Browsing Category

Aimer

Aimer Trembler

Le secret de Pembrooke Park, de Julie Klassen. Ou comment vivre une romance dans un manoir abandonné

20 avril 2018

Laissons de côté tout ce qui nous préoccupe, et intéressons-nous à une histoire fascinante avec des corsets, des froufrous et des bals… Une histoire sombre, inquiétante, et un cœur à prendre de plus de 25 ans.

Pourquoi lire Le Secret de Pembrooke Park ?

1. Parce qu’il s’agit d’une romance historique un poil angoissante. Oui. Angoissante.
Dans l’Angleterre du 19ème siècle, Abigail Foster, une jeune femme intelligente issue d’une famille d’aristocrates, souffre depuis toujours d’un complexe d’infériorité face à sa sœur cadette, qui la surpasse en beauté. Du fait de son âge « avancé », elle est écartée de la traditionnelle « chasse au mari », et se retrouve reléguée au rôle de gestionnaire de maison. Sauf qu’un jour, elle commet une terrible erreur de jugement qui conduit sa famille à la ruine. Boum, plus d’sous.
Mais heureusement, une occasion en or se présente : on propose aux Foster de venir habiter un vieux manoir abandonné en pleine campagne anglaise.
La décision d’emménager est vite prise, et Abigail part en « éclaireuse » sur place. De toute façon, elle n’a plus rien à perdre : l’homme dont elle est secrètement amoureuse depuis l’enfance en pince pour son agaçante petite sœur parfaite. Donc pour elle, point de salut : autant aller servir le Seigneur.
Et ça tombe bien car, dans la chapelle du village, elle fait la rencontre d’un vicaire plutôt sexy. Il s’appelle William Chapman, et même s’il est excessivement doux et gentil, tout un tas de mystères entourent sa famille. Faut dire que le manoir cache aussi de sombres secrets : la nuit, Abigail entend des bruits étranges. Et une rumeur court sur un trésor serait caché en ses murs. D’ailleurs, on dirait bien que quelqu’un (ou quelque chose ?) rôde dans les couloirs…

2. Parce qu’il y a du mystère. Et c’est original pour le genre. Notre héroïne n’est pas qu’à la recherche de l’amour. Elle mène l’enquête, tente de déjouer les faux semblants, surprend des personnages à des endroits où ils ne devraient pas être, reçoit des pages du journal d’un anonyme, se fait stalker par un taré… Bref, ça ne donne pas très envie d’aller dormir seule dans un manoir au milieu de nul part.

3. Parce que l’héroïne est quand même badass. Dans une époque rétrograde où il faut se montrer vertueuse, ne pas déclarer sa flamme trop vite à l’être aimé, laisser les mâles vous inviter au bal masqué, s’effacer devant la concurrence plus jeune et jolie… Abigail, par sa propension à se croire « périmée », ne se pose plus de questions sur son droit à l’indépendance vis-à-vis des hommes. Elle se promène, seule, sur son domaine, prend des décisions pour toute la maisonnée et ne cherche pas à plaire aux messieurs. Et ça, c’est ce qui fait son charme.

Pourquoi je vous le recommande ?

J’étais en train de zoner sur Livraddict.com quand je suis tombée sur ce titre (d’ailleurs vous pouvez voir mon profil là). La couverture m’ayant intriguée (avouez qu’il s’en dégage un aspect sombre!)(c’est à cause de la porte, ça – les grandes portes c’est menaçant), je l’ai ajouté dans ma wish-list avec empressement. Je me le suis fait offrir, je l’ai dévoré en 3 jours, et j’en ai tiré des conclusions très positives.
Autrement, cette lecture m’a donc fait prendre conscience que :
– vivre seule dans un manoir, c’est glauque,
– il faut se méfier de sa petite sœur (et des fantômes),
– laisser un psychopathe squatter chez soi par bienséance, ça relève de l’inconscience.
En lisant Le Secret de Pembrooke Park, vous aussi, vous comprendrez.

Aimer

A un détail près, de Kristan Higgins. Quand se faire larguer à son mariage reste la meilleure option

3 avril 2018

S’il y a bien une scène que j’apprécie particulièrement dans les romances, c’est celle de la rupture du début. Quand, au début du récit, l’héroïne sort avec un type depuis un moment (c’est son petit-ami, son « promis », voire son mari) et bim-bam-boum il n’est pas celui qu’elle croyait ! Il s’en va en claquant la porte et elle finit avec un paquet de mouchoirs sur le canapé et le nez tout enflé.
Et plus cette rupture est violente, plus l’histoire d’amour qui suit est truculente. Les auteurs ne manquent alors pas d’imagination pour nous proposer des ruptures toujours plus audacieuses, avec des goujats à paillettes, des scènes de désillusions fleuries et des apitoiements en or !

Mais ne vous méprenez pas : si j’aime savoir les héroïnes malmenées, c’est uniquement pour le plaisir de les voir retrouver l’Amour après. N’est-ce pas ce qui nous pousse à lire ces romances ? Parce qu’on sait pertinemment que ça finira bien. Ce sont les circonstances et le happy ending qui nous font tourner les pages. C’est le contrat, quoi.
Dans A un détail près, de Kristan Higgins (mon autrice chouchou du moment), on s’intéresse à la façon dont l’héroïne, Faith Holland, se fait rouler en toute beauté.

