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Les jours meilleurs, de Cecelia Ahern. Une journaliste ratée réapprend à raconter des histoires

2 février 2018

Maintenant que le mojo de la lecture est revenu, j’occupe mes soirées à résister aux tentations de Netflix. Désormais, dès que j’ai un moment de libre, je m’en vais sautiller gaiement entre les rayonnages des librairies. Je scrute, je hume et je furète. Sur le web, je repère et je prends note. Et, surtout, je ne suis qu’irresponsabilité.
C’est comme ça que j’ai fait l’acquisition de Les jours meilleurs de Cecelia Ahern (One hundred names, en VO) : dans un pur élan de spontanéité face à une alléchante promotion sur Bookeen. Et bien m’en as pris, puisque je me suis régalée !

Pourquoi lire Les jours meilleurs ?

1. Pour ressortir de cette lecture attendri-e.
L’histoire se passe en Irlande. Kitty, une jeune journaliste aux dents longues, met un jour sa carrière en péril avec le scoop de trop. Traînée au tribunal pour avoir très mal mené une enquête et accusé le mauvais bougre, elle se retrouve suspendue, mise au placard. Et quand elle apprend que Constance, son amie et mentor, est sur le point de quitter ce monde, son moral en prend un sacré coup. Au cours d’une discussion, Constance évoque l’idée d’un article qu’elle rêve d’écrire, sans toutefois en révéler l’angle. En disparaissant, elle laisse à Kitty une liste de 100 noms… mais sans aucun indice pour les relier.

Kitty décide alors de faire fi des obstacles (une carrière à l’arrêt, un petit ami envolé, sa réputation détruite) et d’exploiter cette liste coûte que coûte. Et si, en allant à la rencontre de ces inconnus, elle découvrait l’existence d’un journalisme plus humain ?

2. Pour découvrir les coulisses du journalisme, du vrai. Nombreux sont les aspects de cet (impitoyable) univers explorés à travers ce livre.
Rongée par le remords de son reportage raté, Kitty essuie les plâtres : elle est harcelée au quotidien. Ses collègues ne lui font plus confiance, son professionnalisme est questionné. Lorsqu’elle sollicite quelqu’un pour une interview, elle se fait aussitôt bouler. Bref, bienvenue dans l’envers du décor d’un métier-qui-fait-rêver ! Passionnant.

3. Pour les personnages hauts en couleurs sur lesquels Kitty mène l’enquête. Entre Archie, un homme bougon qui cache un cœur immense, Eva la business woman dont le talent est de dénicher les cadeaux parfaits, Jedrek le chômeur rêvant de s’inscrire au Guinness des Records, ou encore Mary-Rose, la femme la plus demandée en mariage au monde… (et d’autres) Il y a de quoi rire et pleurer !

Pourquoi je vous le recommande ?

Ce livre, c’est un peu une affaire personnelle ; il m’a réconciliée avec le journalisme. Ayant exercé le métier, c’est furax que j’ai quitté le milieu en me jurant que c’en était fini. Précarité, peu de reconnaissance, être considérée avec méfiance… Mais j’avais (presque) oublié le plaisir de l’enquête, des interviews, des belles rencontres et des scoops qu’on est trop heureux de dévoiler. Et puis… raconter une histoire, une belle histoire. Le genre qu’on n’oubliera jamais.

C’est ce que j’ai ressenti à nouveau à la lecture des (més)aventures de Kitty. Ma carte de presse m’a manqué. J’avais envie de courir les rues, d’aller questionner des inconnus.

Au-delà de ce thème, il y a l’amour. Kitty se retrouve célibataire, la cafetière de son mec a disparu du jour au lendemain (signe d’abandon évident). En plus d’être journaliste, c’est une humaine, et elle a ses faiblesses, elle a besoin de chaleur. Elle fera donc des erreurs de jugement (en plus de celle qui a ruiné sa carrière) mais on lui pardonne, hein. Parce que ça arrive à tout le monde de se tromper. Et Cecelia Ahern nous le montre avec brio dans ce livre que je vous recommande à 99%.

Et vous, le journalisme ça vous a déjà branché ?

Aimer Glousser

Sans plus attendre, de Kristan Higgins. Quand le besoin d’une carte verte se fait pressant

21 janvier 2018

Très récemment, j’ai conseillé à une amie – dont la vie de couple bat de l’aile – de lire de la romance. Cela lui a pourtant paru contre-indiqué, compte-tenu de l’état de son petit cœur, un poil meurtri par les agissements affligeants de son actuel compagnon. Je lui assurais pourtant, avec beaucoup de conviction (et d’insistance), que ce serait pour elle un passe-temps thérapeutique. En effet : quoi de plus cathartique que de lire les histoires de femmes bafouées par un goujat qui, au terme d’une remise en question profonde de leurs sentiments, font un pied de nez à leur statut de victime en courant se blottir dans les bras d’un Homme Bien ?

Bon, toujours est-il que, faisant fi de mon conseil que je pensais judicieux, elle ne m’a pas crue. Quel dommage ! What a shame! J’étais sidérée, abasourdie même, par le refus catégorique de cette amie qui n’avait pas la moindre envie d’ouvrir les yeux sur la nature de sa relation amoureuse. J’avais terriblement envie de lui transmettre les bons messages, les bonnes pratiques. Et, pour moi, la lecture de romances était LA clé pour voir par-delà les apparences, s’ouvrir à de nouvelles perspectives.
A court d’arguments, j’ai fini par me résigner, comprenant par-là même l’objectif caché de sa démarche : s’autoriser à lever le voile, c’était renoncer à l’espoir de réaliser un jour son rêve de vie à deux. Et, ma foi, je ne pouvais pas lui en vouloir. Car tout le monde a besoin de passer par cette étape douloureuse, mais ô combien nécessaire à un dénouement heureux : le déni. Et ce n’est pas Honor Holland, l’héroïne de Sans plus attendre (The perfect match, en VO) de Kristan Higgins, qui me dira le contraire.

