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L’amour et tout ce qui va avec, de Kristan Higgins. Une histoire très attachante

20 février 2019

Vous ne le savez peut-être pas, mais j’adore Kristan Higgins. Je parle souvent de ses livres autour de moi, car ils ne me déçoivent ô grand jamais. Dans ses romances, il y a toujours des héroïnes imparfaites, résidant une petite ville américaine paumée, qui ne cherchent pas intentionnellement l’amour. Bon, ok, elles aspirent tout de même à faire la rencontre de « the One » mais, quand ça arrive, c’est non seulement drôle, mais aussi bien amené.
Ajoutons aussi le fait que je tombe toujours en pâmoison devant les héros masculins de Dame Higgins, parce qu’ils sont tous à croquer !
Et que dire des personnages secondaires ? Au-delà d’être attachants, certains sont à mourir de rire ! Rien que les dialogues sont savoureux. J’aimerais avoir davantage d’échanges comme ça dans la vraie vie, faits de piques et de blagues intelligentes et un brin fantasques.
Voilà, c’est dit : je raffole de ses histoires. Et celle de L’Amour et tout ce qui va avec est, de loin, ma préférée. Déjà parce que j’en ai pincé fort pour Ian, le sublime blondinet aux allures russes (et il faut savoir que ma préférence va aux bruns depuis la nuit de temps). J’ai aussi flashé sur la famille loufoque de l’héroïne, Callie. Enfin, last but not least, l’intrigue en elle-même est un classique du genre mais, selon moi, la façon dont l’auteure la conte la place au-dessus de la moyenne : elle recèle de situations plus cocasses les unes que les autres.

Pourquoi lire L’amour et tout ce qui va avec ?

L’histoire débute donc avec l’anniversaire de Callie, une jeune femme qui bosse pour une agence de pub, dans une petite ville du Vermont. Depuis toujours, Callie est raide dingue de son boss, le séduisant et ténébreux Mark, avec qui elle a eu une liaison torride par le passé. Le jour de ses 30 ans, elle se persuade que Mark va enfin la demander en mariage… Mais celui-ci lui annonce qu’il sort avec la fille du plus gros client de l’agence, une garce nommée Muriel. Et le pire, c’est que cette dernière va être employée par Mark pour bien casser les pieds à toute l’équipe.
Si Callie est dévastée, elle n’en montre (presque) rien : elle est d’ailleurs connue dans le coin pour son optimisme et sa gentillesse exemplaires. Et ces merveilleux traits de caractère vont l’aider à se remettre en selle, puisque Callie ne se laisse pas dégonfler et décide de se lancer dans la recherche du grand Amour.
Sur les conseils de ses proches, elle se rend alors sous un faux prétexte au cabinet du nouveau véto de la ville : le Dr Ian McFarland. Mais ce dernier, aussi aimable qu’un ours mal léché, n’est pas des plus encourageants. Blond comme les blés et bâti comme une armoire à glace, Ian a la froideur d’un congélateur (sauf avec ses amies les bêtes, of course). Rabrouée, Callie se résigne à tenter sa chance avec des rencarts par internet. C’est ça, ou bien endurer les dents serrées la vision quotidienne de son boss en relation idyllique avec sa nouvelle copine… alors même que cette dernière, jalouse, cherche à lui nuire.
Mais le hasard faisant bien les choses, Callie va croiser Ian dans les moments les plus impromptus : que ce soit lors d’une rando en montagne, chez l’herboriste ou lors d’un rdv galant raté avec un mec d’internet… Même si Callie se tape chaque fois la honte, ces rencontres fortuites vont-elles finir par les rapprocher ?

Pourquoi je vous le recommande ?

Comme tout livre de Kristan Higgins, j’ai terminé cette lecture en à peine 3 jours. L’intrigue est bien plus complexe que ce que j’ai décrit plus haut, et c’est ce qui fait la richesse des œuvres de l’auteure.
Notons que, comme toute femme anormalement constituée, Callie converse avec 2 voix dans sa tête : celle de Michelle Obama et celle de Betty Boop. Elle habite chez son grand-père (un fabricant de kayaks taciturne qui la surnomme aimablement « pisseuse »), mais elle a grandi dans le funérarium familial (l’assistant de sa mère, un petit homme libidineux et creepy, est d’ailleurs son plus grand fan). Elle a deux nièces, dont la plus petite est scoot et la plus grande trouve qu’elle est ringarde quand elle danse le hip-hop sur du Black Eyes Peas. Et Callie devra également aider son père à reconquérir sa mère aigrie par leur divorce… contre l’avis de sa sœur aînée et de son petit frère.
Bien sûr, je ne vais pas mentionner tous les personnages secondaires mais, comme je le disais plus haut : je les adore !
Cette lecture m’a fait l’effet d’un bonbon. Désormais, il me les faut toutes ! Si vous souhaitez connaître mon avis sur la série Blue Heron, n’hésitez pas à découvrir mes chroniques sur le tome 1, le tome 2 et le tome 3.
Et ce qui est chouette, c’est que je n’ai pas fini : il me reste les titres Trop beau pour être vrai et L’homme idéal… ou presque. Miam-miam !