Pourquoi lire A un détail près ?

1. Parce que l’héroïne ne l’a pas vu venir.
Faith Holland, jeune femme épileptique aux rondeurs délicieuses, vit à San Francisco où elle exerce le métier d’architecte paysagiste. Bien sûr, Faith collectionne les rencards foireux, et elle a donc fini par cultiver un talent certain pour l’espionnage afin de se préserver des déceptions à venir (même si ça ne fonctionne pas tip-top).
Un beau jour, le destin la ramène à Manningsport, bourgade où elle a grandi, sa famille y étant propriétaire d’un vignoble depuis des générations. C’est aussi la ville où elle a vu sa vie voler en éclats, son ex-fiancé lui ayant avoué préférer les garçons le jour où ils s’apprêtaient à se dire oui-pour-la-vie. Outch !
Faith y revient donc, chargée de réaliser un chantier et, accessoirement, de trouver une nouvelle femme à son veuf de père. Il lui apparaît rapidement difficile d’éviter son ex-boyfriend pendant son séjour. Faut dire que ce trou perdu au bord du lac Keuka – dans l’état de New York, ne comporte qu’une très faible variété d’endroits où socialiser, et on a vite fait d’y croiser des copains d’enfance.
Mais le pire, pour Faith, c’est surtout de devoir supporter la présence de ce traître de Levi Cooper, celui-là même qui a forcé Jérémy à faire son coming-out à leur mariage. Elle le déteste, il la snobe. Entre ces deux-là, l’ambiance est moyenne… jusqu’à ce que, forcément, l’un des deux craque.

2. Parce que c’est le premier opus de la saga Blue Heron, et qu’on y découvre la joyeuse famille Holland (et les grands-parents totalement frappés, mes personnes favoris). Le père Holland se fait manger tout cru par une femme vénale puissance 1000, et la mission annexe des sœurs Holland est bien sûr d’éloigner la malotrue pour lui trouver une meilleure candidate. C’est catastrophique et hilarant, d’ailleurs !

3. Pour Levi, flic ultra-sexy qui est d’une nonchalance exaspérante mais… hé, on se dit qu’il va bien finir par se faire prendre à son propre jeu. Car s’il adore énerver Faith, la voir se révolter contre lui et se fâcher bien rouge, il trouve qu’elle dégage quand même une « bonne odeur de pain chaud à peine sorti du four ». Sans rire. Une odeur de pain chaud (et on parle d’une architecte là, pas d’une boulangère)(est-ce parce que Faith est décrite comme rondelette ?)(gnié). Bon, on lui pardonne cette métaphore de mauvais goût, mais surtout parce que c’est un super grand frère, que ses muscles fermes se dessinent sous ses chemises et qu’il cuisine des pâtisseries en plein milieu de la nuit quand il est énervé.

Pourquoi je vous le recommande ?

Pour une entrée en matière dans la saga Blue Heron, certes, c’est gentil-mignon-tout-plein, mais ça vaut le coup de s’y plonger.
Même si le thème de l’homosexualité est apparent au premier abord, il n’est pas très présent dans le récit – la romance est surtout axée sur Faith & Levi. J’ai trouvé cependant très intéressant le fait de le traiter en tant que « cause de rupture », et Kristan Higgins n’en fait pas toute une histoire, ni ne cristallise cet aspect du personnage de Jérémy. La relation entre Faith et lui reste empreinte d’une belle complicité… 🙂
Vous pouvez lire ma chronique sur le tome 2, avec la sœur aînée rigide, Honor, par ici, et découvrir ma chronique sur le tome 3, avec la meilleure amie de Faith, par là. Et évidemment, comme moi, vous pouvez lire les opus de la saga de façon désordonnée !

Aimer Rire

Repartis pour un tour, de Kristan Higgins. Des retrouvailles entre une barmaid et son beau ténébreux

6 mars 2018

Aujourd’hui, on va parler de retrouvailles. Ou plutôt de gens qui se trouvent, se perdent et se retrouvent (cela sonne comme une chanson. Je sais). Tout récemment, j’ai décidé de perdre plus de gens que d’en retrouver. Peut-être un effet du passage des 30 ans… qui sait ?
Le tri par le vide, c’est devenu une vraie addiction chez moi. Après avoir épuré un max mon petit 40 m2, je me suis attaquée à mes relations amicales… du moins, sans le faire exprès. Une sombre histoire de smartphone réinitialisé par erreur, toute fébrile que j’étais à la perspective d’une mise à jour du logiciel imminente que je souhaitais empêcher. Résultat : la mise à jour s’est faite quand même, et j’ai perdu tous mes contacts (oui : pour moi la sauvegarde d’un répertoire, c’est dépassé). Pendant l’inévitable quête des numéros de personnes qui me sont proches sur les réseaux sociaux, j’ai délibérément fait l’impasse sur certains contacts.

