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Take a look at me now, de Miranda Dickinson. Ou la fille dont la vie se trouve changée par son voyage aux USA

14 janvier 2015
Take a look at me know

Injectons-nous un peu de paillettes dans les veines, vous voulez bien ? J’ai envie de chroniquer ce bouquin qui, bien que n’ayant pas (encore) fait l’objet d’une traduction en français, mérite grandement le label « feel-good bouquin ». Pour calmer votre tension artérielle et reconquérir un peu de positivisme, je vous invite donc à lire ce qui suit 🙂
Vous savez, j’ai la croyance ingénue que le hasard fait bien les choses. Quand j’ai découvert ce livre, j’étais en fin de séjour à Birmingham, le sac lourd sur l’épaule, occupée à examiner les étalages de livres à l’aéroport. C’était quelque temps avant mon expatriation en Hongrie. J’étais gonflée d’une appréhension mêlée d’espoir, avec l’impression qu’un éventail des possibles aussi large qu’un baobab était sur le point de s’offrir à moi.
J’avais pioché ce livre de Miranda Dickinson, le sourire en coin parce qu’attirée par sa couverture badigeonnée de bon marketing : « Jusqu’où iriez-vous pour prendre un nouveau départ ? ». D’une phrase, j’étais accrochée. Grosso modo, la 4e de couv’ parlait d’une fille bafouée qui, afin d’accuser le coup, prenait la tangente pour San Francisco. Bingo, les gars. J’achète.
Quelques mois plus tard, je mets le bouquin dans ma valise et je décolle pour Budapest. J’ai pris mon temps pour le lire consciencieusement et, en le refermant, j’ai pensé… « Wow ». Explications ci-après.

Le topo

Nell, une jolie petite Anglaise, trouve un jour sur son bureau un post-it de la part d’Aidan, son supérieur et – accessoirement – ex petit-ami, lui intimant de venir le voir illico presto dans son bureau. Pleine d’assurance, Nell s’y rend, persuadée qu’Aidan souhaite (pour la millième fois) remettre le couvert. Mais brutale est la chute lorsqu’elle réalise que celui-ci lui annonce non pas la nature véritable de son amour mais… son licenciement.
Nell doit alors tout quitter et retourner vivre chez ses parents, la perspective de rechercher un nouvel emploi la terrorisant totalement. Or, bien vite, elle décide que devenir chômeuse ne lui dit rien de bon et qu’une pause loin de tout ce fatras lui ferait le plus grand bien. Parce qu’on a qu’une vie, pas vrai ? Elle utilise donc l’argent de son indemnité de départ pour un projet fou, celui de squatter deux mois chez sa cousine Lizzie qui habite San Francisco. (sympa la cousine, hein)
Vous vous doutez bien qu’au cours de cette expatriation temporaire, Nell aura de quoi s’occuper, la coquine. Car, en plus de trouver l’inspiration qui orientera sa vie dans une nouvelle direction, la nénette se cognera « malencontreusement » dans un Américain beau comme un cœur, Max Rossi. C’est là que j’ai commencé à devenir (un peu) jalouse parce que… Max a des fossettes mignonnes, Max donne des papillons dans le ventre, Max est un gentleman, Max a du talent, Max est – en un mot – gé-ni-al. Hey, mais Aidan alors ? Laissé pour compte, il n’a jamais eu l’intention de laisser Nell en plan. Et puis… Max n’a pas l’air aussi honnête qu’il en a l’air, après tout. Pour notre héroïne, le retour au bercail promet d’être un peu plus troublant que prévu.

Ce que j’en ai pensé

Si une histoire est bonne parce qu’elle ressemble en quelques aspects à la nôtre, alors je peux décréter que oui, Take A Look At Me Now est une perle. Je ne vais pas vous faire un récit détaillé de pourquoi-je-me-suis-sentie-en-symbiose-avec-l’héroïne mais j’ai envie de défendre ce livre avec ferveur.
Car, les amis, ceci est une lecture inspirante. Lorsque la vie vous fait une blague douteuse, que vous n’avez plus rien à perdre, il peut être de bon aloi de se poser cette question : « Et maintenant, que suis-je prêt-e à faire ? ».
Moi j’aime les histoires où les personnages prennent des décisions spontanées et se lancent, même de façon bancale, dans des idées farfelues. Ces héros fictifs tendent le doigt vers de nouveaux chemins possibles. Ils vous suggèrent la direction, la toute bonne, vers la réalisation d’une vie rêvée (et là je vous sors inévitablement la référence du brave Walter Mitty – film à voir si ce n’est pas déjà fait, hem.) Ce roman est bon parce qu’il parle d’une fille lambda qui repousse ses limites, devient curieuse, se lance un challenge, se laisse charmer par l’inconnu. Et bien sûr, l’héroïne y gagne tout.
En résumé, le message, c’est : prenez des risques, faîtes un bon en avant, vivez d’amour et de cupcakes… On n’est jamais aussi heureux qu’en déraillant pour de bon.

Aimer Glousser

Coeurs-brisés.com, de Emma Garcia. Ou la fille amoureuse qui croyait aux pouvoirs d’Internet.

