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Comment se remonter le moral grâce au Journal de Bridget Jones, d’Helen Fielding

21 juillet 2013

J’ai le moral en berne. En chute libre. Dans les sandales.
Et tout cela à cause d’un garçon dont je me suis entichée comme une débutante. Un ignoble garçon qui – cela va de soi – a pris la poudre d’escampette il y a des mois sans laisser d’indices, tel un prestidigitateur en goguette parti faire le tour du monde à dos de chameau (ce qui ressemble bien au personnage, en fait).
J’ai beau avoir demandé conseil à mon entourage, rien à faire. Personne n’avait de remède miracle à proposer pour m’aider à faire le deuil de cette relation bizarre. Je ne savais plus comment me dépatouiller de cette douleur-guimauve collée à mon coeur, façon vieux chewing-gum ramolli par le soleil se scotchant sous une basket.
Puis, alors que j’errais dans mon appartement d’un air hagard, avec l’air de la fille qui a perdu de vue son moi profond, mon regard s’est arrêté sur l’exemplaire du Journal de Bridget Jones qui traînait sur mes étagères. En l’apercevant, j’ai cru entendre ma mère en toile de fond, cette phrase indigeste qu’elle me répète chaque fois que je lui rends visite et qu’elle martèle d’une voix goguenarde (tout en louchant sur mes rondeurs acquises depuis ladite fausse-rupture) : « Arrête donc de faire ta Bridget, ma chérie ! Ressaisis-toi un peu, ce n’est pas comme ça que tu trouveras un copain ! ».
Ni une, ni deux, j’ai empoigné le livre. Parce que, justement, contrairement à ce que pense ma chère mère, j’ai pensé que seule Bridget serait apte à m’apporter de vraies réponses.

 

Pourquoi lire Le journal de Bridget Jones ?

(surtout quand on est célibataire et fatiguée par le fait d’être déprimée)

1. Parce que Bridget est celle qui sait. Oui, vous avez déjà vu le film. Et alors ? Le livre n’a (presque) rien à voir. Vous débutez la lecture de chaque jour par un comptage de calories, de cigarettes et de verres d’alcool en bonne et due forme, qui sont autant d’éléments témoins d’une vie en solitaire passée à fixer le plafond tout en se demandant « Pourquoi pas moi ? ».
Comme vous, Bridget n’a plus la foi. Et lire les propos d’une fille qui doute fortement de son sex-appeal, ça rassure. Des lustres qu’elle n’a pas vu le loup. Des mois qu’elle fantasme béatement sur son patron. Des jours qu’elle tente vainement de se draper dans sa dignité en jouant à la femme froide et indifférente. Sans oublier les années pendant lesquelles sa mère n’a de cesse de la considérer comme une vieille fille sur le déclin.

2. Ce livre séduit par sa composition immensément riche en grandes phrases porteuses de vérité sur, en vrac : les longues soirées d’été passées à bougonner seule chez soi pendant que le reste du monde s’amuse à un barbecue ; les comportements décevants de vos amis qui passent subitement du côté obscur de la barrière (au pays de l’amour brillant) ; les bonnes résolutions qu’on ne tient jamais en ce qui concerne la bouffe et la gym ; les repas de couples où vous réalisez que, finalement, vous n’êtes pas si mal lotie ; les plans sur la comète pour récupérer un enfoiré affectif, etc. On se régale !

3. Certaines scènes sont différentes de celles du film. Le bouquin nous présente une Bridget qui pèse moins lourd (N.B. : j’ai plus de kilos qu’elle alors qu’elle mange comme quatre et pas moi) et qui est d’une perspicacité étonnante pour une fille que l’on observe un peu gourde à l’écran. Quant à sa mère, c’est une véritable tornade que l’on a littéralement envie de cogner (et ce trait apparaît moins forcé chez le personnage du film). Évidemment, je ne vous livrerai aucune révélation sur les scènes-clés avec Daniel Cleaver et Marc Darcy ;’)

 

Pourquoi je vous le recommande ?

(quand vous êtes au fond du trou)

Je n’en ai fait qu’une bouchée. Ce qui s’explique pour deux raisons :
– Hormis mon pseudo-chagrin d’amour, je me suis retrouvée subitement dépourvue de ma dernière amie célibataire, celle-ci m’ayant annoncé qu’elle sortait enfin avec l’homme de ses rêves (me forçant par-là même à lui dire « j’suis-trop-heureuse-pour-toi » en ravalant mes larmes d’amertume de joie).
– Les seuls SMS/MMS que je reçois sont ceux de ma mère partie se la couler douce au Portugal, ainsi que ceux de mes amis de la fac partis sans moi faire du camping en Vendée.
Résultat : je me sens comme un chaton galeux abandonné sur le bord de la route.