Et vous, connaissez-vous ce titre ? Il vous tente ?

Aimer Glousser

Les crevettes ont le cœur dans la tête, de Marion Michau.

20 décembre 2018

Oulà, mais c’est que le temps passe vite ! Après plusieurs mois d’absence, je me replonge aux alentours de Noël dans l’envie du partage par l’écriture et la lecture… #Bookstagram et autres réseaux, me revoilà vivante et frétillante !
Cette fois-ci, mon billet traitera de ma toute dernière lecture (il y en a eu bien d’autres en 6 mois, j’vous rassure) : Les crevettes ont le cœur dans la tête, aka le « journal sexy d’une trentenaire » de Marion Michau. Aimablement prêté par une copine, d’ailleurs. Alors sortez vos plaids, faites chauffer l’eau du thé, car je vous parle de la recherche infructueuse du grand amour, et de gaffes monumentales.

Pourquoi lire Les crevettes ont le cœur dans la tête ?

Difficile de trouver l’Amour quand on a passé 30 ans… Pourtant, Marion Michau, qui se met elle-même en scène dans ce roman, n’a pas dit son dernier mot ! Le pitch est classique, vous en conviendrez. Mais le personnage de Marion, un chouïa extrême dans sa conception de la drague et de l’amour, vous fera sourire.
Avec sa bande de copines, les Louves, Marion vit des instants complices dignes de collégiennes en rut ! Il y a Sophie, accro à la rando avec son amoureux ultra-sportif. Il y a Léa, qui refuse de se marier à son amour de toujours. Et il y a Babeth, une belle & grande rousse qui collectionne les mecs d’un soir.
Un peu paumée, perchée sur ses talons aiguilles, Marion a tout de la Parisienne pure souche. Soirées arrosées, nuits passées dans des bras inconnus, trajets en taxi d’un bout à l’autre de Paris… Marion, trentenaire fêtarde par excellence, a le chic pour se mettre constamment dans de beaux sales draps. Chaque fois qu’elle rencontre un homme, c’est le festival des gaffes : elle boit le coup de trop, elle s’aperçoit trop tard qu’il est timbré, elle interprète mal les signes… Ce qui la conduit à se faire (très souvent) des films et appeler ses copines à la rescousse. Forcément, comme toute célibataire un brin volage, elle fera une fixette sur un Bad Boy inaccessible, un peu arty, un peu comédien, mais je ne vous en dis pas plus !

Pourquoi je vous le recommande ?

Si au début l’on a du mal à rentrer dans le roman (surtout quand on a du mal à s’identifier à son mode de vie), les questionnements existentiels de Marion finissent par accrocher… et nous faire bien rire. Alors, on persiste !
Découpé en 3 parties, correspondant chacune à un homme, ce petit roman très court en forme de journal intime se lit très vite. Et, bien sûr, comme c’est de la chick lit’, ça finit bien (même de justesse). Parfait pour un cadeau à offrir à une copine célibataire qui désespère (même si elle n’est pas Parisienne), histoire qu’elle positive en cette fin d’année… :’)

Et vous, avez-vous lu ce petit roman ?

Aimer Glousser

Pourquoi choisir ? d’Emily Blaine. Déception sur talons aiguilles

12 août 2018

Place à un navet littéraire ! Vous le savez peut-être, ordinairement, je ne suis pas très exigeante en chick lit’. Néanmoins, il m’arrive parfois de tomber sur des romances un peu trop forcées, avec des ficelles si grosses qu’on pourrait bâtir un mât de voilier avec. Et, bien que je déteste arrêter une lecture en cours de route, c’est quasi inévitable : je passe à autre chose (non sans un pincement au cœur à l’idée de ne pas avoir « réussi à finir un livre »).

Mais pour ce titre-ci, Pourquoi choisir, j’ai passé outre mes soupirs exaspérés à chaque chapitre et j’ai continué à me l’infliger. De bout en bout. Jusqu’à la dernière goutte. C’était mon premier Emily Blaine, voyez-vous. Je devais savoir de quel bois se chauffe l’une des reines de la romance contemporaine. Et après avoir investigué sur les réseaux littéraires (Livraddict, Goodreads), j’ai compris que j’avais mal choisi mon galop d’essai, au vu des piètres avis qu’en ont eu les autres lecteur·rice·s. Pour moi, c’est donc #GrosFail et je vais vous dire pourquoi. (Attention, spoilers à suivre)

Quel est le topo ?

