Aimer Rire

Comment se remonter le moral grâce au Journal de Bridget Jones, d’Helen Fielding

21 juillet 2013

J’ai le moral en berne. En chute libre. Dans les sandales.
Et tout cela à cause d’un garçon dont je me suis entichée comme une débutante. Un ignoble garçon qui – cela va de soi – a pris la poudre d’escampette il y a des mois sans laisser d’indices, tel un prestidigitateur en goguette parti faire le tour du monde à dos de chameau (ce qui ressemble bien au personnage, en fait).
J’ai beau avoir demandé conseil à mon entourage, rien à faire. Personne n’avait de remède miracle à proposer pour m’aider à faire le deuil de cette relation bizarre. Je ne savais plus comment me dépatouiller de cette douleur-guimauve collée à mon coeur, façon vieux chewing-gum ramolli par le soleil se scotchant sous une basket.
Puis, alors que j’errais dans mon appartement d’un air hagard, avec l’air de la fille qui a perdu de vue son moi profond, mon regard s’est arrêté sur l’exemplaire du Journal de Bridget Jones qui traînait sur mes étagères. En l’apercevant, j’ai cru entendre ma mère en toile de fond, cette phrase indigeste qu’elle me répète chaque fois que je lui rends visite et qu’elle martèle d’une voix goguenarde (tout en louchant sur mes rondeurs acquises depuis ladite fausse-rupture) : « Arrête donc de faire ta Bridget, ma chérie ! Ressaisis-toi un peu, ce n’est pas comme ça que tu trouveras un copain ! ».
Ni une, ni deux, j’ai empoigné le livre. Parce que, justement, contrairement à ce que pense ma chère mère, j’ai pensé que seule Bridget serait apte à m’apporter de vraies réponses.

 

Pourquoi lire Le journal de Bridget Jones ?

(surtout quand on est célibataire et fatiguée par le fait d’être déprimée)

1. Parce que Bridget est celle qui sait. Oui, vous avez déjà vu le film. Et alors ? Le livre n’a (presque) rien à voir. Vous débutez la lecture de chaque jour par un comptage de calories, de cigarettes et de verres d’alcool en bonne et due forme, qui sont autant d’éléments témoins d’une vie en solitaire passée à fixer le plafond tout en se demandant « Pourquoi pas moi ? ».
Comme vous, Bridget n’a plus la foi. Et lire les propos d’une fille qui doute fortement de son sex-appeal, ça rassure. Des lustres qu’elle n’a pas vu le loup. Des mois qu’elle fantasme béatement sur son patron. Des jours qu’elle tente vainement de se draper dans sa dignité en jouant à la femme froide et indifférente. Sans oublier les années pendant lesquelles sa mère n’a de cesse de la considérer comme une vieille fille sur le déclin.

2. Ce livre séduit par sa composition immensément riche en grandes phrases porteuses de vérité sur, en vrac : les longues soirées d’été passées à bougonner seule chez soi pendant que le reste du monde s’amuse à un barbecue ; les comportements décevants de vos amis qui passent subitement du côté obscur de la barrière (au pays de l’amour brillant) ; les bonnes résolutions qu’on ne tient jamais en ce qui concerne la bouffe et la gym ; les repas de couples où vous réalisez que, finalement, vous n’êtes pas si mal lotie ; les plans sur la comète pour récupérer un enfoiré affectif, etc. On se régale !

3. Certaines scènes sont différentes de celles du film. Le bouquin nous présente une Bridget qui pèse moins lourd (N.B. : j’ai plus de kilos qu’elle alors qu’elle mange comme quatre et pas moi) et qui est d’une perspicacité étonnante pour une fille que l’on observe un peu gourde à l’écran. Quant à sa mère, c’est une véritable tornade que l’on a littéralement envie de cogner (et ce trait apparaît moins forcé chez le personnage du film). Évidemment, je ne vous livrerai aucune révélation sur les scènes-clés avec Daniel Cleaver et Marc Darcy ;’)

 

Pourquoi je vous le recommande ?

(quand vous êtes au fond du trou)

Je n’en ai fait qu’une bouchée. Ce qui s’explique pour deux raisons :
– Hormis mon pseudo-chagrin d’amour, je me suis retrouvée subitement dépourvue de ma dernière amie célibataire, celle-ci m’ayant annoncé qu’elle sortait enfin avec l’homme de ses rêves (me forçant par-là même à lui dire « j’suis-trop-heureuse-pour-toi » en ravalant mes larmes d’amertume de joie).
– Les seuls SMS/MMS que je reçois sont ceux de ma mère partie se la couler douce au Portugal, ainsi que ceux de mes amis de la fac partis sans moi faire du camping en Vendée.
Résultat : je me sens comme un chaton galeux abandonné sur le bord de la route.