Pourquoi lire Sans plus attendre ?

1. Pour son héroïne surprenante de caractère.
Si Honor Holland est une femme plutôt austère et mesurée, elle n’en pince pas moins en secret pour son ami (et amant) de toujours, le fabuleux Brogan. Le jour de ses 35 ans, son gynéco (qu’elle consulte à chaque anniversaire, c’est vous dire à quel point sa vie est réglée comme du papier à musique !) lui fait remarquer que sa production d’ovules est désormais sur le déclin, et qu’elle devrait songer sans plus attendre à se mettre en quête d’un mâle reproducteur.
C’est ainsi que Honor envisage de demander Brogan en mariage, persuadée du bien-fondé de cette étape ô combien logique de leur longue amitié. Mais le plan tourne au fiasco, et Honor découvre ensuite avec horreur que Brogan a craqué pour sa meilleure amie, Dana, et qu’ils se sont fiancés !
C’est là que débarque Tom Barlow, un séduisant British à la recherche d’une carte verte (il a une bonne raison de vouloir rester aux USA, et on le respecte pour ça). N’ayant plus rien à perdre, Honor lui propose alors un mariage blanc. L’opération comporte des risques (la prison et une amende – pas de quoi avoir froid aux yeux, hein), mais le duo accepte de relever le défi, quitte à faire l’impasse sur leurs sentiments et les enjeux d’une vie maritale basée sur le mensonge. Après tout, pour Honor, il en va de la survie de ses ovules…!

2. Pour la relation crousti-fondante entre les deux héros.
Kristan Higgins nous propose un couple bizarrement assorti qui, malgré tout, donne chaud ! Si Honor est l’archétype de la vieille fille accro au travail (parce qu’elle n’a que ça), Tom est décrit comme un prof de génie mécanique musclé + tatoué, et affublé d’un air mutin (hiiiii !). Alors quand le duo est obligé de feindre la félicité d’un couple amoureux – surtout auprès de la famille Holland – c’est du grand cinéma ! Pour sauver les apparences, Tom use et abuse de son charme à en faire tourner la tête de la très respectable Honor (du coup elle n’en peut plus)(elle a méga chaud).
Faut dire qu’il est sexy en diable, cet Anglais ! Et quand Brogan est dans les parages, Tom n’est jamais loin pour marquer son territoire (même si la relation qu’il entretient avec Honor est plus que fictive). Yummy!

3. Pour le côté loufoque de la famille Holland.
Je l’ignorais, mais Sans plus attendre est le deuxième opus de la série « Blue Heron ». J’ai donc loupé le tome 1, mais pas de panique, ça peut se lire dans le désordre ! Ce titre m’a donc servi d’introduction à la découverte du domaine de Blue Heron, un vignoble américain tenu par les Holland depuis la nuit des temps. Outre les nombreuses références à la fabrication du vin et à sa dégustation, on s’incruste au sein d’une famille de gentils dingues. Des grands-parents braillards, un père veuf à la recherche du grand amour, une sœur aînée qui parle de sexe sans le moindre filtre…
Honor, quant à elle, est la 3e de la fratrie. Elle est « l’âme du domaine », celle qui développe les projets et gère le merchandising d’une main de maître. Personne ne s’attend donc à ce qu’elle envoie valser ses principes pour sauver les miches de ses « ovules vieillissants ».

Pourquoi je vous le recommande ?

Ces temps-ci, je dévore les bouquins qui sentent le cupcake à la crème au beurre. Et pour celui-ci, qui m’a valu l’immense plaisir de faire connaissance avec Kristan Higgins, je dirais que je n’en ai fait qu’une bouchée. Après tout, il est bien difficile de résister à une histoire mêlant un rejet amoureux + une héroïne vieille fille + un mec tatoué + un mariage.
Ce livre réunit de bons ingrédients, et j’oublie sans nul doute des éléments (comme la supposée meilleure amie qui n’en manque pas une pour faire rager Honor) qui ne manqueront pas de vous séduire à votre tour. Pour ma part, je vais de nouveau tenter de le proposer à l’amie dont je vous parlais en intro. Qui sait, si j’en viens à la convaincre, ça pourrait bien lui donner envie d’aller se dénicher un Homme Bien outre-manche…!

Aimer

Mon ex, sa copine, mon faux mec et moi, de Juliette Bonte. Ou la petite lecture d’hiver qui fait du bien

31 décembre 2017

Pour bien commencer cette nouvelle année, j’ai envie de vous parler de ce délicieux petit roman de chick lit’ qui n’a pas traîné bien longtemps sur ma table de chevet. 348 pages de détente, avec une histoire de fille qui retrouve son ex là où elle ne l’attend pas. Oh, j’adore.
Avez-vous déjà ressenti ce petit malaise qui survient quand ce type de situation vous arrive ? Moi, oui. Plusieurs fois. A part le vague sentiment que notre dignité est en danger, il y a cette pensée, sournoise et dévastatrice, qui nous taraude : « Oh, zut. »

C’est ce « zut » que j’avais envie de lire. Ce moment sublime et désespéré où, piégée au cœur d’une situation qui sent le poulpe de mer avarié, l’héroïne doit se sublimer. Ce moment où, son instinct de survie lui faisant défaut, l’ex exhibe LA nouvelle élue, cette femelle rivale qui ne présente aucun défaut apparent (hormis des jambes trop longues). Et j’imagine que, si vous me suivez jusqu’ici, vous souhaitez aussi connaître ce « zut ». Faisons donc les présentations avec Chloé.

Pourquoi lire Mon ex, sa copine, mon faux mec et moi ?

