Trembler

Arachnae, l’Archipel des Numinées, de Charlotte Bousquet. Quand une jeune bretteuse libertine mène l’enquête

30 juillet 2013

Il m’arrive parfois de flirter avec la dark fantasy. Dans les rayonnages des librairies, elle a une fâcheuse tendance à exhiber ses couvertures sombres sans aucune pudeur, cachant entre ses pages des récits de meurtres, de magie noire et de sang coagulé. Quand je la regarde, elle me sourit. Tendre la main vers l’un de ses volumes, c’est signer le début de la fin de votre compte en banque. Car la dark fantasy est une traîtresse, la meilleure en son genre. Ses histoires distillent un venin qui vous colle au cerveau, vous obligeant à vous jeter sur la totalité des tomes de sa saga. Et ça, c’est le mal. Le mal absolu.
Mais aux éditions Mnémos, ce sont des malins. Leur nouvelle collection poche est une tuerie : couvertures soignées, illustrations originales, papier de belle qualité. Mêlant les genres SF et fantasy avec brio, chaque volume propose de découvrir un auteur français de talent.
C’est ainsi que j’ai goûté à la plume de Charlotte Bousquet. Le livre que j’ai choisi, Arachnae, découle d’un univers empli de chocs (surtout psychologiques). Je ne m’en suis pas encore remise, mais j’en demande encore.

 

Pourquoi lire Arachnae ?

1. Parce que l’univers de cette histoire est dominé par… des femmes ! Chose très rare en dark fantasy, notons-le. L’Archipel des Numinées, donc, est une terre entièrement dirigée par des femmes. Elles y sont princesses et reines, conseillées elles-mêmes par les Moires, des divinatrices soumises aux volontés d’une déesse. (girl power !) Seule la ville d’Arachnae est aux mains d’un homme, un prince d’une classe inouïe : son règne est – évidemment – plus que contesté.
Arachnae est une ville où sévissent les pires raclures jamais inventées par un auteur. Ses rues sont le théâtre des pires crimes jamais perpétrés. Prostitution, alcool, drogues et autres petits bonheurs vont bon train (un peu trop, même). Théodora, une bretteuse maniant l’épée comme personne, est chargée de résoudre une série de meurtres affreux (plus affreux, tu-meurs) au côté du capitaine de la milice.
Cette enquête macabre la mènera des hautes sphères aristocratiques au coeur des bas-fonds d’Arachnae, là où la monstruosité s’épanouit dans toute sa splendeur…

2. Parce que le récit comporte non pas une, mais trois intrigues. (youpii) Côté noirceur, Charlotte Bousquet a fait fort. (je crois que c’est son truc, en fait) Au programme : combats à l’épée, orgies, complots, magie noire, divination, légendes et secrets… On halète à chaque page, la formule est réussie.

3. Parce que notre héroïne est une femme qui aime les femmes. (quand je vous dis que c’est un univers de femmes !) Théodora est libertine. Bien qu’elle soit rapidement ivre de désir pour de nombreuses figures féminines, elle ne reste pas moins à l’abri des chagrins d’amour. Ces scènes teintent le récit d’un chouïa d’érotisme, comme une pause bienvenue dans ce monde de brutes. (ce qui en fait un point non négligeable, avouons-le !)

 

Pourquoi je vous le recommande ?

D’un point de vue économique, déjà, cette réédition en format poche est i-dé-ale. Et le gros avantage, c’est que L’Archipel des Numinées est une trilogie et non une saga. Votre portefeuille ne risque donc pas grand chose 😉
Si j’ai choisi ce livre, c’est avant tout pour les promesses de sa quatrième de couverture. Mon oeil averti a décelé le petit côté « croustillant » du récit : « Une héroïne libertine ? Chouette ! Voyons un peu ce que ça donne. » Rien à voir avec la trilogie Fifty Shades. Ici, l’érotisme est mieux pensé. Il fait partie intégrante de la construction de l’histoire sans en être vraiment le centre. Le sexe est bien présent, assurément, mais quand il est relaté dans sa forme la plus crue, c’est lors d’actes ignobles et condamnables. Pouah !
Et j’ai particulièrement apprécié le fait que la plupart des personnages soient des femmes. Vraiment. Qu’il s’agisse de soldates dans la milice, de putains ou de souveraines, chacune semble importante. Et l’amour entre femmes semble tout naturel dans ces conditions.
Et la magie, ah ! la magie. Elle entoure l’intrigue d’une aura malfaisante, cause de nombreux maux. Du reste, je ne dirai rien. La sombre aventure de la belle Théodora mérite qu’on la lise avec beaucoup d’intérêt… Ne perdez plus de temps, foncez !

ophelie

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8 Comments

  • Reply In Milie's mind 30 juillet 2013 at 9:12

    A chaque nouvel article, ma PAL s'allonge, s'allonge, s'allonge! J'aurais jamais assez de 2013 pour tout lire 🙂
    Je ne connais absolument pas ce type de littérature mais ton article est tellement bien fait qu'il me donne envie de tout lire 🙂

  • Reply Isa 30 juillet 2013 at 10:09

    Tu me donnes sacrément envie de le lire, merci ! Mais ça va me faire drôle d'acheter un livre de l'éditeur qui m'a publiée quand j'avais 20 ans ! ^^

  • Reply Vive la rose et le lilas 30 juillet 2013 at 10:14

    J'ai lu ce livre en grand format lors de sa sortie en 2009, et si je partage un certain nombre de tes idées sur l'intrigue, la place des femmes etc, la violence du roman, le morbide de la description de certaines scènes, vraiment cauchemardesques, fait que je n'en garde pas un bon souvenir de lecture. En fait pour résumer j'ai trouvé certaines pages vraiment trop gratuites.

  • Reply ladentdure 31 juillet 2013 at 10:52

    Je n'ai jamais lu de dark fantasy, mais ton article éveille mon intérêt ! Peut-être que je testerai ce livre !

  • Reply Ophélie Blibli 4 août 2013 at 8:29

    Merci mercii ! Enfin allonger la PAL des autres est mon but, en fait ^^ (hihi-hoho) La dark fantasy est un genre vraiment captivant, bien connu des garçons d'ailleurs (c'est leur style de lecture préférée, avec la bande-dessinée, a priori) Mais pourquoi n'aurait-on pas le droit de s'y frotter ? 😀

  • Reply Ophélie Blibli 4 août 2013 at 8:29

    La maison t'a publiée quand tu avais vingt ans ? Whouaahouu ! (je réagis dix ans trop tard mais quand même) quels titres Isa ? 🙂

  • Reply Ophélie Blibli 4 août 2013 at 8:30

    Ah c'est un genre à ne pas mettre entre toutes les mains ! 🙂 La dark fantasy est ainsi, hélas (et ce n'est pas le seul ouvrage de ce style qui donne dans la violence gratuite, je t'assure, je lis déjà la saga "L'épée de vérité" et certains passages sont à vomir… mais je tiens bon !)
    En tout cas, contente d'avoir eu ton avis sur ce titre !

  • Reply Ophélie Blibli 4 août 2013 at 8:31

    Je te souhaite une excellente découverte du genre 🙂 Si tu n'as pas l'âme trop sensible, ça devrait te plaire. En tout cas, moi, je suis accro, même si j'alterne avec d'autres livres pour souffler un peu !

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