Donc, l’espace de quelques soirées, Bridget a été une véritable amie.
En bonne copine de papier qu’elle est, elle n’hésite pas à vous avouer combien elle se sent seule et moche : pourquoi personne ne prend jamais de ses nouvelles ? Pourquoi sa mère arrive-t-elle à ferrer les hommes et pas elle ? Pourquoi se jette-t-elle autant sur la bouffe pour compenser ?
Au-delà des problèmes d’amûr, Bridget reconnaît s’enrouler dans une spirale et se complaire dans un comportement-type d’indécrottable célibataire. Car préférer passer son samedi soir à regarder ses émissions préférées plutôt que d’aller « chasser » entre copines (s’il en reste…), c’est déjà mettre un pied dans le fossé de la solitude éternelle. Mais après lecture, j’ai changé d’avis. Et alors ? Chacun sa façon de surmonter sa traversée du désert !

Ce qui m’a vraiment fait du bien au moral, c’est surtout l’avalanche de clins d’oeil disséminés dans les pages, où je me suis reconnue au quotidien, prouvant ainsi que je ne suis pas la seule :
Bridget aussi perd pied. Bridget aussi collectionne les enfoirés affectifs alors que les gentils garçons, elle leur passe à côté. Sans compter les appels intempestifs aux copines qu’elle fait suer et les achats de fringues inconsidérés.
Alors à Bridget : MERCI. Car grâce à toi, je peux enfin déculpabiliser.

ophelie

Aimer Rougir

Le Pacte, de Mary Jo Putney. Le roman qui vous fait regretter la galanterie du 19e siècle

25 juin 2013

Bien que je sois la digne fille de mon siècle, j’ai toujours pensé que je n’appartenais pas à la bonne époque. Surtout dans le domaine du big love : je suis une incorrigible petite sotte romantique.
Dans mon armoire se cache une robe de princesse couleur violine – qui pique les yeux – pleine de froufrous et au décolleté vertigineux. J’ai même le châle et le petit sac élégant qui vont avec.
Pourtant, je n’ai jamais mis cette robe.
En tout cas, pas ailleurs que dans la cabine du magasin où je l’ai dénichée. C’était pour un jour de l’An. Je crois avoir refusé de m’aventurer accoutrée ainsi hors des quatre murs douillets de ma chambre, par peur du ridicule. Car, à l’heure où la mode est à la jupette courte et aux tee-shirts portés façon « hipster », la lady des années 1800 semble plus proche du dinosaure que de la it-girl.
C’est donc pour satisfaire mes besoins de romantisme dégoulinant de mièvrerie que je me suis plongée de toute mon âme dans ce délicieux bouquin de Mary Jo Putney…

Pourquoi lire Le Pacte ?

1. Parce que c’est une histoire rafraîchissante, tant elle se déroule à des années-lumière de notre univers saturé par la réalité de l’high-tech…
A la mort de son cher papa, lady Jocelyn est sidérée. Son paternel a inclus dans son testament une clause abominable l’obligeant à prendre un époux avant ses 25 ans, sans quoi elle serait forcée d’abandonner la presque-totalité de son héritage à son oncle et sa tante, une mégère infernale. Cette situation embarrasse beaucoup Jocelyn puisque, d’une part, elle n’avait pas prévu de se marier si tôt et, d’autre part, elle n’a d’yeux que pour un bel homme du monde, le duc de Candover.
Pour contourner cette contrainte, lady Jocelyn a une idée. Alors qu’elle rend visite à un ami dans un hôpital où sont soignés les vétérans de guerre, elle fait la connaissance d’un officier blessé prêt à passer l’arme à gauche, le major David Lancaster. Ils en viendront à conclure un accord les arrangeant tous deux.
Cependant, le plan ne fonctionne pas comme prévu. Le destin de David change du tout au tout lorsqu’un chirurgien travaille à le remettre sur pied. Pour conquérir la belle Jocelyn, le major devra alors faire preuve de patience… car milady a bien l’intention d’annuler leur mariage de raison et de conquérir le duc.

2. Parce que les bonnes manières de l’époque font rêver. Les dialogues sont délicieux, tout en enrobés. C’est ce qu’on peut apprécier dans les romances historiques. La politesse y est reine, ce qui tranche sérieusement avec nos discours actuels. (Et vous n’en avez pas marre, vous, de la trivialité de nos propos ? Le romantisme est-il vraiment mort ?). Exemples.
Au 19e siècle : « Je suis entièrement d’accord avec vous sur l’inconvenance de cette union »
Au 21e siècle : « J’suis d’accord avec toi, on n’aurait pas dû se marier comme ça ».
Avouez qu’il y avait du niveau.

3. Parce que ça donne envie d’être courtisée de façon… noble. Oh oui, cher monsieur, ayez l’obligeance de me baiser la main pour me dire au revoir à la fin de notre douce entrevue ! Oh, mais bien sûr que vous pouvez m’inviter à faire un tour dans le jardin pour marcher – juste marcher – parmi les fleurs ! Oh, j’accepte avec joie ce présent merveilleux que vous me faîtes en vous joignant à moi pour le dîner !
J’en fais trop, là ? Hum… C’est tout de même plus raffiné que les « ‘lut mamz’elle-t’es-charmante » pullulant dans notre société.

Pourquoi je vous le recommande ?