1. Pour le « zut », donc.
C’est l’histoire de Chloé Martin, une conseillère en voyages très peu douée dans l’exercice de ses fonctions. S’étant auto-proclamée reine de la poisse et fieffée menteuse, Chloé peine à redorer son blason défraîchi depuis son embauche, notamment auprès de son boss qui l’abhorre.
Forcément, un jour, le couperet tombe : c’est à son tour de profiter du « Choix du mois », un séjour tous frais payés pour tester hôtels prestigieux et activités de loisirs pour le compte de l’agence. C’est ainsi que, à l’approche des fêtes de fin d’année, Chloé se retrouve envoyée non pas au soleil mais… dans une station de ski en Savoie.
Se rengorgeant dans son optimisme, Chloé y voit une opportunité de gagner en expérience. Mais c’est la douche froide lorsqu’elle réalise que son hôtel s’avère bien plus miteux que prévu. Et c’est le pompon quand son ex, Valentin, débarque accompagné de la traîtresse responsable de l’annihilation de son couple. Pour Chloé, c’est alors fuir… ou mentir !
Elle se voit bien y laisser des plumes quand Nick, un passager avec qui elle s’est chamaillée dans le train, vole à son secours en se faisant passer pour son mec. Yay! Qu’à cela ne tienne. Un mensonge ou deux de plus, ça ne pèse pas bien lourd dans le bagage d’une experte en imposture !

2. Pour Chloé, héroïne un brin attach-i-ante. En chick lit’, plus l’héroïne est grave neuneu, plus c’est savoureux ! (viens-je d’inventer un slogan ?) Si Chloé ment comme elle respire, c’est pour sauver la face. Elle n’a pas un mauvais fond, mais elle n’a pas son pareil pour plonger le lecteur dans le désarroi, la bougresse ! Car, alors qu’elle pourrait s’éviter le pire, Chloé aggrave toujours son cas avec innocence et désinvolture. Ce qui a pour conséquence désastreuse d’énerver le beau ténébreux qu’incarne Nick. Mais n’est-ce pas le propre de l’héroïne de chick lit’ ?

3. Au-delà de la neige et du ski… la rivalité entre femmes. Car c’est dans un état d’esprit ultra-tendu que Chloé se voit côtoyer son ex ET sa détestable petite copine. S’imaginant toujours raide dingue de Valentin, notre héroïne se résout à jouer la carpette… pour mieux le reconquérir ? Une entreprise risquée, voire complètement insensée pour toute personne ayant un minimum de bon sens. Et c’est là que, nous, lecteur-rice-s, en sommes à nous questionner sur le bien-fondé de cette fixette. Mais, par solidarité, on ne peut s’empêcher de bondir de rage face aux propos tenus par Emilie, la rivale. Une sacrée langue de vipère !

Pourquoi je vous le recommande ?

Quand j’ai trouvé ce titre en rayonnage, la 4e de couv’ m’a fait tilter dès la présentation du personnage principal. Gaffeuse. Peu professionnelle. En galère sentimentale. Et cette couverture au style hivernal… Oh ! Coup de foudre.

La lecture m’a pris 2 jours (à peine)(vraiment) et je dois bien avouer que je me suis régalée. Autant du duo Chloé-Nick que de celui formé par Valentin et Emilie la révoltante. Sans compter les innombrables bourdes intersidérales de Chloé, et son incompréhension grandissante face à un Nick qui n’est pas celui qu’elle croyait être. Bon, je m’arrête là, je vous laisse imaginer.

Car oui, imaginez. Un salon, un sapin dodu joliment décoré, un fauteuil/canapé moelleux, un plaid tout doux, une tasse de chocolat chaud fumante (recouverte de marshmallows fondants). Et ce livre. N’hésitez plus ! Une après-midi de lecture douillette vous attend.

Aimer Réfléchir

Ma sélection de livres tout doux

26 août 2017

C’est après une absence longue de plus d’un an que je reviens, forte d’un millier d’expériences fascinantes et rocambolesques. En effet, pendant ces mois où j’ai tout bonnement disparu de la blogosphère, j’ai : quitté la presse écrite, été leader d’un groupe de jeunes marseillais en Macédoine, accompagné des ados dans un séjour linguistique à Dublin, retrouvé des copines lettone et espagnole à Madrid, conduit un minibus jusqu’à Barcelone, fait du canoë sur le Danube, pris un taxi jusque dans les montagnes macédoniennes, participé à un Live Action Roleplay, fait du management d’équipe à Budapest… tout ça pour dégoter le job de mes rêves (un peu par hasard, toutefois). Maintenant, je suis ce qu’on peut appeler une « spécialiste de la mobilité internationale et européenne des jeunes » au sein d’une asso.

Bien que toutes ces activités m’aient laissé peu de temps pour écrire, mon rythme de lecture est, lui, resté le même. Mon enthousiasme à lire a fluctué selon les périodes, bien sûr, néanmoins j’ai eu à cœur de finir toutes les lectures que j’ai entrepris. Et comme nous sommes à quelques encablures de la rentrée, j’ai sélectionné quelques titres qui pourraient plaire quand on est un peu déprimé de ranger la valise, de ressortir les jeans-chaussettes et d’attendre le métro.

Célibataire, mode d’emploi, de Liz Tuccillo

A 38 ans, Julie ne compte plus les années où elle a dû apprendre à vivre sans homme. Après une sortie entre copines qui tourne mal, elle décide de plaquer son boulot d’attachée de presse et son confort pour partir recueillir des témoignages de femmes du monde entier sur leur façon de vivre leur célibat. Pendant qu’elle voyage de Paris à Rome et de Rio à Bali, ses copines restées aux USA tentent de trouver l’amour avec plus ou moins de succès.