L’héroïne, Elizabeth, une jeune femme bien sous tous rapports, fait de l’animation. Mais attention, pas celle des centres de loisirs, non-non. Son boulot, c’est d’organiser des fêtes, en binôme avec sa meilleure amie.

Manque de bol, quand le récit commence, leur boîte en est aux balbutiements. Liz est envoyée pour l’anniversaire d’une fillette pourrie gâtée chez les Banks, la plus riche famille de la ville, déguisée en Fée Clochette. C’est que les temps sont durs – une vraie disette ! -, il faut donc se fader les plans pourris dégotés par sa camarade qui, elle, pouponne à la maison pendant que Liz trime dans sa mini-jupe à paillettes. Mais puisqu’il y a un chèque à la clé, Liz est ravie ! Elle pourra enfin réparer ce qu’elle a de plus précieux : son vieux van souffreteux, qu’elle a baptisé Ted.
Et Ted, c’est LA fixette de Liz. Il sera fait mention maintes fois de sa réparation nécessaire et, entre ces deux-là, croyez-moi, le lien est puissant. (au secours) Aux abords de la riche propriété des Banks, notre Fée Clochette se fait doubler par une rutilante Aston Martin conduite par un beau gosse arrogant : Peter Banks fils. Celui-ci la reluquera sans vergogne dans sa tenue de Fée, puis lui fera les yeux doux. Elle le repoussera avec indignation, parce que le fric, se persuade-t-elle, elle s’en fout.

Plus tard, alors qu’elle fait ses courses au supermarché du coin, un homme séduisant façon bûcheron canadien lui conseille d’éviter les conserves. Il s’appelle Jonathan, et Liz lèvera les yeux au ciel devant la banalité du plan drague (et moi aussi…). Le bel Apollon est forcé de battre en retraite, mais une fois sur le parking, Liz est dévastée : Ted ne redémarre plus ! Heureusement, Jonathan surgit derrière elle (on l’aura vu venir de loin) et sauve la vie de Ted en l’emmenant chez un garagiste. (quel homme !)

Liz est reconnaissante, alors elle change illico d’avis : Jonathan fera joli dans son lit. D’autant plus que Peter Banks et lui semblent être de grands rivaux, même si elle ignore pourquoi (oh, mystère !). Liz est tout de même sollicitée pour un contrat par le père Banks, qui a finalement reconnu la qualité de son travail (ou plutôt de son joli derrière minois). L’homme est misogyne et répugnant : il veut forcer Liz à sortir avec son fils Peter en lui faisant du chantage. (ben voyons, paye ton #BalanceTonPorc) Elle tergiverse, s’indigne, et finit par accepter contre une avance d’argent (euurk).

Forcément, ça va poser problème, et Jonathan sera furax. Liz sera toutefois très docile (elle proteste toujours 5 minutes avant de capituler), puisque tous les moyens sont bons pour enrichir sa mini-entreprise (et pour réparer son cher Ted), quitte à s’asseoir sur ses principes en bossant pour un vieux riche dégoûtant et son idiot de fils. Sans oublier le twist de fin : Jonathan est, lui aussi, un Banks ! Il a simplement décidé de vivre sans ostentation, avec des vraies valeurs (pas difficile non plus vu le niveau du père). Ce qui ravira notre Liz, qui se sera, en fin de compte, dégoté un riche !

Le mot de la fin

Si, comme moi, vous êtes de celles dont l’esprit féministe s’insurge facilement, chaque chapitre aura de quoi vous donner des boutons. Une héroïne faussement droite dans ses baskets, attachée à son van, et surtout, vénale.
Je vous recommande donc de passer votre chemin sur celui-ci, et de choisir plutôt un autre Emily Blaine… pour peu que les autres titres soient bien meilleurs que celui-ci.

Et vous, connaissez-vous ce livre ? Avez-vous déjà lu un titre qui vous fait bondir d’indignation ?

Aimer Trembler

Le secret de Pembrooke Park, de Julie Klassen. Ou comment vivre une romance dans un manoir abandonné

20 avril 2018

Laissons de côté tout ce qui nous préoccupe, et intéressons-nous à une histoire fascinante avec des corsets, des froufrous et des bals… Une histoire sombre, inquiétante, et un cœur à prendre de plus de 25 ans.

Pourquoi lire Le Secret de Pembrooke Park ?