Donc, l’espace de quelques soirées, Bridget a été une véritable amie.
En bonne copine de papier qu’elle est, elle n’hésite pas à vous avouer combien elle se sent seule et moche : pourquoi personne ne prend jamais de ses nouvelles ? Pourquoi sa mère arrive-t-elle à ferrer les hommes et pas elle ? Pourquoi se jette-t-elle autant sur la bouffe pour compenser ?
Au-delà des problèmes d’amûr, Bridget reconnaît s’enrouler dans une spirale et se complaire dans un comportement-type d’indécrottable célibataire. Car préférer passer son samedi soir à regarder ses émissions préférées plutôt que d’aller « chasser » entre copines (s’il en reste…), c’est déjà mettre un pied dans le fossé de la solitude éternelle. Mais après lecture, j’ai changé d’avis. Et alors ? Chacun sa façon de surmonter sa traversée du désert !

Ce qui m’a vraiment fait du bien au moral, c’est surtout l’avalanche de clins d’oeil disséminés dans les pages, où je me suis reconnue au quotidien, prouvant ainsi que je ne suis pas la seule :
Bridget aussi perd pied. Bridget aussi collectionne les enfoirés affectifs alors que les gentils garçons, elle leur passe à côté. Sans compter les appels intempestifs aux copines qu’elle fait suer et les achats de fringues inconsidérés.
Alors à Bridget : MERCI. Car grâce à toi, je peux enfin déculpabiliser.

ophelie

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12 Comments

  • Reply Isa 21 juillet 2013 at 3:12

    <3 (Pas très constructif comme commentaire, mais c'est vraiment l'émotion que m'inspire ton billet.)

  • Reply Atalanta 21 juillet 2013 at 4:39

    Allllez, Ophélie, tu n'es pas seule! Tes copines Atalanta et Ellen vont t'organiser une virée thé-sorbets glacés à rendre jalouse Carrie Bradshaw (autre célibataire de la pop culture, mais nettement plus glamour que Bridget.
    Et si tu veux vraiment vraiment poursuivre la book thérapie en parallèle, le docteur Atalanta te prescrit le club de la dernière chance, de Marian Keyes.

  • Reply Ophélie Blibli 21 juillet 2013 at 5:24

    Merciii Isa 🙂 j'accueille avec grand plaisir cette émotion ^^'

  • Reply Ophélie Blibli 21 juillet 2013 at 5:30

    Je suis de la partie avec Ellen et toi, pour la virée thé-sorbets c'est quand vous voulez ! 🙂 Sachez que tous mes week-ends d'été sont archi-libres : une sortie parisienne ne me ferait pas de mal (surtout si l'on ajoute ce petit côté glamour que j'ai perdu de vue ces temps-ci).
    Un énooorme merci pour ta prescription, "Le club de la dernière chance" sera le prochain bouquin sur ma table de chevet (je me le procure dès demain à la pause déjeuner !)

  • Reply Mymy Cracra 22 juillet 2013 at 10:40

    C'est vrai que ce livre est génial pour se remonter le moral et donner la pèche!

  • Reply Ellen A Paris 22 juillet 2013 at 5:34

    Ah oui, maintenant je comprends mieux le titre du mail d'Atalanta 😉
    Si tu as besoin de copines pour te raconter plein de bêtises je suis là 😉 Bon en ce moment avec mon pied d'éclopée je ne suis pas une super copine pour aller faire la fiesta, mais un jour on ira se déchaîner dans un karaoke et on braillera comme des pintade pour tout oublier (c'est moins calorique et moins cher que l'alcool 😉
    Je t'envoie plein de bisouilles ma belle et à ce week-end <3

  • Reply Anne 22 juillet 2013 at 7:10

    Très sympa cet article ! 🙂
    Bises !

    Anne

  • Reply Ophélie Blibli 23 juillet 2013 at 8:37

    Un karaoké, ça me va ! Brailler, je sais faire ! La pintade, à merveille aussi 😉 A samedi !!

  • Reply Ophélie Blibli 23 juillet 2013 at 8:38

    Coucou Mymy 😉 Donner la pêche, la retrouver, la croquer… Bref, c'est un livre-doudou parfait ! Bisous !

  • Reply Ophélie Blibli 23 juillet 2013 at 8:39

    Bonjour Anne, merci de ton passage :)(ps : j'aime beaucoup ton blog !)
    bises !

  • Reply MamzelDree 9 août 2013 at 10:44

    Oh je l'avais lu il y a quelques années lors de la sortie du film, il faudrait que je le relise car je ne m'en rappelle plus très bien…
    Merci pour ton avis, ton article est super 🙂

  • Reply Ophélie Blibli 10 août 2013 at 11:27

    Moi je lui trouve un côté thérapeutique extraordinaire ! Un coup de mou ? Hop, du Bridget Jones ! C'est bon comme un carré de chocolat qu'on s'offre en cas de déprime 😀

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