7 août 2014
Coeurs-brises

Revenons à ce que je sais faire de mieux : parler bouquins. Non, mieux. Parler bouquins dégoulinants de mièvrerie. (je sais aussi parler romans avec des épées qui piquent et des gens qui saignent, mais je peux faire moins de mots d’esprit et de blagues douteuses avec, comprenez-moi bien.)
Quand le monde se fait lourdingue autour de vous, faîtes comme moi. Plongez-vous dans une histoire où la fille vient d’apprendre que sa vie amoureuse a la couleur d’une eau saumâtre et qu’il lui faut abuser de substances illicites pour éviter de boire la tasse. Et jubilez quand elle est sur le point de s’en sortir !
C’est fou comme je raffole de happy endings : cela faisait comme une éternité que je ne m’étais pas plongée dans un roman de chick lit’ qui fait faire du « boum-boum » dans la poitrine… !
Oui, je suis raide folle de ces histoires qui commencent par « Il m’a larguée y’a trois jours et je suis en train de manger la moquette de mon salon tant je suis au désespoir ». C’est bizarre, dites-vous ? Hum. Juste un chouïa.
Mon goût pour elles a débuté quand j’étais pré-ado, lors de longs étés pendant lesquels il n’était jamais question de vacances. Alors que la plupart des jeunes s’en allaient vivre leurs premières amourettes estivales, moi j’étais enfermée dans ma chambre à attendre que les jours passent… En attendant la rentrée, donc, ma mère me fournissait en livres de supermarché estampillés « Cœur Grenadine », ces trésors de papier aux couvertures laquées en rose, vert et bleu. Dessus figuraient toujours ces visages frais et pimpants de jeunes amoureux fictifs, aux lèvres roses et à la dentition parfaite.
A travers eux, je vivais à fond des histoires de big love au rythme ahurissant d’une tous les 2 jours. Tout ça, sans bouger de mon lit. Quelle serial-loveuse ! (jusqu’à ce que je me heurte à la rude réalité en partant réellement en vacances, vers 14 ans)(« Ah bon on ne peut vivre qu’une amourette par été ? rroh… »)
Aujourd’hui, je lis des histoires « pour les grandes » et j’en suis tout aussi ravie. Je suis bien consciente que les intrigues n’ont rien de bien folichon, mais… aah, l’amour dans les bouquins ! J’adoooooore ! Bien. Parlons de ce livre-là.

Pourquoi lire Coeurs-brisés.com ?

1. Parce qu’il y a une histoire de fille un peu accro à son blog dedans.
Viv Summers (de son vrai nom Vivienne) est une Londonienne tout ce qu’il y a de plus normale. (enfin avec son petit grain de folie, hein. Quelle héroïne de chick lit’ n’a pas un plomb qui pète de temps en temps, hum ?) Elle a un chouette boulot dans le service marketing d’une grosse firme et est fiancée à un super beau mec. Tout pourrait rouler comme un camion sur une autoroute si Rob, ce fameux beau mec, n’avait pas la sale manie de la planter chaque fois qu’ils prévoient de se marier.
Pour la 3e fois donc, Viv se retrouve encore le bec dans l’eau, une robe de mariée inutile sur les bras. De ce fait, elle fait ses valises et part s’installer en solo. Bien que son geste ait tout l’air d’une rupture en bonne et due forme, Viv s’imagine qu’il ne s’agit là que d’un break. Le temps que Rob reprenne ses esprits et revienne frapper à sa porte, vous voyez ?
Évidemment – on l’aura compris – Rob a bien d’autres projets…
Malheureuse à en crever, Viv décide de créer « Coeurs-brisés.com » pour se consoler et inviter les gens à partager leurs déboires sentimentaux online.
Entre-temps, elle laisse sa carrière dériver, boit beaucoup et se réveille un matin dans le lit de Max, son meilleur ami peintre, celui-là même qui a le béguin pour elle depuis toujours…
Une idylle faîte d’amour et d’eau fraîche commence, jusqu’à ce que Rob le BG décide de retourner dans les jupes de Viv, apparemment plus amoureux que jamais… Et s’ils reprenaient leur vie d’avant ?
2. Pour les dialogues entre internautes fictifs sur le forum du blog. Chaque début de chapitre commence par un sujet de forum sur lequel les participants sont invités à débattre : les réponses sont très ressemblantes à celles que l’on peut trouver sur le net… C’est drôle et vivant !
On y lit des histoires de rupture ridicules, des conseils donnés par le tout-venant sur la meilleure façon de se remettre d’aplomb, des échanges corsés…
3. Pour la tournure inattendue des événements… surtout en rapport à l’utilisation d’Internet. Bien que l’on sache que ça finira bien (voyons, voyons… ne vous étonnez pas), il y a toujours une part de surprise dans tout livre de chick lit’ qui se respecte. Dans Coeurs-brisés.com, on a affaire à une héroïne pour qui l’expression « Aux grands maux, les grands remèdes » a tout l’air d’un mantra, c’est vous dire !

Pourquoi je vous le recommande ?

Je ne dirai qu’une chose : lisez-le pour le fun. Honnêtement, je me retrouve un coup sur deux dans les personnages de chick lit’. Quand la fille est trop naïve (ou trop tarée), je ne vis pas l’intrigue à 100%. Mais, parfois, la magie fait effet.
Bien que je ne voyais pas ma propre personnalité se refléter dans celle de Viv, j’ai lu ce récit avec beaucoup d’intérêt (par « intérêt », je veux dire « lire-en-2-jours-non-stop »). C’est toujours intéressant de suivre les raisonnements un peu neuneus d’une fille qui se voile la face, je trouve. Pas vous ?
Et même si on voit venir de loin le dénouement, toute la « magie » réside dans le chemin qui va mener la donzelle dans les bras de l’heureux élu. Et ici, elle n’a pas son pareil pour se planter genre 2, 3, 4 voire 5 fois avant de décrocher le gros lot.
Hé, mais j’y pense. C’est pas ce qui nous arrive dans la vraie vie, des fois ?

Aimer Aventure fantastique fantasy Roman Trembler

Princess Bride, par William Goldman. Ou le grand classique d’amour et d’aventure à lire absolument.