1. Parce qu’il s’agit d’une romance historique un poil angoissante. Oui. Angoissante.
Dans l’Angleterre du 19ème siècle, Abigail Foster, une jeune femme intelligente issue d’une famille d’aristocrates, souffre depuis toujours d’un complexe d’infériorité face à sa sœur cadette, qui la surpasse en beauté. Du fait de son âge « avancé », elle est écartée de la traditionnelle « chasse au mari », et se retrouve reléguée au rôle de gestionnaire de maison. Sauf qu’un jour, elle commet une terrible erreur de jugement qui conduit sa famille à la ruine. Boum, plus d’sous.
Mais heureusement, une occasion en or se présente : on propose aux Foster de venir habiter un vieux manoir abandonné en pleine campagne anglaise.
La décision d’emménager est vite prise, et Abigail part en « éclaireuse » sur place. De toute façon, elle n’a plus rien à perdre : l’homme dont elle est secrètement amoureuse depuis l’enfance en pince pour son agaçante petite sœur parfaite. Donc pour elle, point de salut : autant aller servir le Seigneur.
Et ça tombe bien car, dans la chapelle du village, elle fait la rencontre d’un vicaire plutôt sexy. Il s’appelle William Chapman, et même s’il est excessivement doux et gentil, tout un tas de mystères entourent sa famille. Faut dire que le manoir cache aussi de sombres secrets : la nuit, Abigail entend des bruits étranges. Et une rumeur court sur un trésor serait caché en ses murs. D’ailleurs, on dirait bien que quelqu’un (ou quelque chose ?) rôde dans les couloirs…

2. Parce qu’il y a du mystère. Et c’est original pour le genre. Notre héroïne n’est pas qu’à la recherche de l’amour. Elle mène l’enquête, tente de déjouer les faux semblants, surprend des personnages à des endroits où ils ne devraient pas être, reçoit des pages du journal d’un anonyme, se fait stalker par un taré… Bref, ça ne donne pas très envie d’aller dormir seule dans un manoir au milieu de nul part.

3. Parce que l’héroïne est quand même badass. Dans une époque rétrograde où il faut se montrer vertueuse, ne pas déclarer sa flamme trop vite à l’être aimé, laisser les mâles vous inviter au bal masqué, s’effacer devant la concurrence plus jeune et jolie… Abigail, par sa propension à se croire « périmée », ne se pose plus de questions sur son droit à l’indépendance vis-à-vis des hommes. Elle se promène, seule, sur son domaine, prend des décisions pour toute la maisonnée et ne cherche pas à plaire aux messieurs. Et ça, c’est ce qui fait son charme.

Pourquoi je vous le recommande ?

J’étais en train de zoner sur Livraddict.com quand je suis tombée sur ce titre (d’ailleurs vous pouvez voir mon profil là). La couverture m’ayant intriguée (avouez qu’il s’en dégage un aspect sombre!)(c’est à cause de la porte, ça – les grandes portes c’est menaçant), je l’ai ajouté dans ma wish-list avec empressement. Je me le suis fait offrir, je l’ai dévoré en 3 jours, et j’en ai tiré des conclusions très positives.
Autrement, cette lecture m’a donc fait prendre conscience que :
– vivre seule dans un manoir, c’est glauque,
– il faut se méfier de sa petite sœur (et des fantômes),
– laisser un psychopathe squatter chez soi par bienséance, ça relève de l’inconscience.
En lisant Le Secret de Pembrooke Park, vous aussi, vous comprendrez.

Aimer

A un détail près, de Kristan Higgins. Quand se faire larguer à son mariage reste la meilleure option

3 avril 2018

S’il y a bien une scène que j’apprécie particulièrement dans les romances, c’est celle de la rupture du début. Quand, au début du récit, l’héroïne sort avec un type depuis un moment (c’est son petit-ami, son « promis », voire son mari) et bim-bam-boum il n’est pas celui qu’elle croyait ! Il s’en va en claquant la porte et elle finit avec un paquet de mouchoirs sur le canapé et le nez tout enflé.
Et plus cette rupture est violente, plus l’histoire d’amour qui suit est truculente. Les auteurs ne manquent alors pas d’imagination pour nous proposer des ruptures toujours plus audacieuses, avec des goujats à paillettes, des scènes de désillusions fleuries et des apitoiements en or !

Mais ne vous méprenez pas : si j’aime savoir les héroïnes malmenées, c’est uniquement pour le plaisir de les voir retrouver l’Amour après. N’est-ce pas ce qui nous pousse à lire ces romances ? Parce qu’on sait pertinemment que ça finira bien. Ce sont les circonstances et le happy ending qui nous font tourner les pages. C’est le contrat, quoi.
Dans A un détail près, de Kristan Higgins (mon autrice chouchou du moment), on s’intéresse à la façon dont l’héroïne, Faith Holland, se fait rouler en toute beauté.

Pourquoi lire A un détail près ?