Qu’on se le dise, la comédie potache qui avait fait la Une au box-office des cinémas n’a rien à voir avec le livre. J’ai aimé la décision soudaine de Julie de prendre son carnet et son stylo pour aller voir si des femmes célibataires s’en tirent mieux qu’elle à l’autre bout de la planète. J’ai aimé ce qui se dégage de ce texte, où l’on sent l’authenticité du désespoir des copines de Julie et où l’on s’étonne de l’incroyable complexité des codes de séduction que l’on soit à New York, à Paris ou à Sydney. Que dire ? Je crois bien le relire une deuxième fois à l’occasion !

Pour un soir seulement, de Thomas Raphaël

C’est l’histoire d’une autre Julie qui, elle, apprend un jour du médecin qu’elle doit subir une grave opération chirurgicale et que cette dernière risque bien de mal finir. En rentrant, bien résolue à profiter de la vie en attendant le jour où elle devra passer sur le billot, elle décide de changer son statut sur un site de rencontres et d’annoncer qu’elle est « ouverte à toutes propositions » (traduire : « pour un soir seulement »). Bingo, sa boîte mail croule sous les sollicitations, et elle reçoit plus de 150 messages. Finalement, elle se dit qu’elle aimerait bien repousser un peu l’opération…

En toute subjectivité, ce livre est excellent ! Il s’agit d’un journal intime trèès drôle (le sous-titre est « journal (sexuel) d’une ex-petite moche »). J’ai eu le coup de cœur pour le personnage de Julie, surtout pour sa capacité à prendre du recul avec humour, ses rencards pourris (bien sûr) et le fait qu’elle se trimbale un passé de bizut dans un patelin perdu de la région de Bordeaux. Soulignons aussi la virtuosité d’un auteur masculin parvenu à se glisser avec brio dans un esprit féminin qui a les hormones en folie. J’adore, j’adore… j’adore !

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, de Raphaëlle Giordano

Sa voiture tombée en panne dans un sous-bois, Camille vient frapper à la porte de Claude pour lui demander de l’aide. La voyant éreintée par la vie qu’elle mène, loin du bonheur qu’elle s’était un jour promis de vivre, Claude lui propose de l’accompagner à redonner un sens à son quotidien. L’homme se dit « routinologue », alors soit ! Camille dit oui, et se retrouve embarquée dans une quête de soi des plus originales.

Ce livre, on l’a vu partout – un vrai succès. Comme je suis une fille curieuse, j’ai décidé d’en percer le secret. Rien de plus ni de moins qu’un livre de développement personnel déguisé en récit à la première personne, après tout ! Je me suis régalée, surtout en me rendant compte que des règles simples pouvaient être appliquées au quotidien pour se sentir bien (mieux ?) dans sa peau. Ces règles-conseils sont surlignées en gras dans le texte, donc si vous avez un temps libre chez votre libraire préféré pour le feuilleter, et que vous n’avez pas envie de l’acheter, rien ne vous empêche de grappiller des zones de texte de temps à autre !

Take a look at me now, de Miranda Dickinson

Nell n’aime pas les surprises. Elle a toujours un coup d’avance, voire cinq années, histoire de se parer contre toute déconvenue. Un jour, son boss – et aussi ex – lui annonce qu’elle est virée. Le genre d’événement qu’elle n’avait pas prévu. Sur un coup de tête, cette fois, elle prend la décision d’utiliser toutes ses économies pour se payer un aller direct pour San Francisco. Elle compte y squatter chez sa cousine, le temps de faire le point. Elle s’improvise stagiaire dans un café, rencontre un Américain séduisant, se sent en confiance… puis repart à Londres. Sans plan précis, toujours sans travail, et la magie de San Francisco envolée.

J’avais déjà chroniqué ce titre par le passé (ici), et si je vous l’inscris dans cette sélection, c’est bien parce que je l’ai très apprécié. Je n’ai hélas pas trouvé de version française, mais si vous avez la possibilité de le lire en langue originale, il ne vous décevra pas. Renouveau, voyage, découverte, cuisine, rencontres et désir d’entreprendre… Tous les ingrédients sont là 🙂

Miss You, de Maria Duffy

On termine avec mon dernier favori, qui ressemblerait à s’y méprendre au pitch de Miss You de Kate Eberlen que je n’ai pas encore lu. Les deux héros n’ont de cesse de se croiser tout au long de leur vie, du berceau à l’aube de leurs 30 ans. William, issu d’une famille aisée, n’a rien de commun avec Donna, dont la vie a été plutôt rude dans un quartier populaire de Dublin. Quand l’existence de chacun se voit bouleversée par un événement tragique, leurs chemins se défont pour finalement se retrouver à l’autre bout du monde. Mais le destin n’a pas fini de s’en prendre à ces âmes sœurs qui s’ignorent…

C’est parce que j’aime beaucoup l’Irlande et les histoires d’amour de gens qui sont destinés l’un à l’autre mais qui ne se voient jamais (comme ici) que mon choix s’était porté sur Miss You. Il y a quelque chose de frustrant et à la fois excitant à attendre que l’un aperçoive l’autre, on guette le moment, on se dit « rââh, j’le savais ! » quand ils se loupent de peu… Et ce moment qui pétille quand ils se voient enfin (enfin !!). Pour tout ça, je vous conseille mille fois ce titre de Maria Duffy.

 

Et vous, quels sont vos livres « tout doux » qui font du bien et que vous liriez même deux fois ?