16 mars 2014

L’âme de princesse ? Très peu pour moi, merci. Petite, déjà, lorsque ma mère insistait pour m’enfiler une robe, je me roulais par terre d’indignation. Ce n’est pas que j’étais garçon manqué, non. C’est que je ne trouvais pas ça très en accord avec mes jeux d’enfant, vous voyez.
J’étais le genre de gamine qui adorait jouer aux petites voitures sur un tapis. A 4 ans, mes petits doigts pianotaient déjà sur la première Game Boy et j’étais accro à Mario Bros.
Gavée aux films de Disney, mes héroïnes préférées étaient Pocahontas et Esmeralda (les seules, de mon point de vue, à savoir s’adapter en milieu hostile). Parfois, quand mes parents avaient le dos tourné, je glissais sur les bras en bois du canapé pour faire comme le sauvage Mowgli. Et, avec mon petit voisin, nous grimpions dans les arbres pour jouer à cache-cache et à la guerre.
Vous imaginez, vous, une robe dans ces moments-là ? Impossible.
Le plus incroyable, c’est que je savais aussi jouer à la Barbie. J’arborais avec fierté de fausses boucles d’oreille Polly Pocket et on pouvait m’offrir une maison de poupée rose sans que je ne m’en offusque. Alors, peu à peu, l’idée de devenir une princesse a fait son petit bonhomme de chemin.
Jusqu’au jour où nous avons fêté Noël avec ma petite tante, plus jeune que moi d’une année (une sombre histoire de re-mariage côté grand-père). Elle, elle était carrément dans le délire « Princess & co. » Elle était aussi blonde aux yeux bleus que j’étais brune aux yeux noirs. Et comme elle était fille unique et que moi, plus du tout, elle était aussi très gâtée.
Donc, lors de ce fameux Noël, quelqu’un m’a mis sous le nez un énoooorme paquet emballé dans du papier rose. Bonheur. Surprise. Grosse appréhension. Qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir là-dedans de très rose ?
Pleine d’espoir, je me suis approchée. Mais, subitement, le paquet m’a été repris… pour atterrir entre les mains fragiles de ma tante archi-pourrie-gâtée.
Ce retournement de situation m’a créé, outre l’une de mes premières névroses, un sentiment intense d’injustice. Voir l’autre gamine – fagotée comme une princesse – rougir de plaisir à la vue de son splendide nouveau carrosse Barbie m’a fait méchamment froncer le sourcil. Mais je me suis retenue très fort de pleurer.
Parce qu’à partir de ce jour, j’avais décidé que jamais plus je n’aimerais les princesses. Sauf celle du classique Princess Bride, évidemment.


Pourquoi lire Princess Bride ?

** Parce que connaître un super beau classique de la littérature d’amour et d’aventure, ça n’a pas de prix. L’histoire se déroule au royaume (fictif) de Florin.
Bouton d’Or est la plus belle femme du monde. Mais avant de l’être, cette fille de fermiers a d’abord été une gamine exécrable, avec de la paille dans ses cheveux en pagaille, de la terre sous les ongles et l’humeur massacrante… Surtout envers son garçon de ferme qui, lui, a toujours veillé à répondre bien poliment à toutes ses exigences par un docile « Comme vous voudrez« .
Un beau jour, la petite se rend compte de son amour pour lui, alors que le garçon (nommé Westley, lui aussi in love dans le fond) prend ses cliques et ses claques pour aller faire fortune en Amérique. Bim. Coeur en miettes. La jeune fille décide de l’attendre et se met à soigner son allure pour mieux plaire à son amour quand il rentrera.
Sauf que rien ne se passera comme prévu : Westley déclaré mort en mer, la belle acceptera de dépit la demande en fiançailles du gros roi Humperdinck, adepte de la chasse et des complots. D’abord éduquée aux moeurs de la cour, elle sera kidnappée, libérée, fiancée, mariée, apeurée, désespérée…
Au fil des pages, la pauvre princesse en verra de toutes les couleurs. Mais s’il n’y avait qu’elle… !
** Car on ne s’attend pas aux rebondissements. Jamais. Un personnage est dans la panade ? Dommage pour lui, car le reste risque d’être pire. Bien heureusement, tout ne tourne pas autour de Bouton d’Or. Bien qu’elle reste celle pour qui Westley se démène, d’autres personnages entrent dans la danse, riches d’une toute autre histoire… et complètement déjantés.
** Parce que ce livre/conte de fées qui dépote est une véritable pépite qui répond exactement à toutes vos attentes.
Il vous offre, je cite : « De l’escrime. Du combat. De la torture. Du poison. Le grand amour. La haine. La vengeance. Des géants. Des chasseurs. Des méchants. Des hommes bons. Des dames plus belles que tout. Des serpents. Des araignées. Des bébés de toutes natures et de toutes formes. Des lâches. Des hommes forts. Des poursuites. Des évasions. Des mensonges. Des vérités. La passion. Des miracles.« 
Combinez le tout à des dialogues drôles et piquants, et vous serez aux anges.

Pourquoi je vous le recommande ?
Parce que les procédés narratifs sont une blague à part entière. (et je viens de l’apprendre en consultant Wikipédia, j’en tombe des nues en écrivant cet article)
William Goldman est un excellent romancier et réalisateur de renom ; ce livre a d’ailleurs été adapté en film en 1987, et peut-être l’avez-vous déjà vu. Prétendant faire une « version abrégée avec les bons morceaux de l’œuvre originale« , l’auteur ne cesse d’intervenir entre les paragraphes, pour vous livrer quelques commentaires succulents sur le déroulé de l’intrigue et donner son avis. Je ne peux vous en dire plus sur son procédé narratif tant c’est énorme !
Toujours est-il que, si vous commencez à lire ce bouquin, je vous invite à passer dès le début au « Chapitre 1 : la Fiancée » pour rentrer dans le vif du sujet. Une fois l’histoire bien en tête, reportez-vous à son introduction qui est, en soi, une vraie perle une fois qu’on en a compris le contexte.
Et puis… et puis moi, j’ai vraiment apprécié ce bouquin. J’ai ri, soupiré, lu avec grande attention les péripéties du couple Bouton d’Or/Westley…
Édité dans un splendide coffret violet par les éditions Bragelonne, il n’existe qu’en version papier et… je veux le garder toute ma vie dans ma bibliothèque, voilà.
Aimer érotisme romance Rougir

Scandaleuse Elisabeth, de Eleonore Fernaye. Quand la passion flaire bon le parfum de l’interdit.

