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A un détail près, de Kristan Higgins. Quand se faire larguer à son mariage reste la meilleure option

3 avril 2018

S’il y a bien une scène que j’apprécie particulièrement dans les romances, c’est celle de la rupture du début. Quand, au début du récit, l’héroïne sort avec un type depuis un moment (c’est son petit-ami, son « promis », voire son mari) et bim-bam-boum il n’est pas celui qu’elle croyait ! Il s’en va en claquant la porte et elle finit avec un paquet de mouchoirs sur le canapé et le nez tout enflé.
Et plus cette rupture est violente, plus l’histoire d’amour qui suit est truculente. Les auteurs ne manquent alors pas d’imagination pour nous proposer des ruptures toujours plus audacieuses, avec des goujats à paillettes, des scènes de désillusions fleuries et des apitoiements en or !

Mais ne vous méprenez pas : si j’aime savoir les héroïnes malmenées, c’est uniquement pour le plaisir de les voir retrouver l’Amour après. N’est-ce pas ce qui nous pousse à lire ces romances ? Parce qu’on sait pertinemment que ça finira bien. Ce sont les circonstances et le happy ending qui nous font tourner les pages. C’est le contrat, quoi.
Dans A un détail près, de Kristan Higgins (mon autrice chouchou du moment), on s’intéresse à la façon dont l’héroïne, Faith Holland, se fait rouler en toute beauté.

Pourquoi lire A un détail près ?

1. Parce que l’héroïne ne l’a pas vu venir.
Faith Holland, jeune femme épileptique aux rondeurs délicieuses, vit à San Francisco où elle exerce le métier d’architecte paysagiste. Bien sûr, Faith collectionne les rencards foireux, et elle a donc fini par cultiver un talent certain pour l’espionnage afin de se préserver des déceptions à venir (même si ça ne fonctionne pas tip-top).
Un beau jour, le destin la ramène à Manningsport, bourgade où elle a grandi, sa famille y étant propriétaire d’un vignoble depuis des générations. C’est aussi la ville où elle a vu sa vie voler en éclats, son ex-fiancé lui ayant avoué préférer les garçons le jour où ils s’apprêtaient à se dire oui-pour-la-vie. Outch !
Faith y revient donc, chargée de réaliser un chantier et, accessoirement, de trouver une nouvelle femme à son veuf de père. Il lui apparaît rapidement difficile d’éviter son ex-boyfriend pendant son séjour. Faut dire que ce trou perdu au bord du lac Keuka – dans l’état de New York, ne comporte qu’une très faible variété d’endroits où socialiser, et on a vite fait d’y croiser des copains d’enfance.
Mais le pire, pour Faith, c’est surtout de devoir supporter la présence de ce traître de Levi Cooper, celui-là même qui a forcé Jérémy à faire son coming-out à leur mariage. Elle le déteste, il la snobe. Entre ces deux-là, l’ambiance est moyenne… jusqu’à ce que, forcément, l’un des deux craque.

2. Parce que c’est le premier opus de la saga Blue Heron, et qu’on y découvre la joyeuse famille Holland (et les grands-parents totalement frappés, mes personnes favoris). Le père Holland se fait manger tout cru par une femme vénale puissance 1000, et la mission annexe des sœurs Holland est bien sûr d’éloigner la malotrue pour lui trouver une meilleure candidate. C’est catastrophique et hilarant, d’ailleurs !

3. Pour Levi, flic ultra-sexy qui est d’une nonchalance exaspérante mais… hé, on se dit qu’il va bien finir par se faire prendre à son propre jeu. Car s’il adore énerver Faith, la voir se révolter contre lui et se fâcher bien rouge, il trouve qu’elle dégage quand même une « bonne odeur de pain chaud à peine sorti du four ». Sans rire. Une odeur de pain chaud (et on parle d’une architecte là, pas d’une boulangère)(est-ce parce que Faith est décrite comme rondelette ?)(gnié). Bon, on lui pardonne cette métaphore de mauvais goût, mais surtout parce que c’est un super grand frère, que ses muscles fermes se dessinent sous ses chemises et qu’il cuisine des pâtisseries en plein milieu de la nuit quand il est énervé.

Pourquoi je vous le recommande ?

Pour une entrée en matière dans la saga Blue Heron, certes, c’est gentil-mignon-tout-plein, mais ça vaut le coup de s’y plonger.
Même si le thème de l’homosexualité est apparent au premier abord, il n’est pas très présent dans le récit – la romance est surtout axée sur Faith & Levi. J’ai trouvé cependant très intéressant le fait de le traiter en tant que « cause de rupture », et Kristan Higgins n’en fait pas toute une histoire, ni ne cristallise cet aspect du personnage de Jérémy. La relation entre Faith et lui reste empreinte d’une belle complicité… 🙂
Vous pouvez lire ma chronique sur le tome 2, avec la sœur aînée rigide, Honor, par ici, et découvrir ma chronique sur le tome 3, avec la meilleure amie de Faith, par là. Et évidemment, comme moi, vous pouvez lire les opus de la saga de façon désordonnée !

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