Si ces omissions sont hautement inconcevables pour certains, je me suis dit : est-ce si grave ? Peut-on ne jamais plus rencontrer certaines personnes en oubliant de les recontacter ? Après tout, si je ne les contacte pas et eux non plus, on finira par s’éloigner. Et si on s’éloigne, c’est sûrement parce qu’on n’avait plus rien à se dire, ni à s’apporter. Ai-je vraiment besoin de collecter 200 numéros (ou « amis ») pour exister ? Et quelle sera mon excuse si jamais je les croise à nouveau au détour d’une rue ?
Avec l’esprit empli d’autant de questions, je me suis sentie un peu comme Colleen O’Rourke. L’héroïne de Repartis pour un tour (Waiting on you en VO) de Kristan Higgins, est en proie à une indécision sans pareille quand son ex amoureux, Lucas, re-débarque dans sa vie après des années sans nouvelles. Explications.

Pourquoi lire Repartis pour un tour ?

1. Pour les retrouvailles ratées entre Colleen et Lucas.
Colleen, dont la sexyness n’est plus à prouver dans la petite ville de Manningsport, tient à entretenir avec ferveur sa réputation de coureuse de caleçons. Propriétaire du bar L’O’Rourke avec son frère jumeau, elle n’a pas son pareil pour matcher les gens entre eux, usant de son flair de « femme qui s’y connaît » pour arranger les coups entre ses clients. C’est que toute la vie de Colleen a toujours été dédiée aux autres, voyez-vous.
Mais voilà qu’un jour, la belle perd de sa superbe quand re-surgit Lucas, le beau gosse ténébreux de Chicago qui lui avait conté fleurette au lycée. Celui-ci est de retour dans la région pour s’occuper de son oncle mourant. Hélas, sa présence en ville est temporaire. Colleen, qui voit son équilibre chamboulé par ce vilain top model mexicain à cheveux longs, emploie toute son énergie à lutter contre l’appel du mâle. Car Lucas est bien décidé à la refaire craquer, quitte à s’exposer aux yeux de tout-e-s sans tee-shirt (sur des échafaudages en plein cagnard, sinon c’est pas du jeu). Cédera… ou cédera pas ?

2. Pour les touches d’humour !
Il est bien rare de ne pas rire à la lecture d’un livre de Kristan Higgins ! Pourtant, dans ce 3e opus de la saga Blue Heron (découvrez ici le tome 2), on s’éloigne un tantinet de la famille Holland au capital de « drôlerie » assez phénoménal (mention spéciale aux grands-parents, dont je suis fan). Heureusement, on est bien servis entre la mère de Colleen – qui teste les clubs de rencontre pour oublier son goujat de mari, et le « gang des ménopausées », dont le passe-temps favori consiste à mater des beaux mecs pendant leur dur labeur. Quant à Paulina, une femme timide et maladroite coachée par Colleen, véritable gag à elle seule, elle n’est pas en reste !

3. Pour le jeu du chat et de la souris.
Lucas donc, beau ténébreux à l’accent hispanique (façon Enrique Iglesias), agite son sex-appeal sous le nez délicat de Colleen. Celle-ci, belle donzelle au décolleté d’enfer, désire alors ardemment jeter son dévolu sur ce tentateur infernal qui lui a filé entre les doigts une fois sortie du lycée. Cela annonce de grandes réjouissances à venir…

Pourquoi je vous le recommande ?

Bien qu’il s’agisse du tome 3 de Blue Heron, il est tout à fait possible de le lire de façon indépendante. Moi j’aime beaucoup cette saga, et surtout ses personnages que je trouve très charmants. Moi aussi j’ai envie de vivre à Manningsport, rien que pour le plaisir d’aller boire un coup à l’O’Rourke et de me faire offrir des nachos au cheddar par Colleen herself. Puis j’aimerais participer aux dégustations des domaines viticoles, voir un bout du lac Keuka depuis ma fenêtre de chambre, et goûter aux pâtisseries de chez Lorelei. Voilà, c’est dit.

Aimer Réfléchir

Les jours meilleurs, de Cecelia Ahern. Une journaliste ratée réapprend à raconter des histoires

2 février 2018

Maintenant que le mojo de la lecture est revenu, j’occupe mes soirées à résister aux tentations de Netflix. Désormais, dès que j’ai un moment de libre, je m’en vais sautiller gaiement entre les rayonnages des librairies. Je scrute, je hume et je furète. Sur le web, je repère et je prends note. Et, surtout, je ne suis qu’irresponsabilité.
C’est comme ça que j’ai fait l’acquisition de Les jours meilleurs de Cecelia Ahern (One hundred names, en VO) : dans un pur élan de spontanéité face à une alléchante promotion sur Bookeen. Et bien m’en as pris, puisque je me suis régalée !

Pourquoi lire Les jours meilleurs ?

1. Pour ressortir de cette lecture attendri-e.
L’histoire se passe en Irlande. Kitty, une jeune journaliste aux dents longues, met un jour sa carrière en péril avec le scoop de trop. Traînée au tribunal pour avoir très mal mené une enquête et accusé le mauvais bougre, elle se retrouve suspendue, mise au placard. Et quand elle apprend que Constance, son amie et mentor, est sur le point de quitter ce monde, son moral en prend un sacré coup. Au cours d’une discussion, Constance évoque l’idée d’un article qu’elle rêve d’écrire, sans toutefois en révéler l’angle. En disparaissant, elle laisse à Kitty une liste de 100 noms… mais sans aucun indice pour les relier.