Notons que ce livre est ma première romance historique (et j’en redemande !). J’affirme avoir passé un fabuleux moment (que dis-je ! un délectable moment !) à chaque page. Comment les auteur-e-s parviennent-ils/elles à être aussi fidèles dans leurs descriptions à une époque aussi lointaine ? C’est prodigieux.
Si j’ai été poussée vers ce livre dans les rayonnages, c’est surtout pour l’originalité de sa problématique : comment naîtra la flamme de l’amûûr dans le brouillard de ce mariage factice ? Quels seront les obstacles que les deux protagonistes devront franchir avant de se rendre compte qu’ils sont faits l’un pour l’autre ? Quelles seront leurs erreurs ? Leurs joies, leurs peines, et tout le tralala… Jusqu’à l’apothéose – véritable feu d’artifice de joie intense – de l’AMOUR dans toute sa splendeur.
Je vous assure n’avoir rien pris/ingurgité d’illégal en rédigeant cet article.
Et puis… allez, il y a un cadeau bonus. Certaines scènes sont d’une sensualité dingue… Mmh, miam-miam. Graouu ! Bon, je vous laisse, je file arpenter les hôpitaux à la recherche d’un fier soldat en mal d’amour.
Bises !

ophelie

Aimer

Pourquoi pas ? de David Nicholls. Histoire d’un loser qui voulait devenir populaire

14 mai 2013

Les années à l’université sont, paraît-il, réputées comme étant les plus belles dans la vie de tout individu de la classe moyenne. Ces années, ces si précieuses années (que l’on grille à une vitesse fulgurante parce qu’on est trop jeune, trop insouciant ou trop bourré-e) finissent en général à l’abri de pages plastifiées dans un album photos passé de mode, façon « souvenirs figés » sur des clichés vintages que l’on exposera aux yeux innocents de sa progéniture… quand on en aura une.
Pourtant, entre les cours pris au petit bonheur la chance, les partiels à (re)valider, les premiers amis qui n’en sont pas vraiment et le souci constant de l’argent de poche qu’il va falloir dénicher pour s’offrir des soirées dignes de ce nom, on ne peut pas dire que c’est constamment la grande joie.
Mais qui suis-je pour parler de ça ? Oh, juste une ancienne étudiante ayant enquillé cinq années d’affilée sans broncher (en plus j’étais une bonne élève qui n’osait pas redoubler – la Honte). Avec ma bande de copines déjantées, on passait nos inter-cours à la bibliothèque – aka le QG, on ne mettait jamais un pied en boîte pour approcher les jolis STAPS musclés (pourtant, l’une de nous est aujourd’hui pacsée à l’un d’eux, rrrah), on ne buvait pas une goutte d’alcool et notre plus grand plaisir en soirée consistait à se battre aux jeux de société. De la grande vie estudiantine, en somme.
Mais ça aurait pu être pire. J’aurais pu être Brian Jackson.

 

Pourquoi lire Pourquoi pas ?

1. Parce que si vous aviez un jour été étudiant-e aux USA en 1985, vous auriez aimé connaître Brian Jackson. Pourtant, Brian n’est pas un it-mec. Il pensait qu’entrer à la fac serait une expérience folle à vivre, le genre d’existence où il aurait été un jeune poète mystérieux/drôle/séduisant-donc-populaire, cerné par des hordes de filles transies d’amour prêtes à se jeter dans son lit. Sauf que la bonne fée ne s’est jamais penchée sur le berceau de Brian quand il était petit. Fauché, maladroit, accro à la bière et la tête plein d’une acné rouge et purulente… Il semble combiner tous les défauts du monde. A ceci près qu’il est doté d’une culture G hallucinante, telle une encyclopédie sur pattes.
Bien sûr, Brian croise un jour la route de la belle Alice, une nana ultra-sexy dont il tombe raide dingue amoureux, un béguin obstiné qui lui vaut les remarques cyniques de Rebecca, une punkette en rébellion perpétuelle qu’il ne peut pas voir en peinture.
Séduire la plantureuse Alice semble bien compromis, mais (évidemment) notre héros trouve la solution : il décide de la suivre lorsqu’elle lui annonce vouloir s’inscrire à l’University Challenge, ce célèbre jeu télévisé où l’on s’affronte entre grands intellectuels… Voici venu le moment de jouer ta carte « Atout », Brian !

2. Parce que c’est enrichissant, intellectuellement parlant. Le récit s’ancrant dans les années 80, toute la culture de l’époque est présente, du domaine musical et littéraire en passant par le cinéma, la science et la politique. Brian étant un fan de Kate Bush (artiste que je ne connaissais pas…), il ne manque pas d’énumérer toutes les références pop & rock de ces années terribles : de quoi vous filer des complexes quand vous vous avouez vaincu-e par ce trop-plein de savoir. (croyez-moi, j’ai pris un nombre incommensurable de notes)

3. Parce que ça nous met dans la peau d’un garçon mal dans la sienne… Comment vous expliquer ? Notre héros n’a pas le physique d’un Ken. Il se fait rembarrer par les filles et leur raconte des blagues nulles (à tout le monde, en fait). Malgré cela, il reste un gars gentil, avec le coeur sur la main (il est même féministe !) et il est nécessaire d’ajouter qu’il conserve un humour british tout à fait succulent. Ce qui nous amène à le plaindre parfois, bien qu’on se tape régulièrement le front du plat de la main lorsqu’on le lit faire des bourdes monumentales.