9 février 2014

Ne nous voilons pas la face : le corps dit tout. Quelles que soient les circonstances, c’est lui le patron. Il transmet en extérieur ce qui se passe en intérieur, et ça, c’est plutôt gênant.
Prenons un moment terrible, comme la fois où, à proximité d’un être infiniment désirable, votre corps vous crie de vous jeter littéralement dessus. Un truc que la morale réprouve, quoi.
Ça vous est peut-être déjà arrivé : vous rencontrez quelqu’un, il a l’air bien dans sa tête et ses baskets, vos esprits semblent connectés et votre enveloppe charnelle réclame désespérément la sienne.
Mais – MAIS – il y a danger.
Bien souvent, cette petite alarme, que je surnomme personnellement le « NO WAY« , se manifeste par :
1) une nénette déjà présente dans sa vie/sa tête
2) une position sociale dérangeante (c’est votre collègue/votre boss)
3) une famille allergique à l’idée que vous partagiez avec lui la fraîcheur de vos draps (si vous avez d’autres suggestions pour enrichir mes exemples…)
Bref, no way. Et s’il y a moyen de moyenner un rapprochement sensuel avec ce quidam, c’est la cata. Oui, vous avez carte blanche pour agir, voire mal agir. Mais vous prenez un risque. Au vu de mes propres expériences, je dirais que, dans ces cas-là, le corps, c’est l’ennemi à abattre.
Par exemple, le mien fonctionne un peu comme un infâme Mr Hyde. Dès l’instant où il  a repéré une fenêtre ouverte (équipée de bras vaillants), il tente une ruade qui manque de faire dégringoler ma raison ou de me faire piétiner mes principes et, par ricoché, ma dignité.
Et je peux vous assurer que mon Mr Hyde tire vraiment sur la corde quand l’objet de son désir est un playboy bad boy. Il me faut presque la force morale de mille femmes de caractère pour le détourner du côté obscur !
Mais comment lutter quand nos phéromones crient famine ? Le cerveau à lui seul peut-il faire barrière à ce feu qui brûle en nous au point de nous en faire des cloques ?
L’héroïne de Scandaleuse Elisabeth, elle, a fait les frais de ce combat corps VS esprit. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne cherche pas à entraver ses bas instincts… !

Pourquoi lire Scandaleuse Elisabeth ?

** Car on a affaire à une jeune femme qui s’éveille aux délices de la galipette tout en transgressant les bonnes moeurs de la noblesse.
Elisabeth d’Arsac est le genre de fille à haïr pour la forme : issue d’une riche famille française, la donzelle sait jouer de la harpe comme une déesse et parle anglais couramment. Et comme si ça ne suffisait pas, elle a aussi la taille fine et le cou délicat. Ce qui, en 1778, fait d’elle une nana hyper désirable.
Mais même si elle est convoitée par des hommes influents, Elisabeth n’a nullement envie de rentrer dans les rangs. Il faut dire qu’elle a des idées bien avancées pour l’époque : le mariage est, pour elle, le meilleur moyen de perdre son indépendance et de se retrouver soumise à un homme pour le restant de ses jours.
Toutefois, la belle a un vice : elle demeure curieuse des choses qui se passent sous la couette !
Et ça tombe bien car, un jour de bal masqué, elle fait la connaissance d’un bel Américain, baptisé Henry. Il est splendide (dans le genre musclé) et, forcément, il cherche à la choper gaiement dans un coin sombre.
Elisabeth sait que cette attitude n’est pas conforme à son rang, mais il faut bien admettre que question résistance, elle n’est pas super douée.
Le hic, c’est que cette petite aventure ne s’arrêtera pas là : contrairement à ce qu’elle croit, le fier Henry a le sens de l’honneur et il compte bien lui demander sa main…

** Parce que c’est une bonne lecture à mettre sur sa table de chevet quand on ne trouve plus son compte dans l’avalanche de titres dupliqués de Fifty shades of Grey. Le pseudo-SM vous gonfle ? Ça tombe bien, avec Eleonore Fernaye, on découvre les joies du sexe décrites à l’ancienne, avec des expressions sorties tout droit du journal intime des coquines de l’époque. Bizarrement, ça émoustille bien mieux les sens !

** Car derrière ses dehors grivois, ce roman cache une romance historique très torride et pleine de bons sentiments, même si les deux protagonistes ont du mal à s’apprivoiser et s’accusent parfois à tort et à travers, sinon ce ne serait pas du jeu. Et oui, en 1778 aussi, on se prenait la tête comme pas permis !

Pourquoi je vous le recommande ?

Pour vous mettre en appétit à l’approche de la Saint-Valentin, c’est bien. Moi, ça m’a fait rêver façon intense. Du coup, j’ai bien envie de ressortir ma robe de princesse (déjà évoquée ici) pour aller charmer les individus disponibles le jour J ! (je dis ça parce que mon agenda comporte déjà la mention « soirée dansante spécial célibs » ce soir-là)(même si je m’apprête à quitter notre bonne France, je compte bien rebooster mon sex-appeal, huhu)
J’ai trouvé que le cas de la charmante Elisabeth semblait très similaire à celui des célibataires du 21e siècle : avant-gardiste, la jeune femme n’est pas prête à sacrifier sa liberté malgré la pression sociale (faut dire qu’à 20 ans passés, être célibataire, ça fait désordre, non ?).
Quant à son histoire avec Henry… Moi, ça me rappelle les relations d’aujourd’hui que l’on débute, le plus souvent, les jambes en l’air, mais que l’on espère voir évoluer progressivement avec le coeur. Graou !
Un merci à Isa de Au fil d’Isa qui m’a conduite à faire cet achat irraisonné mais absolument pas regretté 😉

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Une vie de rêve, de Marian Keyes. Ou quand trois femmes frôlent la crise de nerfs lorsqu’arrive le prince charmant.

