Carnets de voyage Europe Hongrie SVE

Budapest. Carte postale du Sziget festival

22 août 2014
La question qui revenait souvent sur toutes les lèvres, c’était : « Et toi, est-ce que t’as prévu d’y aller ?« .

Le festival Sziget, dont le mot veut dire « île » en hongrois, c’était un peu l’événement de l’été à ne pas manquer. A en voir les affiches publicitaires et les spots sur écrans géants qui pullulaient partout depuis des mois, je ne pouvais pas passer à côté tant ça semblait transpirer le fun.

Du coup, j’ai acheté un ticket pour un jour. Un seul. Et il m’en a coûté les yeux de la tête. (55 € la journée ! Pour le niveau de vie en Hongrie, je vous assure, c’est exorbitant !)

J’ai donc pris la journée du jeudi parce que j’avais estimé que c’était celle qui me convenait le mieux, avec des artistes internationaux qui dépotent comme Bastille, Macklemore&Ryan Lewis et Stromae. (y’avait Lily Allen dans le lot mais je n’ai pas beaucoup aimé sa prestation, avec des biberons géants posés sur scène et des danseuses en culotte qui remuaient de l’arrière-train avec un masque de labrador sur la tête. WTF ?)

Je ne suis pas une « fille à festivals ». Je suis plutôt du genre à remuer en cadence au fond de la salle pendant que l’artiste fait son show, assise bien droite sur un siège douillet que j’ai réservé bien à l’avance. (un peu de compréhension, voyons, je ne suis qu’une nana qui lit des livres d’amour et qui ne supporte pas le goût de la bière)

De ma vie, je n’ai été que deux fois dans un festival de musique : le méconnu « Rock dans Tous ses Etats » en Normandie, bien gentillet en comparaison de ce gros monstre qu’est le Sziget.

Forcément, le jour où j’ai décidé d’y aller, il a plu des trombes d’eau. Genre, vraiment. Ambiance bain de boue garantie. Heureusement, j’avais prévu le coup avec une tenue inspirée de Pinterest, car 1) je suis niveau moyen en « Fashion style » et 2) j’avais du mal à trouver une alternative au K-way que je n’avais pas. Et pour moi, il était hors de question de me procurer sur place un « sac poubelle à capuche » vendu 5 €.

Le combo pour lequel j’ai opté a amplement suffi :

Robe printanière + chemise en jean + foulard + boots montantes en cuir + chaussettes qui dépassent.

J’avais aussi pris un parapluie que j’ai trimballé à la main du matin au soir. Pas super pratique mais ça a eu le mérite de me sauver la mise à plusieurs reprises. Et lorsque j’ai eu froid pendant la journée, j’ai pu me couvrir en enfilant 2 t-shirts publicitaires l’un sur l’autre.

Boire de la palinka, l’eau de vie hongroise, ça marche aussi pour se réchauffer.

Le Sziget est l’un des festivals les plus connus d’Europe. Ce qui signifie que les festivaliers sont majoritairement des étrangers (90% environ selon les médias). Vous pouvez donc vous attendre à voir des choses étranges et des gens au comportement… insolite.

Précision : je tiens les anecdotes qui suivent de mes cousins qui, eux, sont restés sur place toute la semaine après avoir pris une « navette Sziget » depuis Toulouse – 30h de route au bas mot.

Emplacement

Le festival porte bien son nom puisqu’il est situé sur l’île d’Obuda, à 20 minutes en moyenne du centre-ville de Budapest et placée, bien sûr, sur le Danube. L’île est alors complètement transformée pour l’occasion et destinée à l’événement. La capitale entière tremble d’ailleurs d’appréhension à la vue de ces, hum, envahisseurs que l’on reconnaît à leur multitude de bracelets au poignet.

Nudité

Lorsqu’il a fait très chaud, les gens se mettaient quasi nus sur le site.

Certaines filles circulaient vêtues d’une simple culotte en coton et de crop tops plutôt courts, ce qui ne m’étonne pas outre-mesure puisque l’ambiance de festival est toujours décontractée, peace and love, toussa. Quelques-unes auraient montré leurs seins quand la caméra passait au-dessus du public pendant les concerts.