 

Pourquoi je vous le recommande ?

J’aime bien David Nicholls. Ce coup de coeur s’est déroulé après la lecture d’Un jour, un livre qui m’a profondément marquée. De ce fait, je voudrais vous dire que je suis totalement conquise par le style d’écriture de Nicholls : il relate la vraie vie, comme si les lignes détenaient une part de vérité.
Même si, en tant que lectrice, je lisais le « je » d’un garçon, je me suis sentie… à sa place. Moi aussi, j’ai déjà été un vilain petit canard. J’ai vécu une multitude de béguins pour des personnes inaccessibles. Alors quand Brian parle de ses errances désespérées dans les bâtiments à la recherche d’Alice, je sais ce qu’il veut dire.
Sont évoquées également, les problématiques du père disparu trop tôt, des copains de lycée qu’on abandonne, des projets avortés… Tout ceci sur fond de rock’n’roll et de littérature anglaise, que Brian étudie avec plus ou moins de passion.
En clair : une lecture à s’approprier dans votre masure d’étudiant-e, si vous en avez une !

ophelie

Aimer Glousser

10 bonnes raisons d’être célibataire, de Lindsey Kelk. Ou la romance qui croustille sous la dent

15 avril 2013

Quand je suis redevenue célibataire, il y a quatre ans, ma vie s’en est trouvée toute chamboulée. C’était comme si on en avait sonné le gong, libérant ainsi ma grande force intérieure, celle-là même que j’avais refoulée derrière les barreaux de ma relation longue avec un crétin de haut niveau.
Cela a été un choc. Fini, l’homme-tueur-d’araignées ! Fini, l’homme-couverture-quand-t’as-froid ! Et fini, l’homme-spécialiste-des-bons-p’tits-plats ! Je n’étais plus couverte du regard aimant du mâle.
Il m’a fallu composer avec mes faiblesses pour survivre dans cet univers effroyable empli d’injustices. Je me suis sentie comme Lara Croft dans ses premières épreuves : j’ai dû apprendre à constituer mes propres armes de défense, toute seule comme une grande, pour lutter.
C’est ainsi que j’ai développé mon sens de l’humour (indispensable pour palper les muscles de nouveaux garçons), aiguisé ma répartie (indispensable pour rabattre le caquet aux saligaud-e-s), et vaincu ma peur de vivre en solo (indispensable pour… pour vivre en solo, en fait).
Pour en arriver à ma situation actuelle (toujours célib’)(mais c’est parce que je me suis rendue compte que les crétins de haut niveau ont colonisé la Terre, au-secours), j’ai donné un violent coup de pied aux fesses de ma personnalité. J’ai changé du tout au tout. Un peu comme Rachel Summers.

 

Pourquoi lire 10 bonnes raisons d’être célibataire ?

1. Parce que ça fait du bien de lire le discours d’une fille qui découvre tout juste le célibat (tope-là, ma grande !). Rachel aime Simon. Après cinq ans de vie commune à cumuler des photos de couple sur les murs du couloir, bada-boum ! Simon veut une pause. Ah non, il s’en va, en fait. Typique. Sauf qu’il laisse Rachel dévastée, elle qui n’a jamais connu la solitude.
Rachel n’aura pourtant pas le temps de s’apitoyer longuement sur son sort. Ses deux meilleurs amis la soutiennent farouchement, se relayant auprès d’elle pour la remettre dans les starting-blocks. Pour lui prouver que le célibat est supra-funky, ils écrivent ensemble une liste de dix choses à faire avant le mariage de son père, événement auquel elle aimerait venir « bien accompagnée ». Pour Rachel, c’est le début des challenges !

2. Parce que si vous aussi, vous souhaitez changer l’axe autour duquel tourne votre vie et que vous êtes en panne d’idées, vous pouvez vous inspirer de la liste de Rachel. Du basique « changer de tête chez le coiffeur » à l’irresponsable « écrire une lettre d’insultes à mon ex », en passant par le léger « retrouver mon premier amour » (j’en oublie d’autres mais c’est fait exprès), vous aurez de quoi faire. Ces résolutions parfois loufoques font indubitablement penser aux grands chambardements qu’on est prêt-e-s à faire après avoir vécu un truc vraiment foireux.

3. En un temps record, Rachel pète un plomb. Le genre de plomb qui saute chez toute fille qui se retrouve catapultée dans une vie sentimentale nauséabonde du jour au lendemain. C’est ce petit côté tordu de Rachel qu’on aime, bien que le stratagème de l’héroïne souffrant d’un léger problème psychiatrique est vu et revu en chick lit’ (cela signifie-t-il que les auteurs partent du postulat qu’une célibataire est toujours atteinte du cerveau, ce qui expliquerait pourquoi elle reste seule ?)(ou alors c’est juste un prétexte narratif pour faire de l’humour dans le texte). Mais ici, point trop n’en faut : j’ai trouvé ça mignon.

 

Pourquoi je vous le recommande ?