Kitty décide alors de faire fi des obstacles (une carrière à l’arrêt, un petit ami envolé, sa réputation détruite) et d’exploiter cette liste coûte que coûte. Et si, en allant à la rencontre de ces inconnus, elle découvrait l’existence d’un journalisme plus humain ?

2. Pour découvrir les coulisses du journalisme, du vrai. Nombreux sont les aspects de cet (impitoyable) univers explorés à travers ce livre.
Rongée par le remords de son reportage raté, Kitty essuie les plâtres : elle est harcelée au quotidien. Ses collègues ne lui font plus confiance, son professionnalisme est questionné. Lorsqu’elle sollicite quelqu’un pour une interview, elle se fait aussitôt bouler. Bref, bienvenue dans l’envers du décor d’un métier-qui-fait-rêver ! Passionnant.

3. Pour les personnages hauts en couleurs sur lesquels Kitty mène l’enquête. Entre Archie, un homme bougon qui cache un cœur immense, Eva la business woman dont le talent est de dénicher les cadeaux parfaits, Jedrek le chômeur rêvant de s’inscrire au Guinness des Records, ou encore Mary-Rose, la femme la plus demandée en mariage au monde… (et d’autres) Il y a de quoi rire et pleurer !

Pourquoi je vous le recommande ?

Ce livre, c’est un peu une affaire personnelle ; il m’a réconciliée avec le journalisme. Ayant exercé le métier, c’est furax que j’ai quitté le milieu en me jurant que c’en était fini. Précarité, peu de reconnaissance, être considérée avec méfiance… Mais j’avais (presque) oublié le plaisir de l’enquête, des interviews, des belles rencontres et des scoops qu’on est trop heureux de dévoiler. Et puis… raconter une histoire, une belle histoire. Le genre qu’on n’oubliera jamais.

C’est ce que j’ai ressenti à nouveau à la lecture des (més)aventures de Kitty. Ma carte de presse m’a manqué. J’avais envie de courir les rues, d’aller questionner des inconnus.

Au-delà de ce thème, il y a l’amour. Kitty se retrouve célibataire, la cafetière de son mec a disparu du jour au lendemain (signe d’abandon évident). En plus d’être journaliste, c’est une humaine, et elle a ses faiblesses, elle a besoin de chaleur. Elle fera donc des erreurs de jugement (en plus de celle qui a ruiné sa carrière) mais on lui pardonne, hein. Parce que ça arrive à tout le monde de se tromper. Et Cecelia Ahern nous le montre avec brio dans ce livre que je vous recommande à 99%.

Et vous, le journalisme ça vous a déjà branché ?

Aimer Glousser

Sans plus attendre, de Kristan Higgins. Quand le besoin d’une carte verte se fait pressant

21 janvier 2018

Très récemment, j’ai conseillé à une amie – dont la vie de couple bat de l’aile – de lire de la romance. Cela lui a pourtant paru contre-indiqué, compte-tenu de l’état de son petit cœur, un poil meurtri par les agissements affligeants de son actuel compagnon. Je lui assurais pourtant, avec beaucoup de conviction (et d’insistance), que ce serait pour elle un passe-temps thérapeutique. En effet : quoi de plus cathartique que de lire les histoires de femmes bafouées par un goujat qui, au terme d’une remise en question profonde de leurs sentiments, font un pied de nez à leur statut de victime en courant se blottir dans les bras d’un Homme Bien ?

Bon, toujours est-il que, faisant fi de mon conseil que je pensais judicieux, elle ne m’a pas crue. Quel dommage ! What a shame! J’étais sidérée, abasourdie même, par le refus catégorique de cette amie qui n’avait pas la moindre envie d’ouvrir les yeux sur la nature de sa relation amoureuse. J’avais terriblement envie de lui transmettre les bons messages, les bonnes pratiques. Et, pour moi, la lecture de romances était LA clé pour voir par-delà les apparences, s’ouvrir à de nouvelles perspectives.
A court d’arguments, j’ai fini par me résigner, comprenant par-là même l’objectif caché de sa démarche : s’autoriser à lever le voile, c’était renoncer à l’espoir de réaliser un jour son rêve de vie à deux. Et, ma foi, je ne pouvais pas lui en vouloir. Car tout le monde a besoin de passer par cette étape douloureuse, mais ô combien nécessaire à un dénouement heureux : le déni. Et ce n’est pas Honor Holland, l’héroïne de Sans plus attendre (The perfect match, en VO) de Kristan Higgins, qui me dira le contraire.

Pourquoi lire Sans plus attendre ?

1. Pour son héroïne surprenante de caractère.
Si Honor Holland est une femme plutôt austère et mesurée, elle n’en pince pas moins en secret pour son ami (et amant) de toujours, le fabuleux Brogan. Le jour de ses 35 ans, son gynéco (qu’elle consulte à chaque anniversaire, c’est vous dire à quel point sa vie est réglée comme du papier à musique !) lui fait remarquer que sa production d’ovules est désormais sur le déclin, et qu’elle devrait songer sans plus attendre à se mettre en quête d’un mâle reproducteur.
C’est ainsi que Honor envisage de demander Brogan en mariage, persuadée du bien-fondé de cette étape ô combien logique de leur longue amitié. Mais le plan tourne au fiasco, et Honor découvre ensuite avec horreur que Brogan a craqué pour sa meilleure amie, Dana, et qu’ils se sont fiancés !
C’est là que débarque Tom Barlow, un séduisant British à la recherche d’une carte verte (il a une bonne raison de vouloir rester aux USA, et on le respecte pour ça). N’ayant plus rien à perdre, Honor lui propose alors un mariage blanc. L’opération comporte des risques (la prison et une amende – pas de quoi avoir froid aux yeux, hein), mais le duo accepte de relever le défi, quitte à faire l’impasse sur leurs sentiments et les enjeux d’une vie maritale basée sur le mensonge. Après tout, pour Honor, il en va de la survie de ses ovules…!