17 décembre 2013

Pour être heureux, cultivons notre jardin, dixit Voltaire en conclusion de Candide. Pourtant, si l’humain cultive quelque chose, c’est surtout sa propension à croire que l’herbe est plus verte chez le voisin. Elle y semble toujours plus grasse, plus flamboyante. Mais comment fait-il ? Même les trèfles à quatre feuilles y sont plus nombreux !
Moi, ma vie de célib’ s’apparente plutôt à une prairie. C’est grand, une prairie. Bien plus qu’un jardin. On y trouve beaucoup d’opportunités de carrière/voyages dans les herbes folles et les rencontres amicales se font au beau milieu des fleurs des champs. Les soirées arrosées sont pleines de drôles d’oiseaux et les amourettes se perdent dans les bourrasques de vent.
Dernièrement, j’ai tenté d’y faire un potager dans un coin, histoire de me mettre à cultiver un début de jardin, moi aussi (parce que c’est bien beau les prairies, mais personne ne s’y arrête vraiment pour s’installer confortablement et boire un coup). Comme je n’ai pas vraiment la main verte, j’avais mis à contribution un séduisant mâle qui paraissait content à l’idée de gambader librement dans ma vie-prairie.
Hélas, il s’avère que le jeune homme ne m’avait raconté que des salades puisque, prenant peur devant l’ampleur de la tâche (dur-dur de rouler une pelle), il est vite retourné dans le jardin d’où il provenait à l’origine : celui de son ex-copine.
Bien que ce jardin-là ne pouvait lui offrir qu’une perspective de bonheur basique (à base de projet de bébé qui naît dans les choux), c’est là-bas qu’il a décidé d’aller bêcher, me laissant pour tout outil… un râteau.
Peut-être que l’idée de planter des carottes dans un nouveau terrain l’avait effrayé, ou alors il n’a pas su apprécier à sa juste valeur la rondeur de mes tomates… (hoho !).
Toujours est-il que, suite à sa démission, j’ai abandonné mon potager à son triste sort pour continuer à explorer ma prairie en solitaire. En général, c’est après ce type de déception que je me mets à lorgner sur le jardin de mes copines, cette question au bout des lèvres : pourquoi le soleil brille-t-il plus fort dans leurs vies ?
La jalousie est un défaut récurrent chez tout être humain, et encore plus chez les femmes, il faut le dire. Le bonheur scintillant de nos amies nous renvoie inévitablement à nos échecs, notre impression d’avoir loupé un truc, comme si nous avions fait une erreur d’appréciation et planté nos légumes sur le mauvais terrain depuis le début. C’est clairement cette impression qu’ont les trois héroïnes de Une vie de rêve, d’ailleurs.

Pourquoi lire Une vie de rêve ?

** Parce que c’est une croustillante histoire de chassés-croisés amoureux.
Tout commence avec la rédactrice en chef d’un magazine féminin de Londres, Lisa. Convoquée par ses supérieurs en vue d’une promotion, l’arrogante jeune femme, qui s’attend à être promue dans un magazine ultra-réputé de New York, se retrouve envoyée à Dublin pour lancer une revue féminine chic et sexy nommée Colleen.
Pour Lisa, c’est la mort. Adieu la vie qu’elle avait tant rêvée ! Elle se voit obligée de déménager dans un pays qu’elle abhorre, forcée de vivre dans une capitale qui lui semble bien loin de l’ambiance « branchée » londonienne. Là-bas, on lui confie une équipe réduite et un chouïa bizarre avec, pour adjointe, une dénommée Ashling, qu’elle considère comme totalement has-been.
En vérité, Ashling ne souhaite rien de plus que de vivre un conte de fées comme celui de sa copine Clodagh avec le combo maison/mari/enfants. Alors que Clodagh, elle, rêve de vivre comme elle l’entend, un peu à la manière d’Ashling.
Forcément, un jour, ça va swinguer ! Avec l’arrivée du « prince charmant », chacune va tenter de tirer la couverture à soi. Entre jalousies, tensions et prises de bec, l’atmosphère promet d’être électrique. Reste à savoir comment elles parviendront à tenir debout.

** Parce que les personnages y frôlent la crise de nerfs et beaucoup se sentent vidés de leur substance. Certains flirtent avec la dépression nerveuse ou finissent même par tomber dedans ! Chacun y va de son petit côté névrosé et, quelque part, c’est drôle, d’autant plus que ça les rend tous très attachants.
Ainsi, Ashling ne peut pas partir en soirée sans avoir tiré les cartes au tarot, Lisa se rassure à force de soins et de fringues à des prix outrageux et Clodagh supporte bien mal ses enfants. (et encore, je caricature) Ces héroïnes sont imparfaites et on aime ça. Beaucoup-beaucoup.

** Parce que si vous vous êtes toujours demandé comment ça se passe dans les coulisses d’un mensuel féminin, vous en aurez un aperçu plutôt convaincant. Je crois que l’auteure a voulu dénoncer les travers de journalistes qui profitent allègrement de leur statut pour bénéficier de cadeaux et services gratis. C’est toujours intéressant à lire d’un point de vue sociologique, non ?

Pourquoi je vous le recommande ?

Aaah, Marian Keyes. Beaucoup vous le diront, cette auteure est une valeur sûre.
Après Le club de la dernière chance, que j’ai beaucoup apprécié, j’ai suivi le conseil de ma chère blogo-copine Atalanta une fois de plus en me jetant sur ce titre. J’y étais tellement accro que je l’ai embarqué pendant mon week-end à Birmingham (en Angleterre) où il a été ballotté sans ménagement. (j’ai d’ailleurs tenté de le chercher en VO mais j’ai vite abandonné, toute obnubilée que j’étais par les boutiques du mall en centre-ville).
Une vie de rêve, donc, c’est un peu un roman-coup de foudre. Il fait l’effet d’un paquet de Kinder Schokobons que l’ont reçoit à Noël : quand on l’ouvre, on sait qu’on va déguster de la bonne came. Le tout, c’est de savoir si on sera capable de ne pas le liquider trop vite.
L’intrigue tient bien en place. On peut tenter de deviner qui finira avec qui, bien sûr, mais Marian Keyes a le chic pour nous flouer sur certains « destins amoureux ». Et ce qui me plaît le plus, c’est cette manie qu’elle a de mettre systématiquement un ver dans la pomme. (parce qu’il y a toujours quelque chose de pourri au royaume de Marian Keyes !)
Dans Une vie de rêve, les apparences sont trompeuses, certes, mais les personnages fallacieux ne sont pas forcément ceux que l’on croit…
Bon, et sinon, quelqu’un sait si les bouquins de cette auteure ont été adaptés à l’écran ?

Aimer Glousser

La plus belle histoire d’amour, de Lucy Robinson. Ou les huit rencards foireux d’une célibataire frappa-dingue.