Moi, j’ai adhéré. Parce que, d’une part, c’est distrayant (et j’aime les livres sur le célibat, je me sens proche de l’héroïne, eh oui). Et puis, d’autre part, j’ai envié Rachel : ses amis sont gén-i-aux. Je veux les mêmes. Parce que, vous savez quoi ? Mes amis à moi sont trop sages. De vrais anges. Jamais ils ne me forceraient à partir en voyage sur un coup de tête. C’est énervant.
Et j’ai aimé guetter les moments où Rachel tombait sur des spécimens de l’homme moderne : le coureur, le lâche, le bizarre, l’ennuyeux… Elle en tombe des nues. On a envie de lui dire : « Bienvenue dans le monde impitoyable des célibataires ! » Évidemment, elle ne va pas en rester là. Elle va nourrir un béguin pour un homme auquel elle ne pensait pas s’intéresser au premier abord… Hinhinhin. Prévisible, mais croustillant !
J’ai tout de même une remarque à faire : chaque fois que je lis une romance moderne, l’héroïne a toujours 28 ans. Comme si 28 ans était la date limite de première fraîcheur, l’âge auquel il faut se remuer le derrière pour trouver un compagnon (mazette !…) Et si l’héroïne a dépassé la date ? Eh bien, il me semble qu’elle fera une excellente Bridget Jones. Ha ! La romance…

ophelie

Aimer Rire

Demain j’arrête, de Gilles Legardinier. Ou les techniques d’approche d’une amoureuse gratinée

8 avril 2013

Dans la lignée des choses les plus folles que j’ai faites pour quelqu’un, je pense que je peux ajouter mon acharnement de la semaine dernière. Une expérience enrichissante (mais dont j’aurais pu me passer) où j’ai tenté d’attirer dans mes filets un beau brun croisé dans le cadre de mon travail. Qu’il était mignon, avec sa barbe épaisse de trois jours, ses larges épaules et son air sérieux au bureau ! J’en étais baba. Puisque je disposais de peu de jours pour faire sa connaissance, je tentais le tout pour le tout : je l’ai accablé d’invitations en tous genres à chaque fin de journée. Bien mal m’en a pris ! Une fois sur deux, j’ai essuyé  des refus significatifs (j’aurais dû considérer avec un peu plus de sérieux le bracelet brésilien attaché à son joli poignet poilu)(un cadeau féminin, sans doute. Hum ?)
Bref, c’est ce qu’on appelle un râteau. Mon sex-appeal semble avoir pris un coup de marteau en pleine face. Le genre de choc qui vous fait prendre conscience que vous n’auriez pas dû trop forcer sur la junk food ces derniers mois. Mais passons. Pourquoi je vous en parle ? Vous allez comprendre en lisant la suite…

Pourquoi lire Demain j’arrête ?

1. Parce que c’est une excellente comédie, du genre à vous arracher vos zygomatiques en à peine quelques pages. Une histoire partie de cette drôle de question : « Quelle est la chose la plus stupide que vous ayez faite dans votre vie ? ». Pour Julie, une jeune banquière de 28 ans, la réponse se commente longuement tant elle cumule bourde sur bourde, faisant preuve d’une créativité toute particulière dans la moindre de ses bêtises.
Sa maladresse légendaire la tourne au ridicule le jour où, obsédée par l’envie irrépressible de découvrir l’identité de son nouveau voisin, elle se coince la main dans la boîte aux lettres de celui-ci en voulant explorer ses courriers.
Pas de bol, c’est là que le charmant garçon fait son entrée dans l’immeuble, la trouvant en bien mauvaise posture. De là naîtra une romance étonnante puisque Julie sera prête à tout pour séduire Ricardo (oui… vous avez bien lu… Ricardo), quitte à solliciter tous ses amis pour faire les plus grosses idioties du monde. Hallucinant.

2. Ne croyez pas lire de la chick lit’ ici. C’est de la pure comédie. Un ton, un phrasé qui vous fait hurler de rire à tous les coups. Gilles Legardinier aurait dû être humoriste tant c’est bon ! On s’entend rire comme une hyène dopée au gaz hilarant. (ce qui a failli me faire m’étouffer telle une mamie ayant avalé son dentier)
Un livre à conseiller à ceux qui tirent une tronche de 20 kilomètres de long un jour de grève des transports.

3. Parce que Julie, c’est nous. Dans sa façon de manigancer une mise en scène, par exemple. Un truc typiquement féminin. Du style… démolir volontairement un truc pour appeler le mâle au secours l’air-de-rien. Ranger précipitamment son appart’ bordélique avant l’opération. Cacher son doudou dans son tiroir à soutifs. Mettre en avant les disques de jazz et dissimuler ceux de ses boys bands préférés. Penser à lui du soir au matin et du matin au soir. Connaître son emploi du temps par coeur. Surveiller consciencieusement ses allées et venues. Etc.
Gilles Legardinier doit être une femme. Autrement, c’est pas possible. Quelqu’un a dû lui vendre la mèche sur nos techniques de manipulation en matière de séduction. Qui ? QUI ?

Pourquoi je vous le recommande ?