Aimer Glousser

Take a look at me now, de Miranda Dickinson. Ou la fille dont la vie se trouve changée par son voyage aux USA

14 janvier 2015

Injectons-nous un peu de paillettes dans les veines, vous voulez bien ? J’ai envie de chroniquer ce bouquin qui, bien que n’ayant pas (encore) fait l’objet d’une traduction en français, mérite grandement le label « feel-good bouquin ». Pour calmer votre tension artérielle et reconquérir un peu de positivisme, je vous invite donc à lire ce qui suit 🙂
Vous savez, j’ai la croyance ingénue que le hasard fait bien les choses. Quand j’ai découvert ce livre, j’étais en fin de séjour à Birmingham, le sac lourd sur l’épaule, occupée à examiner les étalages de livres à l’aéroport. C’était quelque temps avant mon expatriation en Hongrie. J’étais gonflée d’une appréhension mêlée d’espoir, avec l’impression qu’un éventail des possibles aussi large qu’un baobab était sur le point de s’offrir à moi.
J’avais pioché ce livre de Miranda Dickinson, le sourire en coin parce qu’attirée par sa couverture badigeonnée de bon marketing : « Jusqu’où iriez-vous pour prendre un nouveau départ ? ». D’une phrase, j’étais accrochée. Grosso modo, la 4e de couv’ parlait d’une fille bafouée qui, afin d’accuser le coup, prenait la tangente pour San Francisco. Bingo, les gars. J’achète.
Quelques mois plus tard, je mets le bouquin dans ma valise et je décolle pour Budapest. J’ai pris mon temps pour le lire consciencieusement et, en le refermant, j’ai pensé… « Wow ». Explications ci-après.

Le topo

Nell, une jolie petite Anglaise, trouve un jour sur son bureau un post-it de la part d’Aidan, son supérieur et – accessoirement – ex petit-ami, lui intimant de venir le voir illico presto dans son bureau. Pleine d’assurance, Nell s’y rend, persuadée qu’Aidan souhaite (pour la millième fois) remettre le couvert. Mais brutale est la chute lorsqu’elle réalise que celui-ci lui annonce non pas la nature véritable de son amour mais… son licenciement.
Nell doit alors tout quitter et retourner vivre chez ses parents, la perspective de rechercher un nouvel emploi la terrorisant totalement. Or, bien vite, elle décide que devenir chômeuse ne lui dit rien de bon et qu’une pause loin de tout ce fatras lui ferait le plus grand bien. Parce qu’on a qu’une vie, pas vrai ? Elle utilise donc l’argent de son indemnité de départ pour un projet fou, celui de squatter deux mois chez sa cousine Lizzie qui habite San Francisco. (sympa la cousine, hein)
Vous vous doutez bien qu’au cours de cette expatriation temporaire, Nell aura de quoi s’occuper, la coquine. Car, en plus de trouver l’inspiration qui orientera sa vie dans une nouvelle direction, la nénette se cognera « malencontreusement » dans un Américain beau comme un cœur, Max Rossi. C’est là que j’ai commencé à devenir (un peu) jalouse parce que… Max a des fossettes mignonnes, Max donne des papillons dans le ventre, Max est un gentleman, Max a du talent, Max est – en un mot – gé-ni-al. Hey, mais Aidan alors ? Laissé pour compte, il n’a jamais eu l’intention de laisser Nell en plan. Et puis… Max n’a pas l’air aussi honnête qu’il en a l’air, après tout. Pour notre héroïne, le retour au bercail promet d’être un peu plus troublant que prévu.

Ce que j’en ai pensé

Si une histoire est bonne parce qu’elle ressemble en quelques aspects à la nôtre, alors je peux décréter que oui, Take A Look At Me Now est une perle. Je ne vais pas vous faire un récit détaillé de pourquoi-je-me-suis-sentie-en-symbiose-avec-l’héroïne mais j’ai envie de défendre ce livre avec ferveur.
Car, les amis, ceci est une lecture inspirante. Lorsque la vie vous fait une blague douteuse, que vous n’avez plus rien à perdre, il peut être de bon aloi de se poser cette question : « Et maintenant, que suis-je prêt-e à faire ? ».
Moi j’aime les histoires où les personnages prennent des décisions spontanées et se lancent, même de façon bancale, dans des idées farfelues. Ces héros fictifs tendent le doigt vers de nouveaux chemins possibles. Ils vous suggèrent la direction, la toute bonne, vers la réalisation d’une vie rêvée (et là je vous sors inévitablement la référence du brave Walter Mitty – film à voir si ce n’est pas déjà fait, hem.) Ce roman est bon parce qu’il parle d’une fille lambda qui repousse ses limites, devient curieuse, se lance un challenge, se laisse charmer par l’inconnu. Et bien sûr, l’héroïne y gagne tout.
En résumé, le message, c’est : prenez des risques, faîtes un bon en avant, vivez d’amour et de cupcakes… On n’est jamais aussi heureux qu’en déraillant pour de bon.

ophelie

Aimer Glousser

Coeurs-brisés.com, de Emma Garcia. Ou la fille amoureuse qui croyait aux pouvoirs d’Internet