2. Pour la relation crousti-fondante entre les deux héros.
Kristan Higgins nous propose un couple bizarrement assorti qui, malgré tout, donne chaud ! Si Honor est l’archétype de la vieille fille accro au travail (parce qu’elle n’a que ça), Tom est décrit comme un prof de génie mécanique musclé + tatoué, et affublé d’un air mutin (hiiiii !). Alors quand le duo est obligé de feindre la félicité d’un couple amoureux – surtout auprès de la famille Holland – c’est du grand cinéma ! Pour sauver les apparences, Tom use et abuse de son charme à en faire tourner la tête de la très respectable Honor (du coup elle n’en peut plus)(elle a méga chaud).
Faut dire qu’il est sexy en diable, cet Anglais ! Et quand Brogan est dans les parages, Tom n’est jamais loin pour marquer son territoire (même si la relation qu’il entretient avec Honor est plus que fictive). Yummy!

3. Pour le côté loufoque de la famille Holland.
Je l’ignorais, mais Sans plus attendre est le deuxième opus de la série « Blue Heron ». J’ai donc loupé le tome 1, mais pas de panique, ça peut se lire dans le désordre ! Ce titre m’a donc servi d’introduction à la découverte du domaine de Blue Heron, un vignoble américain tenu par les Holland depuis la nuit des temps. Outre les nombreuses références à la fabrication du vin et à sa dégustation, on s’incruste au sein d’une famille de gentils dingues. Des grands-parents braillards, un père veuf à la recherche du grand amour, une sœur aînée qui parle de sexe sans le moindre filtre…
Honor, quant à elle, est la 3e de la fratrie. Elle est « l’âme du domaine », celle qui développe les projets et gère le merchandising d’une main de maître. Personne ne s’attend donc à ce qu’elle envoie valser ses principes pour sauver les miches de ses « ovules vieillissants ».

Pourquoi je vous le recommande ?

Ces temps-ci, je dévore les bouquins qui sentent le cupcake à la crème au beurre. Et pour celui-ci, qui m’a valu l’immense plaisir de faire connaissance avec Kristan Higgins, je dirais que je n’en ai fait qu’une bouchée. Après tout, il est bien difficile de résister à une histoire mêlant un rejet amoureux + une héroïne vieille fille + un mec tatoué + un mariage.
Ce livre réunit de bons ingrédients, et j’oublie sans nul doute des éléments (comme la supposée meilleure amie qui n’en manque pas une pour faire rager Honor) qui ne manqueront pas de vous séduire à votre tour. Pour ma part, je vais de nouveau tenter de le proposer à l’amie dont je vous parlais en intro. Qui sait, si j’en viens à la convaincre, ça pourrait bien lui donner envie d’aller se dénicher un Homme Bien outre-manche…!

Aimer

Mon ex, sa copine, mon faux mec et moi, de Juliette Bonte. Ou la petite lecture d’hiver qui fait du bien

31 décembre 2017

Pour bien commencer cette nouvelle année, j’ai envie de vous parler de ce délicieux petit roman de chick lit’ qui n’a pas traîné bien longtemps sur ma table de chevet. 348 pages de détente, avec une histoire de fille qui retrouve son ex là où elle ne l’attend pas. Oh, j’adore.
Avez-vous déjà ressenti ce petit malaise qui survient quand ce type de situation vous arrive ? Moi, oui. Plusieurs fois. A part le vague sentiment que notre dignité est en danger, il y a cette pensée, sournoise et dévastatrice, qui nous taraude : « Oh, zut. »

C’est ce « zut » que j’avais envie de lire. Ce moment sublime et désespéré où, piégée au cœur d’une situation qui sent le poulpe de mer avarié, l’héroïne doit se sublimer. Ce moment où, son instinct de survie lui faisant défaut, l’ex exhibe LA nouvelle élue, cette femelle rivale qui ne présente aucun défaut apparent (hormis des jambes trop longues). Et j’imagine que, si vous me suivez jusqu’ici, vous souhaitez aussi connaître ce « zut ». Faisons donc les présentations avec Chloé.

Pourquoi lire Mon ex, sa copine, mon faux mec et moi ?