Je crois déjà en avoir trop dit dans les paragraphes précédents, mais c’est pas grave. Le tout, c’est d’éviter un maximum le spoil (et vous en trouverez beaucoup sur le net, parce que le livre a été encensé à tout va).
De toute façon, je m’interdis de spoiler tant ce livre est une petite pépite que vous devez absolument découvrir, un coup de coeur littéraire qui m’a remise sur les rails en à peine deux jours. (ça y est, le prochain brun que je rencontre, je le flique jusqu’à son appartement, moi aussi) De l’humour sur fond d’histoire d’amour, que demande le peuple ? (quant à l’histoire du chat affublé d’un chapeau péruvien, c’est top secret)
C’est fluide, c’est bien pensé, c’est tellement… tellement représentatif de l’attitude de certaines femmes amoureuses ! (peut-être pas toutes – mais moi, en amour, je fais partie de la section « cinglée » de notre genre et je l’assume pleinement). Sourire aux lèvres, j’opinais du chef chaque fois que j’y reconnaissais un sentiment : la frustration de ne pas le voir, l’impression qu’il s’en fout, la façon dont on peut collecter des infos dans son dos, être trahie par ses propres expressions…
Une lecture fabuleusement drôle, un véritable clin d’oeil à toutes celles qui galèrent pour faire le premier pas, et aussi à celles qui tentent par tous les moyens de faire comprendre qu’elles sont intéressées…

NB : Le titre est disponible en livre de poche, une bonne raison de se jeter dessus !

ophelie

Aimer Trembler

Les âmes vagabondes, de Stephenie Meyer. Ou la pureté d’une belle âme pour tout changer

1 avril 2013

On le sait, la mode littéraire actuelle est aux livres dystopiques fleurant bon le désespoir. À bas les lectures rêveuses aux futurs pailletés d’étoiles et de licornes fluorescentes ! Désormais, lisons les mésaventures de héros désemparés et meurtris par la perte de leur monde ; plongeons au cœur de scénarios parsemés de séparations déchirantes aux dialogues larmoyants ! Dans les bouquins dystopiques, en réalité, nous n’avons qu’une véritable attente : découvrir comment le gentil-héros parviendra à se dépêtrer de tout ce bazar.
Dans Les âmes vagabondes, la technique est ahurissante. A la prochaine fin du monde, je ferai tout pareil.

 

Pourquoi lire Les âmes vagabondes ?

1. Parce que ça n’a définitivement rien à voir avec Twilight… et ça fait du bien ! Stephenie Meyer, docteur ès vampires scintillants, sert ici un roman étonnement bien pensé. Un vrai roman mature. Ici, l’héroïne se nomme Mélanie, une jeune fille ayant survécu à l’invasion du monde par des âmes extraterrestres (non ce n’est pas tiré par les cheveux, vous allez voir). Dans la vie, Mélanie est en cavale avec son petit frère, tentant d’échapper au pire dans un monde hostile. Un jour, ces deux-là croisent le chemin de Jared, un BG en fuite dont Mélanie tombe éperdument amoureuse.
Pourtant, l’inévitable se produit : elle se fait choper par les méchants et on lui colle une âme dans le cerveau afin qu’elle se taise à jamais. Nous, lecteurs, suivons alors les pensées de Vagabonde, cette âme qui a pris possession de Mélanie avec, pour mission, d’aider les âmes à localiser les humains rebelles. Mais, – ô malheur ! – son hôte fait de la résistance : Mélanie forcera Vagabonde à retrouver Jared… et à trahir les siens.

2. On y découvre une riche palette de sentiments et de sensations décrites avec beaucoup d’exactitude, de justesse… bref, en un mot, de talent. Vagabonde est une âme extraterrestre innocente qui, en intégrant le corps de Mélanie, découvre pour la première fois ce que c’est que d’être humain. Ouvrir les yeux, respirer, toucher… Elle se prend de plein fouet une vague d’émotions saisissantes qu’elle sait incontrôlables. Son témoignage nous fait prendre conscience de la préciosité de notre corps, de notre vie, des éléments qui nous entourent. J’ai trouvé ça très beau.

3. Le récit est fort. La violence de certaines scènes fait peut-être un peu mal au coeur, sans doute parce qu’elles sont décrites à travers le prisme des yeux de Vagabonde. Comment les humains peuvent-ils être aussi querelleurs, haineux, détestables ? L’âme pure de Vagabonde nous aide à déceler les pires défauts des hommes qui, – elle le reconnaît – sont aussi capables du meilleur. Une leçon de vie sur la force de l’amour, qui naît là où on ne l’attend pas.

 

Pourquoi je vous le recommande ?