7 août 2014

Revenons à ce que je sais faire de mieux : parler bouquins. Non, mieux. Parler bouquins dégoulinants de mièvrerie. (je sais aussi parler romans avec des épées qui piquent et des gens qui saignent, mais je peux faire moins de mots d’esprit et de blagues douteuses avec, comprenez-moi bien.)
Quand le monde se fait lourdingue autour de vous, faîtes comme moi. Plongez-vous dans une histoire où la fille vient d’apprendre que sa vie amoureuse a la couleur d’une eau saumâtre et qu’il lui faut abuser de substances illicites pour éviter de boire la tasse. Et jubilez quand elle est sur le point de s’en sortir !
C’est fou comme je raffole de happy endings : cela faisait comme une éternité que je ne m’étais pas plongée dans un roman de chick lit’ qui fait faire du « boum-boum » dans la poitrine… !
Oui, je suis raide folle de ces histoires qui commencent par « Il m’a larguée y’a trois jours et je suis en train de manger la moquette de mon salon tant je suis au désespoir ». C’est bizarre, dites-vous ? Hum. Juste un chouïa.
Mon goût pour elles a débuté quand j’étais pré-ado, lors de longs étés pendant lesquels il n’était jamais question de vacances. Alors que la plupart des jeunes s’en allaient vivre leurs premières amourettes estivales, moi j’étais enfermée dans ma chambre à attendre que les jours passent… En attendant la rentrée, donc, ma mère me fournissait en livres de supermarché estampillés « Cœur Grenadine », ces trésors de papier aux couvertures laquées en rose, vert et bleu. Dessus figuraient toujours ces visages frais et pimpants de jeunes amoureux fictifs, aux lèvres roses et à la dentition parfaite.
A travers eux, je vivais à fond des histoires de big love au rythme ahurissant d’une tous les 2 jours. Tout ça, sans bouger de mon lit. Quelle serial-loveuse ! (jusqu’à ce que je me heurte à la rude réalité en partant réellement en vacances, vers 14 ans)(« Ah bon on ne peut vivre qu’une amourette par été ? rroh… »)
Aujourd’hui, je lis des histoires « pour les grandes » et j’en suis tout aussi ravie. Je suis bien consciente que les intrigues n’ont rien de bien folichon, mais… aah, l’amour dans les bouquins ! J’adoooooore ! Bien. Parlons de ce livre-là.

Pourquoi lire Coeurs-brisés.com ?

1. Parce qu’il y a une histoire de fille un peu accro à son blog dedans.
Viv Summers (de son vrai nom Vivienne) est une Londonienne tout ce qu’il y a de plus normale. (enfin avec son petit grain de folie, hein. Quelle héroïne de chick lit’ n’a pas un plomb qui pète de temps en temps, hum ?) Elle a un chouette boulot dans le service marketing d’une grosse firme et est fiancée à un super beau mec. Tout pourrait rouler comme un camion sur une autoroute si Rob, ce fameux beau mec, n’avait pas la sale manie de la planter chaque fois qu’ils prévoient de se marier.
Pour la 3e fois donc, Viv se retrouve encore le bec dans l’eau, une robe de mariée inutile sur les bras. De ce fait, elle fait ses valises et part s’installer en solo. Bien que son geste ait tout l’air d’une rupture en bonne et due forme, Viv s’imagine qu’il ne s’agit là que d’un break. Le temps que Rob reprenne ses esprits et revienne frapper à sa porte, vous voyez ?
Évidemment – on l’aura compris – Rob a bien d’autres projets… Malheureuse à en crever, Viv décide de créer « Coeurs-brisés.com » pour se consoler et inviter les gens à partager leurs déboires sentimentaux online.
Entre-temps, elle laisse sa carrière dériver, boit beaucoup et se réveille un matin dans le lit de Max, son meilleur ami peintre, celui-là même qui a le béguin pour elle depuis toujours…
Une idylle faîte d’amour et d’eau fraîche commence, jusqu’à ce que Rob le BG décide de retourner dans les jupes de Viv, apparemment plus amoureux que jamais… Et s’ils reprenaient leur vie d’avant ?

2. Pour les dialogues entre internautes fictifs sur le forum du blog. Chaque début de chapitre commence par un sujet de forum sur lequel les participants sont invités à débattre : les réponses sont très ressemblantes à celles que l’on peut trouver sur le net… C’est drôle et vivant !
On y lit des histoires de rupture ridicules, des conseils donnés par le tout-venant sur la meilleure façon de se remettre d’aplomb, des échanges corsés…

3. Pour la tournure inattendue des événements… surtout en rapport à l’utilisation d’Internet. Bien que l’on sache que ça finira bien (voyons, voyons… ne vous étonnez pas), il y a toujours une part de surprise dans tout livre de chick lit’ qui se respecte. Dans Coeurs-brisés.com, on a affaire à une héroïne pour qui l’expression « Aux grands maux, les grands remèdes » a tout l’air d’un mantra, c’est vous dire !

Pourquoi je vous le recommande ?

Je ne dirai qu’une chose : lisez-le pour le fun. Honnêtement, je me retrouve un coup sur deux dans les personnages de chick lit’. Quand la fille est trop naïve (ou trop tarée), je ne vis pas l’intrigue à 100%. Mais, parfois, la magie fait effet.
Bien que je ne voyais pas ma propre personnalité se refléter dans celle de Viv, j’ai lu ce récit avec beaucoup d’intérêt (par « intérêt », je veux dire « lire-en-2-jours-non-stop »). C’est toujours intéressant de suivre les raisonnements un peu neuneus d’une fille qui se voile la face, je trouve. Pas vous ?
Et même si on voit venir de loin le dénouement, toute la « magie » réside dans le chemin qui va mener la donzelle dans les bras de l’heureux élu. Et ici, elle n’a pas son pareil pour se planter genre 2, 3, 4 voire 5 fois avant de décrocher le gros lot.
Hé, mais j’y pense. C’est pas ce qui nous arrive dans la vraie vie, des fois ?

ophelie

Aimer Trembler

Princess Bride, par William Goldman. Ou le grand classique d’amour et d’aventure à lire absolument

16 mars 2014

L’âme de princesse ? Très peu pour moi, merci. Petite, déjà, lorsque ma mère insistait pour m’enfiler une robe, je me roulais par terre d’indignation. Ce n’est pas que j’étais garçon manqué, non. C’est que je ne trouvais pas ça très en accord avec mes jeux d’enfant, vous voyez.

J’étais le genre de gamine qui adorait jouer aux petites voitures sur un tapis. A 4 ans, mes petits doigts pianotaient déjà sur la première Game Boy et j’étais accro à Mario Bros.