Moi, j’ai vu les gens marcher pieds nus dans la bouillasse parce qu’ils avaient réalisé qu’en tongs c’était trop tendu. Et d’autres se sont livrés à des combats de boue. Pas de chichis quand on veut être cracra.

Dignité

Des gens l’ont perdue cette semaine-là. Notamment cette jeune fille que mes cousins ont aperçue endormie dans l’herbe, les fesses à l’air, sans doute trop épuisée (et saoule) pour trouver la force de relever le bas après un pipi d’urgence.

Confiance

En parlant de pipi, mes cousins ont vu une autre nénette se soulager sans gêne près de la scène, contre la barrière, sous les yeux de tous. On comprend qu’il est difficile de traverser la foule quand on n’en peut plus !

J’ai moi-même profité du concert de Bastille avec une forte odeur de pisse chaude dans les sinus. Quelqu’un avait dû se laisser aller au milieu des gens…

Alcool

Le Sziget, on y va pour la musique, mais aussi parce que l’alcool y est moins cher qu’ailleurs. Je ne suis pourtant pas d’accord car les prix y sont – bien entendu – plus élevés que dans la capitale hongroise. Mais ça n’empêche pas d’en consommer des litres en commandant des cocktails en seaux !

Insomnie

Avec tout ce bruit et cette agitation en extérieur, impossible de dormir à poings fermés, sauf quand le corps ne répond plus de rien évidemment. Mes cousins ont connu un type qui n’a pas dormi 3 jours de suite. Je me demande encore comment le garçon a pu survivre.

Beaucoup de gens ont aussi installé leurs tentes près des enceintes (bonjour les acouphènes) et d’autres s’endormaient un peu partout dans des conditions étranges… Et je ne parle pas des zombies qui dodelinaient de la tête en position debout, un verre vacillant à la main !

Folie

C’était le lâchage total. Quand on n’est pas occupé à boire ou à danser/draguer/fumer/chanter, on peut participer à tout un tas d’activités amusantes, comme ce mur « Before I die » où l’on est libre de marquer nos objectifs de bucket-list, cette appli Durex qui vous aide à trouver un partenaire sur l’île, ce photomaton qui vous permet de compléter votre Sziget Passport ou ce saut à l’élastique depuis une grue…

Il y avait aussi un restau où le principe était de manger les pieds dans le vide, la table étant suspendue à plusieurs mètres au-dessus du sol.

Sans compter les gens déguisés, portant des tenues complètes ou des accessoires bizarres. Bref, que du bonheur.

 

A l’heure où j’écris ces lignes, les derniers fêtards sont sûrement en partance pour leur pays d’origine. Après la fin du Sziget, nombreux sont ceux à s’être précipités cette semaine dans la capitale. (du coup les bars en ruine ont été envahis !)

Et vous, avez-vous déjà vécu un festival de cette envergure ?

ophelie

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4 Comments

  • Reply maquillage yeux marrons 22 août 2014 at 9:13

    jadore larticle!

  • Reply Ophélie Blibli 23 août 2014 at 1:29

    merci 😀 !

  • Reply Deedoux 30 août 2014 at 1:55

    J'ai lu avec plaisir cet article et me suis pas mal reconnue. Moi non plus, je ne suis pas une ouf-malade des festivals mais j'ai bien aimé tenté l'expérience l'année dernière avec Rock en Seine. Ce que tu décris (très bien et avec ce brin d'humour qui me fait tjs sourire) donne envie et pas envie en même temps, c'est étrange! On prend un certain plaisir à lire les détails sur la boue, la nudité et tous les autres trucs marrants qui ont l'air de caractériser le festival mais de là à patauger dans la boue, je ne sais pas… 🙂 Merci encore une fois d'avoir partagé cette expérience. On vit ton échange et ton année par procuration ici et c'est (très) plaisant !!

  • Reply Ophélie Blibli 1 septembre 2014 at 12:37

    Coucou Deedoux ! Quel plaisir de te retrouver ici 🙂 Eh bien tu vois, je n'ai jamais tenté Rock en Seine mais j'en ai toujours entendu beaucoup de bien. Il parait que cette année a été une édition sous la pluie ! Au moins tout le monde a profité de la boue ou presque !
    J'essaye de partager un max mes aventures mais je suis super en retard… Il y a tant de choses a raconter et je ne prends pas encore vraiment le temps de le faire. Mais c'est prévu ! 😀

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