J’ai observé que, le plus souvent, en dystopie, les héroïnes font preuve d’une belle force mentale, telles des Lara Croft musclées du ciboulot. J’aime les histoires où les femmes prennent le dessus et arrivent, à force de patience, d’humilité, et de matière grise, à calmer les gros bras plein de testostérone. (le girl power n’aura jamais fini de m’habiter)
Dans ce roman, Meyer bouleverse les codes. Elle rend les personnages complexes, elle nous fait aimer ceux qu’on aurait détestés. L’intrigue est plus recherchée que dans la saga Twilight (peut-être est-ce parce que ce livre n’est pas adressé aux ados ?), c’est ce que j’ai le plus apprécié.
D’autre part, la vulnérabilité du personnage de Vagabonde, cette âme pure et honnête, m’a touchée. Moi aussi, en tant que lectrice, j’ai été saisie par les émotions émanant du texte. Faire imager une héroïne violentée, triste et apeurée, c’était quand même un pari risqué pour l’auteure (un coup à vous faire lâcher le livre tant il en vient à vous répugner de la nature humaine) (une façon de faire ouvrir les yeux, j’imagine).
En tout cas, j’ai trouvé cette lecture fascinante : elle m’a pompé mon énergie pendant de longues soirées (plus de 600 pages, tout de même !)
Son adaptation ciné sortira dans nos salles ce 17 avril :’) (elle n’a pas l’air tout à fait fidèle au livre, mais je m’en fiche !) Et ma chronique sort dans les temps… merveilleux, non ?

ophelie

Aimer Trembler

Vivants, de Isaac Marion. Oh comme je l’aime, mon zombie

19 mars 2013

Les morts-vivants et moi sommes fâchés depuis mes quinze ans. Le jour où j’ai décidé que je les éviterai pour toujours, je venais de voir « Resident Evil » au cinéma. Je voulais me préserver, vous comprenez. Les visions de chairs sanguinolentes m’ont hantée pendant trois nuits. Trois longues nuits blanches à guetter les craquements sinistres du bois de ma maison de l’époque, craignant qu’un machin désarticulé ne vienne m’attraper par le pied et me traîner sous le lit pour me croquer toute crue.
Mais bon, j’avais quinze ans. Aujourd’hui, je ne peux toujours pas regarder les films catégorie « Top Gore », mais je peux encore lire des histoires de zombies. La lecture me permet de les considérer avec distance, vous savez : mon imagination n’est pas assez fertile pour détailler les blessures ni les arrachements de tête/bras/jambe/tout-ça.
J’ai vu qu’on parlait beaucoup de Vivants sur la toile littéraire. Quand j’ai vu la b.-a. de son adaptation ciné (qui sort en salles ce mercredi 20 mars sous le nom « Warm Bodies », soit dit en passant), ça m’a convaincue : j’allais braver ma peur du macchabée pour comprendre comment une fille peut tomber amoureuse d’un garçon… mort.

 

Pourquoi lire Vivants ?

1. Parce qu’il y a eu le vampire, le loup-garou, l’ange et même la fée. Alors pourquoi pas une histoire d’amour avec un zombie ? Et quel zombie ! Plutôt bien conservé pour ce qu’il est, R est un macchab’ qui vit dans un aéroport avec ses confrères du même acabit. Il a un meilleur copain, une femme et des enfants (oui, bon, c’est expliqué dedans-le-livre). Régulièrement, ces joyeux lurons pas très bavards partent en ville chercher de quoi se sustenter. Sauf qu’un jour, R tombe sur une petite blonde, Julie, après avoir dévoré le cerveau de son fiancé (eu-rgh). Inexplicablement, il devient amoureux d’elle. Alors que non – non ! – c’est tout bonnement impossible. Surtout que ce comportement interdit suscite la colère des deux camps…

2. Ce roman est, à mon sens, une espèce d’ode à la vie. Nous sommes dans les pensées de R, un jeune zombie portant un regard lucide sur le monde dans lequel il vit, un monde dépourvu de tout espoir… un monde de morts. Mais R, lui, n’a qu’une idée en tête : (re)vivre. En lisant ce bouquin, c’est fou comme on se met à regretter, nous aussi, ces avions qui volaient dans le ciel, ces sons familiers qui composent notre vie quotidienne et cette fabuleuse agitation qui éveillait les villes à la vie de jour comme de nuit ! (oh, R et sa prose poétique !)

3. Parce qu’on se retrouve dans une histoire d’amour à la Roméo & Juliette (en plus macabre, certes). Le désir de R est sans précédent : être auprès de Julie devient sa « raison de vivre », si bien qu’il provoque des choses incroyables pour parvenir à la protéger. C’est étrange et touchant à la fois (quand je dis « étrange », c’est surtout pour souligner la façon dont il arrive à gagner la confiance de Julie) (parce que moi, un mort qui tente de me séduire, ça n’éveille pas plus ma libido que ça) (ça dépend s’il est tout pourri ou pas) (quoique, non, même pas en rêve).

 

Pourquoi je vous le recommande ?

Je ne comprends vraiment pas comment ce livre a pu tomber des mains de certain(e)s. Parce qu’il est hors du commun. Je m’attendais à une romance bizarre « young adult » à la Twilight, mais on va plus loin que ça.
Isaac Marion, par le biais de R, évoque ce que sont les sentiments humains, à quoi rimait le sexe du temps où la mort n’avait pas encore rempli son office, ou, mieux, pourquoi défendre les concepts même de vie et d’amour.
Qui était R ? Pourquoi le père de Julie est un général dépourvu d’humanité ? Qu’est-ce qui lie véritablement les deux tourtereaux ? Comment parviendront-ils à sortir le monde du chaos ?
Et, bien sûr, je ne vous dévoile pas tout le contenu de ce bouquin (hé, je ne spoile jamais !). Mais si vous vous lancez dans cette lecture, vous y trouverez du surnaturel, des ennemis communs à abattre, des gens à convaincre et d’autres moments planants… Un vrai festival d’émotions à éprouver pendant la lecture !
J’affirme que j’ai passé de bons moments avec Vivants, et j’attends même avec impatience de le voir sur grand écran dans les prochaines semaines :’)

