pour faire le premier pas, et aussi à celles qui tentent par tous les moyens de faire comprendre qu’elles sont intéressées…

ophelie