1. Parce que l’héroïne ne l’a pas vu venir.
Faith Holland, jeune femme épileptique aux rondeurs délicieuses, vit à San Francisco où elle exerce le métier d’architecte paysagiste. Bien sûr, Faith collectionne les rencards foireux, et elle a donc fini par cultiver un talent certain pour l’espionnage afin de se préserver des déceptions à venir (même si ça ne fonctionne pas tip-top).
Un beau jour, le destin la ramène à Manningsport, bourgade où elle a grandi, sa famille y étant propriétaire d’un vignoble depuis des générations. C’est aussi la ville où elle a vu sa vie voler en éclats, son ex-fiancé lui ayant avoué préférer les garçons le jour où ils s’apprêtaient à se dire oui-pour-la-vie. Outch !
Faith y revient donc, chargée de réaliser un chantier et, accessoirement, de trouver une nouvelle femme à son veuf de père. Il lui apparaît rapidement difficile d’éviter son ex-boyfriend pendant son séjour. Faut dire que ce trou perdu au bord du lac Keuka – dans l’état de New York, ne comporte qu’une très faible variété d’endroits où socialiser, et on a vite fait d’y croiser des copains d’enfance.
Mais le pire, pour Faith, c’est surtout de devoir supporter la présence de ce traître de Levi Cooper, celui-là même qui a forcé Jérémy à faire son coming-out à leur mariage. Elle le déteste, il la snobe. Entre ces deux-là, l’ambiance est moyenne… jusqu’à ce que, forcément, l’un des deux craque.

2. Parce que c’est le premier opus de la saga Blue Heron, et qu’on y découvre la joyeuse famille Holland (et les grands-parents totalement frappés, mes personnes favoris). Le père Holland se fait manger tout cru par une femme vénale puissance 1000, et la mission annexe des sœurs Holland est bien sûr d’éloigner la malotrue pour lui trouver une meilleure candidate. C’est catastrophique et hilarant, d’ailleurs !

3. Pour Levi, flic ultra-sexy qui est d’une nonchalance exaspérante mais… hé, on se dit qu’il va bien finir par se faire prendre à son propre jeu. Car s’il adore énerver Faith, la voir se révolter contre lui et se fâcher bien rouge, il trouve qu’elle dégage quand même une « bonne odeur de pain chaud à peine sorti du four ». Sans rire. Une odeur de pain chaud (et on parle d’une architecte là, pas d’une boulangère)(est-ce parce que Faith est décrite comme rondelette ?)(gnié). Bon, on lui pardonne cette métaphore de mauvais goût, mais surtout parce que c’est un super grand frère, que ses muscles fermes se dessinent sous ses chemises et qu’il cuisine des pâtisseries en plein milieu de la nuit quand il est énervé.

Pourquoi je vous le recommande ?

Pour une entrée en matière dans la saga Blue Heron, certes, c’est gentil-mignon-tout-plein, mais ça vaut le coup de s’y plonger.
Même si le thème de l’homosexualité est apparent au premier abord, il n’est pas très présent dans le récit – la romance est surtout axée sur Faith & Levi. J’ai trouvé cependant très intéressant le fait de le traiter en tant que « cause de rupture », et Kristan Higgins n’en fait pas toute une histoire, ni ne cristallise cet aspect du personnage de Jérémy. La relation entre Faith et lui reste empreinte d’une belle complicité… 🙂
Vous pouvez lire ma chronique sur le tome 2, avec la sœur aînée rigide, Honor, par ici, et découvrir ma chronique sur le tome 3, avec la meilleure amie de Faith, par là. Et évidemment, comme moi, vous pouvez lire les opus de la saga de façon désordonnée !

Aimer Rire

Repartis pour un tour, de Kristan Higgins. Des retrouvailles entre une barmaid et son beau ténébreux

6 mars 2018

Aujourd’hui, on va parler de retrouvailles. Ou plutôt de gens qui se trouvent, se perdent et se retrouvent (cela sonne comme une chanson. Je sais). Tout récemment, j’ai décidé de perdre plus de gens que d’en retrouver. Peut-être un effet du passage des 30 ans… qui sait ?
Le tri par le vide, c’est devenu une vraie addiction chez moi. Après avoir épuré un max mon petit 40 m2, je me suis attaquée à mes relations amicales… du moins, sans le faire exprès. Une sombre histoire de smartphone réinitialisé par erreur, toute fébrile que j’étais à la perspective d’une mise à jour du logiciel imminente que je souhaitais empêcher. Résultat : la mise à jour s’est faite quand même, et j’ai perdu tous mes contacts (oui : pour moi la sauvegarde d’un répertoire, c’est dépassé). Pendant l’inévitable quête des numéros de personnes qui me sont proches sur les réseaux sociaux, j’ai délibérément fait l’impasse sur certains contacts.