Gavée aux films de Disney, mes héroïnes préférées étaient Pocahontas et Esmeralda (les seules, de mon point de vue, à savoir s’adapter en milieu hostile). Parfois, quand mes parents avaient le dos tourné, je glissais sur les bras en bois du canapé pour faire comme le sauvage Mowgli. Et, avec mon petit voisin, nous grimpions dans les arbres pour jouer à cache-cache et à la guerre. Vous imaginez, vous, une robe dans ces moments-là ? Impossible.

Le plus incroyable, c’est que je savais aussi jouer à la Barbie. J’arborais avec fierté de fausses boucles d’oreille Polly Pocket et on pouvait m’offrir une maison de poupée rose sans que je ne m’en offusque. Alors, peu à peu, l’idée de devenir une princesse a fait son petit bonhomme de chemin.

Jusqu’au jour où nous avons fêté Noël avec ma petite tante, plus jeune que moi d’une année (une sombre histoire de re-mariage côté grand-père). Elle, elle était carrément dans le délire « Princess & co. » Elle était aussi blonde aux yeux bleus que j’étais brune aux yeux noirs. Et comme elle était fille unique et que moi, plus du tout, elle était aussi très gâtée.

Donc, lors de ce fameux Noël, quelqu’un m’a mis sous le nez un énoooorme paquet emballé dans du papier rose. Bonheur. Surprise. Grosse appréhension. Qu’est-ce qu’il pouvait bien y avoir là-dedans de très rose ? Pleine d’espoir, je me suis approchée. Mais, subitement, le paquet m’a été repris… pour atterrir entre les mains fragiles de ma tante archi-pourrie-gâtée.

Ce retournement de situation m’a créé, outre l’une de mes premières névroses, un sentiment intense d’injustice. Voir l’autre gamine – fagotée comme une princesse – rougir de plaisir à la vue de son splendide nouveau carrosse Barbie m’a fait méchamment froncer le sourcil. Mais je me suis retenue très fort de pleurer.

Parce qu’à partir de ce jour, j’avais décidé que jamais plus je n’aimerais les princesses. Sauf celle du classique Princess Bride, évidemment.

Pourquoi lire Princess Bride ?

1. Parce que connaître un super beau classique de la littérature d’amour et d’aventure, ça n’a pas de prix. L’histoire se déroule au royaume (fictif) de Florin.

Bouton d’Or est la plus belle femme du monde. Mais avant de l’être, cette fille de fermiers a d’abord été une gamine exécrable, avec de la paille dans ses cheveux en pagaille, de la terre sous les ongles et l’humeur massacrante… Surtout envers son garçon de ferme qui, lui, a toujours veillé à répondre bien poliment à toutes ses exigences par un docile « Comme vous voudrez« .

Un beau jour, la petite se rend compte de son amour pour lui, alors que le garçon (nommé Westley, lui aussi in love dans le fond) prend ses cliques et ses claques pour aller faire fortune en Amérique. Bim. Coeur en miettes. La jeune fille décide de l’attendre et se met à soigner son allure pour mieux plaire à son amour quand il rentrera.

Sauf que rien ne se passera comme prévu : Westley déclaré mort en mer, la belle acceptera de dépit la demande en fiançailles du gros roi Humperdinck, adepte de la chasse et des complots. D’abord éduquée aux moeurs de la cour, elle sera kidnappée, libérée, fiancée, mariée, apeurée, désespérée… Au fil des pages, la pauvre princesse en verra de toutes les couleurs. Mais s’il n’y avait qu’elle… !

2. Car on ne s’attend pas aux rebondissements. Jamais. Un personnage est dans la panade ? Dommage pour lui, car le reste risque d’être pire. Bien heureusement, tout ne tourne pas autour de Bouton d’Or. Bien qu’elle reste celle pour qui Westley se démène, d’autres personnages entrent dans la danse, riches d’une toute autre histoire… et complètement déjantés.

3. Parce que ce livre/conte de fées qui dépote est une véritable pépite qui répond exactement à toutes vos attentes.

Il vous offre, je cite :

De l’escrime. Du combat. De la torture. Du poison. Le grand amour. La haine. La vengeance. Des géants. Des chasseurs. Des méchants. Des hommes bons. Des dames plus belles que tout. Des serpents. Des araignées. Des bébés de toutes natures et de toutes formes. Des lâches. Des hommes forts. Des poursuites. Des évasions. Des mensonges. Des vérités. La passion. Des miracles.

Combinez le tout à des dialogues drôles et piquants, et vous serez aux anges.

Pourquoi je vous le recommande ?

Parce que les procédés narratifs sont une blague à part entière. (et je viens de l’apprendre en consultant Wikipédia, j’en tombe des nues en écrivant cet article)

William Goldman est un excellent romancier et réalisateur de renom ; ce livre a d’ailleurs été adapté en film en 1987, et peut-être l’avez-vous déjà vu. Prétendant faire une « version abrégée avec les bons morceaux de l’œuvre originale« , l’auteur ne cesse d’intervenir entre les paragraphes, pour vous livrer quelques commentaires succulents sur le déroulé de l’intrigue et donner son avis. Je ne peux vous en dire plus sur son procédé narratif tant c’est énorme !

Toujours est-il que, si vous commencez à lire ce bouquin, je vous invite à passer dès le début au « Chapitre 1 : la Fiancée » pour rentrer dans le vif du sujet. Une fois l’histoire bien en tête, reportez-vous à son introduction qui est, en soi, une vraie perle une fois qu’on en a compris le contexte.