7 novembre 2013
La plus belle histoire d'amour

Dans la longue liste de mes rendez-vous galants, j’ai connu un certain nombre de ratés. Le plus marquant date de l’époque où, venant tout juste d’arrêter de consommer du « sans lendemain », je m’étais engagée solennellement à trouver l’homme-de-mes-rêves. Le tri sur les sites de rencontres me fatiguant au plus haut point, j’avais opté assez rapidement pour une rencontre in-real-life avec un garçon plutôt gentil avec lequel je parlais beaucoup de cinéma. Je m’étais rendue à ce rendez-vous avec désinvolture mais pas trop, habillée mais pas trop et maquillée mais pas trop. Et, dans le cas où ça se passerait mal, j’avais mis au point une stratégie infaillible qui consiste à donner rendez-vous à 22h en pleine semaine, de façon à m’éclipser au bout d’une heure sous prétexte que « j’ai-de-la-route-pour-rentrer-et-je-travaille-demain ». Astucieux, non ?
Il était donc 22h et j’étais en avance, plus fébrile que prévu. J’avais placé quelques espoirs dans cette rencontre qui marquait résolument mon entrée dans un nouveau cycle de drague, plus sage et raisonné. Mais quand le gentil garçon est arrivé, j’ai été littéralement saisie… de stupéfaction. Car la vie avait joué un sale tour à ce pauvre homme. Son faciès, déformé par une malformation du crâne, avait le plus grand défaut de symétrie que j’ai jamais vu : un oeil plus bas que l’autre.
Je sais que j’aurais dû m’en apercevoir sur ses photos de profil. Mais, devinez. Il s’était arrangé pour présenter soit son profil droit, soit son profil gauche (je salue ici sa technique, passée inaperçue).
Ce fut donc l’une des heures les plus longues de ma vie, pendant laquelle j’ai osé raconter des choses invraisemblables pour le décourager (« je suis sur ce site pour me faire de nouveaux amis ») et agir comme une goujate (« ah, les roses, moi, je déteste ça ! Si-si, je t’assure ! » lorsqu’un Pakistanais nous a proposé son bouquet). Cela n’empêche qu’il s’est comporté comme un gentleman… ce qui n’est pas toujours le cas.
L’héroïne du livre La plus belle histoire d’amour, elle, en connaît d’ailleurs un rayon côté rencontres virtuelles foireuses. Très large, le rayon.

Pourquoi lire La plus belle histoire d’amour ?

1. Parce que c’est un livre au récit digne des plus belles comédies romantiques comme on en tourne au cinéma.
A 25 ans, Fran est sous-fifre dans le monde du journalisme télévisuel. C’est lors d’un reportage au Kosovo qu’elle rencontre Michael, un joli jeune homme qui ne tarde pas à tomber amoureux d’elle. Quelques années plus tard, alors que sa propre carrière décolle et qu’elle pense que Michael s’apprête à lui demander sa main, ce dernier réclame un break.
Hurlant à la mort du fond de son lit, Fran n’arrive pas à admettre que c’est fini. N’en pouvant plus de son état déplorable, ses amis décident de mettre au point un plan sensé être « infaillible » pour qu’elle puisse récupérer Michael. Ils la poussent alors à s’inscrire sur un site internet de rencontres et l’obligent à se rendre à huit rencards… absolument catastrophiques !
Et comme Fran est un peu frappa-dingue (et maso), elle se met aussi en tête d’espionner la nouvelle copine de son ex afin d’en savoir plus sur eux. Dans ces conditions, pas facile d’être au top au bureau, surtout quand on a le coeur en miettes, une drôle de mère à gérer, un chat irascible, une amie slave vivant planquée dans sa remise et une légère addiction au gin. Pour s’en sortir, Fran sera contrainte d’ouvrir enfin les yeux…
2. Pour la réalité des conversations virtuelles. C’est fou comme on s’y croirait ! Habituée-s des sites de rencontres, vous vous y reconnaîtrez absolument. Entre celui qui fait des mauvaises blagues sur votre présentation, celui qui cherche un plan c** parce qu’il trouve que vous avez un regard de coquine et celui qui semble charmant sur le papier mais terriblement vulgaire dans la réalité…
Lucy Robinson dresse un portrait véritablement « ravissant » de nos correspondants virtuels. Pas étonnant, d’ailleurs, puisqu’elle tenait un blog où elle racontait ses multiples rencards internet.
Rien ne vaut l’expérience…
3. Pour la richesse des péripéties de Fran. J’ai rarement lu une histoire aux rebondissements aussi bien fournis en sentiments, en détails et en drôleries (oui parce que les situations sont d’un cocasse… ! On se gausse, mes amies, on se gausse !). Fran est le genre de fille que l’on traite de « grande folle » ou de « vieille branche », je vous laisse donc saisir le grand potentiel humoristique du personnage. Et le meilleur reste les récits de ses rencards (les chapitres sont même rangés selon l’ordre de ses rendez-vous), hourdés de passages délicieusement truculents !

Pourquoi je vous le recommande ?

Avez-vous déjà eu cette envie si particulière, celle qui consiste à se lover dans votre canapé, les pieds enroulés maladroitement dans un plaid pelucheux et un bouquin sous les yeux en attendant que votre tasse de thé brûlante ne le soit plus ? (ô caricature, quand tu me tiens !)
Sachez donc que lire La plus belle histoire d’amour fait partie de ces livres légers que l’on déguste façon « longue soirée d’hiver », surtout lorsque vous en avez assez d’ingurgiter de la série télé.
Comme vous le savez peut-être déjà, je suis très attachée aux petites histoires qui relatent les premiers instants de célibat dans la vie d’une fille qui n’a connu que l’amour-véritable-mais-en-fait-non. Et concernant Fran, je me suis délectée avec beaucoup de plaisir de ses pensées abracadabrantes.
Conclusion : je pense que La plus belle histoire d’amour plaira à toutes les filles qui ont déjà tenté de récupérer leur ex petit-ami… (sommes-nous nombreuses dans la salle ?)
Et un gros merci à ma copine Isa pour m’avoir conseillé ce titre 🙂

Aimer Glousser

Le club de la dernière chance, de Marian Keyes. Ou lorsqu’un malade demande à ses amies de tout changer.