Si ces omissions sont hautement inconcevables pour certains, je me suis dit : est-ce si grave ? Peut-on ne jamais plus rencontrer certaines personnes en oubliant de les recontacter ? Après tout, si je ne les contacte pas et eux non plus, on finira par s’éloigner. Et si on s’éloigne, c’est sûrement parce qu’on n’avait plus rien à se dire, ni à s’apporter. Ai-je vraiment besoin de collecter 200 numéros (ou « amis ») pour exister ? Et quelle sera mon excuse si jamais je les croise à nouveau au détour d’une rue ?
Avec l’esprit empli d’autant de questions, je me suis sentie un peu comme Colleen O’Rourke. L’héroïne de Repartis pour un tour (Waiting on you en VO) de Kristan Higgins, est en proie à une indécision sans pareille quand son ex amoureux, Lucas, re-débarque dans sa vie après des années sans nouvelles. Explications.

Pourquoi lire Repartis pour un tour ?

1. Pour les retrouvailles ratées entre Colleen et Lucas.
Colleen, dont la sexyness n’est plus à prouver dans la petite ville de Manningsport, tient à entretenir avec ferveur sa réputation de coureuse de caleçons. Propriétaire du bar L’O’Rourke avec son frère jumeau, elle n’a pas son pareil pour matcher les gens entre eux, usant de son flair de « femme qui s’y connaît » pour arranger les coups entre ses clients. C’est que toute la vie de Colleen a toujours été dédiée aux autres, voyez-vous.
Mais voilà qu’un jour, la belle perd de sa superbe quand re-surgit Lucas, le beau gosse ténébreux de Chicago qui lui avait conté fleurette au lycée. Celui-ci est de retour dans la région pour s’occuper de son oncle mourant. Hélas, sa présence en ville est temporaire. Colleen, qui voit son équilibre chamboulé par ce vilain top model mexicain à cheveux longs, emploie toute son énergie à lutter contre l’appel du mâle. Car Lucas est bien décidé à la refaire craquer, quitte à s’exposer aux yeux de tout-e-s sans tee-shirt (sur des échafaudages en plein cagnard, sinon c’est pas du jeu). Cédera… ou cédera pas ?

2. Pour les touches d’humour !
Il est bien rare de ne pas rire à la lecture d’un livre de Kristan Higgins ! Pourtant, dans ce 3e opus de la saga Blue Heron (découvrez ici le tome 2), on s’éloigne un tantinet de la famille Holland au capital de « drôlerie » assez phénoménal (mention spéciale aux grands-parents, dont je suis fan). Heureusement, on est bien servis entre la mère de Colleen – qui teste les clubs de rencontre pour oublier son goujat de mari, et le « gang des ménopausées », dont le passe-temps favori consiste à mater des beaux mecs pendant leur dur labeur. Quant à Paulina, une femme timide et maladroite coachée par Colleen, véritable gag à elle seule, elle n’est pas en reste !

3. Pour le jeu du chat et de la souris.
Lucas donc, beau ténébreux à l’accent hispanique (façon Enrique Iglesias), agite son sex-appeal sous le nez délicat de Colleen. Celle-ci, belle donzelle au décolleté d’enfer, désire alors ardemment jeter son dévolu sur ce tentateur infernal qui lui a filé entre les doigts une fois sortie du lycée. Cela annonce de grandes réjouissances à venir…

Pourquoi je vous le recommande ?

Bien qu’il s’agisse du tome 3 de Blue Heron, il est tout à fait possible de le lire de façon indépendante. Moi j’aime beaucoup cette saga, et surtout ses personnages que je trouve très charmants. Moi aussi j’ai envie de vivre à Manningsport, rien que pour le plaisir d’aller boire un coup à l’O’Rourke et de me faire offrir des nachos au cheddar par Colleen herself. Puis j’aimerais participer aux dégustations des domaines viticoles, voir un bout du lac Keuka depuis ma fenêtre de chambre, et goûter aux pâtisseries de chez Lorelei. Voilà, c’est dit.

Aimer Réfléchir

Les jours meilleurs, de Cecelia Ahern. Une journaliste ratée réapprend à raconter des histoires

2 février 2018

Maintenant que le mojo de la lecture est revenu, j’occupe mes soirées à résister aux tentations de Netflix. Désormais, dès que j’ai un moment de libre, je m’en vais sautiller gaiement entre les rayonnages des librairies. Je scrute, je hume et je furète. Sur le web, je repère et je prends note. Et, surtout, je ne suis qu’irresponsabilité.
C’est comme ça que j’ai fait l’acquisition de Les jours meilleurs de Cecelia Ahern (One hundred names, en VO) : dans un pur élan de spontanéité face à une alléchante promotion sur Bookeen. Et bien m’en as pris, puisque je me suis régalée !