1. Pour le « zut », donc.
C’est l’histoire de Chloé Martin, une conseillère en voyages très peu douée dans l’exercice de ses fonctions. S’étant auto-proclamée reine de la poisse et fieffée menteuse, Chloé peine à redorer son blason défraîchi depuis son embauche, notamment auprès de son boss qui l’abhorre.
Forcément, un jour, le couperet tombe : c’est à son tour de profiter du « Choix du mois », un séjour tous frais payés pour tester hôtels prestigieux et activités de loisirs pour le compte de l’agence. C’est ainsi que, à l’approche des fêtes de fin d’année, Chloé se retrouve envoyée non pas au soleil mais… dans une station de ski en Savoie.
Se rengorgeant dans son optimisme, Chloé y voit une opportunité de gagner en expérience. Mais c’est la douche froide lorsqu’elle réalise que son hôtel s’avère bien plus miteux que prévu. Et c’est le pompon quand son ex, Valentin, débarque accompagné de la traîtresse responsable de l’annihilation de son couple. Pour Chloé, c’est alors fuir… ou mentir !
Elle se voit bien y laisser des plumes quand Nick, un passager avec qui elle s’est chamaillée dans le train, vole à son secours en se faisant passer pour son mec. Yay! Qu’à cela ne tienne. Un mensonge ou deux de plus, ça ne pèse pas bien lourd dans le bagage d’une experte en imposture !

2. Pour Chloé, héroïne un brin attach-i-ante. En chick lit’, plus l’héroïne est grave neuneu, plus c’est savoureux ! (viens-je d’inventer un slogan ?) Si Chloé ment comme elle respire, c’est pour sauver la face. Elle n’a pas un mauvais fond, mais elle n’a pas son pareil pour plonger le lecteur dans le désarroi, la bougresse ! Car, alors qu’elle pourrait s’éviter le pire, Chloé aggrave toujours son cas avec innocence et désinvolture. Ce qui a pour conséquence désastreuse d’énerver le beau ténébreux qu’incarne Nick. Mais n’est-ce pas le propre de l’héroïne de chick lit’ ?

3. Au-delà de la neige et du ski… la rivalité entre femmes. Car c’est dans un état d’esprit ultra-tendu que Chloé se voit côtoyer son ex ET sa détestable petite copine. S’imaginant toujours raide dingue de Valentin, notre héroïne se résout à jouer la carpette… pour mieux le reconquérir ? Une entreprise risquée, voire complètement insensée pour toute personne ayant un minimum de bon sens. Et c’est là que, nous, lecteur-rice-s, en sommes à nous questionner sur le bien-fondé de cette fixette. Mais, par solidarité, on ne peut s’empêcher de bondir de rage face aux propos tenus par Emilie, la rivale. Une sacrée langue de vipère !

Pourquoi je vous le recommande ?

Quand j’ai trouvé ce titre en rayonnage, la 4e de couv’ m’a fait tilter dès la présentation du personnage principal. Gaffeuse. Peu professionnelle. En galère sentimentale. Et cette couverture au style hivernal… Oh ! Coup de foudre.

La lecture m’a pris 2 jours (à peine)(vraiment) et je dois bien avouer que je me suis régalée. Autant du duo Chloé-Nick que de celui formé par Valentin et Emilie la révoltante. Sans compter les innombrables bourdes intersidérales de Chloé, et son incompréhension grandissante face à un Nick qui n’est pas celui qu’elle croyait être. Bon, je m’arrête là, je vous laisse imaginer.

Car oui, imaginez. Un salon, un sapin dodu joliment décoré, un fauteuil/canapé moelleux, un plaid tout doux, une tasse de chocolat chaud fumante (recouverte de marshmallows fondants). Et ce livre. N’hésitez plus ! Une après-midi de lecture douillette vous attend.

Aimer Réfléchir

Ma sélection de livres tout doux

26 août 2017

C’est après une absence longue de plus d’un an que je reviens, forte d’un millier d’expériences fascinantes et rocambolesques. En effet, pendant ces mois où j’ai tout bonnement disparu de la blogosphère, j’ai : quitté la presse écrite, été leader d’un groupe de jeunes marseillais en Macédoine, accompagné des ados dans un séjour linguistique à Dublin, retrouvé des copines lettone et espagnole à Madrid, conduit un minibus jusqu’à Barcelone, fait du canoë sur le Danube, pris un taxi jusque dans les montagnes macédoniennes, participé à un Live Action Roleplay, fait du management d’équipe à Budapest… tout ça pour dégoter le job de mes rêves (un peu par hasard, toutefois). Maintenant, je suis ce qu’on peut appeler une « spécialiste de la mobilité internationale et européenne des jeunes » au sein d’une asso.

Bien que toutes ces activités m’aient laissé peu de temps pour écrire, mon rythme de lecture est, lui, resté le même. Mon enthousiasme à lire a fluctué selon les périodes, bien sûr, néanmoins j’ai eu à cœur de finir toutes les lectures que j’ai entrepris. Et comme nous sommes à quelques encablures de la rentrée, j’ai sélectionné quelques titres qui pourraient plaire quand on est un peu déprimé de ranger la valise, de ressortir les jeans-chaussettes et d’attendre le métro.

Célibataire, mode d’emploi, de Liz Tuccillo

A 38 ans, Julie ne compte plus les années où elle a dû apprendre à vivre sans homme. Après une sortie entre copines qui tourne mal, elle décide de plaquer son boulot d’attachée de presse et son confort pour partir recueillir des témoignages de femmes du monde entier sur leur façon de vivre leur célibat. Pendant qu’elle voyage de Paris à Rome et de Rio à Bali, ses copines restées aux USA tentent de trouver l’amour avec plus ou moins de succès.