ophelie

Aimer

Attachement, de Rainbow Rowell. Les premiers instants d’une histoire d’amour

26 février 2013

Il existe des histoires qui, parfois, me font rêver à une vie meilleure, avec des poneys magiques auréolés de paillettes qui m’emmèneraient au pays de l’amour éternel (où je rencontrerai un bel éphèbe adorable) (mais riche aussi, sinon ça vaut pas le coup de risquer ma vie sur le dos d’un poney à la crinière multicolore). Ce fut le cas de cette intrigue-ci… Un pur régal pour mon petit coeur tout asséché par le vent d’hiver !
J’ai terminé Attachement dans mon bureau poussiéreux, alors que, justement, j’étais « charrette » (comme ils disent si bien dans ce livre), en plein bouclage de l’édition de cette semaine. Je me suis tout de même accordé quelques pauses mentales en parcourant les pages de cette romance, le coeur battant (mais les sourcils froncés pour faire comme si je potassais dur une brochure touristique).

 

Pourquoi lire Attachement ?

1. Parce que l’histoire se déroule en 1999, et tout le charme de cette romance découle de l’enchantement de cette  époque où l’accès à Internet dépendait, entre autres, de la longue numérotation d’un modem 36k.
Dans la rédaction d’un canard américain nommé Le Courrier, Lincoln, un geek de 28 ans accro à Donjons & Dragons et vivant encore chez sa mère (aïe !), est chargé de surveiller les mails de tous les employés. C’est alors qu’il tombe sur les échanges quotidiens entre Jennifer et Beth, l’une secrétaire de rédaction et l’autre journaliste. Leurs conversations de filles l’amusent et l’attendrissent, tant et si bien qu’il s’attache petit à petit à Beth, qu’il n’a jamais vue in real life…
Mais Beth, déjà équipée d’un petit ami séduisant, semble avoir flashé sur un mec mignon qu’elle aurait aperçu dans les couloirs de la boîte… (ho-ho-HO !)

2. Parce que l’intrigue va se construire autour d’un jeu d’alternance intéressant : en effet, le récit va zigzaguer entre la vie de Lincoln et les différents échanges de mails de Beth et Jennifer. De ce fait, comme Lincoln, nous n’en apprenons qu’au fur et à mesure sur ces dernières. On en vient à attendre impatiemment de leurs nouvelles, nous aussi. A trépigner d’impatience sur le moment où le beau Lincoln va enfin rencontrer la fille de ses rêves, s’il saura l’aborder au lieu de tourner autour du pot pendant dix ans ! (mais il paraît que c’est à ça qu’on reconnaît un type bien : il prend son temps, c’est correct.)

3. Lincoln est un héros normal, ce qui change des Dom Juan que l’on rencontre dans certaines romances modernes (hello, Fifty shades !). Il est fondamentalement gentil (rien d’excitant là-dedans, vous pensez ? Il n’y a pourtant qu’avec les mecs gentils qu’on se case pour de vrai, non ?). Il vit chez sa mère (warning ! syndrome Tanguy !) et a bien du mal à ne pas se faire materner. Il n’a pas confiance en lui, à tel point qu’il y croit à peine lorsqu’on lui affirme qu’en réalité, c’est un mec sexy plutôt baraqué… miam ! Romantique, il n’a aimé qu’une seule fille, il se montre attentif aux gens… Bref. J’en veux un comme ça, avec supplément mariage, s’il vous plaît !

 

Pourquoi je vous le recommande ?

Ah. Que dire. C’était une belle histoire, vraiment très belle. Je regrette d’ailleurs de ne pas l’avoir lue en VO.

Disons que ce titre était frais, drôle, charmant, enivrant, excitant… Si je devais vivre une idylle au travail, je voudrais que ce soit celle-là (ça y est, je suis complètement dégoulinante d’amour plein de miel et de sucreries) (Allez, je dois me reprendre !)
Lecture facile, Attachement a tout ce qu’il faut là où il faut pour vous changer les idées. C’est le livre que j’offrirai volontiers à une amie au bout du rouleau : « Tu es triste ? Ah, tu déprimes. Attends, tiens ça. Garde-le, c’est pour ton bien. Lis jusqu’au bout, tu verras, c’est meilleur qu’un chocolat viennois, ou presque. »
Ce roman, c’est l’histoire des débuts de l’amour. Mais oui, vous savez, lorsque vous étiez au lycée et que vous aviez le béguin pour cette personne que vous croisiez de temps en temps dans la salle d’études ? Oui, cette personne même qui, un jour, vous a simplement frôlé(e) et, par ce geste, vous a procuré une sensation de bonheur pour le reste de la journée. Vos fantasmes avaient duré des mois quand, enfin…
Je n’en dirai pas plus, hélas. En espérant que vous vous lanciez dans cette lecture… Bises !

ophelie