Pourquoi lire Les jours meilleurs ?

1. Pour ressortir de cette lecture attendri-e.
L’histoire se passe en Irlande. Kitty, une jeune journaliste aux dents longues, met un jour sa carrière en péril avec le scoop de trop. Traînée au tribunal pour avoir très mal mené une enquête et accusé le mauvais bougre, elle se retrouve suspendue, mise au placard. Et quand elle apprend que Constance, son amie et mentor, est sur le point de quitter ce monde, son moral en prend un sacré coup. Au cours d’une discussion, Constance évoque l’idée d’un article qu’elle rêve d’écrire, sans toutefois en révéler l’angle. En disparaissant, elle laisse à Kitty une liste de 100 noms… mais sans aucun indice pour les relier.

Kitty décide alors de faire fi des obstacles (une carrière à l’arrêt, un petit ami envolé, sa réputation détruite) et d’exploiter cette liste coûte que coûte. Et si, en allant à la rencontre de ces inconnus, elle découvrait l’existence d’un journalisme plus humain ?

2. Pour découvrir les coulisses du journalisme, du vrai. Nombreux sont les aspects de cet (impitoyable) univers explorés à travers ce livre.
Rongée par le remords de son reportage raté, Kitty essuie les plâtres : elle est harcelée au quotidien. Ses collègues ne lui font plus confiance, son professionnalisme est questionné. Lorsqu’elle sollicite quelqu’un pour une interview, elle se fait aussitôt bouler. Bref, bienvenue dans l’envers du décor d’un métier-qui-fait-rêver ! Passionnant.

3. Pour les personnages hauts en couleurs sur lesquels Kitty mène l’enquête. Entre Archie, un homme bougon qui cache un cœur immense, Eva la business woman dont le talent est de dénicher les cadeaux parfaits, Jedrek le chômeur rêvant de s’inscrire au Guinness des Records, ou encore Mary-Rose, la femme la plus demandée en mariage au monde… (et d’autres) Il y a de quoi rire et pleurer !

Pourquoi je vous le recommande ?

Ce livre, c’est un peu une affaire personnelle ; il m’a réconciliée avec le journalisme. Ayant exercé le métier, c’est furax que j’ai quitté le milieu en me jurant que c’en était fini. Précarité, peu de reconnaissance, être considérée avec méfiance… Mais j’avais (presque) oublié le plaisir de l’enquête, des interviews, des belles rencontres et des scoops qu’on est trop heureux de dévoiler. Et puis… raconter une histoire, une belle histoire. Le genre qu’on n’oubliera jamais.

C’est ce que j’ai ressenti à nouveau à la lecture des (més)aventures de Kitty. Ma carte de presse m’a manqué. J’avais envie de courir les rues, d’aller questionner des inconnus.

Au-delà de ce thème, il y a l’amour. Kitty se retrouve célibataire, la cafetière de son mec a disparu du jour au lendemain (signe d’abandon évident). En plus d’être journaliste, c’est une humaine, et elle a ses faiblesses, elle a besoin de chaleur. Elle fera donc des erreurs de jugement (en plus de celle qui a ruiné sa carrière) mais on lui pardonne, hein. Parce que ça arrive à tout le monde de se tromper. Et Cecelia Ahern nous le montre avec brio dans ce livre que je vous recommande à 99%.

Et vous, le journalisme ça vous a déjà branché ?

Aimer Glousser

Sans plus attendre, de Kristan Higgins. Quand le besoin d’une carte verte se fait pressant

21 janvier 2018

Très récemment, j’ai conseillé à une amie – dont la vie de couple bat de l’aile – de lire de la romance. Cela lui a pourtant paru contre-indiqué, compte-tenu de l’état de son petit cœur, un poil meurtri par les agissements affligeants de son actuel compagnon. Je lui assurais pourtant, avec beaucoup de conviction (et d’insistance), que ce serait pour elle un passe-temps thérapeutique. En effet : quoi de plus cathartique que de lire les histoires de femmes bafouées par un goujat qui, au terme d’une remise en question profonde de leurs sentiments, font un pied de nez à leur statut de victime en courant se blottir dans les bras d’un Homme Bien ?

Bon, toujours est-il que, faisant fi de mon conseil que je pensais judicieux, elle ne m’a pas crue. Quel dommage ! What a shame! J’étais sidérée, abasourdie même, par le refus catégorique de cette amie qui n’avait pas la moindre envie d’ouvrir les yeux sur la nature de sa relation amoureuse. J’avais terriblement envie de lui transmettre les bons messages, les bonnes pratiques. Et, pour moi, la lecture de romances était LA clé pour voir par-delà les apparences, s’ouvrir à de nouvelles perspectives.
A court d’arguments, j’ai fini par me résigner, comprenant par-là même l’objectif caché de sa démarche : s’autoriser à lever le voile, c’était renoncer à l’espoir de réaliser un jour son rêve de vie à deux. Et, ma foi, je ne pouvais pas lui en vouloir. Car tout le monde a besoin de passer par cette étape douloureuse, mais ô combien nécessaire à un dénouement heureux : le déni. Et ce n’est pas Honor Holland, l’héroïne de Sans plus attendre (The perfect match, en VO) de Kristan Higgins, qui me dira le contraire.