Qu’on se le dise, la comédie potache qui avait fait la Une au box-office des cinémas n’a rien à voir avec le livre. J’ai aimé la décision soudaine de Julie de prendre son carnet et son stylo pour aller voir si des femmes célibataires s’en tirent mieux qu’elle à l’autre bout de la planète. J’ai aimé ce qui se dégage de ce texte, où l’on sent l’authenticité du désespoir des copines de Julie et où l’on s’étonne de l’incroyable complexité des codes de séduction que l’on soit à New York, à Paris ou à Sydney. Que dire ? Je crois bien le relire une deuxième fois à l’occasion !

Pour un soir seulement, de Thomas Raphaël

C’est l’histoire d’une autre Julie qui, elle, apprend un jour du médecin qu’elle doit subir une grave opération chirurgicale et que cette dernière risque bien de mal finir. En rentrant, bien résolue à profiter de la vie en attendant le jour où elle devra passer sur le billot, elle décide de changer son statut sur un site de rencontres et d’annoncer qu’elle est « ouverte à toutes propositions » (traduire : « pour un soir seulement »). Bingo, sa boîte mail croule sous les sollicitations, et elle reçoit plus de 150 messages. Finalement, elle se dit qu’elle aimerait bien repousser un peu l’opération…

En toute subjectivité, ce livre est excellent ! Il s’agit d’un journal intime trèès drôle (le sous-titre est « journal (sexuel) d’une ex-petite moche »). J’ai eu le coup de cœur pour le personnage de Julie, surtout pour sa capacité à prendre du recul avec humour, ses rencards pourris (bien sûr) et le fait qu’elle se trimbale un passé de bizut dans un patelin perdu de la région de Bordeaux. Soulignons aussi la virtuosité d’un auteur masculin parvenu à se glisser avec brio dans un esprit féminin qui a les hormones en folie. J’adore, j’adore… j’adore !

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, de Raphaëlle Giordano

Sa voiture tombée en panne dans un sous-bois, Camille vient frapper à la porte de Claude pour lui demander de l’aide. La voyant éreintée par la vie qu’elle mène, loin du bonheur qu’elle s’était un jour promis de vivre, Claude lui propose de l’accompagner à redonner un sens à son quotidien. L’homme se dit « routinologue », alors soit ! Camille dit oui, et se retrouve embarquée dans une quête de soi des plus originales.

Ce livre, on l’a vu partout – un vrai succès. Comme je suis une fille curieuse, j’ai décidé d’en percer le secret. Rien de plus ni de moins qu’un livre de développement personnel déguisé en récit à la première personne, après tout ! Je me suis régalée, surtout en me rendant compte que des règles simples pouvaient être appliquées au quotidien pour se sentir bien (mieux ?) dans sa peau. Ces règles-conseils sont surlignées en gras dans le texte, donc si vous avez un temps libre chez votre libraire préféré pour le feuilleter, et que vous n’avez pas envie de l’acheter, rien ne vous empêche de grappiller des zones de texte de temps à autre !

Take a look at me now, de Miranda Dickinson

Nell n’aime pas les surprises. Elle a toujours un coup d’avance, voire cinq années, histoire de se parer contre toute déconvenue. Un jour, son boss – et aussi ex – lui annonce qu’elle est virée. Le genre d’événement qu’elle n’avait pas prévu. Sur un coup de tête, cette fois, elle prend la décision d’utiliser toutes ses économies pour se payer un aller direct pour San Francisco. Elle compte y squatter chez sa cousine, le temps de faire le point. Elle s’improvise stagiaire dans un café, rencontre un Américain séduisant, se sent en confiance… puis repart à Londres. Sans plan précis, toujours sans travail, et la magie de San Francisco envolée.

J’avais déjà chroniqué ce titre par le passé (ici), et si je vous l’inscris dans cette sélection, c’est bien parce que je l’ai très apprécié. Je n’ai hélas pas trouvé de version française, mais si vous avez la possibilité de le lire en langue originale, il ne vous décevra pas. Renouveau, voyage, découverte, cuisine, rencontres et désir d’entreprendre… Tous les ingrédients sont là 🙂

Miss You, de Maria Duffy

On termine avec mon dernier favori, qui ressemblerait à s’y méprendre au pitch de Miss You de Kate Eberlen que je n’ai pas encore lu. Les deux héros n’ont de cesse de se croiser tout au long de leur vie, du berceau à l’aube de leurs 30 ans. William, issu d’une famille aisée, n’a rien de commun avec Donna, dont la vie a été plutôt rude dans un quartier populaire de Dublin. Quand l’existence de chacun se voit bouleversée par un événement tragique, leurs chemins se défont pour finalement se retrouver à l’autre bout du monde. Mais le destin n’a pas fini de s’en prendre à ces âmes sœurs qui s’ignorent…

C’est parce que j’aime beaucoup l’Irlande et les histoires d’amour de gens qui sont destinés l’un à l’autre mais qui ne se voient jamais (comme ici) que mon choix s’était porté sur Miss You. Il y a quelque chose de frustrant et à la fois excitant à attendre que l’un aperçoive l’autre, on guette le moment, on se dit « rââh, j’le savais ! » quand ils se loupent de peu… Et ce moment qui pétille quand ils se voient enfin (enfin !!). Pour tout ça, je vous conseille mille fois ce titre de Maria Duffy.

