Glousser

Alors, heureuse ? de Jennifer Weiner. Ou la fille toute en rondeurs qui décide d’assumer

10 septembre 2015

Me revoici fraîche et dispo pour vous parler avec enthousiasme de chick lit’. Il faut savoir qu’à l’heure actuelle, je suis toute accaparée par de bien beaux projets, notamment celui de me constituer une garde-robe capsule.
Si le projet est louable (donations aux assos, achats mieux réfléchis, bonheur pour la planète…), il s’avère que mes élans de bonté sont en train de tourner au désastre. Mon principal souci quotidien, désormais, c’est de m’habiller le matin. Pas parce que mes tiroirs dégueulent de fringues, non. Mais bien parce que je n’ai plus rien à me mettre.
N’allez surtout pas croire que j’emploie cette formule façon midinette en mal de shopping. Non, il s’agit là d’un véritable problème intersidéral : je n’ai plus rien à me mettre. On clame pourtant sur le web qu’une garde-robe capsule est sensée vous faciliter la vie, non ?
Le truc, c’est que j’ai mal pris en compte certaines données, comme ma (petite) prise de poids qui m’a convaincue de vendre/donner les vêtements qui ne me seyaient plus au ventre ou encore mes maigres ressources financières présentement mises KO par un loyer gourmand. Du coup, sur mes cintres, je me retrouve avec 2 chemises roses, 3 jupes crayon noires (hein ?), 3 pulls informes, 1 jean qui tombe sur les hanches et quelques robes trop courtes. Bon. Dans « garde-robe capsule », j’en conviens avoir trop forcé sur le « capsule ». (et sur les burgers aussi) Et dans l’impossibilité de renouveler mon stock, je porte et reporte des pièces qui finissent par me coller sévère à la hanche.
L’avantage, c’est qu’on me qualifie de « pulpeuse ». Et moi, j’aime bien ça, en fait, être pulpeuse. C’est différent… C’est doux, c’est chaud. Comme Candace Shapiro.

Pourquoi lire Alors, heureuse ?

1. Parce que cette histoire est reposante comme un dimanche en pyjama. L’héroïne, Candace, a des rondeurs, du charme, un cerveau. Elle a 28 ans, pas de père, une mère homo, un chien, un job de journaliste, un appart’… Elle a aussi fait un break avec son petit-ami Bruce qui – pour faire court – a décidé que le break signifiait la rupture. Candace, bien entendu, le supporte mal, surtout depuis qu’elle découvert que ledit petit-ami chronique leur ex-vie sexuelle dans le grand mensuel féminin pour lequel il bosse.
La pulpeuse jeune femme (oui, j’ai encore écrit « pulpeuse ») fait alors tout ce qu’une prodigieuse héroïne de chick lit’ ferait : elle chouine. Elle se plaint, la malheureuse ! Elle veut même arracher les bonbons de Bruce avec les dents. Mais, très vite, Candace réalise qu’elle a des choses à prouver à son ex… Enfin, surtout à elle-même. À son programme figurent des cases qu’elle rêve de cocher : être bien dans ses talons aiguilles de femme ronde, presque oublier Bruce, devenir copine avec une star, faire une grosse bêtise… Elle apprendra bien vite qu’à trop souhaiter quelque chose, on le provoque. Bref, elle suivra donc les aléas de la rupture amoureuse comme Bridget Jones, la fièvre du samedi soir en moins. Et elle prouvera à tous qu’on peut être pulpeuse et épanouie. Oui, oui.
2. Jusqu’ici, je n’ai pas lu beaucoup de livres dont l’héroïne a une morphologie de ronde. (si pour vous c’est le cas, merci de bien vouloir partager vos titres en commentaires :p) Néanmoins, Alors, heureuse ? a de quoi surprendre. L’auteure, Jennifer Weiner, n’hésite pas à faire de l’humour et à tirer des traits hâtifs sur les complexes de Candace. L’idée, c’est de voir comment une femme peut se reconstruire après un coup du sort. Que Candace s’enfourne une pleine poignée de M&M’s à la pause de 10h, c’est le cadet de nos soucis, franchement !
3. On doit à Jennifer Weiner le titre Chaussure à son pied, plus connu pour son adaptation cinématographique avec Cameroun Diaz et Toni Collette, In her shoes. Si vous avez vu le film, vous vous êtes rendu compte qu’il ne s’agit pas d’une comédie légère sur fond d’histoires d’amour. Jennifer Weiner écrit sur des sujets on ne peut plus sérieux ! Dans Alors, heureuse ?, on ne s’attend pas du tout au rebondissement qui survient au beau milieu du livre… et qui soulève un problème très actuel des femmes d’aujourd’hui. (ça y est, je verse dans le suspense… tatadam)

Pourquoi je vous le recommande ?

Bon, ok, je l’admets, ma réflexion finale quand j’ai eu refermé ce bouquin, c’était : « Et zut, encore une résolution à l’américaine ! » (comprendra qui lira ce titre de la 1ère à la dernière page) Néanmoins… C’est une lecture à s’offrir volontiers. J’avais flashé pour le livre dès que j’en avais aperçu la couverture bleue et ses dessins à la Margaux Motin (est-ce Motin ? me trompe-je ?), alors que je le déterrais d’un bac poussiéreux chez un bouquiniste. Je l’ai commencé le soir même de ma trouvaille, toute heureuse de l’avoir déniché pour 4 €. Je me suis identifiée à l’héroïne illico, tant dans son statut que dans ses envies d’étriper son ex, ce qui fait qu’une sorte de connivence s’est créée entre nous 😉 Jusqu’à un point où nos avis ont divergé, mais ceci ne regarde que moi, non ? A part ça, j’ai apprécié la plume de l’auteure, qui a su m’arracher des soubresauts de rire (fatals quand vous êtes dans un hamac)(oui oyé la lecture d’été !). Je me suis aussi jurée de ne plus me faire du mal pour rien, à l’instar de Candace qui en maîtrise l’art. Puis… ce livre a été le premier depuis un bail que je n’ai pas pu lâcher, à un point où j’en ai laissé des miettes de p’tit-déj’ entre les pages…

ophelie

You Might Also Like

7 Comments

  • Reply lesdoucesparoles 11 septembre 2015 at 3:02

    Un bon livre remplie de bonne humeur dans lequel se plonger tête la première !

  • Reply ade 12 septembre 2015 at 4:05

    il a l'air top en effet et puis ça fait un bail que je n'ai pas mis le nez dans qq chose de léger, une bonne idée !

  • Reply Does Zare 12 septembre 2015 at 4:36

    il a l'air pas mal, cette "pulpeuse" originalité en plus ^^

  • Reply Ophélie Feedbackbaby 14 septembre 2015 at 5:49

    et qui fait décompresser et décomplexer 🙂 Je le préconise pour cette rentrée !

  • Reply Ophélie Feedbackbaby 14 septembre 2015 at 5:50

    C'est un peu la bouffée d'air dont on a besoin quand le monde se fait trop lourd…

  • Reply Ophélie Feedbackbaby 14 septembre 2015 at 5:57

    C'est, je crois, le point fort de cette histoire : avoir affaire à une héroïne qui fait la taille standard de beaucoup de femmes dans le monde !

  • Reply Layla 5 décembre 2015 at 7:17

    L'héroïne telle qu'elle est décrite me fait un peu penser à celle d'Ugly Betty 🙂 En tous cas, il a l'air pas mal. Il me tente bien ! Merci pour ton feedback 😉

  • Leave a Reply