Pourquoi lire Sans plus attendre ?

1. Pour son héroïne surprenante de caractère.
Si Honor Holland est une femme plutôt austère et mesurée, elle n’en pince pas moins en secret pour son ami (et amant) de toujours, le fabuleux Brogan. Le jour de ses 35 ans, son gynéco (qu’elle consulte à chaque anniversaire, c’est vous dire à quel point sa vie est réglée comme du papier à musique !) lui fait remarquer que sa production d’ovules est désormais sur le déclin, et qu’elle devrait songer sans plus attendre à se mettre en quête d’un mâle reproducteur.
C’est ainsi que Honor envisage de demander Brogan en mariage, persuadée du bien-fondé de cette étape ô combien logique de leur longue amitié. Mais le plan tourne au fiasco, et Honor découvre ensuite avec horreur que Brogan a craqué pour sa meilleure amie, Dana, et qu’ils se sont fiancés !
C’est là que débarque Tom Barlow, un séduisant British à la recherche d’une carte verte (il a une bonne raison de vouloir rester aux USA, et on le respecte pour ça). N’ayant plus rien à perdre, Honor lui propose alors un mariage blanc. L’opération comporte des risques (la prison et une amende – pas de quoi avoir froid aux yeux, hein), mais le duo accepte de relever le défi, quitte à faire l’impasse sur leurs sentiments et les enjeux d’une vie maritale basée sur le mensonge. Après tout, pour Honor, il en va de la survie de ses ovules…!

2. Pour la relation crousti-fondante entre les deux héros.
Kristan Higgins nous propose un couple bizarrement assorti qui, malgré tout, donne chaud ! Si Honor est l’archétype de la vieille fille accro au travail (parce qu’elle n’a que ça), Tom est décrit comme un prof de génie mécanique musclé + tatoué, et affublé d’un air mutin (hiiiii !). Alors quand le duo est obligé de feindre la félicité d’un couple amoureux – surtout auprès de la famille Holland – c’est du grand cinéma ! Pour sauver les apparences, Tom use et abuse de son charme à en faire tourner la tête de la très respectable Honor (du coup elle n’en peut plus)(elle a méga chaud).
Faut dire qu’il est sexy en diable, cet Anglais ! Et quand Brogan est dans les parages, Tom n’est jamais loin pour marquer son territoire (même si la relation qu’il entretient avec Honor est plus que fictive). Yummy!

3. Pour le côté loufoque de la famille Holland.
Je l’ignorais, mais Sans plus attendre est le deuxième opus de la série « Blue Heron ». J’ai donc loupé le tome 1, mais pas de panique, ça peut se lire dans le désordre ! Ce titre m’a donc servi d’introduction à la découverte du domaine de Blue Heron, un vignoble américain tenu par les Holland depuis la nuit des temps. Outre les nombreuses références à la fabrication du vin et à sa dégustation, on s’incruste au sein d’une famille de gentils dingues. Des grands-parents braillards, un père veuf à la recherche du grand amour, une sœur aînée qui parle de sexe sans le moindre filtre…
Honor, quant à elle, est la 3e de la fratrie. Elle est « l’âme du domaine », celle qui développe les projets et gère le merchandising d’une main de maître. Personne ne s’attend donc à ce qu’elle envoie valser ses principes pour sauver les miches de ses « ovules vieillissants ».

Pourquoi je vous le recommande ?

Ces temps-ci, je dévore les bouquins qui sentent le cupcake à la crème au beurre. Et pour celui-ci, qui m’a valu l’immense plaisir de faire connaissance avec Kristan Higgins, je dirais que je n’en ai fait qu’une bouchée. Après tout, il est bien difficile de résister à une histoire mêlant un rejet amoureux + une héroïne vieille fille + un mec tatoué + un mariage.
Ce livre réunit de bons ingrédients, et j’oublie sans nul doute des éléments (comme la supposée meilleure amie qui n’en manque pas une pour faire rager Honor) qui ne manqueront pas de vous séduire à votre tour. Pour ma part, je vais de nouveau tenter de le proposer à l’amie dont je vous parlais en intro. Qui sait, si j’en viens à la convaincre, ça pourrait bien lui donner envie d’aller se dénicher un Homme Bien outre-manche…!