Et puis… et puis moi, j’ai vraiment apprécié ce bouquin. J’ai ri, soupiré, lu avec grande attention les péripéties du couple Bouton d’Or/Westley…

Édité dans un splendide coffret violet par les éditions Bragelonne, il n’existe qu’en version papier et… je veux le garder toute ma vie dans ma bibliothèque, voilà.

ophelie
Aimer Rougir

Scandaleuse Elisabeth, de Eleonore Fernaye. Quand la passion flaire bon le parfum de l’interdit

9 février 2014

Ne nous voilons pas la face : le corps dit tout. Quelles que soient les circonstances, c’est lui le patron. Il transmet en extérieur ce qui se passe en intérieur, et ça, c’est plutôt gênant.
Prenons un moment terrible, comme la fois où, à proximité d’un être infiniment désirable, votre corps vous crie de vous jeter littéralement dessus. Un truc que la morale réprouve, quoi.
Ça vous est peut-être déjà arrivé : vous rencontrez quelqu’un, il a l’air bien dans sa tête et ses baskets, vos esprits semblent connectés et votre enveloppe charnelle réclame désespérément la sienne. Mais – MAIS – il y a danger. Bien souvent, cette petite alarme, que je surnomme personnellement le « NO WAY« , se manifeste par :

  • une nénette déjà présente dans sa vie/sa tête
  • une position sociale dérangeante (c’est votre collègue/votre boss)
  • une famille allergique à l’idée que vous partagiez avec lui la fraîcheur de vos draps (si vous avez d’autres suggestions pour enrichir mes exemples…)

Bref, no way. Et s’il y a moyen de moyenner un rapprochement sensuel avec ce quidam, c’est la cata. Oui, vous avez carte blanche pour agir, voire mal agir. Mais vous prenez un risque. Au vu de mes propres expériences, je dirais que, dans ces cas-là, le corps, c’est l’ennemi à abattre.
Par exemple, le mien fonctionne un peu comme un infâme Mr Hyde. Dès l’instant où il  a repéré une fenêtre ouverte (équipée de bras vaillants), il tente une ruade qui manque de faire dégringoler ma raison ou de me faire piétiner mes principes et, par ricoché, ma dignité.
Et je peux vous assurer que mon Mr Hyde tire vraiment sur la corde quand l’objet de son désir est un playboy bad boy. Il me faut presque la force morale de mille femmes de caractère pour le détourner du côté obscur !
Mais comment lutter quand nos phéromones crient famine ? Le cerveau à lui seul peut-il faire barrière à ce feu qui brûle en nous au point de nous en faire des cloques ?
L’héroïne de Scandaleuse Elisabeth, elle, a fait les frais de ce combat corps VS esprit. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne cherche pas à entraver ses bas instincts… !

Pourquoi lire Scandaleuse Elisabeth ?

1. Car on a affaire à une jeune femme qui s’éveille aux délices de la galipette tout en transgressant les bonnes moeurs de la noblesse.
Elisabeth d’Arsac est le genre de fille à haïr pour la forme : issue d’une riche famille française, la donzelle sait jouer de la harpe comme une déesse et parle anglais couramment. Et comme si ça ne suffisait pas, elle a aussi la taille fine et le cou délicat. Ce qui, en 1778, fait d’elle une nana hyper désirable.
Mais même si elle est convoitée par des hommes influents, Elisabeth n’a nullement envie de rentrer dans les rangs. Il faut dire qu’elle a des idées bien avancées pour l’époque : le mariage est, pour elle, le meilleur moyen de perdre son indépendance et de se retrouver soumise à un homme pour le restant de ses jours.
Toutefois, la belle a un vice : elle demeure curieuse des choses qui se passent sous la couette !
Et ça tombe bien car, un jour de bal masqué, elle fait la connaissance d’un bel Américain, baptisé Henry. Il est splendide (dans le genre musclé) et, forcément, il cherche à la choper gaiement dans un coin sombre.
Elisabeth sait que cette attitude n’est pas conforme à son rang, mais il faut bien admettre que question résistance, elle n’est pas super douée.
Le hic, c’est que cette petite aventure ne s’arrêtera pas là : contrairement à ce qu’elle croit, le fier Henry a le sens de l’honneur et il compte bien lui demander sa main…

2. Parce que c’est une bonne lecture à mettre sur sa table de chevet quand on ne trouve plus son compte dans l’avalanche de titres dupliqués de Fifty shades of Grey. Le pseudo-SM vous gonfle ? Ça tombe bien, avec Eleonore Fernaye, on découvre les joies du sexe décrites à l’ancienne, avec des expressions sorties tout droit du journal intime des coquines de l’époque. Bizarrement, ça émoustille bien mieux les sens !

3. Car derrière ses dehors grivois, ce roman cache une romance historique très torride et pleine de bons sentiments, même si les deux protagonistes ont du mal à s’apprivoiser et s’accusent parfois à tort et à travers, sinon ce ne serait pas du jeu. Et oui, en 1778 aussi, on se prenait la tête comme pas permis !

Pourquoi je vous le recommande ?

Pour vous mettre en appétit à l’approche de la Saint-Valentin, c’est bien. Moi, ça m’a fait rêver façon intense. Du coup, j’ai bien envie de ressortir ma robe de princesse (déjà évoquée ici) pour aller charmer les individus disponibles le jour J ! (je dis ça parce que mon agenda comporte déjà la mention « soirée dansante spécial célibs » ce soir-là)(même si je m’apprête à quitter notre bonne France, je compte bien rebooster mon sex-appeal, huhu)
J’ai trouvé que le cas de la charmante Elisabeth semblait très similaire à celui des célibataires du 21e siècle : avant-gardiste, la jeune femme n’est pas prête à sacrifier sa liberté malgré la pression sociale (faut dire qu’à 20 ans passés, être célibataire, ça fait désordre, non ?).
Quant à son histoire avec Henry… Moi, ça me rappelle les relations d’aujourd’hui que l’on débute, le plus souvent, les jambes en l’air, mais que l’on espère voir évoluer progressivement avec le coeur. Graou !
Un merci à Isa du blog Au fil d’Isa qui m’a conduite à faire cet achat irraisonné mais absolument pas regretté 😉

ophelie