10 octobre 2013
Le club de la dernière chance

Aujourd’hui, parlons d’amour… et d’amitié. Toute personne accro aux séries télévisées en est plus que consciente : l’amitié, c’est carrément-trop-hyper important. Je ne vous apprends rien, évidemment.

Ces temps-ci, je fais la couch-potatoe devant New Girl (avec Zooey Deschanel, dont je sur-adore le look rétro) et je redécouvre les saisons de How I Met Your Mother (car je suis fan des techniques de drague de Barney Stinson)(un jour j’ai discuté sur un site de rencontre avec son sosie). Donc, depuis quelques temps, je me prends à rêver d’une colocation bruyante et houleuse avec des amis loufoques.
Ce soudain désir est drôlement ironique puisque, à l’heure actuelle, je procède à un grand ménage affectif dans mes relations amicales. J’ai réalisé ce que j’appelle du « tri par le vide ». Et ça fait un bien fou. M’entourer uniquement de l’essentiel m’a donné l’impression d’avancer dans le bon sens. Et, désormais, j’ai de la place pour de nouvelles affections (+ amoureuses aussi, HINHIN).
Pourquoi une telle entrée en matière ? Eh bien, même si j’affine les contours de ma sphère sociale, j’avoue  aimer bouquiner les histoires d’amitiés à la fois tendres, véritables et totalement barrées. Et quand mes sujets préférés s’en mêlent (l’amour / le célibat), c’est encore mieux.
La club de la dernière chance est, justement, le genre de livre à réunir ces éléments. Cette petite découverte m’a assuré des heures de lecture plaisantes et douillettes (et je la dois à ma blogo-copine, Atalanta ;’) (coucou !))

Pourquoi lire Le club de la dernière chance ?

1. Parce que ce bouquin traite de problématiques amicales et amoureuses tout à fait actuelles. C’est l’histoire d’un trio d’amis qui, après avoir grandi ensemble en Irlande, migrent à Londres pour devenir de vrais adultes avec de vrais boulots. Ils ont la trentaine. Ils sont drôles et attachants. Tara travaille dans une boîte d’informatique, complexe sur sa taille 42 et s’aveugle dans une relation déséquilibrée avec un sale type égoïste et radin. Katherine bosse dans une boîte de publicité, revendique férocement son célibat et s’obstine à verrouiller son coeur depuis qu’un gros connard l’a prise pour une idiote de première catégorie. Fintan, lui, connaît une fulgurante carrière dans le milieu de la mode et, des trois, est le seul à goûter au doux bonheur d’une vie de couple sans nuage avec Sandro, son amoureux italien.
Le drame survient lorsque les filles apprennent que Fintan est tombé gravement malade. Profitant de ce mauvais tour de la vie, il leur somme d’en profiter à sa place en agissant avant qu’il ne soit trop tard : Katherine devra faire fondre sa solide carapace de glace tandis que Tara devra reprendre sa vie en main.
Débute alors, pour les deux filles, une lourde période de remise en question…
2. Parce que la leçon de vie est… immense. Jusqu’où seriez-vous prêt-e à aller pour un ami ? Est-ce que vous seriez capable de vous remettre en question après qu’il vous ait révélé vos « quatre vérités » ? Seriez-vous prêt-e à changer de vie s’il vous le demandait expressément ? (ces questions fonctionnent aussi avec « unE amiE »)
3. Car l’auteur sait aborder un sujet lourd et tragique (la maladie, donc) avec suffisamment de recul et de tact pour nous éviter de vider la boîte à mouchoirs. Avec Marian Keyes, on ne dramatise pas. L’idée n’est pas de faire pleurer dans la chaumière, ouf. La maladie est là, certes, mais les deux autres personnages comptent aussi. La place donnée à leur histoire est tout aussi importante, mais l’auteur veille au grain : jamais, Ô grand jamais, Katherine et Tara ne mettront de côté leur affection et leur attention pour Fintan. Ce ne devait pas être un exercice très facile… *chapeau bas* Malgré tout, cela reste l’histoire d’une belle amitié.

Pourquoi je vous le recommande ?

Ce livre a été dévoré en deux jours. DEUX JOURS ! Merveilleux. J’aurais voulu boire chocolat chaud sur chocolat chaud en grignotant du bout des lèvres du marshmallow pendant toute la durée de ma lecture.
J’ai beaucoup apprécié l’alternance des histoires qui nous bousculent au fil des pages. Les bonds dans le temps sont maîtrisés, les sentiments de nos deux héroïnes sont criants de vérité. Quand Tara s’écrase face aux exigences déplacées de son détestable petit-ami, on grogne. Je me suis sentie frustrée de ne pas lui crier de se rebeller. (« Et en plus, j’suis sûre qu’il est moche ! » a-t-on envie de hurler. « T’exagères, tu vaux bien mieux ! ») Quand Katherine repousse les avances d’un mec super sexy et – visiblement – prometteur, on râle. La frustration nous prend comme une envie de se gratter quand on n’en a pas le droit.
Bref, on se prend d’amitié pour ces deux trentenaires peu douées en amour et, en parallèle, on se prend à vouloir leur donner des leçons. Et ça démange énormément.
Et, bien que ce roman s’apparente à de la chick lit’, je tiens à lui décerner le label « Qualité ++ » (j’ai inventé ce label à l’instant)(d’ailleurs ce n’est pas bête, ça me permettrait de classer mes lectures)(Hum. Nan.) Même si on pense deviner ce qui va advenir de nos personnages, Marian Keyes garde le meilleur pour la fin. Elle sait surprendre. Et c’est plaisant. Du coup, j’ai adoré.
Si vous aussi, vous gâchez votre vie en vain parce que vous pensez appartenir au « Club de la dernière chance », je pense que cette lecture vous fera le plus grand bien :’)