 

Et vous, quels sont vos livres « tout doux » qui font du bien et que vous liriez même deux fois ?

Aimer Glousser

Take a look at me now, de Miranda Dickinson. Ou la fille dont la vie se trouve changée par son voyage aux USA

14 janvier 2015

Injectons-nous un peu de paillettes dans les veines, vous voulez bien ? J’ai envie de chroniquer ce bouquin qui, bien que n’ayant pas (encore) fait l’objet d’une traduction en français, mérite grandement le label « feel-good bouquin ». Pour calmer votre tension artérielle et reconquérir un peu de positivisme, je vous invite donc à lire ce qui suit 🙂
Vous savez, j’ai la croyance ingénue que le hasard fait bien les choses. Quand j’ai découvert ce livre, j’étais en fin de séjour à Birmingham, le sac lourd sur l’épaule, occupée à examiner les étalages de livres à l’aéroport. C’était quelque temps avant mon expatriation en Hongrie. J’étais gonflée d’une appréhension mêlée d’espoir, avec l’impression qu’un éventail des possibles aussi large qu’un baobab était sur le point de s’offrir à moi.
J’avais pioché ce livre de Miranda Dickinson, le sourire en coin parce qu’attirée par sa couverture badigeonnée de bon marketing : « Jusqu’où iriez-vous pour prendre un nouveau départ ? ». D’une phrase, j’étais accrochée. Grosso modo, la 4e de couv’ parlait d’une fille bafouée qui, afin d’accuser le coup, prenait la tangente pour San Francisco. Bingo, les gars. J’achète.
Quelques mois plus tard, je mets le bouquin dans ma valise et je décolle pour Budapest. J’ai pris mon temps pour le lire consciencieusement et, en le refermant, j’ai pensé… « Wow ». Explications ci-après.

Le topo

Nell, une jolie petite Anglaise, trouve un jour sur son bureau un post-it de la part d’Aidan, son supérieur et – accessoirement – ex petit-ami, lui intimant de venir le voir illico presto dans son bureau. Pleine d’assurance, Nell s’y rend, persuadée qu’Aidan souhaite (pour la millième fois) remettre le couvert. Mais brutale est la chute lorsqu’elle réalise que celui-ci lui annonce non pas la nature véritable de son amour mais… son licenciement.
Nell doit alors tout quitter et retourner vivre chez ses parents, la perspective de rechercher un nouvel emploi la terrorisant totalement. Or, bien vite, elle décide que devenir chômeuse ne lui dit rien de bon et qu’une pause loin de tout ce fatras lui ferait le plus grand bien. Parce qu’on a qu’une vie, pas vrai ? Elle utilise donc l’argent de son indemnité de départ pour un projet fou, celui de squatter deux mois chez sa cousine Lizzie qui habite San Francisco. (sympa la cousine, hein)
Vous vous doutez bien qu’au cours de cette expatriation temporaire, Nell aura de quoi s’occuper, la coquine. Car, en plus de trouver l’inspiration qui orientera sa vie dans une nouvelle direction, la nénette se cognera « malencontreusement » dans un Américain beau comme un cœur, Max Rossi. C’est là que j’ai commencé à devenir (un peu) jalouse parce que… Max a des fossettes mignonnes, Max donne des papillons dans le ventre, Max est un gentleman, Max a du talent, Max est – en un mot – gé-ni-al. Hey, mais Aidan alors ? Laissé pour compte, il n’a jamais eu l’intention de laisser Nell en plan. Et puis… Max n’a pas l’air aussi honnête qu’il en a l’air, après tout. Pour notre héroïne, le retour au bercail promet d’être un peu plus troublant que prévu.

Ce que j’en ai pensé

Si une histoire est bonne parce qu’elle ressemble en quelques aspects à la nôtre, alors je peux décréter que oui, Take A Look At Me Now est une perle. Je ne vais pas vous faire un récit détaillé de pourquoi-je-me-suis-sentie-en-symbiose-avec-l’héroïne mais j’ai envie de défendre ce livre avec ferveur.
Car, les amis, ceci est une lecture inspirante. Lorsque la vie vous fait une blague douteuse, que vous n’avez plus rien à perdre, il peut être de bon aloi de se poser cette question : « Et maintenant, que suis-je prêt-e à faire ? ».
Moi j’aime les histoires où les personnages prennent des décisions spontanées et se lancent, même de façon bancale, dans des idées farfelues. Ces héros fictifs tendent le doigt vers de nouveaux chemins possibles. Ils vous suggèrent la direction, la toute bonne, vers la réalisation d’une vie rêvée (et là je vous sors inévitablement la référence du brave Walter Mitty – film à voir si ce n’est pas déjà fait, hem.) Ce roman est bon parce qu’il parle d’une fille lambda qui repousse ses limites, devient curieuse, se lance un challenge, se laisse charmer par l’inconnu. Et bien sûr, l’héroïne y gagne tout.
En résumé, le message, c’est : prenez des risques, faîtes un bon en avant, vivez d’amour et de cupcakes… On n’est jamais aussi heureux qu’en déraillant pour de bon.

ophelie