Aimer Rire

Comment se remonter le moral grâce au Journal de Bridget Jones, d’Helen Fielding

21 juillet 2013
Le Journal de Bridget Jones

J’ai le moral en berne. En chute libre. Dans les sandales.
Et tout cela à cause d’un garçon dont je me suis entichée comme une débutante. Un ignoble garçon qui – cela va de soi – a pris la poudre d’escampette il y a des mois sans laisser d’indices, tel un prestidigitateur en goguette parti faire le tour du monde à dos de chameau (ce qui ressemble bien au personnage, en fait).
J’ai beau avoir demandé conseil à mon entourage, rien à faire. Personne n’avait de remède miracle à proposer pour m’aider à faire le deuil de cette relation bizarre. Je ne savais plus comment me dépatouiller de cette douleur-guimauve collée à mon coeur, façon vieux chewing-gum ramolli par le soleil se scotchant sous une basket.
Puis, alors que j’errais dans mon appartement d’un air hagard, avec l’air de la fille qui a perdu de vue son moi profond, mon regard s’est arrêté sur l’exemplaire du Journal de Bridget Jones qui traînait sur mes étagères. En l’apercevant, j’ai cru entendre ma mère en toile de fond, cette phrase indigeste qu’elle me répète chaque fois que je lui rends visite et qu’elle martèle d’une voix goguenarde (tout en louchant sur mes rondeurs acquises depuis ladite fausse-rupture) : « Arrête donc de faire ta Bridget, ma chérie ! Ressaisis-toi un peu, ce n’est pas comme ça que tu trouveras un copain ! ».
Ni une, ni deux, j’ai empoigné le livre. Parce que, justement, contrairement à ce que pense ma chère mère, j’ai pensé que seule Bridget serait apte à m’apporter de vraies réponses.

 

Pourquoi lire Le journal de Bridget Jones ?

(surtout quand on est célibataire et fatiguée par le fait d’être déprimée)

1. Parce que Bridget est celle qui sait. Oui, vous avez déjà vu le film. Et alors ? Le livre n’a (presque) rien à voir. Vous débutez la lecture de chaque jour par un comptage de calories, de cigarettes et de verres d’alcool en bonne et due forme, qui sont autant d’éléments témoins d’une vie en solitaire passée à fixer le plafond tout en se demandant « Pourquoi pas moi ? ».
Comme vous, Bridget n’a plus la foi. Et lire les propos d’une fille qui doute fortement de son sex-appeal, ça rassure. Des lustres qu’elle n’a pas vu le loup. Des mois qu’elle fantasme béatement sur son patron. Des jours qu’elle tente vainement de se draper dans sa dignité en jouant à la femme froide et indifférente. Sans oublier les années pendant lesquelles sa mère n’a de cesse de la considérer comme une vieille fille sur le déclin.

2. Ce livre séduit par sa composition immensément riche en grandes phrases porteuses de vérité sur, en vrac : les longues soirées d’été passées à bougonner seule chez soi pendant que le reste du monde s’amuse à un barbecue ; les comportements décevants de vos amis qui passent subitement du côté obscur de la barrière (au pays de l’amour brillant) ; les bonnes résolutions qu’on ne tient jamais en ce qui concerne la bouffe et la gym ; les repas de couples où vous réalisez que, finalement, vous n’êtes pas si mal lotie ; les plans sur la comète pour récupérer un enfoiré affectif, etc. On se régale !

3. Certaines scènes sont différentes de celles du film. Le bouquin nous présente une Bridget qui pèse moins lourd (N.B. : j’ai plus de kilos qu’elle alors qu’elle mange comme quatre et pas moi) et qui est d’une perspicacité étonnante pour une fille que l’on observe un peu gourde à l’écran. Quant à sa mère, c’est une véritable tornade que l’on a littéralement envie de cogner (et ce trait apparaît moins forcé chez le personnage du film). Évidemment, je ne vous livrerai aucune révélation sur les scènes-clés avec Daniel Cleaver et Marc Darcy ;’)

 

Pourquoi je vous le recommande ?

(quand vous êtes au fond du trou)

Je n’en ai fait qu’une bouchée. Ce qui s’explique pour deux raisons :
– Hormis mon pseudo-chagrin d’amour, je me suis retrouvée subitement dépourvue de ma dernière amie célibataire, celle-ci m’ayant annoncé qu’elle sortait enfin avec l’homme de ses rêves (me forçant par-là même à lui dire « j’suis-trop-heureuse-pour-toi » en ravalant mes larmes d’amertume de joie).
– Les seuls SMS/MMS que je reçois sont ceux de ma mère partie se la couler douce au Portugal, ainsi que ceux de mes amis de la fac partis sans moi faire du camping en Vendée.
Résultat : je me sens comme un chaton galeux abandonné sur le bord de la route.

Donc, l’espace de quelques soirées, Bridget a été une véritable amie.
En bonne copine de papier qu’elle est, elle n’hésite pas à vous avouer combien elle se sent seule et moche : pourquoi personne ne prend jamais de ses nouvelles ? Pourquoi sa mère arrive-t-elle à ferrer les hommes et pas elle ? Pourquoi se jette-t-elle autant sur la bouffe pour compenser ?
Au-delà des problèmes d’amûr, Bridget reconnaît s’enrouler dans une spirale et se complaire dans un comportement-type d’indécrottable célibataire. Car préférer passer son samedi soir à regarder ses émissions préférées plutôt que d’aller « chasser » entre copines (s’il en reste…), c’est déjà mettre un pied dans le fossé de la solitude éternelle. Mais après lecture, j’ai changé d’avis. Et alors ? Chacun sa façon de surmonter sa traversée du désert !

Ce qui m’a vraiment fait du bien au moral, c’est surtout l’avalanche de clins d’oeil disséminés dans les pages, où je me suis reconnue au quotidien, prouvant ainsi que je ne suis pas la seule :
Bridget aussi perd pied. Bridget aussi collectionne les enfoirés affectifs alors que les gentils garçons, elle leur passe à côté. Sans compter les appels intempestifs aux copines qu’elle fait suer et les achats de fringues inconsidérés.
Alors à Bridget : MERCI. Car grâce à toi, je peux enfin déculpabiliser.

ophelie